Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
mercredi 29 juin 2022
Antananarivo | 19h22
 

Communiqué

Reporters Sans Frontières

La Grande Ile renoue-t-elle avec les plus sombres heures de la censure ?

mercredi 23 juillet 2014

Le rédacteur en chef et un journaliste de Madagascar Matin sont emprisonnés pour "diffamation" depuis le 21 juillet après avoir publié un courrier de lecteur, ceci quelques semaines après une déclaration inquiétante de la présidence sur la liberté de la presse.

Jean-Luc Rahaga, directeur de la publication et rédacteur en chef du quotidien Madagascar Matin, ainsi que Solo Rabefiringa alias Didier Ramanoelina, de son vrai nom Didier Randriambinintsoa, journaliste dans le même quotidien, sont en détention provisoire à Antanimora, la prison tristement célèbre d’Antananarivo, en attendant leur procès en diffamation prévu mercredi 23 juillet 2014 à 13h00.

"Mettre deux journalistes en prison pour une affaire de diffamation est une mesure disproportionnée. Comment peut-on priver de liberté deux journalistes pour avoir publié une lettre ? Quelle menace représentent-ils pour la société ? Une telle sévérité fait naître le doute sur les motivations politiques qui ont pu pousser à cette incarcération," déclare Clea Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. "Il est inquiétant de voir la grande Ile revenir aux plus sombres heures de la censure. Nous demandons la libération immédiate de ces deux journalistes qui n’ont rien à faire en prison".

Convoqué dès 7h30 du matin, le 21 juillet, à la section recherches criminelles de la gendarmerie nationale, Jean-Luc Rahaga a été interrogé pendant plusieurs heures sans interruption. « Je n’ai rien bu ni mangé pendant 7h », nous a-t-il déclaré. Quelques heures plus tard, le journaliste Solo Rabefiringa est également convoqué pour "motifs le concernant". Le dossier est ensuite transféré dans l’après-midi au parquet qui, vers 18h, délivre un mandat de dépôt à l’encontre des deux journalistes. Une telle célérité est rare dans le système judiciaire malgache et laisse penser que des pressions politiques ont pu être exercées pour régler rapidement cette affaire.

Ces arrestations font suite à la plainte déposée en "diffamation sur la voie publique", notamment par Rivo Rakotovao, ministre d’Etat chargé des Infrastructures et de l’Aménagement du territoire en réaction à la publication, le 12 juillet 2014, dans le quotidien Madagascar Matin d’une lettre de lecteur, mentionnant plusieurs noms d’officiels impliqués dans le trafic de bois de rose. Parmi les officiels, le ministre Rivo Rakotovao, mais également Anthelme Ramparany, ministre de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts et Narson Rafidimanana, ministre du Commerce.

Ces arrestations semblent confirmer l’assombrissement du climat de la liberté de l’information à Madagascar depuis l’élection du président Héry Rajaonarimampianina, le 20 décembre 2013. En juillet, ce dernier prévenait les journalistes de "prendre garde" et posait les "limites" de la liberté de la presse. Dans le même mois, son Premier ministre demandait aux journalistes de cesser les "questions dérangeantes" au président.

Madagascar, qui a connu une élection présidentielle en décembre 2013 après quatre années de crise politique occupe la 81ème place sur 180 pays, dans l’édition 2014 du Classement de la liberté de la presse
établi par Reporter sans frontières.

Reporters Sans Frontières (www.rsf.org)

22 Juillet 2014

3 commentaires

Vos commentaires

  • 23 juillet 2014 à 11:19 | RAMAHEFARISOA Basile (#6111)

    Didier RAMANOELINA,de son nom de plume== Solo RABEFIRINGA== a été déjà démis ses fonctions de Rédacteur en Chef de Madagascar Matin..
    - "POURQUOI ??
    Cette affaiire,c’est une histoire de publication :-"DES COURRIERS DE LECTEURS".
    Mais chacun doit faire son métier convenablement :
    - "Le journaliste recueille des informations,les vérifie et les rend accessibles au Public".
    La Gendarmerie /Police JUDICIAIRE et les Procureurs de la Républiques et les Juges font scrupuleusement leur boulot,en respectant==toutes les procédures existante et en vigueur.
    - "Le mandat de Dépôt (-MD-) est décerné par un Juge Délégué par le Président du Tribunal lorsque le Tribunal Correctionnel ne peut siéger ==le jour même== et qu’une ou deux/plusieurs personnes,mises en cause sont poursuivies par le Procureur de la République,par le biais d’une comparution immédiate".
    Le MD ne peut être décerné par un Juge d’instruction.
    Si le Tribunal Correctionnel est saisi sous forme de de comparution immédiate,il n’y a pas de minimum de peine d’emprisonnement.
    Que les avocats n’émeute pas le "PEUPLE" pour ceci et pour cela,d’emprisonnement ou d’amende ou de sanctions.

    - "Que la justice soit prononcée au Nom du Peuple Malgache".

    Basile RAMAHEFARISOA-1943
    b.ramahefarisoa@gmail.com

  • 24 juillet 2014 à 00:56 | harmelle (#5862)

    International ! Bim le mur ! La liberté de la presse fait partie des critères de bonne gouvernance qui eux même font partie des conditions d’octroi des prêts , des dons , d’ éligibilité à l’agora etc etc . Nous n’avons pas fini de voir Hery et ses pieds nickelés faire des mea culpa ....comme si nous n’avions rien d’autre a foutre en qualité de pays en queue de peloton pour la qualité de survie de ses concitoyens ! Y a pas une seule tête pensante au gouvernement ?
    Chacun agit suivant son humeur ??? Effrayant ....

  • 24 juillet 2014 à 19:51 | bbernard (#6880)

    Eh oui ! On change les guignols mais les méthodes restent les mêmes. Dans les républiques bananières, on ne connaît que les interdits, la censure et la violence pour asseoir son pouvoir et pouvoir piller les caisses tranquillement

Publicité




Publicité

Newsletter

Les actus du jour directement dans votre boîte email

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS