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Opinions

Madagascar : Les enjeux de la France (tentative d’approche) : première partie

vendredi 29 janvier 2010 | Lalatiana Pitchboule

Dans ce grand carnaval où certains vautours se parent des plumes de démocrates pour habiller leurs intérêts, leurs ambitions personnelles et leur soif de puissance, le masque d’un acteur majeur de cette crise est en train de tomber. Il ne dissimulait pas grand-chose et la ficelle était grosse, mais elle se relâche. Le soutien de la France aux auteurs de ce coup d’Etat, qui offrira certainement aux historiens et autres politologues matière à une riche thèse, n’est pas officiellement exprimé. Mais déjà, son activisme permanent et ses interventions pour le moins mal avisées, ne laissent plus de doute sur un engagement qui ne cesse de nous interpeller.

La poignée de main d’un nouvel ambassadeur à un putschiste au lendemain d’un coup d’Etat, la représentation de la coopération militaire affichée le 26 juin, les déclarations de Joyandet à l’Assemblée Nationale ou de Kouchner qui soutient un processus électoral que la communauté internationale réprouve, les interventions de Bourgi émissaire africain de l’Elysée, l’accueil de Rajoelina avant qu’il ne passe devant la Commission à Bruxelles, les interventions du quai d’Orsay auprès des Africains après le clash de l’Onu, l’activisme diplomatique appliqué à Maputo et Addis, les initiatives actuelles qui veulent promouvoir la relance économique malgache auprès des investisseurs malgré l’illégitimité actuelle du pouvoir, etc … autant d’éléments d’une longue liste de faits qui ne laisse que peu d’incertitudes quant à l’implication de la France dans la situation présente. Elle n’en a peut être pas été à l’origine … Mais, pour servir ses intérêts, elle ne s’y est pas opposée.

Cette implication, qui irrite le secrétariat d’Etat américain, qui dérange les chancelleries européennes et à laquelle s’oppose farouchement le bloc africain, et l’attention portée par l’ensemble de la communauté internationale à cette interminable crise malgache reflètent d’énormes enjeux économiques, politiques et géostratégiques que la grande majorité des malgaches eux-mêmes ne mesure peut être pas pleinement.

« Madagascar est prioritaire » déclarait récemment en commission parlementaire un député français quant au financement de l’APD. Pour le plus grand nombre, y compris en métropole, les intérêts de la France à Madagascar sont essentiellement caractérisés par sa présence.

[…] On recense plus de 650 entreprises - dont 130 filiales et plus de 500 entreprises privées à capitaux français - et environ 25 000 ressortissants y compris les franco-malgaches, ce qui en fait l’une des plus importantes communautés françaises à l’étranger.

Les intérêts français sont principalement dans les activités financières (Crédit Agricole-BNI, BFV-Société Générale, BNP-Paribas avec BMOI), distribution de produits pétroliers et énergie (Total, LP, Air Liquide, Rubisgaz/Vitogaz), BTP et immobilier (Colas, Sogea/Vinci, Guy Hoquet, Getim), transports et tourisme (Air France, Corsair/Nouvelles Frontières enregistrée comme filiale française malgré son actionnariat allemand, Accor avec un investisseur local, Caillé/Sicam, CMA-CGM, AGS, […] ingénierie et études (Socotec, Sofreco, Sogreah, Brl), grande distribution (Casino,Weldom/Ravate). [1]

Cette caractérisation est imparfaite. Parce qu’au-delà de cette présence immédiate, la question essentielle reste : ces intérêts étaient ils si importants pour que M/car fasse l’objet de jeux d’une telle violence de la part des grandes puissances ?

Dans un précédent papier « M/car 2009 et Diplomatie française encore … et si les enjeux réels étaient simplement au delà de notre entendement ??? » étayé par un document de l’IRIS cité dans Madagascar et l’Océan Indien : enjeux géostratégiques … ???, je posais en postulat :

« L’argument de la Françafrique, image d’une France jalouse de son ancien empire colonial, s’il a pu satisfaire les « damnés » du néo-colonialisme en mal de légitimité d’une construction intellectuelle et politique, ne tenait pas la route sur le long terme quand on l’opposait aux arguments de la mondialisation et de ses enjeux économiques.[…] »

Supputations …

« La France a perdu l’Afrique »

En fait, depuis la chute du mur de Berlin qui a bouleversé les équilibres mondiaux, depuis le 11 septembre avec l’érection des USA en gendarmes de la planète, et depuis la montée en puissance sur le continent africain des pays émergents Chine, Inde et Russie, la France semble avoir peu à peu perdu son pré carré en Afrique. La crise en Côte d’Ivoire de 2004 en a été l’expression ultime. On y a vu la France se retirer de manière humiliante et affronter l’hostilité des africains de sa vitrine ivoirienne qu’elle croyait jusque là ses amis. Quoi qu’on en dise et quoi qu’on en pense, la Françafrique de Foccart « écheveau de liens occultes, privés et publics, entre une majorité de régimes africains dits francophones et le parrain français, caractéristique, de la Ve République », est morte [2], d’autant que ses réseaux et supports (Bongo) ont désormais disparu. À l’ère chiraquienne, la politique française en Afrique empêtrée dans ses contradictions, dans ses scandales (Elf, Angolagate, …), dans son clientélisme et dans ses erreurs dramatiques et ses fautes d’analyse (Rwanda) s’est cherchée sans se trouver, enferrée dans ses anachronismes et son passé colonial. Elle y a aussi perdu ses positions pétrolières au bénéfice des américains et des chinois, alors que le pétrole africain place le continent au cœur des enjeux stratégiques et énergétiques du XXIème siècle.

Un revirement récent ? La France veut reprendre sa place

L’attachement et l’intérêt de la France pour Madagascar n’ont jamais été démentis. Les effectifs de l’ambassade de France à Madagascar mettent Antananarivo au 8ème rang [3] des représentations diplomatiques françaises dans le monde. Le Document Cadre de Partenariat 2006-2010, qui formalise les grandes lignes de la coopération française, caractérise le souci que la France a du développement de Madagascar. À travers ce document la France reconnaissait formellement à l’époque, à l’instar de l’ensemble des institutions internationales, la pertinence et les avancées de l’action du gouvernement Ravalomanana quand elle ne les louait pas... C’était en 2006…

Curieusement, 2007 a vu une élection présidentielle qui a mis un nouveau pouvoir à Paris. La politique étrangère n’échappera pas en effet à la volonté de changement et de rupture du « super-président ».

Le changement de ton a été vite donné après changement de locataire à l’Elysée. Quand le ministère des affaires étrangères déclare que la diplomatie française est au service de la défense des intérêts économiques de la France, on sait qu’une nouvelle donne va être distribuée. Alors même que de nouvelles puissances régionales (Afrique du Sud, Nigeria), sont en train d’émerger, et que la mainmise de la Chine inquiète, ne s’agit-il pas désormais de tracer une politique qui veut redonner à la France la place, l’influence politique et la présence économique qu’elle avait perdues ? Et qui, surtout, veut préserver les ressources et les marchés du futur…

Concernant l’Ile Rouge en particulier, les dérives du pouvoir de Marc Ravalomanana à partir de 2006 ont probablement fait le jeu et l’argument d’une évolution radicale de la politique française. À la colère des diplomates du Quai d’Orsay quant à l’expulsion, incompréhensible à leurs yeux, d’un de leurs plus brillant diplomates, l’ambassadeur Gildas le Lidec, s’est rajoutée l’exaspération des acteurs économiques français frustrés. Le sort du Président malgache s’est peut être scellé là, avec le revirement de la position de la France à son égard.

Ralentir l’avancée de la Chine et de l’Inde.

Nonobstant cela, l’Océan Indien, voie d’approvisionnement obligée, s’avère essentiel pour les pays émergents asiatiques. La présence française sur un arc Abou Dhabi, Djibouti, Mayotte, Iles Eparses, trace ainsi une ligne de défense symbolique entre l’Asie et un continent Africain dont le développement est le futur de l’occident. La géopolitique est une partie d’échecs au cours de laquelle chaque position prise permettra de négocier un échange de pièces.

Le Canal du Mozambique est une possession française

Les Zones d’Exclusivité Economique (ZEE), qui tracent autour de chacune des possessions françaises une bande exclusive de 200 miles, définissent à la France le deuxième territoire maritime au monde après les Etats-Unis. Ses 10 millions de km2 sont extensibles à 11 millions avec les demandes formulées à l’ONU en Mai 2009 d’extension du plateau continental. Ces demandes pourraient élargir ce territoire jusqu’à 350 miles des cotes. Ainsi, autour de Mayotte et des îles éparses [4], possessions françaises que Madagascar revendique de longue date, est tracé un territoire couvrant les 2/3 du Canal de Mozambique. Ce qui fait quasiment du dit Canal une possession de la France. Ces zones écologiques à la biodiversité préservée, recèlent toutefois des richesses jalousées : en pêche (des accords de pêche ont été établis entre la France et M/car)… mais aussi, en ressources minérales en eaux profondes.

