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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Aide publique au d&#233;veloppement offshore</title>
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		<dc:date>2026-07-18T05:44:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'aide publique au d&#233;veloppement repose sur une promesse simple : les pays qui disposent de capitaux soutiennent ceux qui en manquent afin de financer des routes, des &#233;coles, des r&#233;seaux &#233;lectriques ou des services essentiels. Cette promesse reste n&#233;cessaire. Mais son architecture s'est profond&#233;ment transform&#233;e. Une part croissante de l'aide ne passe plus directement par les &#201;tats. Elle emprunte les banques de d&#233;veloppement, les fonds d'investissement, les holdings et les grandes entreprises (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-55-64691.jpg?1784353478' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20815 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/cinq_colonne_1024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH707/cinq_colonne_1024-6f360.jpg?1784353478' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'aide publique au d&#233;veloppement repose sur une promesse simple : les pays qui disposent de capitaux soutiennent ceux qui en manquent afin de financer des routes, des &#233;coles, des r&#233;seaux &#233;lectriques ou des services essentiels. Cette promesse reste n&#233;cessaire. Mais son architecture s'est profond&#233;ment transform&#233;e. Une part croissante de l'aide ne passe plus directement par les &#201;tats. Elle emprunte les banques de d&#233;veloppement, les fonds d'investissement, les holdings et les grandes entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe commence ici : l'argent destin&#233; &#224; renforcer les pays pauvres peut circuler par les m&#234;mes places financi&#232;res qui permettent &#224; une partie de leur richesse de leur &#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le long d&#233;tour de l'aide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2014, une controverse &#233;clate autour de Proparco, filiale de l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement (AFD) consacr&#233;e au secteur priv&#233;. Une question d&#233;pos&#233;e au S&#233;nat fran&#231;ais reprend les r&#233;v&#233;lations du &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; : plus de 400 millions d'euros auraient &#233;t&#233; investis en dix ans par l'interm&#233;diaire de soci&#233;t&#233;s ou de fonds domicili&#233;s notamment &#224; Maurice, aux &#206;les Ca&#239;mans ou au Luxembourg. La r&#233;ponse officielle ne conteste pas le recours &#224; ces structures. Elle explique que les territoires concern&#233;s ne relevaient pas, selon les crit&#232;res retenus, de la cat&#233;gorie des juridictions non coop&#233;ratives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la difficult&#233; tient dans cette nuance. Une place financi&#232;re peut &#234;tre offshore, offrir une fiscalit&#233; avantageuse et prot&#233;ger fortement la confidentialit&#233; des investisseurs, sans figurer sur une liste noire officielle. La l&#233;galit&#233; formelle n'efface donc pas la contradiction politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proparco affirme aujourd'hui appliquer des proc&#233;dures strictes contre le blanchiment, la corruption et les d&#233;tournements, et soutient qu'aucun fonds qu'elle finance n'est enregistr&#233; dans une juridiction class&#233;e non coop&#233;rative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne s'agit donc pas d'affirmer que l'institution organise une fraude. Il s'agit de poser une question plus d&#233;rangeante : une op&#233;ration peut-elle respecter toutes les listes et rester contraire &#224; l'esprit du d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme est simple. Un &#201;tat riche confie de l'argent public &#224; une banque de d&#233;veloppement. Celle-ci finance un fonds, parfois &#233;tabli dans une place internationale choisie pour sa stabilit&#233; juridique et fiscale. Le fonds pr&#234;te ensuite &#224; une entreprise priv&#233;e qui construit une centrale, un r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique ou une infrastructure. Le projet existe r&#233;ellement. Mais l'entreprise rembourse le pr&#234;t, paie des int&#233;r&#234;ts, verse des dividendes et r&#233;mun&#232;re plusieurs interm&#233;diaires. Une partie de la valeur produite repart alors vers les investisseurs, parfois par la m&#234;me route offshore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le remboursement d'un pr&#234;t, le versement d'int&#233;r&#234;ts ou de dividendes ne sont pas anormaux en eux-m&#234;mes. La question porte sur leur proportion, leur transparence, leur traitement fiscal et la part de valeur durablement conserv&#233;e dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays re&#231;oit l'infrastructure. Il ne retient pas n&#233;cessairement la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le continent aid&#233; qui finance le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique est souvent d&#233;crite comme un continent qui manque de capitaux. Cette repr&#233;sentation ne dit qu'une moiti&#233; de l'histoire. Le continent re&#231;oit de l'aide, des pr&#234;ts et des investissements, mais il perd aussi des ressources par la fausse facturation commerciale, l'&#233;vasion fiscale, les exportations non d&#233;clar&#233;es, le rapatriement des b&#233;n&#233;fices et la fuite des capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;rence des Nations unies sur le commerce et le d&#233;veloppement (CNUCED) estime &#224; 88,6 milliards de dollars les flux financiers illicites quittant chaque ann&#233;e l'Afrique, soit 3,7 % de son produit int&#233;rieur brut. Elle souligne notamment le r&#244;le de la sous-facturation des exportations de mati&#232;res premi&#232;res, particuli&#232;rement de l'or&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; titre d'ordre de grandeur, l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) chiffre l'aide bilat&#233;rale nette des pays membres du Comit&#233; d'aide au d&#233;veloppement &#224; 29 milliards de dollars pour l'Afrique en 2025&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres ne sont pas strictement comparables. Ils donnent cependant la mesure d'un d&#233;s&#233;quilibre structurel : les sorties de richesse atteignent des volumes comparables, voire sup&#233;rieurs, aux apports d'aide les plus visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le principe du seau perc&#233;. On c&#233;l&#232;bre les sommes vers&#233;es par le haut, mais on mesure mal ce qui s'&#233;coule par le bas. Le d&#233;bat public demande combien l'Afrique re&#231;oit. Il devrait aussi demander combien elle perd avant m&#234;me d'avoir besoin d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nairobi 2026 : l'aide change d'&#233;chelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Africa Forward Summit de Nairobi, en mai 2026, offre une illustration contemporaine de cette transformation. Proparco, Yas et AXIAN Energy y ont sign&#233; un protocole strat&#233;gique. Il ne s'agit pas d'un march&#233; public remport&#233; par AXIAN, mais d'une intention de Proparco de mobiliser jusqu'&#224; 300 millions d'euros sur trois ans pour soutenir l'expansion des activit&#233;s du groupe. Les outils envisag&#233;s comprennent