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Antananarivo | 23h56
 

Communiqué

SEHATRA FANARAHA-MASO NY FIAINAM-PIRENENA

Citoyen, réveille-toi, ils sont devenus fous !

vendredi 21 juin 2013

SEHATRA FANARAHA-MASO NY FIAINAM-PIRENENA
SeFaFi
Observatoire de la Vie Publique
Lot III R 45 tar Tsarafaritra, Tsimbazaza, Antananarivo 101
Tél. 032 59 761 62 Email : sefafi@gmail.com Site Web : www.sefafi.mg


Le 21 août 1968, les chars soviétiques et est-allemands du Pacte de Varsovie pénétraient dans Prague, mettant fin à un trop court « printemps démocratique ». Les jeunes Tchèques avaient écrit sur les murs : « Lénine, réveille-toi, ils sont devenus fous ! ». Madagascar n’ayant pas, hélas, de figure emblématique à invoquer, c’est à chacun des citoyens que cet appel est lancé. Chaque jour, le délire de la classe politique prend plus d’ampleur. Plus que jamais, les citoyens sont pris en otage par quelques centaines de politiciens égoïstes, incompétents et pleins de mépris de la loi. Comment en sommes-nous arrivés à cette situation, qui fait de Madagascar le pays malade de l’Afrique, de nos politiciens la risée du monde entier, et de notre peuple le symbole de la misère ? Et que faire ?

Avec la signature du la Feuille de route le 16 septembre 2011, il était permis d’espérer des élections permettant de renouer avec la communauté internationale et de faire revenir les aides et les investissements. Des parlementaires issus de toutes les tendances ont été désignés pour élaborer les lois nécessaires, et un gouvernement d’union nationale mis en place, dirigé par un Premier ministre qui déclarait n’avoir d’autre objectif que de mettre en œuvre la Feuille de route. Moins de deux ans plus tard, tout est remis en question, et une partie des signataires de l’accord renient publiquement leur signature.

Les premiers responsables de l’impasse actuelle sont les membres de la CES (Commission Électorale spéciale). Leur première décision, la validation des candidatures à l’élection présidentielle, a violé la Constitution et le droit qu’ils avaient juré de respecter : ils ont admis des candidats qui ne remplissaient pas les conditions requises pour se présenter. La décision des juges de la CES est certes irrévocable, mais les juges, eux, peuvent et doivent être révoqués pour forfaiture : le SeFaFi l’avait demandé au lendemain de leur décision contestée [1].

En suite de quoi, quelques candidats exerçant une fonction publique ont refusé de démissionner, violant à leur tour la Constitution et les lois qui les y obligeaient. Des parjures qui aspirent au poste de Premier magistrat du pays, tout en se réclamant de l’État de droit dans leurs discours, voilà qui augure mal d’un avenir démocratique pour la Grande Île. En sont-ils seulement conscients ? Comment s’étonner, dans ces conditions, que 19 d’entre eux se soient constitués en « collectif des candidats » pour protester contre tous ces dénis de droit ?

Pendant ce temps, nos parlementaires non élus se dépensent sans compter pour profiter le plus longtemps possible des avantages liés à leur statut. Voter les lois qui organisent la période électorale est le cadet de leurs soucis, notamment celle ayant trait à la démission, pour cause de candidature, du Président de la Transition, du Premier ministre de consensus et des membres du gouvernement... « Afin de pallier à toute éventualité de vide juridique, une loi sera adoptée par le Parlement de la Transition pour définir les conditions de mise en œuvre y afférentes » (Feuille de route n° 14). Notons au passage que cet article 14, élaboré et signé sous l’égide de la SADC et de la Communauté Internationale, envisage l’hypothèse de la candidature du Président de la Transition : CI et SADC seraient-elles devenues amnésiques ?