Il y a là pour la France un enjeu géopolitique majeur. Alors quand viennent se greffer dessus d’autres enjeux économiques et commerciaux… Supputations …

Des enjeux économiques immédiats.

La France reste le premier client à l’exportation de Madagascar. Mais elle a perdu sa place de premier fournisseur désormais occupée par la Chine. Contrairement à cette dernière, la France n’a pas de fait tiré avantage de la hausse des importations malgaches (+26%) dues aux grands chantiers. Il y a là un évident manque à gagner pour les entreprises françaises… et l’emploi des français.

La France reste, de très loin, le premier pays client historique de Madagascar en absorbant 38% des exportations malgaches en 2008, avec même une légère tendance haussière au cours des dix dernières années.[…]

La France détient 6,9% de parts des importations malgaches en 2008 (14,6% en 2007) ce qui la situe au troisième rang des pays fournisseurs, après la Chine (22,2% contre 16,7% en 2007)[…] qui s’adjuge la place de premier fournisseur grâce à la fourniture de grands équipements : pipeline de 220 km, moteurs et turbines pour centrale hydroélectrique, équipements pour centrale thermique, équipements ferroviaires, etc.

L’analyse des importations malgaches confirme un tropisme asiatique croissant, en ligne avec la tendance mondiale. Désormais, l’Asie de l’Est détient 34,8% des importations malgaches (25% en 2007), essentiellement en provenance du monde chinois (23,2% pour Chine, HK, Taiwan), ASEAN (6%), Japon-Corée du Sud (5,5%)  [5].

Alors même que les atouts et les potentiels de développement de Madagascar s’avèrent phénoménaux.

On n’épiloguera pas sur l’énorme capacité agricole du pays avec une surface agricole potentielle estimée à 36 millions d’ha, surfaces que le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) estime exploitées à moins de 10%. Et dans ce cadre on n’a pas fini de s’interroger sur un dossier Daewoo assassin et assassiné par manque de transparence. On se demandera aussi pourquoi les scandales Daewoo et Varun ont été levés (et il n’est pas question de les défendre ici), quand rien semble-t-il n’a remis en question les superficies concernées par les projets miniers. Bizarreries de la politique et de la manipulation de l’information. Il est vrai que le potentiel minier de l’île engage des enjeux financiers sans commune mesure avec la sauvegarde des intérêts des paysans qu’on prétendait défendre.


Dans la seconde partie :

Un potentiel minier de plus en plus alléchant …

La diplomatie française peut elle reprendre la main ?

Conclusion : peut-on enfin en sortir ?

Notes

[1Mission Economique de l’Ambassade de France.

[2voir au sujet de la mort de la françafrique : Antoine Glaser et Stephen Smith « Comment la France a perdu l’Afrique ». 2005

[3Etats-Unis, Royaume uni, Allemagne, Espagne, Italie, Maroc, Sénégal, Madagascar.

[4Europa, Bassas-da-India, Juan-de-Nova, les Glorieuses à l’Ouest de Madagascar, Tromelin à l’Est.

[5Mission Economique de l’Ambassade de France.

25 commentaires

Vos commentaires

  • 29 janvier 2010 à 08:50 | Bena (#2721)

    merci pour cette analyse.

    mais quel que soit l’endroit où nous sommes et aussi minime soit notre poids, nous pouvons toujours combattre la politique néocoloniale de la france. nous devons montrer à tous les niveaux que nous ne sommes pas d’accord. l’existence de traitres actuels, comme dans le temps (razanakombana, rasanjy ...) ne doit pas nous affaiblir, au contraire. la route est longue mais nous vaincrons la politique coloniale de mister K & Co.

    • 29 janvier 2010 à 09:13 | bemabema (#534) répond à Bena

      Manao ahoana daholo,
      Tsara raha mba mamaky io famakafakana io ny miaramila tandroka hiaro ny vozona ho an’i TANINDRAZANA - 1% ireo mpamadika tanindrazana ary aiza ny 99% ??? - - Ireo mpanao politika dia ry drema sy ratsirahonana no tena tokony ho samborin’ireo 99% miaramila mihanahana fotsiny sa matahotra ireo 1% - farany isika Malagasy dia tokony hifanentana tsy hividy entana MARQUE frantsay

  • 29 janvier 2010 à 09:22 | LE VEILLEUR alias L’EVEILLEUR (#1331)

    Merci pour ces éléments d’informations.
    Les "français" ont "un plan" pour faire avancer leur pays.

    Juste une question :
    Les "malgaches" ont-ils "un plan" en phase avec le génie du peuple Malagasy ?