des financements d'entreprise, des obligations de projets, des co-investissements en capital et des fonds concessionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;rim&#232;tre est consid&#233;rable : t&#233;l&#233;communications, centres de donn&#233;es, services num&#233;riques, mobile money, microcr&#233;dit, assurance, solaire, hydro&#233;lectricit&#233;, stockage, mini-r&#233;seaux et mobilit&#233; &#233;lectrique. La finance publique du d&#233;veloppement ne finance plus seulement un pont ou une centrale. Elle accompagne l'expansion d'un groupe priv&#233; int&#233;gr&#233; dans plusieurs fonctions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien s'ajoute &#224; d'autres concours internationaux. La Banque africaine de d&#233;veloppement (BAD) a approuv&#233; un pr&#234;t de 160 millions de dollars&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; AXIAN Telecom. La Banque europ&#233;enne d'investissement (BEI) a engag&#233; 100 millions de dollars pour d&#233;velopper les r&#233;seaux mobiles &#224; Madagascar et en Tanzanie. Ces montants ne doivent pas &#234;tre additionn&#233;s comme s'ils finan&#231;aient un seul projet. Ils montrent toutefois une tendance : les institutions publiques et multilat&#233;rales confient des volumes croissants &#224; un nombre limit&#233; de groupes priv&#233;s jug&#233;s capables de les absorber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partenariat entre Proparco et AXIAN ne prouve pas que les financements annonc&#233;s transiteront par une juridiction offshore. Il illustre un second mouvement, distinct mais compl&#233;mentaire : la finance publique du d&#233;veloppement ne passe plus seulement par les &#201;tats ou par des projets clairement identifi&#233;s. Elle accompagne d&#233;sormais l'expansion de groupes priv&#233;s int&#233;gr&#233;s, capables d'occuper plusieurs fonctions strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fragmentation des d&#233;pendances&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance ancienne &#233;tait lisible. Un pays d&#233;pendait d'une puissance &#233;trang&#232;re, d'un bailleur ou d'une multinationale. La d&#233;pendance contemporaine est morcel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement peut &#234;tre fran&#231;ais, la garantie europ&#233;enne, le pr&#234;t multilat&#233;ral, l'op&#233;rateur africain, la technologie asiatique, la holding install&#233;e dans une autre juridiction et les services d&#233;ploy&#233;s dans plusieurs &#201;tats. Personne ne para&#238;t contr&#244;ler seul l'ensemble. Mais l'&#201;tat national ne le contr&#244;le plus v&#233;ritablement non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance moderne ne porte donc plus un seul uniforme. Elle se r&#233;partit entre le bailleur, la banque, le fournisseur technologique, le fonds, l'op&#233;rateur et le r&#233;gulateur. Cette fragmentation la rend plus efficace et moins visible. Elle brouille les responsabilit&#233;s. Lorsqu'un service devient trop cher, lorsqu'un imp&#244;t n'est pas pay&#233; ou lorsqu'une donn&#233;e strat&#233;gique quitte le territoire, chaque acteur peut renvoyer vers un autre maillon de la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le colonialisme par procuration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'expression doit &#234;tre mani&#233;e avec prudence. Elle ne constitue ni une qualification juridique ni la preuve d'un projet concert&#233;. Elle d&#233;crit un m&#233;canisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colonialisme classique administrait directement le territoire. Le syst&#232;me contemporain peut d&#233;l&#233;guer &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s une partie des fonctions strat&#233;giques qui structurent le territoire et la vie collective. Une puissance publique &#233;trang&#232;re finance une banque de d&#233;veloppement. Cette banque soutient un acteur priv&#233; africain. Cet acteur fournit ensuite l'&#233;lectricit&#233;, les t&#233;l&#233;communications, les moyens de paiement, le cr&#233;dit, les centres de donn&#233;es et parfois les espaces immobiliers qui structurent la vie collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le n'est plus territorial. Il devient infrastructurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interm&#233;diaire local peut donner au dispositif une apparence africaine, r&#233;duire le co&#251;t politique de l'influence ext&#233;rieure et assumer une partie des risques op&#233;rationnels. Le bailleur conserve, lui, un pouvoir par la dette, les normes techniques, les garanties et les conditions de financement. Le colonialisme ne dispara&#238;t pas n&#233;cessairement. Il peut changer de v&#233;hicule et d'interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que les infrastructures sont inutiles. Un r&#233;seau 4G, une centrale solaire ou un service de paiement peut am&#233;liorer concr&#232;tement la vie quotidienne. La vraie question est ailleurs : qui poss&#232;de l'actif, qui fixe les tarifs, qui d&#233;tient les donn&#233;es, qui per&#231;oit les dividendes et devant qui l'op&#233;rateur rend-il des comptes ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La capture par indispensabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;AXIAN revendique une pr&#233;sence dans cinq secteurs : &#233;nergie, immobilier, fintech, finance et t&#233;l&#233;communications&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette diversification n'est pas en elle-m&#234;me ill&#233;gale ou condamnable. Elle cr&#233;e cependant un rapport de force in&#233;dit lorsqu'un m&#234;me groupe devient indispensable &#224; plusieurs fonctions que l'&#201;tat devrait organiser, r&#233;guler ou garantir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capture de l'&#201;tat ne prend pas toujours la forme d'une enveloppe gliss&#233;e sous une table. Elle peut na&#238;tre de l'indispensabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat manque de capitaux. Le groupe priv&#233; apporte les financements et l'expertise. Les bailleurs le jugent plus rapide et plus fiable que l'administration. Le r&#233;gulateur finit alors par d&#233;pendre de l'acteur qu'il est charg&#233; de contr&#244;ler. Toute d&#233;cision contraignante peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme une menace pour l'investissement, l'emploi, la connexion ou l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique publique s'adapte progressivement aux projets jug&#233;s rentables et finan&#231;ables. L'entreprise ne remplace pas officiellement l'&#201;tat. Mais elle acquiert la capacit&#233; d'orienter ses priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est donc pas qu'un groupe africain devienne puissant. Le probl&#232;me commence lorsque sa puissance grandit plus vite que celle des institutions cens&#233;es lui imposer des limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &#233;l&#233;ment pr&#233;sent&#233; ici ne permet d'affirmer qu'AXIAN aurait captur&#233; l'&#201;tat malgache. Son cas r&#233;v&#232;le toutefois un risque institutionnel : celui d'un &#201;tat devenant d&#233;pendant, dans plusieurs secteurs essentiels, d'un acteur qu'il doit simultan&#233;ment r&#233;guler.