Quant au Conseil des ministres, il ne trouve pas mieux à faire que de déplacer l’élection présidentielle du 24 juillet au 23 août, faisant mine d’ignorer que « le calendrier électoral sera déterminé conjointement par la CENIT et les représentants des nations Unies » (Feuille de route, n° 10-g). Et pour ajouter au ridicule, s’il est possible encore, ce même Conseil des ministres a proposé que l’intérim du président-candidat soit collégialement assumé par... les 35 membres du gouvernement – voire 36, si le Ministère de l’environnement, indument accaparé par un ami du Premier ministre depuis un an, était enfin pourvu ! Une performance de plus, totalement anticonstitutionnelle et sortie du cerveau imaginatif de nos politiciens, qui mérite de figurer dans le Guinness des records.

Que les coupables se rétractent

Qui donc sont les responsables de cette impasse ? Il leur revient de prendre leurs responsabilités devant les citoyens, s’ils ne veulent pas passer dans l’histoire comme des fossoyeurs de la démocratie et des ennemis de la nation. C’est à eux de faire en sorte que nous sortions de la transition au plus vite : la date du 24 juillet étant désormais caduque, il reste possible d’organiser l’élection présidentielle le 23 août, tout en maintenant le deuxième tour jumelé aux législatives le 25 septembre, et les communales le 23 octobre.

Pour garder cet objectif, plusieurs mesures sont à prendre d’urgence, de la part de ceux qui, ayant mis le pays dans l’impasse actuelle, doivent l’en sortir :
- La CES ayant confirmé le 5 juin sa décision du 3 mai entachée d’irrégularité, il revient au Collège de la magistrature de remplacer ses membres de toute urgence. Le corps des magistrats prouvera ainsi son attachement à la légalité, au-delà des affinités partisanes de chacun. Il reviendra à la CES renouvelée de valider les candidatures conformes aux exigences de la Constitution et de la loi.
- Quant aux candidats controversés, Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka, qu’ils fassent preuve de civisme et de patriotisme en reconnaissant que, même si leurs candidatures ont été validées par la CES, elles étaient entachées d’irrégularités au regard de la loi et des engagements solennels qu’ils avaient pris. En les récusant, la communauté internationale récuse le déni de droit qu’implique leur candidature, plus qu’eux-mêmes. Qu’ils en tirent les conséquences, et cessent de prendre en otage le pays tout entier pour satisfaire leurs ambitions personnelles.
- La rivalité entre le Président de la Transition et le Premier ministre constitue un autre obstacle à la préparation des élections. Est-ce trop demander aux deux premiers responsables de l’exécutif de mettre le sens de l’État et le respect de la loi au-dessus de leur susceptibilité ? Ils pourront alors s’entendre sur la date de démission des candidats exerçant une fonction publique d’autorité, et, le cas ́chéant, préparer la prise en charge collégiale de la fonction de chef d’État devenue vacante, conformément à l’article 166 de la Constitution.
- Enfin, les membres du Congrès de la Transition (CT) et du Conseil Supérieur de la Transition (CST) ont le devoir urgent de voter les lois en attente, celle en particulier qui organise une éventuelle démission du Président de la Transition. Et que ces Institutions provisoires mettent un terme au comportement scandaleux de parlementaires qui ne sont là que pour les avantages matériels et se moquent éperdument de leurs responsabilités vis-à-vis des citoyens.

Une sortie de la Transition par la voie des urnes est encore possible cette année. Chacun, désormais, sait à qui sera imputé un éventuel échec, désastreux pour le pays tout entier : les citoyens ne le leur pardonneront pas, et l’histoire les jugera sans indulgence.

Antananarivo, 19 juin 2013

Notes

[1« Agir en responsables », communiqué du 31 mai 2013.

13 commentaires

Vos commentaires

  • 21 juin 2013 à 09:13 | Bena (#494)

    ils étaient déjà fous en janvier 2009, mais tout le monde a bien dormi depuis.

    en premier la sefafi qui a subtilement (je vois bien ramada an co) cautionné un coup de tas qui ne dit pas son nom. oui, vous avez reçu un maigre gain par le retour de votre gourou le prêtre.

    il est plus qu’utopique de penser que les juges vont se chamailler pour déstituer leus collègues. ce sont des super mandarins capables de tout faire pour défendre leur beefsteak (un ancien ministre en a fait les frais, il est au frais pour des mois). ra-chris est une vrai putsichte casseuse de baraque mais elle est de la maison.

    quand à la ci, elle ne partira pas. des membres des NU se font tuer en somalie et ailleurs mais ils restent. ils ont leur intérêt ici. ils veulent résoudre la crise en leur faveur, sinon la trainer le plus longtemps possible.

    bonne nuit à tous !