    • 29 janvier 2010 à 21:45 | rabri (#2507) répond à LE VEILLEUR alias L’EVEILLEUR

      Le génie du peuple malagasy est là depuis des millénaires ( les très nombreux riches proverbes malagasy + la débrouillardise .....) mais le plan "made in madagascar" n’a jamais presque existé.

      Pourquoi ?? Nous avons trop d’INTELLECTUELS AUX MAINS INCAPABLES qui occupent essentiellement les postes-clés pour les grandes décisions = sur le papier (OUI) mais sur le terrain ( mille fois NON) !!!

  • 29 janvier 2010 à 10:32 | doris24 (#2499)

    dans limediat nous vivont de largent des contribuables francais ! cela ne effleure méme pas ! par contre que depuis lindependance aucun je dit bien aucun malgache na etait capable de gerer notre pays , quand au genie malgache comme le dit un commentaire jen doute vus la façon de proceder ! : les soit disant intelectuels avec leurs phrases empoulée nous saoule de leurs grandes théories qui depuis lindependance nous fond couler au fond du bocal , quand a la question que mada intérésse les francais laisser moi rire ! il sont mayote , la réunion , donc arreter de cacher lincapacité de nos soit disant intélectuels en disant la france la franceafrique la france , mais leurs argent qui aide nos famille ne vous géne en rien belle mentalité !

    • 29 janvier 2010 à 17:06 | bemabema (#534) répond à doris24

      Pour doris24
      Ceux sont les peuples Malagasy qui nourrissent les pauvres français,la preuve :
      Une sté Malagasy a un avoir en devise sur son compte en devise à Ankorondrano ex B1 - cette société voulait transferer son avoir en devise sur son compte à Ankorondrano ex B2 - cas précis la somme en question s’élève de 100 000 USD - ce transfert va encore à la banque B1 à Paris pour que ce dernier retire une commission de FMG 3000 000 ( trois millions fmg ) pour rien - cette commission augmente le coût de production de cette société en question et c’est le consommateur Malagasy qui paie et fait vivre les pauvres français !!!

  • 29 janvier 2010 à 10:41 | Citoyenne Malgache (#599)

    C’est impressionnant comme travail de recherche et d’analyse. J’y apprends tellement de choses que j’hésite à commenter, n’étant pas initiée sur beaucoup des points abordés...

    Quand tu dis "Elle (la France) n’en a peut être pas été à l’origine … "
    Cela fait des années que les mêmes têtes de l’opposition se sont rendus ridicules dans leur démarche d’opposition... alors pourquoi d’un coup et en quelque semaines ils ont réussi à tout renverser, avec autant de dégâts ? Il ne faut pas me dire que le DJ a été le super héros qui a su faire tout ça tout seul...

  • 29 janvier 2010 à 11:35 | da fily (#2745)

    Hello Lalatiana, ça fait plaisir cette réapparition.

    Que dire de plus sur le contenu, étayé, démontré et pointé qu’il est intéressant à plus d’un titre. Je me borgnerai à n’y laisser que mon sentiment, même s’il n’apporte pas grand chose. Je suis un grand sentimental.

    Votre appui de ce jour, je ne considère pas votre billet comme une opinion anodine, mets en exergue la fatuité de cette France dans ce paysage malagasy. L’ingérence récente, traduction moderne d’une décadence mal assumée, désordonnée et malsaine d’un pays à la recherche d’une bouée d’oxygène, parfait la panoplie d’un colonialisme mal assumé. La nébuleuse et tentaculaire françafrique que prenaient les Basile, Rabri, vuze, rakoto09 et dans une mesure plus anecdotique xena pour le serpent de mer, dévoile avec cet article ses entrailles cachées sous la carapace de la bienséance. Il est édifiant que tant de personnes vivant pour la plupart en France, aient du mal a admettre cette vérité, controversée ou non, qui prouve si besoin cette fameuse mainmise de la politique française sur les pays d’Afrique. Je ne peux m’empêcher de qualifier cette attitude de colonisés du bulbe, en ce sens que le colonisé ampute volontairement ses capacités critiques afin de parfaire son attitude de soumis, privé de la plus élémentaire liberté : celle de penser libre. Je vais faire lever là toute une légion de boucliers, allant de doris24 à quelques zanatany mal dans leur peau qui ne manqueront pas de souligner qu’il y a tout un tas de gasys et d’étrangers qui vivent de la manne française. Dans ce cas faudrait-il admettre également que les gasys et étrangers travaillants en France devraient se comporter en mendiants et la boucler ? Basile22 est un fervent défenseur de ce type d’attitude,liquéfiant...

