La Marine française a arraisonné ce dimanche un pétrolier, accusé d’appartenir à la flotte fantôme russe pour contourner les sanctions internationales visant la Russie. Le navire, identifié sous le nom de Tagor, est toujours référencé sur les sites de navigation comme battant pavillon malgache mais l’Agence portuaire, maritime et fluvial malgache (APMF) a déjà signalé que des certificats d’immatriculation frauduleux au nom de Madagascar circulent, et que le Tagor ne figure dans aucun de ses registres officiels.
L’interception du navire a été annoncée lundi par le président français Emmanuel Macron. Le navire, est suspecté par les autorités françaises d’avoir multiplié les changements d’immatriculation afin de masquer son identité réelle et ses activités commerciales. Avant d’arborer récemment le pavillon camerounais, le pétrolier a également été enregistré sous les couleurs de Madagascar, des Îles Marshall et du Panama.
Selon les informations communiquées par Paris, le navire venait du port russe de Mourmansk et faisait route vers l’Afrique centrale lorsqu’il a été contrôlé à plusieurs centaines de kilomètres des côtes françaises. Les autorités françaises affirment que l’authenticité du pavillon présenté au moment de l’interception soulevait des doutes, justifiant ainsi une inspection en mer.
Pour Madagascar, l’affaire ne signifie pas nécessairement une implication directe dans les activités reprochées au pétrolier. Toutefois, la mention du registre maritime malgache dans une enquête liée à un navire placé sous sanctions internationales pourrait relancer les débats sur les mécanismes de contrôle des immatriculations maritimes et sur le suivi des navires changeant fréquemment de pavillon.
Dans le transport maritime international, certains armateurs recourent en effet à des changements répétés d’immatriculation afin de bénéficier de réglementations différentes ou de rendre plus difficile la traçabilité des activités du navire. Cette pratique attire particulièrement l’attention des autorités lorsqu’elle concerne des bâtiments faisant l’objet de sanctions économiques ou de soupçons de fraude.
Le Tagor figure sur plusieurs listes de sanctions établies par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Une enquête judiciaire a été ouverte en France afin de déterminer les circonstances exactes de sa navigation et de vérifier la régularité de ses documents administratifs.
L’opération a suscité une vive réaction de Moscou. Les autorités russes dénoncent une intervention qu’elles jugent contraire aux principes de la liberté de navigation. Le Kremlin estime que l’arraisonnement du pétrolier s’apparente à une mesure coercitive injustifiée et affirme prendre des dispositions pour protéger ses navires commerciaux.
Cette affaire intervient dans un contexte de surveillance accrue des réseaux maritimes soupçonnés d’être utilisés pour contourner les sanctions occidentales imposées à la Russie depuis le début du conflit en Ukraine. Pour les autorités françaises, le démantèlement de ces circuits constitue désormais un axe majeur de leur stratégie de contrôle maritime.
Si aucune responsabilité n’est attribuée à Madagascar dans ce dossier, la présence passée du pavillon malgache dans l’historique du navire place néanmoins le pays parmi les juridictions citées dans une affaire qui dépasse largement le cadre régional et s’inscrit dans les tensions géopolitiques actuelles autour du commerce pétrolier mondial.
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Vos commentaires
BRAVO BEOZATSY, mitehafa ra-kolonely raha masahy.
Tohizo fa tsara ô !
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