La situation alimentaire devient particulièrement préoccupante dans le Grand Sud de Madagascar. Alors que la période de soudure n’a pas encore commencé, plusieurs localités enregistrent déjà des cas sévères de malnutrition. Selon une enquête de l’AFP, relayée par Paris Match, près de 3,7 millions de Malgaches pourraient être confrontés à une insécurité alimentaire aiguë dans les prochains mois. Une perspective alarmante, dans un contexte marqué par la sécheresse, la hausse des prix et la diminution des financements humanitaires.
À Ifotaka, dans le district d’Amboasary-Atsimo, les centres nutritionnels accueillent des enfants dont l’état de santé nécessite une assistance alimentaire urgente. Cette localité avait été particulièrement éprouvée par la famine de 2021-2022, lorsque des milliers de familles avaient été contraintes de consommer des aliments de substitution pour survivre.
Une crise potentiellement plus grave que celle de 2021
Le retour annoncé du phénomène climatique El Niño pourrait aggraver les difficultés des populations rurales. La raréfaction des précipitations menace directement les récoltes et les ressources en eau.
Tania Goosens, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) à Madagascar, alerte sur une situation sans précédent. Les projections font état de près de 4 millions de personnes susceptibles d’atteindre un niveau critique d’insécurité alimentaire, dépassant les chiffres enregistrés lors de la précédente famine.
Les enfants figurent parmi les premières victimes. Selon les projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), près de 270 000 enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici avril, soit 39 % de cette tranche d’âge dans le Grand Sud.
L’inflation et la baisse des aides aggravent les difficultés
La flambée des prix alimentaires constitue un autre facteur de vulnérabilité. En juillet, l’inflation alimentaire annuelle atteignait 10,4 %, contre 6,8 % en janvier. L’augmentation des coûts du carburant, des engrais et du transport pèse sur les capacités de production et d’approvisionnement.
Parallèlement, les restrictions budgétaires des partenaires internationaux fragilisent les programmes humanitaires. Le PAM, qui prévoyait d’assister 720 000 personnes cette année, peine à atteindre la moitié de cet objectif. Quelque 35 000 élèves risquent également de perdre leur repas scolaire.
L’accès à l’eau, un enjeu majeur
Face aux sécheresses répétées, l’irrigation apparaît comme une solution essentielle. Cependant, les équipements de pompage solaire restent financièrement inaccessibles pour de nombreuses familles rurales.
Dans une région où la pauvreté demeure particulièrement élevée, les organisations humanitaires redoutent désormais une aggravation rapide de la situation. Sans renforcement de l’aide alimentaire et des moyens agricoles, les prochains mois pourraient devenir particulièrement difficiles pour des centaines de milliers de ménages.
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Vos commentaires
Depuis que BIKINI prône pour la construction d’usines de dessalement par osmose avec l’énergie solaire cela ne devrait plus exister.
Heureusement maintenant que l’occident de Trump (et d’autres) a réduit les aides aux ONG il y a Poutine et la Chine de Xi qui vont prendre la relève. Quelle chance.
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