L’intervention policière meurtrière survenue le 1er octobre à Namontana prend désormais une tournure judiciaire et polémique. La famille de l’employé décédé ainsi que le gérant de La Gastro Pizza ont déposé plainte au Toby Ratsimandrava. Une démarche engagée alors que les circonstances des tirs font l’objet de versions contradictoires entre les personnes impliquées et les forces de l’ordre.
La Police nationale explique être intervenue après avoir reçu des appels signalant une agression avec vol dans le secteur. Des éléments de l’Unité d’intervention rapide (UIR) auraient alors rencontré un groupe considéré comme suspect. Selon la version policière rapportée dans la presse locale, les individus auraient refusé d’obtempérer, avant que la situation ne dégénère.
Un récit catégoriquement contesté par les plaignants. Me Sylvianne Raveloarinivo, leur avocate, affirme que les employés n’étaient pas armés. Des policiers en civil ne se seraient pas identifiés avant l’interpellation. Les employés auraient été contraints de s’agenouiller, certains les bras levés, lorsque des coups de feu ont été tirés. Un homme, touché à la tête, est décédé. Plusieurs autres ont été blessés. L’avocate dénonce un « déséquilibre dans le rapport de force et un abus ».
L’affaire ne s’arrête pas aux événements de cette nuit-là. Selon le gérant Mioratina Rasolonjatovo, certaines personnes blessées auraient de nouveau été interpellées le lendemain. Lui-même a été conduit au commissariat avant d’être relâché. Plusieurs employés ont dû recevoir des soins hospitaliers.
Face à la gravité de l’affaire, le parquet du Tribunal de première instance d’Antananarivo a ouvert deux enquêtes. La procureure de la République s’est également déplacée à Namontana, accompagnée de responsables de la Police nationale et de la Gendarmerie, pour effectuer des constatations sur place.
L’un des volets de l’enquête concerne les faits ayant initialement provoqué l’intervention policière. L’autre doit déterminer si des abus ont été commis et si l’usage de la force est proportionné. Une enquête mixte associant police et gendarmerie doit permettre d’établir les responsabilités.
Au-delà des versions qui s’affrontent, plusieurs questions sont désormais entre les mains de la justice : les policiers sont-ils identifiés ? Dans quelles circonstances les tirs ont-ils été déclenchés ? Et surtout, l’usage des armes était-il justifié ? À ce stade, aucune responsabilité pénale n’a encore été établie.
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Vos commentaires
Pensez vous qu’un jour on connaitra l’exacte vérité ou va t’il y avoir des tractations en coulisse pour que cela apparaisse tout à fait raisonnable l’usage de la force ?
J’en doute mais l’espoir fait vivre. Après tout les 4 jeunes ayant été abattus lors de la reconstitution ne sont t’ils pas un simple fait divers pour la gendarmerie et la justice malgaches ?
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