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar, laboratoire de l'&#233;conomie invisible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar rend ce paradoxe particuli&#232;rement visible. En 2022, selon l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le secteur minier repr&#233;sente 49,2 % des exportations du pays, mais seulement 1,74 % des recettes publiques et 4,6 % du PIB&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le pays produit et exporte. Pourtant, l'&#201;tat capte peu de la valeur cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le prolongement de ce que Diapason d&#233;crit depuis plusieurs articles : une &#233;conomie o&#249; la richesse existe, mais circule hors du regard public ; o&#249; les cha&#238;nes de valeur sont fragment&#233;es ; o&#249; une minorit&#233; ma&#238;trise les contrats, les capitaux, les donn&#233;es et l'acc&#232;s aux bailleurs. L'armature de cet article place pr&#233;cis&#233;ment cette &#233;conomie invisible au croisement de la finance offshore, de la concentration priv&#233;e et de la faiblesse institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est plus seulement de savoir si Madagascar re&#231;oit suffisamment d'aides. Elle est de savoir pourquoi le pays conserve si peu de ce qu'il produit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;velopper sans remplacer l'&#201;tat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les institutions de d&#233;veloppement privil&#233;gient ces groupes parce qu'ils disposent d'une capacit&#233; d'investissement, d'une expertise technique et d'une implantation r&#233;gionale souvent absentes des administrations publiques. Le probl&#232;me n'est donc pas le financement priv&#233; en lui-m&#234;me, mais l'absence &#233;ventuelle de contre-pouvoirs, de transparence et de conditions impos&#233;es au nom de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement ne peut pas consister &#224; substituer quelques empires priv&#233;s aux administrations d&#233;faillantes. Il doit renforcer la capacit&#233; publique &#224; fixer les r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige la publication des b&#233;n&#233;ficiaires effectifs, une transparence pays par pays sur les b&#233;n&#233;fices et les imp&#244;ts, un contr&#244;le parlementaire des grands accords, des clauses de localisation de la valeur et des donn&#233;es, des r&#233;gulateurs ind&#233;pendants et des r&#232;gles contre les positions dominantes multisectorielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation ne se d&#233;veloppe pas seulement parce qu'elle re&#231;oit de l'argent. Elle se d&#233;veloppe lorsqu'elle sait o&#249; va sa richesse, qui la transforme, qui la taxe et qui en d&#233;cide l'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique ne sortira pas de la d&#233;pendance en rempla&#231;ant des monopoles &#233;trangers par quelques groupes priv&#233;s locaux financ&#233;s depuis l'&#233;tranger. Elle en sortira lorsque ses &#201;tats pourront imposer des r&#232;gles &#224; tous, y compris &#224; ceux dont ils d&#233;pendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans cela, le colonialisme ne dispara&#238;t pas. Il change d'interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et m&#233;thode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, l'expression &#171; aide au d&#233;veloppement &#187; est employ&#233;e dans un sens large, incluant la finance publique du d&#233;veloppement et les instruments destin&#233;s au secteur priv&#233;. Au sens statistique strict de l'OCDE, tous ces financements ne sont pas n&#233;cessairement comptabilis&#233;s int&#233;gralement comme aide publique au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article s'appuie sur les donn&#233;es du S&#233;nat fran&#231;ais, de Proparco, de la CNUCED, de l'OCDE, de l'ITIE, de la Banque africaine de d&#233;veloppement et de la Banque europ&#233;enne d'investissement. Il mobilise &#233;galement les enqu&#234;tes d'Eurodad ainsi que plusieurs analyses publi&#233;es par Diapason sur l'&#233;conomie invisible, la d&#233;pendance financi&#232;re et la concentration du pouvoir &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Fran&#231;afrique&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, &#201;ditions du Seuil, collection &#171; Documents &#187;, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;cision&lt;/strong&gt; : le recours &#224; une structure offshore ne constitue pas, en soi, une fraude. Les notions de &#171; colonialisme par procuration &#187; et de &#171; capture par indispensabilit&#233; &#187; sont employ&#233;es comme outils d'analyse, non comme qualifications judiciaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript7051739596a5e1799be89f2.53599095&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.proparco.fr/en/financial-security-and-anti-corruption&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.proparco.fr/en/financial-security-and-anti-corruption&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://unctad.org/press-material/africa-could-gain-89-billion-annually-curbing-illicit-financial-flows-un-says&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://unctad.org/press-material/africa-could-gain-89-billion-annually-curbing-illicit-financial-flows-un-says&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://one.oecd.org/document/DCD%282026%298/en/pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://one.oecd.org/document/DCD%282026%298/en/pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.proparco.fr/en/news/proparco-yas-and-axian-energy-team-nairobi-accelerate-africas-digital-and-energy-transitions&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.proparco.fr/en/news/proparco-yas-and-axian-energy-team-nairobi-accelerate-africas-digital-and-energy-transitions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.afdb.org/en/news-and-events/press-releases/african-development-bank-partners-axian-telecom-accelerate-africas-digital-transformation-80558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.afdb.org/en/news-and-events/press-releases/african-development-bank-partners-axian-telecom-accelerate-africas-digital-transformation-80558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.axian-group.com/identity/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.axian-group.com/identity/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://eiti.org/countries/madagascar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://eiti.org/countries/madagascar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ceux qui ne peuvent pas apprendre de l'histoire sont condamn&#233;s &#224; la revivre</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/Ceux-qui-ne-peuvent-pas-apprendre-de-l-histoire-sont-condamnes-a-la-revivre.html</link>