  • 21 juin 2013 à 09:20 | poiuyt (#584)

    ce sefafi en son temps avait eu un penchant putschiste et francophile, un allié objectif de la COI. C’est donc un mauvais arbitre pour la cause malgache. Pourquoi ne parle-t-il pas des bailleurs juifs errants ? des militaires à la solde ?

    ainsi il marche dans le même but de garder Madagascar dans le giron de France : ce n’est pas toujours à l’avantage de Mada

    aujourd’hui encore, face aux élections, il n’est pas sans avoir suivi les péripéties de l’histoire récente, et met Lalao, dans le même sac que l’abominable putschiste ! Lalao n’est pas Ra8, Lalao n’a pas fait de coup d’état, Lalao n’a jamais déclaré ne pas se porter candidat (quand l’autre l’a fait 2 fois en l’espace de 3 ans), Lalao n’a assassiné personne, Lalao n’a pas détourné d’avion, Lalao n’est pas "saint"

    Pourquoi ne pas rêver de relever au niveau de Ra8 la candidature de l’abominable ? Ainsi on verra bien par la preuve par 9 que saint-joe est mamimbahoaka manara-penitra, et qu’il avait bien eu la nation avec lui pour son coup d’état ?

    le saint gagnera sûrement puis qu’il a fait du karaté, foi de dijéi

    • 21 juin 2013 à 09:24 | poiuyt (#584) répond à poiuyt

      non sefafi j’aime pas

  • 21 juin 2013 à 10:03 | QUOUSQUE TANDEM (#543)

    Le SEFAFI se moque du monde. Si mes souvenirs sont exacts, ils ont bien soutenu le coup d’état (inconstitutionnel par définition).
    Ils demandent à des putschistes le retour à l’ordre constitutionnel !
    Ils se plaignent de la CES qui n’est qu’une émanation de la tristement célèbre HCC, celle qui avait prétendu que le coup d’état était constitutionnel !
    De qui se moque-t-on ?
    Gisa lahy homan-ketsa, ka izy mangalatra indray no avo feo

  • 21 juin 2013 à 10:06 | claude (#3141)

    « Qui donc sont les responsables de cette impasse ? « 

    — > Que tous les politiciens se positionnent par rapport au desir de la France de voir les 3 retirer leur candidature. Qu’ils s’identifient et se mettent autour d’une table RECTANGULAIRE pour discuter . Le tout sera transmis par les journalistes et le peuple tranchera.

    « Quant aux candidats controversés, Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka, qu’ils fassent preuve de civisme et de patriotisme »

    — > Nous voulons qu’ils soient jugees par les urnes

    « La rivalité entre le Président de la Transition et le Premier ministre constitue un autre obstacle à la préparation des élections. « 

    — > Que les 2 demissionnent.

    « Une sortie de la Transition par la voie des urnes est encore possible cette année. « 

    — > Cela ne depend que de vous

  • 21 juin 2013 à 10:59 | masiaka (#7299)

    - « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs. »

    Robespierre

    - "Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l’histoire, la voix de la vérité et de l’amour a toujours triomphé ; Il y a eu dans ce monde des tyrans et des assassins, et pendant un moment ils peuvent sembler invincible, mais à la fin, ils tombent toujours, toujours... "

    Mahatma Gandhi

  • 21 juin 2013 à 11:01 | ratiarivelo (#131)

    Salama e ! Ka aiza HIANAREO ry zareo-A ry namana "Isandra - Rabri ets ****** ! BASY atifi-kavana ka harangarangany ny an’ny SeFaTi ?? Aza lazainareo fa mirediredy IREO*** (fa olona mba manana ny MAHA-IZY eo @ny mpiara-belona aminy IREO TOMPOKO OOO !! ) Ka akory hianao Zandry Boris BEKAMISY @ny io Fanambarana io ?? Samy tsara LEROA !! ary mbola haveriko matetika eto : Sans Rancune ok !!