    Bouclons le volet patriotique à géométrie variable et pointons le doigt sur le carambolage aux portes de Mada. Les enjeux de cette domination sont quelque peu invisible pour le profane, alors que pour le véritable homme politique, ils sont la toile sur laquelle il faudra adapter au mieux son canevas. A l’heure ou Mayotte s’ancre un peu plus dans le roc français, la France n’a que Mada comme pourvoyeur sérieux de ressources dans cet océan indien. Dussé-je friper un peu les habitants des iles françaises de la Réunion et de Mayotte, ces iles n’apportent pas grand chose en terme de fourniture de matières premières : la Réunion a son sucre, il est vrai, mais quid de Mayotte avec sa filière anecdotique en essence d’ylang ? Est-il encore besoin de comparer à ce que Mada pourrait apporter à la France ? Serait-il déplacé et prétentieux d’affirmer que nous avons en nombre des ressources que bien des pays de la région nous envient ? A vrai dire, il n’y a que les ignares qui ne le savent pas. Les leçons de géographie nous ont appris bien autre chose que de savoir Quito, capitale de l’ Equateur.

    Méconnaitre tout cela est acceptable, mais l’ignorer est irresponsable. Les malagasys doivent impérativement se réveiller, se lever et aller au front de la bataille du developpement et du progrès, tant que cette volonté ne sera pas visible, il y aura toujours un vazaha, un sinoa ou autre kàrana qui voudra lui montrer son chemin(à lui) à suivre...

    Lalatiana, vous êtes un bienfaiteur de la cause malagasy avec cette autre conscience que nous partageons, je vous lis toujours avec plaisir.
    Vivement que le Tgv et sa hat débarassent le plancher, ce n’est pas en roulant pour la France qu’ils vont nous sortir de la mouise.

    • 2 février 2010 à 08:10 | Tena Marina (#3761) répond à da fily

      Bonjour Cher fily,

      Je ne comprends pas ton animosité à l’égard des Vazaha, Sinoa ou autre Kàrana quand tu dis : "il y aura toujours un vazaha, un sinoa ou autre kàrana qui voudra lui montrer son chemin(à lui) à suivre"

      Pourquoi un Vazaha, un Sinoa ou un autre Kàrana est-il inférieur à toi ? Pourquoi es-tu si complexé ?

      Tout le monde le sait, la faute originelle de Madagascar a été d’avoir écarté de la citoyenneté les composantes vazaha, sinoa et kàrane de sa population au moment de l’indépendance en dépit de tout bon sens et sous quel prétexte, personne ne le sait.

      Et on a toujours continué à fragiliser le sentiment que peuvent avoir ces composantes dans leur appartenance à l’ensemble de la Communauté Malagasy.

      Alors, ils s’en vont vers la France et la France ne peut que s’enorgueîllir d’avoir tant de ressortissants et d’intérêts à Madagascar. N’est-ce-pas logique ? Je ne veux pas aujourd’hui te faire un procès d’intention ni faire plus de développement sur ce sujet dont surtout le manque à gagner à tous les niveaux, y compris politique, qui découle de cette situation. Et n’oublions pas aussi que la confiance nécessite un long cours à traverser qui semé de toutes sortes d’embuches et de paroles malheureuses. A bientôt.

  • 29 janvier 2010 à 12:27 | vuze (#918)

    Très bon travail, Lalatiana...

    L’intérêt de la France pour cette zone géographique ainsi que les ressources potentielles de Madagascar ne fait pas de doutes. Est-ce anormal ? Si on inversait les rôles, Madagascar n’aurait-il pas fait la même chose ?

    Je dénonce les actions Françaises opérées en coulisses mais depuis le début, je prône le gagnant-gagnant... TGV réussira-t-il là où aucun dirigeant malgache n’a réussi ?

    Cordialement..

    • 30 janvier 2010 à 14:37 | lalatiana (#1016) répond à vuze

      Bonjour Vuze,

      Je n’ai pas de problème avec les intérêts de la France...
      C’est normal et même souhaitable qu’elle se batte pour gagner et sauvegarder des marchés et de l’emploi ... La concurrence est quelque chose de sain... quand elle n’est pas viciée ... la FIN ne justifie pas TOUS les moyens !!!

      J’ai un problème quant à la façon dont elle défend ces intérêts ... j’ai un problème quant au mépris avec lequel elle traite cette défense de ces intérêts avec des pays plus faibles ... Je trouve pas ça joli joli ...