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		<dc:date>2026-07-11T05:01:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce titre est tir&#233; d'une phrase de George Santayana (1863-1952, &#233;crivain et philosophe am&#233;ricano-hispanique) qui r&#233;sonne avec une force particuli&#232;re lorsqu'on observe l'histoire politique de Madagascar depuis l'ind&#233;pendance. L'infographie des chefs de l'&#201;tat malgache ne montre pas seulement une succession de noms, de mandats et de transitions. Elle r&#233;v&#232;le une m&#233;canique. Depuis 1960, Madagascar ne change pas seulement de dirigeants. Madagascar revient r&#233;guli&#232;rement au m&#234;me point : crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-54-4fa51.jpg?1783751261' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20796 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/tableau_1600.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH281/tableau_1600-548e9.jpg?1783746069' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce titre est tir&#233; d'une phrase de George Santayana (1863-1952, &#233;crivain et philosophe am&#233;ricano-hispanique) qui r&#233;sonne avec une force particuli&#232;re lorsqu'on observe l'histoire politique de Madagascar depuis l'ind&#233;pendance. L'infographie des chefs de l'&#201;tat malgache ne montre pas seulement une succession de noms, de mandats et de transitions. Elle r&#233;v&#232;le une m&#233;canique. Depuis 1960, Madagascar ne change pas seulement de dirigeants. Madagascar revient r&#233;guli&#232;rement au m&#234;me point : crise politique, suspension de la confiance, intervention d'une autorit&#233; d'exception, promesse de refondation, puis reconstruction fragile d'un ordre institutionnel qui, quelques ann&#233;es plus tard, se fissure &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La moyenne des mandats dit quelque chose d'important. Si l'on regarde les s&#233;quences institutionnelles ligne par ligne, Madagascar vit rarement des cycles longs et apais&#233;s. Les pr&#233;sidences &#233;lues alternent avec les int&#233;rims, les transitions, les destitutions, les p&#233;riodes de fait. Certains dirigeants durent longtemps, mais l'&#201;tat, lui, reste instable. Tsiranana, Ratsiraka, Ravalomanana, Rajoelina ont incarn&#233; des dur&#233;es politiques significatives. Pourtant, leurs fins de cycle ont souvent &#233;t&#233; marqu&#233;es par la rue, la crise, l'emp&#234;chement ou la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le paradoxe malgache : le pays a beaucoup connu d'institutions, mais trop peu de continuit&#233; institutionnelle. Beaucoup d'&#233;lections, mais peu de confiance durable dans le verdict des &#233;lections. Beaucoup de transitions, mais peu de transformations. Beaucoup de discours de rupture, mais souvent le retour des m&#234;mes pratiques de concentration du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette histoire, la p&#233;riode Ratsiraka occupe une place particuli&#232;re. Elle ne fut pas seulement une longue s&#233;quence politique. Elle fut une tentative de red&#233;finition totale de l'&#201;tat, de l'&#233;cole, de l'&#233;conomie et de la souverainet&#233;. Arriv&#233; au pouvoir dans le sillage des crises de 1972 et 1975, Didier Ratsiraka porta une ambition qui, au d&#233;part, r&#233;pondait &#224; une demande r&#233;elle : sortir du face-&#224;-face colonial, rompre avec la d&#233;pendance fran&#231;aise, redonner une dignit&#233; politique et culturelle au peuple malgache.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La malgachisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La malgachisation fut au c&#339;ur de cette ambition. Elle n'&#233;tait pas absurde en elle-m&#234;me. Valoriser la langue malgache, repenser l'&#233;cole, adapter les contenus aux r&#233;alit&#233;s nationales, sortir d'une d&#233;pendance intellectuelle h&#233;rit&#233;e de la colonisation : tout cela relevait d'une aspiration l&#233;gitime. Madagascar ne pouvait pas se construire durablement si son &#233;cole formait des enfants dans une langue que la majorit&#233; ma&#238;trisait mal, pour un &#201;tat qui reproduisait les hi&#233;rarchies coloniales. Les travaux sur les politiques linguistiques rappellent d'ailleurs que le malgache &#233;tait langue d'enseignement dans la plupart des &#233;coles avant la colonisation fran&#231;aise, et que l'administration coloniale a ferm&#233; les &#233;coles qui n'utilisaient pas le fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question centrale n'est pas l'intention. Elle est la m&#233;thode. Et c'est l&#224; que l'histoire devient un avertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La malgachisation ratsirakienne a souvent confondu souverainet&#233; et substitution. Elle a voulu remplacer un syst&#232;me par un autre sans avoir suffisamment pr&#233;par&#233; les enseignants, les manuels, les passerelles linguistiques, les outils scientifiques et les d&#233;bouch&#233;s. Elle a pr&#233;tendu lib&#233;rer l'&#233;cole, mais elle a contribu&#233; &#224; la d&#233;sorganiser. Elle a voulu r&#233;parer une fracture coloniale, mais elle a produit une nouvelle fracture sociale : les &#233;lites ont continu&#233; &#224; prot&#233;ger leurs enfants par le priv&#233;, le fran&#231;ais ou l'&#233;tranger, tandis que l'&#233;cole publique absorbait les cons&#233;quences d'une r&#233;forme mal calibr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'une des trag&#233;dies malgaches. Une id&#233;e juste peut devenir destructrice lorsqu'elle est conduite comme une proclamation id&#233;ologique plut&#244;t que comme une politique publique. Des &#233;tudes r&#233;centes sur les politiques linguistiques &#224; Madagascar soulignent la persistance d'un dualisme malgache-fran&#231;ais mal r&#233;solu, la faiblesse des comp&#233;tences linguistiques dans le syst&#232;me scolaire, ainsi que les effets de politiques successives inabouties sur les apprentissages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infographie &#233;conomique donne &#224; cette lecture une profondeur suppl&#233;mentaire. La p&#233;riode Ratsiraka 1976-1990 affiche une croissance annuelle moyenne du PIB faible, autour de 0,89 %, et une croissance du PIB par habitant n&#233;gative, autour de -1,97 %. Autrement dit, le pays pouvait donner l'apparence d'un &#201;tat souverain, d'un discours r&#233;volutionnaire et d'une stabilit&#233; politique, mais la population ne s'enrichissait pas. La crise de 1991, qui suit l'usure du r&#233;gime, confirme la violence du choc : le PIB et le PIB par habitant plongent. La souverainet&#233; proclam&#233;e n'avait pas produit une souverainet&#233; productive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/illustration_1024-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH708/illustration_1024-5-93881.jpg?1783746069' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que le parall&#232;le avec la situation actuelle devient pr&#233;occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PRRM arrive, lui aussi, apr&#232;s une crise profonde. Il parle de refondation, de souverainet&#233;, de rupture avec l'ancien syst&#232;me. Il se pr&#233;sente comme une autorit&#233; d'exception appel&#233;e &#224; remettre le pays debout. La HCC a constat&#233;, le 14 octobre 2025, la vacance de la pr&#233;sidence apr&#232;s avoir estim&#233; qu'Andry Rajoelina n'&#233;tait plus en mesure d'exercer ses fonctions, parlant d'&#171; abandon passif du pouvoir &#187;. Elle a invit&#233; le colonel Micha&#235;l Randrianirina &#224; exercer les fonctions de Chef de l'&#201;tat, tout en rappelant que l'&#233;lection d'un nouveau pr&#233;sident devait intervenir dans un d&#233;lai de trente &#224; soixante jours apr&#232;s la constatation de la vacance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cision ult&#233;rieure de la HCC, rendue le 18 novembre 2025, a ensuite pr&#233;cis&#233; que cette autorit&#233; militaire constituait une structure charg&#233;e de diriger le pays pendant une p&#233;riode limit&#233;e, compos&#233;e de cinq officiers sup&#233;rieurs, dont le colonel Randrianirina comme pr&#233;sident et quatre hauts conseillers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre donne une forme institutionnelle &#224; la transition. Mais il ne r&#233;sout pas la question politique fondamentale : la refondation est-elle une &#233;tape vers des institutions plus fortes, ou le d&#233;but d'un nouveau pouvoir d'exception ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire malgache oblige &#224; poser cette question sans na&#239;vet&#233;. La transition actuelle ne se contente pas d'administrer le pays dans un temps court. Elle pr&#233;tend refonder. Or, depuis 1972, presque chaque rupture malgache s'est accompagn&#233;e d'un vocabulaire de refondation. Chaque crise a promis une nouvelle R&#233;publique, une nouvelle morale publique, une nouvelle souverainet&#233;, un nouveau d&#233;part. Pourtant, le cycle s'est r&#233;p&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inqui&#232;te aujourd'hui n'est donc pas seulement l'existence d'une transition. C'est l'orientation possible de cette transition. Le PRRM semble r&#233;activer certains r&#233;flexes ratsirakiens : souverainet&#233; con&#231;ue comme rupture symbolique, pouvoir militaire pr&#233;sent&#233; comme garant du salut national, discours anti-d&#233;pendance, recherche d'alliances alternatives, proximit&#233; croissante avec Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, la nuance est n&#233;cessaire. Diversifier les partenaires de Madagascar n'est pas un probl&#232;me en soi. La France ne doit pas &#234;tre l'horizon unique de la politique &#233;trang&#232;re malgache. La souverainet&#233; d'un &#201;tat suppose pr&#233;cis&#233;ment la capacit&#233; de parler &#224; plusieurs puissances, de n&#233;gocier avec plusieurs blocs, d'&#233;chapper &#224; l'&#233;touffement d'une relation exclusive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais diversifier n'est pas se d&#233;placer d'une d&#233;pendance vers une autre. C'est l&#224; que l'ombre de Ratsiraka r&#233;appara&#238;t. Dans les ann&#233;es 1970, Madagascar voulait sortir de l'emprise fran&#231;aise et s'est rapproch&#233; du bloc sovi&#233;tique. Aujourd'hui, le colonel Randrianirina a rencontr&#233; Vladimir Poutine au Kremlin le 19 f&#233;vrier 2026, dans le cadre de discussions russo-malgaches officiellement pr&#233;sent&#233;es comme une coop&#233;ration bilat&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des enqu&#234;tes r&#233;centes d&#233;crivent une progression de l'influence russe &#224; Madagascar, m&#234;lant coop&#233;ration militaire, pr&#233;sence m&#233;diatique, strat&#233;gie culturelle et int&#233;r&#234;t pour des secteurs sensibles, dans un contexte o&#249; la relation russo-malgache est explicitement replac&#233;e dans une continuit&#233; remontant au r&#233;gime socialiste de Ratsiraka&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque est donc clair : refaire Ratsiraka sans le dire. Non pas reproduire exactement la malgachisation scolaire des ann&#233;es 1970, mais reprendre la m&#234;me logique politique : pr&#233;senter la souverainet&#233; comme un geste de rupture, puis construire cette rupture sans institutions solides, sans d&#233;bat r&#233;el, sans calendrier ma&#238;tris&#233;, sans contre-pouvoirs suffisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; devient alors un r&#233;cit, non une capacit&#233;. Elle sert &#224; l&#233;gitimer le pouvoir plus qu'&#224; renforcer l'&#201;tat. Elle d&#233;signe un adversaire ext&#233;rieur, mais ne corrige pas les d&#233;faillances int&#233;rieures. Elle parle au nom du peuple, mais ne garantit pas que le peuple puisse contr&#244;ler ceux qui parlent en son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce que l'histoire malgache enseigne. Les crises ne viennent pas seulement de l'ext&#233;rieur. Elles naissent aussi de l'&#233;cart entre les promesses du pouvoir et l'exp&#233;rience quotidienne des citoyens. Eau, &#233;lectricit&#233;, &#233;cole, emploi, justice, corruption : lorsque l'&#201;tat ne r&#233;pond plus aux besoins ordinaires, le vocabulaire de la grandeur nationale finit par sonner creux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union africaine a suspendu Madagascar en octobre 2025, en qualifiant la s&#233;quence d'octobre de changement anticonstitutionnel de gouvernement, tout en appelant &#224; un retour rapide &#224; l'ordre constitutionnel par une transition civile inclusive et des &#233;lections. L'ISS Afrique (Institut d'&#201;tudes de S&#233;curit&#233;) rappelle aussi que la HCC avait conseill&#233; une transition de soixante jours, alors que le colonel Randrianirina a &#233;voqu&#233; un horizon de deux ans et un r&#233;f&#233;rendum constitutionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette tension entre le temps constitutionnel et le temps politique est d&#233;cisive. Une transition peut &#234;tre n&#233;cessaire. Mais une transition qui s'&#233;tire devient un r&#233;gime. Une refondation qui n'organise pas sa propre limite devient une nouvelle concentration du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la comparaison avec Ratsiraka doit &#234;tre prise au s&#233;rieux. Non pour condamner par avance le PRRM. Mais pour rappeler une le&#231;on essentielle : Madagascar a d&#233;j&#224; connu l'illusion selon laquelle il suffisait de changer de doctrine, de partenaires et de vocabulaire pour devenir souverain. L'histoire a montr&#233; le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vraie souverainet&#233; n'est pas de remplacer Paris par Moscou. Elle n'est pas de remplacer le fran&#231;ais par le malgache sans former les enseignants et produire les savoirs. Elle n'est pas de remplacer un pr&#233;sident &#233;lu contest&#233; par une autorit&#233; militaire prolong&#233;e. La vraie souverainet&#233; est la capacit&#233; d'un &#201;tat &#224; tenir ses promesses sans d&#233;pendre d'un protecteur, d'un sauveur ou d'un homme providentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'a pas besoin d'une malgachisation de fa&#231;ade. Elle a besoin d'une souverainet&#233; de m&#233;thode : une &#233;cole renforc&#233;e, une administration comp&#233;tente, une justice ind&#233;pendante, un budget lisible, des r&#233;gions r&#233;ellement dot&#233;es, une politique &#233;trang&#232;re &#233;quilibr&#233;e, une transition limit&#233;e par des r&#232;gles v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PRRM peut encore rompre avec le cycle. Mais il devra prouver que la refondation n'est pas une rh&#233;torique de pouvoir, ni une r&#233;p&#233;tition en uniforme d'anciennes illusions r&#233;volutionnaires. Une transition ne se juge pas seulement &#224; ce qu'elle promet. Elle se juge aux limites qu'elle accepte, aux institutions qu'elle restaure, au calendrier qu'elle respecte et aux libert&#233;s qu'elle prot&#232;ge. Sinon, Madagascar ajoutera une nouvelle ligne &#224; son infographie : un nouveau nom, une nouvelle transition, une nouvelle promesse. Et l'histoire, une fois encore, aura &#233;t&#233; cit&#233;e sans avoir &#233;t&#233; comprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources principales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Haute Cour constitutionnelle de Madagascar&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cision n&#176;10-HCC/D3 du 14 octobre 2025 concernant la constatation de la vacance de la pr&#233;sidence et l'invitation faite au colonel Micha&#235;l Randrianirina d'exercer les fonctions de Chef de l'&#201;tat. Cette source fonde le passage sur la transition institutionnelle ouverte en octobre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Haute