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lundi 30 mars 2026
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TIM – Pouvoir de transition : une rupture qui ne dit plus son nom

lundi 30 mars | Mandimbisoa R. |  295 visites  | 2 commentaires 

Le climat politique se tend entre le Tiako i Madagasikara (TIM) et une partie des dirigeants actuels. Le déplacement de Marc Ravalomanana dans la cité des fleurs, après celui de Toliara, confirme que la relation entre les deux camps s’éloigne progressivement de l’entente affichée au début de la transition. Derrière le soutien officiellement maintenu, les prises de position du leader du TIM traduisent un malaise de plus en plus difficile à contenir.

Face à ses partisans, l’ancien président a dressé un constat sans détour. Il a évoqué un décalage profond entre les engagements pris dans le cadre de la Refondation et la situation réelle du pays. Institutions peu actives, absence de décisions concrètes, Concertation nationale toujours en attente, réforme électorale bloquée : autant de points qui, selon lui, illustrent une transition qui piétine. Le mois de mars, attendu comme un moment décisif, n’a rien changé sur le terrain.

Au-delà des critiques, c’est surtout la place du TIM dans le dispositif actuel qui pose problème. Le parti estime ne plus être associé aux choix importants, malgré son implication dans le processus de sortie de crise. La répartition des portefeuilles ministériels, jugée déséquilibrée, a renforcé ce sentiment d’écart. Pour Marc Ravalomanana, son mouvement n’est pas traité à la hauteur de son poids politique.

Ce n’est pas la première fois que des tensions apparaissent. Ces derniers mois, le leader du TIM avait déjà exprimé des réserves sur la manière dont la transition est conduite, dénonçant un manque de cap et des décisions prises sans réelle cohérence. À Mahajanga, le ton s’est durci. Il ne s’agit plus seulement de remarques ponctuelles, mais d’une remise en question plus globale du fonctionnement actuel.

La réponse du pouvoir a été directe. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a réagi en évoquant « ceux qui n’ont pas de place » et en dénonçant un manque de patriotisme. Quant aux proches du pouvoir, ils n’hésitent plus à qualifier Marc Ravalomanana de figure dépassée.

Le fossé se creuse aussi au niveau des alliances. Des personnalités autrefois proches du TIM prennent leurs distances. Clémence Raharinirina, aujourd’hui à la tête de la région Analamanga par intérim, s’est montrée critique envers son ancienne formation après sa nomination, alors même qu’elle avait été élue dans un cadre où le TIM occupait une place centrale. Vololoniaina Lucie, qui a gardé son poste de ministre du tourisme après le remaniement gouvernemental, est devenu une fervente défenseur du régime. D’autres figures du régime actuel, qui avaient obtenu le soutien de Marc Ravalomanana par le passé, notamment pendant leur exil en France sous le régime d’Andry Rajoelina, auraient également changé de discours, certains affirmant désormais qu’il ne reviendra plus au pouvoir.

Sur le terrain, Marc Ravalomanana continue néanmoins de rassembler. À Mahajanga, ses partisans étaient nombreux, signe que son influence reste réelle. Il s’appuie sur les difficultés quotidiennes — coupures d’électricité, pénurie d’eau, insécurité alimentaire — pour rappeler l’urgence de décisions fortes et d’un climat social apaisé.

Mais l’équilibre devient fragile. Le TIM maintient son soutien officiel à la transition tout en multipliant les critiques. Entre méfiance et prise de distance, la relation s’est clairement détériorée. La transition avance désormais avec, en arrière-plan, une confrontation politique qui ne dit pas encore son nom mais qui s’installe durablement.

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2 commentaires

Vos commentaires

  • 30 mars à 10:40 | Jipo (#4988)

    Salama djiaby .
    Les querelles d’ Egos comme encore et toujours mais quand vont-ils enfin grandir et se mettre au service de la Nation & cesser ce "c’est moi que je suis le meilleur" ?
    A leur décharge ailleurs c’est souvent pareil quand ce sont ceux qui détiennent les cordons de la bourse qui dictent leurs lois et défendent leurs intérêts ce sera toujours des foires d’ empoignes , un seul exemple après macron Édouard Philippe le retour pour faire "barraze" ...
    A Madagascar cela semble exactement le meme process à la différence qu’ avec l’ armée ( portée au pouvoir par le rat. 6e dan) ce ne sera pas la meme chanson !

    Répondre

  • 30 mars à 11:33 | walesa (#5863)

    Bonjour,
    Allons nous comparaître : Colonel Mickaël et Marc Ravalomanana. Sans abaisser et ridiculiser les qualités de l’actuel président par intérim et ses bonnes intentions il est évident, que Ravalomanana est bcp plus capable dans la gestion du pays, comme dans le business que lui ! En plus du manque d’expérience de colonel dans la gestion des affaires je suppose, qu’il sera bcp plus vulnérable et dépendant de ses nombreux "conseilleurs" manipulateurs et opportunistes comme Siteny. Ravalomanana ne sera jamais si manipulable, que Mickaël surtout après de lessons reçu par le passé. Ce ne plus un Marc d’avant 2009 ! A mon avis il est pour le moment un seul, qui pourra redresser l’économie du pays ! Il a ce potentiel et l’appui de bcp de personnes à travers Madagascar. Nous pouvons lui rapprocher ses fautes d’antan mais nous ne pouvons pas ignorer ses qualités d’un organisateur, entrepreneur, businessman. C’est un homme intelligent et non violent ce qui est son grand atout. Je pense, qu’il est conscient de ses erreurs passées, qu’il sait et peut les corriger avec avantage pour lui même et pour tous le monde

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