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lundi 19 octobre 2026
Antananarivo | 10h06
 

Société

Affaire des 11 ressortissants chinois : entre accusations graves et démentis, des zones d’ombre persistent

lundi 19 octobre | Mandimbisoa R. |  105 visites  | 5 commentaires 

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux relance la polémique autour de la sortie irrégulière de onze ressortissants chinois détenus. Mohamed Razafiberiso, secrétaire général du Syndicat du personnel de l’administration pénitentiaire, y met directement en cause la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo. Il affirme avoir agi sur les instructions du membre du gouvernement pour permettre la sortie des détenus. Des accusations graves qui placent désormais la question de l’origine des ordres au centre de cette affaire.

Dans son intervention, le responsable syndical présente la ministre comme la personne lui ayant donné les consignes. Son témoignage soulève ainsi la possibilité d’une intervention extérieure à la chaîne hiérarchique normalement chargée de l’exécution des décisions concernant les détenus. Toutefois, ses déclarations ne constituent pas, à elles seules, une preuve de l’implication de la garde des Sceaux.

Face à ces accusations, Fanirisoa Ernaivo, de retour de Maurice a organisé une conférence de presse presto illico à l’aéroport d’Ivato pour contester la version du secrétaire général du syndicat. Elle affirme notamment ne pas l’avoir rencontré le 17 août, date à laquelle celui-ci situe leur présumée entrevue. Selon ses explications, elle ne se trouvait pas à son bureau ce jour-là.

La ministre invoque également les dispositifs de contrôle entourant ses audiences. Elle indique que les personnes reçues sont enregistrées et que des caméras permettent de documenter les visites dans son bureau. Ces éléments sont présentés pour appuyer son démenti, sans que leur portée puisse être définitivement appréciée en l’absence d’une vérification indépendante des registres et des enregistrements concernés.

Autre argument avancé par Fanirisoa Ernaivo : une lettre émanant de la cheffe d’établissement de la prison d’Avaradrano porterait la date du 10 août, soit sept jours avant la rencontre présumée du 17 août. Mais cette chronologie suscite elle-même des contestations. Des voix affirment que la date du document aurait été modifiée. Une allégation qui nécessiterait un examen de la pièce originale, de ses références administratives et de son circuit de transmission.

La polémique s’étend désormais aux prises de position publiques en faveur de la ministre. Des soutiens de Fanirisoa Ernaivo, parmi lesquels est cité Imbeh Jovial, présenté comme l’administrateur désigné par l’État à la tête du groupe Sodiat de Mamy Ravatomanga, interviennent dans les débats. Sur les réseaux sociaux, certains défenseurs de la garde des Sceaux cherchent à discréditer le responsable syndical et à tourner ses déclarations en dérision. L’étendue exacte de ces interventions et leur éventuelle coordination restent cependant à documenter.

Nécessité de preuves et de vérifications contradictoires

Cette confrontation médiatique ne saurait remplacer l’établissement des faits. Les accusations du secrétaire général exigent des preuves, mais les arguments présentés par la ministre méritent également d’être soumis à des vérifications contradictoires. L’existence de caméras ne démontre pas, à elle seule, qu’une rencontre n’a pas eu lieu. Encore faudrait-il vérifier leur fonctionnement, la conservation intégrale des images et l’absence d’interruption ou de suppression des enregistrements. Aucune manipulation de ces dispositifs n’est toutefois établie.

La controverse sur la date de la lettre d’Avaradrano ne répond pas non plus à toutes les interrogations. L’évidence est surtout ailleurs, puis que l’essentiel est de savoir si le secrétaire général du syndicat a-t-il effectivement rencontré la ministre ? Des communications téléphoniques ont-elles eu lieu entre eux ? Si oui, quand et dans quelles circonstances ? Ces questions pourraient être éclaircies par des éléments matériels légalement obtenus et authentifiés.

Mais une interrogation plus fondamentale concerne le fonctionnement même de l’administration pénitentiaire. Comment les responsables de la prison d’Antanimora ont-ils pu laisser sortir onze détenus sur la base d’une intervention attribuée à un secrétaire général syndical ? D’autant que l’intéressé serait détaché auprès de l’Assemblée nationale et n’exercerait donc aucune fonction opérationnelle dans les établissements pénitentiaires ni au ministère de la Justice.