Cour constitutionnelle de Madagascar&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;cision n&#176;16-HCC/D3 du 18 novembre 2025 concernant l'organisation de l'autorit&#233; de transition issue de la d&#233;cision du 14 octobre 2025. Cette source pr&#233;cise le cadre institutionnel de la p&#233;riode PRRM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNICEF Eastern and Southern Africa, &#171; Language and Learning : Madagascar &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Document de r&#233;f&#233;rence sur la place du malgache et du fran&#231;ais dans le syst&#232;me &#233;ducatif malgache, ainsi que sur les enjeux linguistiques dans l'apprentissage. Il appuie le passage sur la malgachisation et les politiques linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article acad&#233;mique, &#171; Language Policy : Rethinking Positional of Frenchification and Malgachisation as Educational Challenges in Madagascar &#187;&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tude r&#233;cente sur les effets du dualisme linguistique malgache-fran&#231;ais et sur les d&#233;fis &#233;ducatifs li&#233;s aux politiques de malgachisation et de francisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kremlin, &#171; Russian-Malagasy talks &#187;, 19 f&#233;vrier 2026&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Compte rendu officiel de la rencontre entre Vladimir Poutine et Micha&#235;l Randrianirina au Kremlin. Source utilis&#233;e pour &#233;tablir le rapprochement diplomatique entre le PRRM et Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Monde, &#171; Russia seeks a new African stronghold in Madagascar &#187;, 11 mai 2026&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Enqu&#234;te sur l'influence russe &#224; Madagascar : coop&#233;ration militaire, pr&#233;sence m&#233;diatique, relais culturels et int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques. Source utile pour documenter la dimension g&#233;opolitique du parall&#232;le PRRM-Ratsiraka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Institute for Security Studies, analyse sur la suspension de Madagascar par l'Union africaine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Analyse de la r&#233;action de l'Union africaine apr&#232;s la s&#233;quence d'octobre 2025, de la qualification de changement anticonstitutionnel et des tensions entre calendrier constitutionnel et horizon politique de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources internes Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Infographie Diapason : chefs de l'&#201;tat malgache depuis 1958 et donn&#233;es de croissance PIB / PIB par habitant&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Base de calcul utilis&#233;e pour les statistiques de s&#233;quences institutionnelles, de mandats &#233;lus/non &#233;lus, de dur&#233;es moyennes et de comparaison &#233;conomique entre p&#233;riodes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Base documentaire Diapason : chronologie politique de Madagascar depuis l'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Utilis&#233;e pour structurer les grandes s&#233;quences : 1972, 1975, 1991, 2002, 2009, 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statistiques politiques sont calcul&#233;es &#224; partir des s&#233;quences institutionnelles recens&#233;es dans l'infographie Diapason. Chaque ligne du tableau est consid&#233;r&#233;e comme une s&#233;quence distincte de pouvoir. Les donn&#233;es &#233;conomiques correspondent aux taux de croissance annuels moyens du PIB et du PIB par habitant par p&#233;riode politique. Les r&#233;sultats doivent &#234;tre lus comme des ordres de grandeur analytiques, et non comme une s&#233;rie &#233;conom&#233;trique exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es &#233;conomiques utilis&#233;es dans l'infographie correspondent aux taux de croissance annuels moyens du PIB et du PIB par habitant par p&#233;riode politique, calcul&#233;s &#224; partir des s&#233;ries disponibles dans la base de donn&#233;es de la Banque mondiale et retrait&#233;s par Diapason. Elles doivent &#234;tre lues comme des ordres de grandeur analytiques permettant de comparer les s&#233;quences politiques, et non comme une mod&#233;lisation &#233;conom&#233;trique exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript1670430306a5e01c8271845.75064753&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unicef.org/esa/sites/unicef.org.esa/files/2018-09/UNICEF-2017-Language-and-Learning-Madagascar.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unicef.org/esa/sites/unicef.org.esa/files/2018-09/UNICEF-2017-Language-and-Learning-Madagascar.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hcc.gov.mg/?p=9647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hcc.gov.mg/?p=9647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hcc.gov.mg/?p=9726&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hcc.gov.mg/?p=9726&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://en.kremlin.ru/events/president/news/79182&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.kremlin.ru/events/president/news/79182&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/en/le-monde-africa/article/2026/05/11/in-madagascar-russia-seeks-a-new-african-stronghold_6753320_124.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/en/le-monde-africa/article/2026/05/11/in-madagascar-russia-seeks-a-new-african-stronghold_6753320_124.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://issafrica.org/iss-today/au-suspension-of-madagascar-raises-more-questions-than-answers&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://issafrica.org/iss-today/au-suspension-of-madagascar-raises-more-questions-than-answers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar 2026 : quand la d&#233;mocratie change de nature</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/Madagascar-2026-quand-la-democratie-change-de-nature.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://madagascar-tribune.com/Madagascar-2026-quand-la-democratie-change-de-nature.html</guid>
		<dc:date>2026-07-06T06:23:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, la d&#233;mocratie continue de fonctionner selon des m&#233;canismes &#233;lectoraux et institutionnels. La question est de savoir si ces m&#233;canismes conservent pleinement leur capacit&#233; &#224; limiter l'exercice du pouvoir. Les &#233;lections continuent d'&#234;tre organis&#233;es. Les institutions fonctionnent. Les partis politiques existent. Les m&#233;dias publient. Les tribunaux rendent leurs d&#233;cisions. La soci&#233;t&#233; civile demeure active. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui rend le d&#233;bat plus complexe qu'il n'y para&#238;t. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-53-50398.jpg?1783754073' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20783 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;109&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/illustration_1024-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH333/illustration_1024-4-9bd93.jpg?1783319030' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20783 '&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;lections subsistent, les institutions fonctionnent, mais limitent-elles encore r&#233;ellement le pouvoir ?