      Cdt

  • 29 janvier 2010 à 12:32 | tsiaro (#716)

    Merci Lalatiana pour cette analyse que je qualifie de très haute qualité. Vous avez mis la barre très haute sur cet article mais j’ose espèrer que les suites (qui à mon sens encore plus intéressante) seront à la hauteur. Votre présent article reflète exactement mon point de vue sur cette crise malgache mais non journaliste comme je suis je ne serai jamais capable de l’exprimer de cette façon.
    Je suis tout de même étonné qu’il n’y a pas eu beaucoup de réactions sur cet article. Est-ce la vérité qui blesse ? Pour une fois, on parle de chiffre et d’enjeux.
    J’espère que cet article ouvrira les yeux des malgaches.
    J’attends avec impatience les suites.
    A très bientôt Lalatiana et encore bravo.

  • 29 janvier 2010 à 12:35 | hasina (#3305)

    Le boulanger vend du pain
    Le voyant vend du rêve
    Et le politicien vend l’espoir et la peur.
    Nous ne pouvons pas changer cela, mais nous pouvons l’améliorer, ce n’est pas toujours en critiquant la France et le pouvoir actuel qu’on va améliorer les choses.

  • 29 janvier 2010 à 12:37 | Albatros (#234)

    Bonjour Lalatiana,

    Certains forumistes, qui demandent des arguments à ceux qui critiquent leur "poulain", ont une belle lecture devant eux.

    Je voudrai juste préciser une chose (je l’ai déjà fait dans le passé) : Ne pas confondre, l’Etat Français et les Français.

    Ne pas confondre les multinationales et les individus qui investissent à Madagascar parce qu’ils aiment ce pays.

    Comme il ne faut pas confondre le Peuple Malgache avec l’image que les politiciens donnent de lui.

  • 29 janvier 2010 à 18:04 | Rakotoasitera Fidy (#2760)

    Bravo et merci à Lalatiana , avec Georges Rabehevitra vous formez un tandem
    formidable

    MERCI

  • 29 janvier 2010 à 18:22 | vazaha54 (#3752)

    je voulais intervenir pour dire qui ne faut pas confondre les dirigent sfrancais et nous les petits qui aimons mada on ne veut pas prendre qoui que ce soit de votre pays et c est souvant les petits vazaha avec pres peu de moyen qui fesons partie des associations d aides pour votre pays on a aucun interets de vous voler car on vient chez vous pour le touriste et on a pas plus les moyen que vous pour prendre vos richesses je connais votre pays et si vous vouler pas qu on vous le prene c est avous de bouger et pas laisser vos dirigents se remplir les poches au lieu de s enrichir a des fin personnel

  • 29 janvier 2010 à 19:13 | jojo (#3543)

    Voici ce que je pense de cette assourdissante contribution dont la déflagration promet de résonner (et non pas raisonner) pour les 20 ans à venir et dans toute la galaxie… tournée générale pour un air bien connu : “oh mon dieu que la France est méchante !!! Typique de la mentalité de sous développé… Encore une fois, il faut grandir !!! Quand on a 40 balais et qu’on a des problèmes de couples, on n’accuse pas son papa, sa maman, son voisin ou que ne sais je son collègue de travail…

    « … autant d’éléments d’une longue liste de faits qui ne laisse que peu d’incertitudes quant à l’implication de la France dans la situation présente. Elle n’en a peut être pas été à l’origine … Mais, pour servir ses intérêts, elle ne s’y est pas opposée. »

    Il faut choisir : soit la France a été impliquée (« qui ne laisse que peu d’incertitudes quant à l’implication de la France dans la situation présente ») soit elle n’a fait que ne pas s’opposer (« elle ne s’y est pas opposée »). C’est l’un ou l’autre et pas les deux : soit elle a eu un rôle actif (« l’implication de la France dans la situation présente »), soit elle a eu un rôle passif (« elle ne s’y est pas opposée »)… à clarifier svp…

    « reflètent d’énormes enjeux économiques, politiques et géostratégiques que la grande majorité des malgaches eux-mêmes ne mesure peut être pas pleinement. »

    Rien de tout cela : il y a autant d’enjeux économiques, politiques et géostratégiques dans cette affaire que de maisons en falafa au garde à vous après le passage d’un cyclone de janvier…

