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Politique

Mission parlementaire UE-ACP

Le statut de l’opposition est nécessaire

vendredi 2 novembre 2007 | Alphonse M.
« Il est nécessaire que l’opposition se fasse entendre », selon les membres de la délégation de l’Assemblée Parlementaire Paritaire Union Européenne -Afrique Caraïbes Pacifiques.

La délégation de l’Assemblée Parlementaire Paritaire Union Européenne (UE)-Afrique Caraïbes Pacifiques (ACP) a rencontré la presse avant de quitter la Grande Ile pour faire le bilan de sa mission. Les élus n’ont pas mâché leurs mots tout en sollicitant l’avènement d’un statut pour l’opposition malgache afin de promouvoir les débats démocratiques.

« Les débats démocratiques s’appauvrissent en l’absence de l’opposition, notamment au sein de l’Assemblée nationale » a remarqué Mme Glenys Kinnock, co-président de la délégation lors d’une conférence de presse, mercredi dernier à l’hôtel Hilton et ceci après avoir rencontré les autorités malgaches, les membres de l’opposition, la société civile ainsi que la délégation de l’Assemblée Parlementaire Paritaire. Une manière de dire que l’écrasante majorité d’un seul parti au sein de la Chambre basse ne favorise pas les pratiques démocratiques. Une allusion au raz de marée du parti TIM lors des dernières élections législatives dont les règles du jeu n’étaient pas tellement claires. Du coup, Antoine Dayori, vice-président et non moins parlementaire béninois a insisté sur la nécessité d’un statut de l’opposition pour qu’elle puisse s’exprimer librement sur les affaires nationales. Et ceci pour le bien du peuple, de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté. « Il est nécessaire qu’elle se fasse entendre », a-t-il signalé. Il a cité le cas de son pays qui, notons-le, a connu les mêmes péripéties que la Grande Ile. Mais, les hommes politiques béninois, sous la houlette du vieux Kérékou, ont su mettre en place des structures permettant de renforcer les acquis démocratiques. Il est indispensable que les règles du jeu soient claires et acceptées par les acteurs de la vie politique et l’ensemble des forces vives de la nation.

Inégalité de chance...

Poursuivant leurs constats sur les pratiques politiques à Madagascar, les Parlementaires de l’UE-ACP ont soulevé l’inégalité de chance entre les candidats aux élections. Tout d’abord, ils ont évoqué l’importance de la libre accès de tous les partis aux médias. Ce déséquilibre ne permet pas aux membres de l’opposition de s’exprimer librement sur les affaires et de jouer ainsi leur rôle de contre-pouvoir. Par ailleurs, Mme Lydie Polfer, parlementaire luxembourgois, n’a pas manqué de signaler que le financement des partis doit être règlementé pour que l’égalité de chance des hommes politiques ne soit pas qu’un simple slogan. Plusieurs entités, pour ne citer que la Sefafi ou le CNOE, ont déjà réclamé depuis belle lurette la nécessité de la réglementation des financements des partis ainsi que ceux des campagnes électorales, mais force est de constater que les autorités successives n’ont pas été chaudes pour concrétiser une telle démarche. Ainsi, l’origine des fonds de campagne des candidats est presque inconnue à Madagascar, sans oublier l’utilisation par les candidats dits officiels des matériels de l’Etat. Répondant à la question d’un journaliste sur l’utilisation du bulletin unique et la mise en place d’une Commission nationale électorale indépendante, signalées à maintes reprises par le Chef de la Délégation de l’Union Européenne à Madagascar Jean-Claude Boidin, Mme Kinnock a réconnu que ce sujet a été évoqué lors de la rencontre de la délégation avec le chef de l’Etat mais, a-t-elle souligné, le temps ne leur a pas permis de discuter longuement sur ce point. Toutefois, le président malgache reste très ouvert à toutes les discussions se rapportant à ce sujet, a-t-elle insisté. Diplomatiquement, la délégation parlementaire UE-ACP essaie d’interpeller les autorités malgaches sur la démocratisation de la vie politique dans la Grande Ile sans pour autant s’immiscer dans les affaires internes malgacho-malgaches. A noter qu’en dehors de la grande famille du corps diplomatique, plusieurs hautes personnalités et membres de l’opposition ont répondu à l’invitation des parlementaires UE-ACP à l’hôtel Hilton pour un cocktail de... fraternité.

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