  • 21 juin 2013 à 11:22 | bbernard (#6880)

    Pourquoi voudriez-vous que qui que ce soit change quoi que ce soit à la situation actuelle alors que cette situation a été orchestrée par le PT en personne et que toutes les commissions sont à sa botte ? Le petit mafieux qui s’est emparé du pouvoir par la force entend bien le garder par la force s’il le faut mais surtout en faisant table rase de tous les accords qu’il a signés, de toutes les promesses qu’il a solennellement faites et au mépris de toutes les institutions qu’il a lui-même mises en place.

  • 21 juin 2013 à 11:40 | niry (#210)

    Le SEFAFI ou l’art de noyer le poisson dans l’eau, encore et toujours. Que du blablabla !
    Pitoyable tardive réaction pour ces fomenteurs de coups d’état ! Vous avez ouvert la boite de Pandore, ayez au moins la décence d’assumer vos konneries..

    • 21 juin 2013 à 17:25 | silencieux (#5718) répond à niry

      A mon sens, certaines des propositions de la SEFAFI sont cohérentes et les mesures proposées ont le mérite d’être concret même si difficilement réalisables.

      Je suis curieux de savoir sur quels points vous fondez vos critiques ?

    • 21 juin 2013 à 19:11 | olivier (#7062) répond à silencieux

      Soyons honnêtes

      même si le Sefafi regroupe une élite intellectuelle..rare...
      même si ce qu’il dit est cohérent..

      Il a clairement justifié un putsh...a tort..

      Car Sylvain U avec un compte à regler avec Ra8..

      Voilà la vérité..

      Dommage, car ces gens ne sont pas des nuls..

      OR

  • 22 juin 2013 à 02:28 | jagiba (#6837)

    Ils sont Fous....Responsables...Coupables......Coupables de la misére croissante du peuple Malgache qui survit de plus en plus grace à la main tendue.... ,Coupables de l’insécurité permanente,jours et nuits, avec des attaques en armes contre de simples citoyens par des bandits avec la complicité et la pacivité dénoncées de la Police... Coupables des trafics des bois de rose toujours florissant aux profits de politiques verreux.... Coupables des vols de centaines de Zébus qui vont parcourir des centaines de kilométres sans étre détectés et débusqués....Coupables de la misére des hôpitaux qui n’ont pas de matelas pour les lits des malades.... Coupables de la déconfiture de l’Etat qui ne peut pas financer le plan de lutte contre les criquets.... Coupables de la misére de l’état qui n’a pas les moyens de financer l’impression des Cartes d’Identité ni l’impression des bulletins de votes....Coupables de la recession économique qui prive l’état malgache de ressources pour financer les enseignants....Coupables de l’appauvrissement de l’état qui n’a pas les moyens d’assurer la surveillance du territoire pour la sécurité et la lutte contre les incendiaires de l’Ile Rouge....Coupable de la désertion touristique à cause de l’insécurité grandissante et de l’état dégradé et scabreux des routes nationales....coupables du ridicule des situations politiques qui détourne et décourage les acteurs et partenaires économiques .....Coupables de violer les conditions d’éligibilité électorales de la constitution.....Coupables....Coupables qui osent encore, et depuis 4 ans , illusionner le peuple malgache et fanfaronner sur leur indépendance et leurs capacités à résoudre la crise dramatique de Madagascar et de précher la démocratie.....Désespérant !!!!

  • 24 juin 2013 à 02:18 | Zafimaro (#3479)

    Safafi, vas te rendormir. Pendant le coup d’etat organise avec le soutient et l’accord de Odon OMAR, ton mentor et ton menteur, tu t’es endormi alors que tout le monde etait en alerte. On sait que le R.P. Ufer, dont le role a Madagascar est plus que suspucieux, est aussi ton mentor et ton menteur. Avec de telle companie de gens malhonnetes, il vaut mieux que sefafi debande et n’existe plus. C’est une organisation parasite non-necessaire.

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