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vendredi 15 mai 2026
Antananarivo | 09h20
 

Politique

Conjoncture politique

Concertation nationale reportée : les évêques s’inquiètent du flou entourant la Refondation

vendredi 15 mai | Mandimbisoa R. | 1 commentaire 

Le processus de Refondation engagé par les autorités de transition connaît un premier ajustement de calendrier qui ne passe pas inaperçu. Prévue initialement ce mois de mai, la grande concertation nationale voulue par le pouvoir débutera finalement le 3 juin prochain. L’annonce a été confirmée par le Président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, à l’occasion de sa visite officielle en République du Congo.

Un peu plus tôt dans la journée du mercredi, la ministre chargée de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, a annoncé le report de cette concertation, en marge d’une rencontre organisée à l’université d’Antananarivo, à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines. L’événement réunissait enseignants-chercheurs et responsables institutionnels autour des propositions universitaires liées au chantier de refondation de l’État.

Selon les propos de Hanitra Razafimanantsoa, plusieurs éléments ont conduit au décalage du lancement officiel de cette concertation nationale. Les changements actuellement opérés au sein de l’appareil gouvernemental, les obligations diplomatiques des dirigeants ainsi que les réunions internes prévues par le FFKM au cours de la deuxième moitié du mois de mai auraient compliqué le maintien du calendrier initial.

Si le gouvernement tente de rassurer sur l’organisation de cette vaste consultation nationale, plusieurs voix expriment leurs préoccupations. La Conférence des évêques de Madagascar a publié récemment une déclaration particulièrement critique à l’issue de son assemblée générale annuelle.

Les responsables religieux de l’église catholique disent observer avec inquiétude l’évolution de la situation nationale. Selon eux, les orientations actuelles manquent encore de lisibilité et ne permettent pas de comprendre clairement la direction prise par le processus de refondation. Ils estiment que les débats engagés jusqu’à présent restent flous et insuffisamment structurés pour répondre aux attentes profondes de la population. Les évêques évoquent également un climat social tendu, marqué par la hausse du coût de la vie, les difficultés économiques persistantes et les frustrations accumulées dans plusieurs couches de la société.

Le pouvoir martèle depuis des mois que la concertation doit constituer l’une des principales étapes de la reconstruction institutionnelle du pays. Des responsables politiques, représentants des forces armées, acteurs économiques, organisations citoyennes et différentes composantes de la société civile dans les décisions seront conviés pour préparer les futures réformes institutionnelles envisagées par la transition. Parmi les discussions les plus attendus figurent la rédaction d’une nouvelle Constitution, la mise en place d’une Cinquième République. La CENI a déjà émis une proposition de calendrier pour le référendum constitutionnel et d’une élection présidentielles prévus pour juin et septembre 2027.

Le futur dialogue national constitue l’un des principaux points de vigilance soulevés par les prélats. Ces derniers estiment que la crédibilité des personnes chargées de conduire les discussions sera déterminante pour éviter une crise de confiance. Ils appellent à une démarche réellement ouverte, capable de rassembler toutes les sensibilités politiques et sociales du pays sans exclusion ni récupération partisane.

Pour la Conférence des évêques, cette concertation ne peut pas être dissociée de la préparation des prochaines échéances électorales. Une mauvaise gestion du processus risquerait, selon eux, de raviver les tensions politiques qui ont déjà marqué l’histoire récente de Madagascar.

Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2025 après les manifestations de la Gen Z ayant entraîné la chute du régime précédent, le Colonel Michaël Randrianirina affirme vouloir reconstruire les institutions sur de nouvelles bases. La recomposition de la figure parmi les premières réformes déjà engagées par les autorités de transition.

Reste désormais à savoir si cette concertation nationale, dont le lancement est repoussé au mois de juin, parviendra réellement à apaiser les inquiétudes et à convaincre une population encore prudente face aux promesses de changement.

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1 commentaire

Vos commentaires

  • 15 mai à 09:17 | bekily (#9403)

    Oadray !
    2026 ve dia mbola misy misionera vozongo ?

    Répondre

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