La crise éclate au grand jour dans le secteur du tourisme. Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat et l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) s’opposent sur la nomination de Jean-Marc Razakazafy au poste de directeur exécutif par intérim. Lundi 26 octobre, les deux institutions ont publié des communiqués aux positions contradictoires. Le Conseil d’administration de l’ONTM annonce officiellement cette nomination, tandis que le ministère de tutelle fait savoir qu’il ne l’approuve pas. Le désaccord est désormais public.
Tout commence avec l’annonce du départ de Danny Barivelo, dont les fonctions ont pris fin le 21 octobre. Cinq jours plus tard, l’ONTM officialise son remplacement par Jean-Marc Razakazafy. Le Conseil d’administration justifie cette décision par la nécessité de redynamiser l’Office et d’améliorer son fonctionnement. Il assure que les activités se poursuivront normalement et que les engagements envers les partenaires seront respectés.
Mais le ministère ne l’entend pas de cette oreille. Dans un communiqué daté du même jour, il désavoue publiquement cette nomination. Il affirme n’avoir donné aucune caution institutionnelle à la décision du Conseil d’administration. Plus révélateur encore, la ministre avait déjà exprimé des réserves sur cette candidature avant même son officialisation. Le ministère rappelle que les changements à la tête des organismes doivent répondre aux exigences de bonne gouvernance et aux principes de la Refondation.
Le parcours de Jean-Marc Razakazafy mérite également d’être relevé. Le nouveau directeur exécutif par intérim a notamment travaillé dans l’entourage de l’ancien président Andry Rajoelina, en qualité de chargé de mission permanent auprès de son cabinet. Il a également occupé des fonctions de conseiller parlementaire à l’Assemblée nationale et de conseiller technique au ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures. Il est aussi connu pour ses activités dans le secteur privé et dans le milieu du poker. Son passage dans les institutions sous l’ancien régime attire forcément l’attention, même si le ministère n’a pas précisé les raisons exactes de ses réserves.
L’affaire prend ainsi une tournure particulière. Le Conseil d’administration de l’ONTM se réclame de la Refondation pour justifier son choix. Le ministère invoque cette même politique pour prendre ses distances avec la nomination. Deux positions opposées au sein d’un même secteur, alors que les autorités affichent leur volonté de rompre avec les anciennes pratiques.
Pour le moment, chacun campe sur sa position. L’ONTM maintient la nomination de Jean-Marc Razakazafy et le ministère ne lui apporte pas son soutien. Aucune annulation n’a été annoncée. Reste une question : comment l’Office pourra-t-il fonctionner sereinement avec un directeur exécutif dont la désignation est ouvertement contestée par son propre ministère de tutelle ?
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Vos commentaires
Pas de problème le colonel va trancher...
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