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lundi 23 mars 2026
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Société

Gouvernance

La HCC au coeur des scandales : 2,61 milliards d’ariary d’indemnités dans l’ombre

lundi 23 mars | Mandimbisoa R. |  353 visites  | 8 commentaires 

La révélation des 2,61 milliards d’ariary versés aux membres de la Haute Cour Constitutionnelle entre 2023 et 2024 agit comme un nouveau coup de tonnerre dans un climat déjà saturé de soupçons. Selon les constats de la Cour des comptes, ces fonds n’ont pas été débloqués à travers le circuit budgétaire classique de l’institution, pourtant dotée d’une autonomie financière, mais via un compte relevant du ministère de l’Économie et des Finances. Ce choix, loin d’être anodin, jette une lumière crue sur des pratiques qui interrogent profondément la gouvernance et la transparence au sommet de l’appareil judiciaire.

Les montants en question donnent le vertige. Le président de la HCC aurait perçu à lui seul des centaines de millions d’ariary en l’espace de quelques mois, tandis que les huit hauts conseillers se sont partagé des enveloppes tout aussi conséquentes, validées à travers des délibérations internes successives. Sur le papier, tout semble cadré, justifié, encadré. Mais dans les faits, la répétition de ces décisions et leur mode de financement alimentent le doute.

La Cour des comptes a clairement exprimé ses réserves, évoquant une atteinte aux principes fondamentaux de la transparence budgétaire et rappelant que l’autonomie financière ne saurait justifier des pratiques opaques. Pourtant, malgré la gravité des observations, aucune poursuite n’a été engagée jusqu’ici, laissant planer un sentiment d’impunité. Cette absence de réaction judiciaire renforce l’idée d’un système verrouillé, où les mécanismes de contrôle peinent à produire des conséquences concrètes.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série de controverses qui ont progressivement érodé l’image de la HCC. Il y a peu, en décembre 2025, une affaire de primes jugées excessives avait déjà suscité l’indignation, largement relayée par la presse nationale. Puis, des tensions internes avaient éclaté au grand jour avec une tentative de destitution du président de l’institution, révélant des fractures profondes au sein même de la haute juridiction. Ces crises successives dessinent le portrait d’une institution fragilisée, minée par des conflits internes et des pratiques financières contestées.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que la HCC figurait parmi les structures que le mouvement populaire du mois de septembre 2025 ayant porté le colonel Michaël Randrianirina au pouvoir souhaitait voir disparaître. Considérée par une partie de l’opinion comme déconnectée des réalités et peu redevable, elle était perçue comme un symbole d’un système à réformer en profondeur. Mais en validant l’accession au pouvoir du colonel, l’institution a indirectement scellé sa propre continuité, échappant ainsi à la vague de dissolution envisagée.

Aujourd’hui, la question dépasse largement le cadre des indemnités. Elle touche à la crédibilité même des institutions censées incarner l’État de droit. Dans un pays où une grande partie de la population lutte au quotidien pour subvenir à ses besoins, l’annonce de milliards d’ariary distribués dans des conditions jugées opaques crée un décalage difficilement soutenable. Ce contraste alimente la défiance et renforce l’impression d’une justice à deux vitesses.

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8 commentaires

Vos commentaires

  • 23 mars à 10:40 | angel35 (#11212)

    Qui ne " s’engraisse " pas au détriment du grand nombre, n’est pas politicien et haut fonctionnaire malagasy.

    Répondre

    • 23 mars à 10:42 | umberto (#10893) répond à angel35

      Tout le monde est Pays on dit chez nous !

  • 23 mars à 10:52 | RATOVO (#10503)

    Le régime de RAINILAINGA le tyran en fuite à Dubaï est décrit comme foncièrement corrompu , mafieux et voyou . Ce président de la HCC un braconnier de flamants roses est une pourriture de haut vol . Ce colonel à la tête de la refondation doit redresser rapidement la barre pour ne pas être éclaboussé par les crasses de son arrivée au pouvoir !

    Répondre

  • 23 mars à 10:59 | Issa K. (#11638)

    Braconnier un jour
    Braconnier toujours
    Braconnier un coup
    Braconnier partout

    Répondre

  • 23 mars à 11:12 | Kelyfadada (#11777)

    Le président de la Cour des Comptes et ses juges me semblent tout indiqués pour restaurer la crédibilité de cette instance suprême.

    Répondre

    • 23 mars à 12:13 | Jipo (#4988) répond à Kelyfadada

      En voilà un qui a de l’ humour adaladala be

  • 23 mars à 11:26 | Vohitra (#7654)

    Le fameux rétropédalage après la déclaration du 14 octobre 2025 devant le palais d’État Ambohitsorohitra avait permis le démarrage d’un nouveau cycle de pillage et mise à sac du pays...

    Au suivant de ces monstres !

    Après le fuyard criminel, c’est au tour des chasseurs de prébendes...la différence avec le temps et les méthodes employées, c’est la tenue : actuellement, on s’habille de "toge" pour mener les actes...les uns de couleur rouge, l’autre d’un blanc immaculé !

    Ah ! J’ai failli oublier l’essentiel !

    On s’y applique aussi avec discipline ! Non plus sur tatamis, on entre en profondeur dans le sous sol avec passion et délectation...

    Répondre

  • 23 mars à 12:03 | Isandra (#7070)

    C’est la raison pour laquelle toutes les décisions prises par cette institution depuis octobre 2025 sont complétement de travers.

     Chef d’Etat par intérim non prévu dans la constitution, etc

    Répondre

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