Selon les informations communiquées par le ministère, cinq ressortissants chinois ont quitté Antanimora le 21 août, puis six autres le 25 août, sans document régulier justifiant leur libération. Si le secrétaire général du syndicat a révélé que les 11 ressortissants chinois ont déjà quitté le territoire national vers la fin du mois d’août, la ministre de la Justice a déclaré que sept d’entre eux pourraient encore être dans le pays. Ainsi, la question selon laquelle comment ils ont pu avoir leurs passeports pour pouvoir sortir du pays reste une autre énigme à élucider.

Dans tous les cas, cette affaire ne fait que ternir davantage l’image du régime transitoire du président de la Refondation, Michael Randrianirina, d’autant plus que les deux personnalités évoquées dans cette affaire, à savoir le secrétaire général du syndicat et la ministre de la Justice sont issus du régime actuel, travaillant dans l’administration publique, et non issues de l’opposition. Ainsi, tous les yeux se tournent maintenant vers le chef de l’Etat et l’opinion se demande s’il va finalement oser prendre ses responsabilités en mettant à l’écart toutes les personnes qui peuvent nuire à l’image du régime qu’il dirige ?

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5 commentaires

Vos commentaires

  • 19 octobre à 09:36 | tonga soa (#11899)

    SCOOP :
    La Chine a exfiltré ses ressortissants libérés par mégarde grâce à son armée et avec "ordre de tirer". Absolument...je tiens cette info de la part de quelqu’un qui sait tout, affirme tout mais n’apporte jamais de preuves.
    A vous d’apprécier...

    Répondre

    • 19 octobre à 09:45 | canal baobab 13 (#11848) répond à tonga soa

      Votez poumarat
      Avec poumarat les romains français de papier comme la tongue cantonnés ( hé hé)sur les bords de la méditerranée ces pays de merde linges aux fenêtres milices dans les rues qui emmerdent la terre entière..sauf la Chine là bas depuis 1975 et la fin de la guerre du Vietnam commencée avec ces ptins de jésuites qui arrivent porter la bonne parole avant d expliquer qu il faut travailler gratis bref Votez poumarat de toute manière quand la cour edh m aura rendu mes biens y aura une liste déposée en gendarmerie et si un s approche de mon refuge ça fera bib bib bib hihihi

  • 19 octobre à 09:58 | rakotobe (#7825)

    Une " grosse pierre dans le jardin" de la junte militaire, et un "trés mauvais point " , un autre, qui tord le cou au discours soporifique sur les faits divers de la corruption , tel que nous abreuve régulièrement le colonel Michael, le trés haut chef du pouvoir actuel :

    Ce scandale , au sommet de l’Etat, via le ministère de la Justice est simplement digne d’une RÉPUBLIQUE BANANIÈRE.

    Quelque soient les mises en cause, les rumeurs ou supputations diverses et variées en cours.
    Cette affaire repose bien sur un CONFLIT D’AUTORITÉ et une SUSPICION DE CORRUPTION au plus haut sommet judiciaire et pénitencière

    Répondre

  • 19 octobre à 10:04 | citoyendumonde (#4292)

    Cette dame doit reconnaître qu’il y a une faille dans son ministère. Même si elle se déclare non coupable, elle est la première responsable de son ministère. Cette affaire n’est pas seulement malgacho-malgache, elle implique un autre pays et ternit encore plus l’image de la justice de Madagascar. Démissionner n’est pas un aveu de faiblesse ou de culpabilité. Elle doit donc soumettre sa démission au PM et ce sera à ce dernier de trancher

    Répondre

  • 19 octobre à 10:06 | rakotobe (#7825)

    19 octobre à 09:45 | canal baobab 13 (#11848) répond à tonga soa ^

    "Votez poumarat
    Avec poumarat les romains français de papier comme la tongue cantonnés ( hé hé)sur les bords de la méditerranée ces...."

    IL FAUDRAIT SÉRIEUSEMENT ARRÊTER DE POLLUER CE SITE QUI N’EST PAS UN LIEU DE THÉRAPIE / STOP CELA SUFFIT...

    Répondre

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