Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
lundi 28 septembre 2026
Antananarivo | 10h18
 

Société

Société

Mort du député Jean Jacques Rabenirina : la famille réclame toujours la vérité

lundi 28 septembre | Mandimbisoa R. |  151 visites  | 1 commentaire 

Un an après la mort du député Jean Jacques Rabenirina, sa famille refuse de refermer le dossier. Réunie samedi à Anosy pour lui rendre hommage, elle a de nouveau interpellé la justice et annoncé sa volonté de poursuivre la procédure en appel. Pour ses proches, le premier procès n’a pas dissipé les zones d’ombre entourant les dernières heures de l’ancien ministre.

Jean Jacques Rabenirina, député de Betioky Sud, est décédé le 26 septembre 2025 à l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, au lendemain des faits survenus à Andoharanofotsy. La version retenue lors du premier procès est celle d’un accident de la circulation impliquant un camion. Le conducteur a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à 18 mois de prison ferme, auxquels se sont ajoutés 12 mois pour délit de fuite. Six médecins poursuivis pour non-assistance à personne en danger ont été relaxés au bénéfice du doute.

Pour la famille, cependant, le jugement n’a pas répondu à toutes les interrogations.

Ramamonjisoa Virapin, qui s’est exprimé au nom des proches, conteste notamment l’hypothèse selon laquelle les blessures du parlementaire seraient uniquement la conséquence du choc avec le poids lourd. La famille évoque une blessure importante à la tête ainsi que des fractures aux bras et aux jambes. Elle affirme également avoir pu laver et habiller normalement la dépouille, un élément qu’elle considère difficilement compatible avec la violence de l’accident décrite dans le dossier.

« Notre parent a été tué », soutiennent ainsi ses proches, qui demandent désormais qu’une autopsie soit réalisée. Cette affirmation constitue la position de la famille et n’est pas celle retenue par le premier jugement.

D’autres interrogations concernent les gardes du corps qui accompagnaient le député. Selon Ramamonjisoa Virapin, ils ne se seraient pas présentés lors des premières auditions à la gendarmerie d’Andoharanofotsy, ni devant le parquet, ni lors de la reconstitution organisée plusieurs mois après les faits. Ils auraient finalement répondu à une convocation lors de l’audience du 9 juin. La famille affirme avoir relevé des contradictions entre leurs déclarations alors qu’ils se trouvaient ensemble au moment des événements.

Le téléphone portable de Jean Jacques Rabenirina constitue une autre pièce au centre des interrogations. Ses proches affirment que l’appareil a disparu avant de leur être restitué entièrement vidé de son contenu. Ils disent avoir reçu comme explication que le téléphone contenait de nombreuses conversations politiques. La famille veut désormais savoir qui a manipulé l’appareil, quand les données ont été supprimées et pour quelle raison.

Les proches s’interrogent également sur le délai dans lequel ils ont été informés. Selon leur récit, les faits se seraient produits vers 23 heures, mais la famille n’aurait appris la nouvelle que vers 6 heures du matin.

L’affaire avait déjà pris une dimension politique plusieurs mois après le décès. Un pasteur résidant à l’étranger avait publiquement remis en cause la thèse accidentelle et formulé des accusations concernant les circonstances ayant précédé le drame. Le nom de Siteny Randrianasoloniaiko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, avait alors été cité. Celui-ci avait publiquement rejeté ces accusations, affirmant qu’elles ne reposaient sur aucune preuve. Il avait reconnu avoir été parmi les dernières personnes à échanger avec Jean Jacques Rabenirina avant son décès et appelé à laisser la justice établir les faits.

Des interrogations existent également dans l’autre camp. Des proches du chauffeur ont contesté sa responsabilité dans la mort du parlementaire. La justice a néanmoins retenu l’homicide involontaire et le délit de fuite à son encontre lors du premier jugement.

Un an après, deux lectures des circonstances du drame continuent ainsi de s’opposer : celle consacrée par le premier jugement, qui retient l’accident mortel, et celle de la famille, qui estime que plusieurs éléments nécessitent de nouvelles investigations. « Nous n’avons de haine contre personne, nous voulons simplement comprendre ce qui s’est réellement passé », insiste Ramamonjisoa Virapin.

Après la disparition récente de l’épouse du député, les proches veulent poursuivre leurs démarches. L’appel et leur demande d’autopsie doivent, selon eux, permettre de revenir sur les points qu’ils considèrent toujours inexpliqués. Un an après la mort de Jean Jacques Rabenirina, sa famille ne demande donc pas que le dossier soit refermé : elle réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de sa disparition.

-----

1 commentaire

Vos commentaires

  • 28 septembre à 09:55 | tonga soa (#11899)

    Je pense, mais on sera vite que c’est exact, que cela va faire l’objet dans ces colonnes, de la même passion que lors du désastre qui a suivi il y a quelques mois "le poisonnement" ou l’intoxication alimentaire.
    A savoir tout le monde va donner son avis et ses conclusions sans rien savoir de l’affaire à part les "on dit".
    Même "Pisomachin" nous avait embrouillé l’esprit avec un tas de termes médicaux pour nous prouver que lui il savait tout sur le datura et la médecine de la brousse.
    Bien longtemps après l’affaire ne nous a toujours pas dévoilé ses secrets.

    Répondre

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}