Madagascar abordera le 46e Sommet ordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), prévu le 17 août à Durban, avec un statut singulier. Il y a un an, la Grande Île prenait les commandes de l’organisation régionale. Cette fois, elle retrouvera ses partenaires sans le rôle de président sortant, abandonné après la crise politique de 2025.
Cette configuration donne au déplacement une dimension particulière. Élu à la tête de la SADC lors du sommet d’Antananarivo du 17 août 2025, Madagascar devait conserver cette responsabilité jusqu’au rendez-vous suivant. La chute d’Andry Rajoelina en octobre a bouleversé ce calendrier. Le 1er novembre, les nouvelles autorités ont annoncé leur retrait de la présidence afin de consacrer leurs efforts au processus de Refondation.
À Durban, le pays passe ainsi du statut de pilote de l’agenda régional à celui de partenaire dont la trajectoire politique demeure scrutée. Michaël Randrianirina devrait conduire la délégation malgache. Pour le chef de l’État, qui a déjà participé à des réunions extraordinaires à distance, ce sommet constituerait son premier contact en présentiel avec ses homologues de la SADC.
La rencontre intervient alors que l’organisation régionale maintient son attention sur la transition. Fin juin, un sommet extraordinaire avait examiné la situation politique et sécuritaire malgache. Plusieurs sujets sensibles avaient émergé : sort des détenus politiques, retour des exilés, caractère inclusif de la concertation nationale et respect du calendrier de la Refondation. Celui-ci prévoit notamment une séquence électorale devant aboutir avant la fin de 2027.
Le retard pris dans ce calendrier constitue désormais un point de vigilance. Il a récemment été évoqué lors d’un entretien entre Michaël Randrianirina et Moussa Saleh Batraki, secrétaire général de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
En amont du sommet, la ministre des Affaires étrangères Alice N’Diaye participe aux travaux préparatoires. Madagascar y défend une intégration régionale davantage adaptée aux contraintes des États insulaires, notamment en matière de connectivité, d’infrastructures et d’accès aux investissements.
Officiellement, les chefs d’État doivent surtout travailler autour de l’industrialisation, de la transformation agricole, des infrastructures et de la valorisation des minerais critiques. Le dossier malgache ne figure pas, à ce stade, comme sujet distinct annoncé pour leurs discussions. La réunion de la Troïka de l’Organe chargé des questions politiques, de défense et de sécurité, prévue la veille, donnera néanmoins une résonance particulière au contexte malgache.
Pour Antananarivo, Durban représente donc davantage qu’un sommet économique. Malgré sa suspension des activités de l’Union africaine, Madagascar reste pleinement engagé au sein de la SADC. L’enjeu sera de rassurer ses partenaires sur la crédibilité de la transition, tout en préservant sa place dans l’intégration régionale. Un exercice diplomatique délicat pour un pays qui, en douze mois, sera passé de la présidence de l’organisation à une position où sa propre trajectoire institutionnelle fait désormais partie des sujets observés.
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