    Les acteurs de cette mauvaise pièce sont malgacho-malgaches… les enjeux en sont la perpétuation d’un système basé sur l’absence de justice sociale et de redistribution des richesses… les enjeux en sont la conservation d’un monde ou les privilégiés se tiennent tous par la barbichette… ou les possédants se partagent les richesses qu’ils n’ont eu aucun mérite à créer au vu et au su des catégories les plus défavorisées de la population qui les regardent faire sans pouvoir réagir trop occupés qu’ils sont à survivre… les enjeux sont le maintien d’un système ou l’élite économique, politique et culturelle est si indigente que même quand leur chef d’œuvre (la société inégalitaire) leur explose à la gueule ils continuent à gratifier leurs victimes du mépris de celui qui se positionne au dessus de cet amas de gueux (ah le fameux QI des foules du 13 mai) …cette élite défaillante qui non contente de se poser en victimes fustigent à longueur de journée ceux qui, dépourvus de savoir vivre et de bonnes manières, devraient tout juste réprimer un rictus de douleur en silence au lieu de se défouler violement les grands jours ou soirs d’émeutes …

    Il faut arrêter de détourner l’attention des malgaches sur les vraies causes de la crise :… les ennemis sont à l’intérieur…ils sont dans des 4x4 couleurs métallisés et dans les villas des quartiers chics des environs de tana … la France n’a rien à voir avec tout ca…

    « La France reste le premier client à l’exportation de Madagascar. Mais elle a perdu sa place de premier fournisseur désormais occupée par la Chine. »

    Et alors ? cela prouve t il que Madagascar est l’objet d’enjeu économiques cruciaux de la part de la France ? est ce que Madagascar figure dans les 20 premiers clients de la France ? réponse : NON (http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08457) . est ce que Madagascar figure dans les 20 premiers fournisseurs de la France ? réponse : NON (http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08455)... Il faut bien vous rendre a cette évidence : La France est importante pour Madagascar ; Madagascar n’a aucune importance économique pour la France…… est ce que Madagascar serait en capacité d’acheter des Airbus, des centrales nucléaires, des TGV, des Rafales ? rien de tout ca… Sarko ce qui l’intéresse en ce moment c’est le Brésil, les Emirats, la Chine… Madagascar il s’en tamponne comme de sa première capote… ce n’est pas les quelques toquards d’operateurs économiques français faisant du business a Mada qui vont lui équilibrer sa balance commerciale déjà bien mal en point… ce n’est pas avec ce que Orange, Société Générale vont rapatrier en France que la France sortira plus vite de la crise… En un mot commençant, comme en milles : la France n’en a rien à faire de tirer profit de l’évolution des importations malgaches… Autrement dit le jour ou Madagascar voudra cesser de commercer avec la France, cela va lui en toucher une à la France… mais sans faire bouger l’autre…par contre, rappelez moi qui a ferme les robinets récemment ? est ce la France ?

    Un revirement récent ? La France veut reprendre sa place

    Mais de quelle place parlez-vous ? De fait, l’élite politique, économique et intellectuelle à Madagascar parle français. La France est le premier pays dans le monde ou vivent les malgaches de l’étranger. Le passeport français est le passeport le plus détenus par des citoyens malgaches après le passeport malgache… de fait même si elle ne le voulait pas, la France aurait une influence sur Madagascar… en quelle langue s’exprime la majorité des forums sur Madagascar ? La France détient une place privilégiée à Madagascar. C’est un fait établit et elle n’a jamais perdu sa place et n’a donc rien à reprendre… est ce que la présence culturelle de la France a baissé a Madagascar ? est ce qu’il y a moins d’Alliances Françaises ? Quels est le plus grand Lycée Français à l’étranger ?

    Je dirai donc : tentative d’approche loupée Lalatiana…vous êtes bon pour un autre tour de piste… cette analyse ne vaut pas plus que le premier devoir sur table d’Histoire et Géographie du premier trimestre d’un élève moyen de première année de prépa HEC …

    Vivement la suite !!!

    • 29 janvier 2010 à 20:36 | hasina (#3305) répond à jojo

      A jojo,
      Tout ce que vous venez de relater est clair, il n’y a plus rien a ajouté, que de vous dire bravo, au moins ça c’est la réalité des faits.

    • 30 janvier 2010 à 14:44 | lalatiana (#1016) répond à jojo

      oui ... mais l’élève de 1ère année de HEC il sait lire et rapporter des faits sans filtrer et sans s’encombrer d’émotion ... de cette émotion qui aveugle certains au point qu’ils en perdent toute vision globale et ne savent s’attacher qu’à des détails ... et encore ... sur ces détails ils n’apportent rien qui vienne contredire les faits énoncés ...

      tsssss ...

    • 30 janvier 2010 à 15:29 | jojo (#3543) répond à lalatiana

      correction : je parlais de prépa HEC (classe préparatoire au Haut Enseignement Commercial) et non HEC (Haute Etudes Commerciales)... ce serait vous faire trop d’honneur... confusion qui dénote bien le niveaux de culture générale et qui explique en tout cas la confusion dans l’argumentation... doit faire ses preuves...

    • 31 janvier 2010 à 21:58 | lalatiana (#1016) répond à jojo

      le niveauX d’orthographe que vous affichez est à votre honneur, lui ...

      mdr

    • 1er février 2010 à 08:42 | Rakitoza (#689) répond à lalatiana

      Expdrrrr

      Au fait, n’est ce pas ce môssieu qui avait fait étalage de son cursus dans un post, se vantant d’avoir fait une école dont Ravalomanana n’aurait même pas été digne de "nettoyer les toilettes"...

      Izay ilay hoe mametraka ny tenany toa voalamena, ka milaza ny sasany ho varahina.

      Quand l’affreux Jojo dit "Il faut arrêter de détourner l’attention des malgaches sur les vraies causes de la crise :… les ennemis sont à l’intérieur…ils sont dans des 4x4 couleurs métallisés et dans les villas des quartiers chics des environs de tana", il a tout à fait raison. Il oublie juste les Toyota Camry ou Yaris dont le chef du clapier a arrosé les membres de sa secte.

  • 29 janvier 2010 à 20:22 | sava2012 (#3716)

    Merci, Lalatiana. J’attend la suite avec impatiance.
    Vous n’avez pas remarqué dès qu’on denonce la vrai cause de nous malheur, les TGVistes sont motus et bouche cousue.
    Bref, des harkis, des collabos et des traitres à la patrie. Ils sont capable de vendre leur père, mère, compagne et enfants pour plaire à la France.

  • 31 janvier 2010 à 03:13 | el che (#344)

    C’est étonnant cette propension des malagasy à vouloir sortir du joug colonialiste français, pour retrouver le joug colonialiste américain !!!

    Si vous vous informez sur la politique globale des grandes puissances en Afrique, vous verrez qu’elles entrent dans de farouches concurrences, afin d’imposer leur influence socio-économique.

    A nous, malagasy, de rejeter ce qui est mauvais pour le pays, et de ne garder que le bon.

    Ce sont biens nos politiciens, qui entretiennent ce joug néo-colonialiste, au gré des alliances : Ravalomanana et pour les américains ce que Rajoelina est pour la France !!!

    Ce n’est que le reflet de la guéguerre interne que mènent nos politiciens qui an est avant tout la cause. En politique internationale, nous devons faire bloc, et défendre nos propres intérêts.

    A défaut d’entente interne, les grandes puissances ne font pas de sentimentalisme, et sont capables de donner des armes aux belligérants malagasy, afin qu’ils s’étripent ! Du moment il y a des intérêts en jeu…. ;

    El che

  • 10 février 2010 à 19:28 | agyal (#399)

    Merci à lalatiana de nous informer et de nous démontrer ses connaissances du sujet.

    Mais il serait intéressant d’analyser pourquoi la SADC avec l’acteur important qu’est l’Afrique du Sud s’acharne à mettre hors jeu la révolution populaire malgache au profit d’une gestion et d’une gouvernance prévaricatrice appauvrissant le peuple qui a perdu 80% de son pouvoir d’achat depuis 20 ans et qui s’est révolté pour avoir moins faim.

    L’émigration à l’étranger de plus 100.000 malgaches et zanatany est bien la preuve.
    J’oubliais les demandeurs d’asile politique et nos compatriotes travaillant au Liban, au Koweit entre autres tranformés en esclaves et qui reviennent ruinés et souvent en mauvaise santé et sans un ariary.

    Alors que la quatrième puissance mondiale se préoccupe de projets économiques, agricoles, de santé, de coopération et est la seule à affronter l’ambargo américain, de la SADC et le destructeur économique qu’est RA8, pour faire des actions contre la faim dans le pays et surtout dans Sud-Ouest, ne me gêne pas .

    Mais la protection de la France , au contraire de ce que Lalatiana essaye de démontrer, peut favoriser l’installation d’une vrai démocratie, d’une réelle égalité entre tous nos concitoyens du Nord au Sud, car nous les gens issus des provinces en avons assez de ces intellectuels tananariviens qui font et refont le monde politique malgache en pariant sur celui ou ceux qui deviendront les plus riches ou qui auront le plus d’influence.

    A quand les élections des représentants (sans parachutage) des peuples de nos provinces avec l’accord de tous.

    En étant sortis des pays autocratiques, nous serons certainement fiers de faire partie de la petite quantité de pays au monde vraiement démocratique en paix devant Dieu et nous-mêmes.

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