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, la d&#233;mocratie continue de fonctionner selon des m&#233;canismes &#233;lectoraux et institutionnels. La question est de savoir si ces m&#233;canismes conservent pleinement leur capacit&#233; &#224; limiter l'exercice du pouvoir. Les &#233;lections continuent d'&#234;tre organis&#233;es. Les institutions fonctionnent. Les partis politiques existent. Les m&#233;dias publient. Les tribunaux rendent leurs d&#233;cisions. La soci&#233;t&#233; civile demeure active. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui rend le d&#233;bat plus complexe qu'il n'y para&#238;t. La question n'est pas de savoir si la d&#233;mocratie existe encore. Elle consiste &#224; d&#233;terminer si elle remplit toujours sa fonction premi&#232;re : limiter le pouvoir, prot&#233;ger les libert&#233;s publiques et garantir une alternance politique cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un signal ext&#233;rieur qui interroge une trajectoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Democracy Report 2026 du V-Dem Institute&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; apporte un &#233;clairage ext&#233;rieur &#224; cette interrogation. Il classe Madagascar parmi les dix nouveaux pays identifi&#233;s comme &#233;tant entr&#233;s dans une trajectoire d'autocratisation en 2025, avec un &#233;pisode dont le d&#233;but est situ&#233; en 2022. Le pays est d&#233;sormais class&#233; parmi les &#171; autocraties &#233;lectorales &#187; et obtient un score de 0,19 &#224; l'indice de d&#233;mocratie lib&#233;rale, contre 0,36 &#224; l'indice de d&#233;mocratie &#233;lectorale. Cet &#233;cart n'est pas un simple r&#233;sultat statistique. Il traduit une diff&#233;rence essentielle entre l'existence de m&#233;canismes &#233;lectoraux et la qualit&#233; des garanties qui les entourent. Autrement dit, un pays peut continuer &#224; organiser des &#233;lections tout en voyant s'affaiblir progressivement les contre-pouvoirs, les libert&#233;s publiques, l'&#233;galit&#233; devant la loi ou la capacit&#233; des institutions &#224; contr&#244;ler l'exercice du pouvoir. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette &#233;volution que le rapport invite &#224; observer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que mesure r&#233;ellement le V-Dem Institute ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Varieties of Democracy Institute (V-Dem)&lt;/strong&gt; est un programme de recherche de l'Universit&#233; de G&#246;teborg qui mesure l'&#233;volution des d&#233;mocraties &#224; partir de plusieurs centaines d'indicateurs institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son int&#233;r&#234;t ne r&#233;side pas dans un simple classement des pays. Il cherche avant tout &#224; identifier des &lt;strong&gt;trajectoires&lt;/strong&gt; : les institutions d&#233;mocratiques se renforcent-elles ou s'affaiblissent-elles au fil du temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;dition 2026, le rapport classe Madagascar parmi les nouveaux pays en autocratisation et souligne notamment une d&#233;gradation de la qualit&#233; des &#233;lections ainsi que de l'espace civique. Ces constats constituent le point de d&#233;part de l'analyse propos&#233;e dans cet article, qui les confronte aux faits observables et aux travaux men&#233;s par Diapason.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce diagnostic doit toutefois &#234;tre lu avec rigueur. Le V-Dem Institute ne distribue ni labels politiques ni jugements moraux. Son approche repose sur l'observation de centaines d'indicateurs suivis dans le temps afin d'identifier des trajectoires institutionnelles. &#202;tre class&#233; parmi les pays en autocratisation ne signifie donc pas qu'un &#201;tat est devenu une dictature ou que toute comp&#233;tition politique a disparu. Cela signifie qu'un ensemble de m&#233;canismes d&#233;mocratiques se d&#233;gradent de fa&#231;on suffisamment coh&#233;rente pour &#234;tre d&#233;tect&#233;s par des m&#233;thodes comparatives. Cette distinction est essentielle. Elle invite &#224; d&#233;passer les d&#233;bats de qualification pour s'interroger sur une r&#233;alit&#233; plus concr&#232;te : les institutions continuent-elles &#224; exercer leur fonction de contre-pouvoir ou deviennent-elles progressivement moins capables de limiter l'action de l'ex&#233;cutif ? C'est &#224; cette question que les faits observables doivent d&#233;sormais r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les cinq fonctions d'une d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie ne se r&#233;duit pas &#224; la tenue r&#233;guli&#232;re d'&#233;lections. Elle repose sur plusieurs fonctions qui, ensemble, donnent du sens aux institutions.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Organiser des &#233;lections cr&#233;dibles&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lections doivent permettre aux citoyens de choisir librement leurs dirigeants, dans un cadre reconnu comme &#233;quitable par les principaux acteurs politiques.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Prot&#233;ger les libert&#233;s publiques&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233; d'expression, de r&#233;union, d'association et d'information constitue le socle minimal d'une vie d&#233;mocratique r&#233;elle.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Limiter le pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;mocratie doit emp&#234;cher la concentration excessive du pouvoir entre les mains d'un seul acteur, d'un seul parti ou d'un seul groupe d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Garantir les contre-pouvoirs&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parlement, justice, m&#233;dias, soci&#233;t&#233; civile et institutions de contr&#244;le doivent pouvoir agir sans d&#233;pendance excessive vis-&#224;-vis de l'ex&#233;cutif.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Permettre l'alternance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;mocratie reste vivante lorsque l'opposition peut acc&#233;der au pouvoir par les urnes, sans blocage institutionnel, intimidation ou d&#233;s&#233;quilibre structurel.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture Diapason&lt;/strong&gt; : lorsque ces cinq fonctions s'affaiblissent, la d&#233;mocratie ne dispara&#238;t pas n&#233;cessairement. Elle peut continuer d'exister formellement, tout en perdant progressivement sa capacit&#233; &#224; prot&#233;ger la soci&#233;t&#233; contre la concentration du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lorsque les faits confirment les indicateurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re s&#233;rie de signaux concerne le processus &#233;lectoral. Une d&#233;mocratie ne se r&#233;duit pas &#224; l'organisation r&#233;guli&#232;re d'un scrutin. Elle suppose &#233;galement que les principaux acteurs reconnaissent les r&#232;gles de la comp&#233;tition comme &#233;quitables et que les citoyens puissent exercer librement leur choix. L'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2023 s'est d&#233;roul&#233;e dans un contexte de boycott d'une partie de l'opposition, de contestations sur les conditions du scrutin et de dispersion de plusieurs manifestations. Pris isol&#233;ment, chacun de ces &#233;l&#233;ments peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; diff&#233;remment. Ensemble, ils interrogent cependant la qualit&#233; du cadre &#233;lectoral, ce qui rejoint l'un des principaux indicateurs mis en avant par le V-Dem Institute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les indicateurs internationaux n'ont toutefois de valeur que s'ils trouvent une traduction dans les faits. Une trajectoire d'autocratisation ne se mesure pas &#224; un &#233;v&#233;nement isol&#233; mais &#224; l'accumulation de d&#233;cisions, de pratiques et de signaux qui, pris s&#233;par&#233;ment, peuvent sembler ordinaires, mais qui, observ&#233;s dans la dur&#233;e, modifient progressivement l'&#233;quilibre entre pouvoir et contre-pouvoir. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette logique cumulative qui appara&#238;t dans plusieurs &#233;v&#233;nements survenus &#224; Madagascar depuis 2022. Aucun d'entre eux ne suffit, &#224; lui seul, &#224; conclure &#224; une &#233;rosion d&#233;mocratique. Ensemble, ils dessinent cependant une &#233;volution qui m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me s&#233;rie de signaux concerne l'espace civique. Dans une d&#233;mocratie, les organisations de la soci&#233;t&#233; civile jouent un r&#244;le qui d&#233;passe largement la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts particuliers. Elles documentent les politiques publiques, accompagnent les populations, produisent une expertise ind&#233;pendante et contribuent &#224; maintenir un espace de d&#233;bat entre les citoyens et les institutions. Lorsque leur capacit&#233; d'action se r&#233;duit, c'est l'ensemble de l'&#233;cosyst&#232;me d&#233;mocratique qui perd en vitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette perspective qu'il faut lire les observations du V-Dem Institute. Le rapport rel&#232;ve que Madagascar figure parmi les pays o&#249; le contr&#244;le exerc&#233; par les autorit&#233;s sur l'entr&#233;e et la sortie des organisations de la soci&#233;t&#233; civile s'est renforc&#233;. De son c&#244;t&#233;, CIVICUS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; documente plusieurs cas d'intimidations, d'arrestations et de poursuites visant des d&#233;fenseurs des droits humains et des lanceurs d'alerte, notamment dans le contexte &#233;lectoral et lors de mobilisations li&#233;es &#224; des projets miniers. Pris s&#233;par&#233;ment, ces &#233;v&#233;nements rel&#232;vent de situations distinctes. Mis en perspective, ils interrogent la capacit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile &#224; exercer durablement son r&#244;le de contre-pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me s&#233;rie de signaux concerne la libert&#233; d'informer. Une d&#233;mocratie ne repose pas uniquement sur la possibilit&#233; d'exprimer une opinion. Elle suppose &#233;galement que les citoyens puissent acc&#233;der &#224; des informations diversifi&#233;es, contradictoires et produites sans pression excessive. La libert&#233; de la presse constitue ainsi moins un privil&#232;ge accord&#233; aux journalistes qu'une garantie offerte &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, plusieurs organisations internationales rel&#232;vent des facteurs susceptibles d'affaiblir cette garantie. Freedom House&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; souligne le caract&#232;re restrictif de certaines dispositions relatives &#224; la diffamation et &#224; la communication. Amnesty International&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; observe que plusieurs journalistes ont d&#233;velopp&#233; des pratiques d'autocensure face au risque de poursuites. Internews&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le Southern Africa Litigation Centre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avaient d&#233;j&#224; mis en &#233;vidence l'effet dissuasif de certaines dispositions de la l&#233;gislation sur la cybercriminalit&#233;. En f&#233;vrier 2025, Reporters sans fronti&#232;res&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et le Committee to Protect Journalists&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont &#233;galement d&#233;nonc&#233; la d&#233;tention du journaliste Fernand Cello &#224; la suite d'une publication sur Facebook. Ces &#233;l&#233;ments ne permettent pas, &#224; eux seuls, de conclure &#224; une remise en cause g&#233;n&#233;rale de la libert&#233; de la presse. Ils illustrent n&#233;anmoins un environnement dans lequel les contraintes juridiques, les poursuites et l'autocensure peuvent progressivement r&#233;duire le pluralisme de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence ouverte par les mobilisations de la G&#233;n&#233;ration Z constitue, &#224; cet &#233;gard, un r&#233;v&#233;lateur. Initialement nourri par des revendications li&#233;es aux difficult&#233;s d'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; l'&#233;lectricit&#233; et aux conditions de vie, le mouvement a progressivement &#233;largi son champ de contestation aux questions de gouvernance, de corruption, de responsabilit&#233; publique et de fonctionnement des institutions. Comme souvent dans ce type de crise, les interpr&#233;tations divergent selon les acteurs politiques, les autorit&#233;s, les organisations de d&#233;fense des droits humains et les observateurs internationaux. Ces divergences doivent &#234;tre reconnues. Elles ne dispensent toutefois pas d'examiner un &#233;l&#233;ment plus fondamental : la mani&#232;re dont un syst&#232;me politique r&#233;pond &#224; une contestation citoyenne constitue, en elle-m&#234;me, un indicateur de sa qualit&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;occupations exprim&#233;es par plusieurs organisations internationales s'inscrivent dans cette perspective. Amnesty International a demand&#233; l'ouverture d'enqu&#234;tes sur l'usage de la force lors des manifestations de 2025, tandis que plusieurs m&#233;dias internationaux ont d&#233;crit une crise ayant progressivement d&#233;pass&#233; le seul cadre social pour devenir une crise politique. En 2026, Amnesty International et &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont &#233;galement rapport&#233; des arrestations de militants Gen Z poursuivis sur la base de qualifications p&#233;nales jug&#233;es impr&#233;cises, dans un contexte de revendications portant notamment sur le calendrier &#233;lectoral. Ces informations ne permettent pas, &#224; elles seules, de qualifier l'ensemble du syst&#232;me politique. Elles constituent n&#233;anmoins des &#233;l&#233;ments d'observation qui rejoignent les pr&#233;occupations exprim&#233;es par le V-Dem Institute concernant l'&#233;volution de l'espace civique et des garanties d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie ne se mesure pas uniquement &#224; la mani&#232;re dont elle organise les &#233;lections. Elle se mesure &#233;galement &#224; la mani&#232;re dont elle accepte, encadre et prot&#232;ge la contestation lorsqu'elle surgit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand les institutions cessent de produire de la limite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion d&#233;passe le seul fonctionnement des institutions politiques. Lorsque les contre-pouvoirs s'affaiblissent, les cons&#233;quences ne se limitent pas au d&#233;bat d&#233;mocratique. Elles touchent &#233;galement la capacit&#233; de l'&#201;tat &#224; n&#233;gocier ses contrats, &#224; contr&#244;ler l'utilisation des ressources publiques, &#224; arbitrer les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et &#224; d&#233;fendre sa souverainet&#233;. