Une scène inhabituelle s’est produite au siège de l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) à Tsimbazaza. Une vive altercation a opposé le directeur général, Alban Rakotoarisoa, et le directeur administratif et financier, Brysolas Rajaonarivelo, révélant au grand jour une crise interne jusque-là contenue. Au cœur du conflit : la révocation du Daf, que ce dernier refuse catégoriquement d’accepter.
Selon la direction générale, toutes les procédures réglementaires auraient été respectées pour mettre fin aux fonctions du responsable financier. La décision découlerait notamment d’une résolution adoptée en Conseil d’administration le 10 février 2026, actant l’abrogation du décret de nomination du Daf et la fin de son détachement au sein de l’ACM. En conséquence, il devrait réintégrer son administration d’origine, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESuPRES).
De son côté, Brysolas Rajaonarivelo conteste la légitimité de cette décision. Il affirme ne jamais avoir reçu de notification officielle et estime que la procédure engagée à son encontre ne respecte pas les dispositions légales en vigueur. Bien qu’il ait saisi le tribunal administratif ainsi que le Conseil d’État, ses recours n’ont pas abouti à une suspension de la mesure. Malgré cela, il maintient sa position et refuse de quitter ses fonctions.
La situation s’est tendue davantage lorsque la direction de l’ACM a exigé la restitution des biens de service mis à disposition du Daf, notamment un véhicule et les clés de son bureau. Le directeur général aurait même donné instruction aux agents de sécurité de fermer les accès de l’établissement afin d’empêcher toute sortie avec le véhicule administratif, illustrant un bras de fer inédit au sein de l’institution.
Au-delà du différend administratif, l’incident a également mis en lumière certains éléments liés à la situation interne de l’établissement. Des échanges ont évoqué à la fois l’attribution d’un treizième mois au directeur général pour une période d’activité très courte, ainsi que la situation financière de l’ACM. L’institution ferait face à une dette estimée à 9 milliards d’ariary, en lien notamment avec les conséquences de la crise sanitaire.
Dans ce contexte, la question de la gestion des ressources se pose naturellement. La présence de véhicules de fonction de standing élevé, dont certains sont estimés à plus de 150 millions d’ariary, contraste avec la situation financière évoquée. Ce décalage alimente des interrogations sur l’équilibre entre contraintes budgétaires et niveau de dépenses au sein de l’établissement.
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