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mercredi 28 janvier 2026
Antananarivo | 10h41
 

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État civil : lancement de l’enrôlement biométrique

mercredi 28 janvier | Mandimbisoa R. |  147 visites  | 1 commentaire 

Le coup d’envoi de l’enrôlement biométrique des citoyens âgés de 18 ans et plus a été donné hier dans la commune d’Ampitatafika, dans le district d’Atsimondrano. Cette phase initiale, prévue jusqu’au 24 février dans la zone pilote, précède une extension progressive à l’ensemble du territoire à partir du 3 avril.

Sur le terrain, l’opération se veut accessible et volontaire. À Ampitatafika, les centres d’enrôlement accueillent les citoyens sans prise de rendez-vous, avec un objectif quotidien d’environ 120 personnes enregistrées. Chaque procédure dure une quinzaine de minutes. Des campagnes de sensibilisation, appuyées par des réunions locales et des supports d’information déployés dans les fokontany, ont été mises en place afin d’encourager la population à participer.

Le dispositif est organisé du lundi au vendredi, avec une combinaison d’équipes fixes installées dans certains fokontany et d’unités mobiles chargées de couvrir les zones plus éloignées. Présenté comme gratuit et réalisé une seule fois par citoyen, l’enrôlement biométrique est décrit par les autorités comme une étape structurante vers une identité légale sécurisée et reconnue.

Au-delà de cette phase locale, l’initiative s’inscrit dans un projet d’envergure nationale. Le lancement officiel du programme s’est tenu le même jour à Iavoloha, marquant le démarrage d’un processus destiné à attribuer un Numéro d’Identifiant Unique à plus de 12 millions de Malgaches. Soutenu par l’État et le projet PRODIGY de la Banque mondiale, le programme ambitionne de poser les fondations d’une administration modernisée et d’une gouvernance numérique renforcée.

Lors de la cérémonie, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a mis en avant le rôle central de l’identification biométrique dans la réforme de l’État. Selon lui, ce dispositif doit améliorer la gestion des finances publiques, renforcer la transparence dans les marchés publics et appuyer les forces de sécurité. L’enrôlement biométrique est également présenté comme un levier clé pour assainir les listes électorales, en éliminant les doublons, les inscriptions de mineurs ou de personnes décédées, tout en ouvrant la voie à une participation accrue de la diaspora aux prochains scrutins.

Sur le plan opérationnel, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation assure la mise en œuvre du programme, tandis que le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications supervise l’architecture technologique. À travers l’Unité de Gouvernance Digitale, l’objectif affiché est de garantir l’interconnexion entre l’état civil, la Justice et les différents services publics.

Après la phase pilote à Atsimondrano, la généralisation nationale est prévue entre avril et juin 2026. Les autorités visent l’enrôlement de deux millions de citoyens durant cette période, en priorité les adultes. Le système repose sur la collecte de données biométriques multiples — empreintes digitales, reconnaissance faciale et iris — afin de garantir l’unicité de chaque identité. Plus de 2 500 équipes devraient être déployées à travers le pays, chacune capable d’enregistrer quotidiennement plusieurs dizaines de personnes.

À terme, le gouvernement présente ce chantier comme l’un des piliers de la transformation numérique du pays, avec la promesse d’une administration plus efficace, d’un accès élargi aux droits et services, et d’une gouvernance se voulant plus inclusive.

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1 commentaire

Vos commentaires

  • 28 janvier à 09:50 | Vohitra (#7654)

    Une initiative louable permettant d’améliorer la sincérité du vote et choix des électeurs...

    Mais cette initiative aurait dû et devra être précédée d’autres activités prioritaires notamment :

    * De l’avènement d’une structure et d’un texte de loi rigoureux permettant la protection des données collectées

    * D’une opération de grande envergure sur l’étendue du territoire permettant l’accès et l’ inscription à l’Etat civil de tous les citoyens Malagasy.

    Apparemment, la fièvre de la communication a pris le dessus et domine le paysage des actes entrepris par les autorités...et toujours dans le droit fil et sillage du sentier battu de l’ancien régime déchu... ainsi que la continuité de l’Etat...

    En effet, le financement de cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’accord de prêt avec la Banque Mondiale en 2022 et mise en œuvre à travers le projet "Prodigy" autrefois dirigé par l’ancienne ministre et directrice de cabinet du Calife, Nathalie Delmotte...

    Oui, c’est la continuité des actions du Calife... ainsi, une erreur monumentale venait d’être commise par le régime transitoire et intérimaire : une opération d’audit "opérationnel et financier" du projet aurait dû être mené avec rigueur AVANT la poursuite et continuité de ce projet..

    Mais quand on est atteint par la fièvre et désir ardent de communiquer, alors on devient sourd et aveugle...

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