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lundi 27 septembre 2021
Antananarivo | 19h52
 

Tribune libre

La dernière ligne droite de la Transition

samedi 1er décembre 2012

Les ruelles mènent à tout, y compris vers la route du développement. Comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, les petits projets réhabilitent un pays en profondeur. Il est des rappels salutaires quand, dans la conjoncture, le moindre déplacement d’une autorité quelconque devient lourde de sous-entendus électoralistes. Certes, mais le petit peuple à qui profitent les projets n’en a cure. Il ne voit que les ruelles, dont ils ont longtemps souffert, qui passent de l’état de promesses (électorales) à la phase de la réalisation concrète. D’où vient l’argent ? Il ne veut pas le savoir. Y a-t-il eu appels d’offres en bonne et due forme ? Il ne s’en soucie pas. C’est de la propagande ? Il s’en f… L’essentiel est qu’il y aura ruelle, hôpital, toilettes et douches publiques ou dispensaire. Ainsi, il y a loin des préoccupations politiciennes aux hantises citoyennes. Chaque saison des pluies, le menu peuple des bas quartiers commence à préparer leur migration annuelle pour échapper aux inondations. Quand tombent les gouttes de la première averse, il se prépare à la gymnastique du slalom entre flaques d’eau et bourbiers ou l’exercice d’équilibrisme sur les passerelles vermoulues qui tiennent lieu de ruelles disparues depuis longtemps sous les détritus ou devenues, en permanence, d’immondes canaux d’évacuation.

Il y a des petits projets, comme le projet « Lalankely » (ruelles) qui incitent à la réflexion. Les politiciens ont la vue courte et, se faisant une fixation sur leurs ambitions, oublient le peuple dont ils se proclament protecteurs et responsables de leur droit au bien-être et au mieux-vivre. Avec les ruelles, des dépotoirs proprement utilisés ou de pimpants blocs sanitaires, les bas-quartiers disparaissent pour se transformer en quartier où « il fait bon vivre ». C’est le meilleur slogan de toutes les campagnes municipales d’Antananarivo. Cela dure depuis plus d’une décennie et les bas-quartiers sont toujours le réceptacle de toute la misère du monde et un vivier de…gros bras. Faut-il attendre le fameux retour à l’ordre constitutionnel ? La Transition n’exclut pas l’action, dans les limites de ses possibilités, certainement, mais cela ne signifie pas attendre les bras ballants que les alouettes de la communauté internationale nous tombent toutes rôties dans le bec. Que signifie d’après vous Transition ? C’est assurer les affaires courantes. Et les affaires courantes, ce sont les véritables responsabilités d’un Etat qui mérite son nom.

Il s’agit de préserver les acquis contre la crise et jeter les fondements de la reconstruction. La gent politique donne l’impression de désirer le pourrissement général, pour faciliter la conquête du pouvoir. Et s’active pour que tout reste en l’état et de préférence en pire. Des responsables publiques restent en permanence à l’écoute du peuple et agissent sans attendre la reconnaissance internationale. Ils tablent sur l’espoir que quelque part, on se rendra compte de leurs capacités et de leur sens de responsabilités pour faire le plus avec le moins. Une transition est surtout, une épreuve de confiance, quelle que soit l’évolution future de la crise politique. Le petit peuple des bas quartiers ne se cassent pas la tête pour les questions du ni…ni ou de la problématique du putsch. Ils veulent des dirigeants à l’imagination fertile pour l’espoir d’un avenir meilleur.

E. V.
Sambava

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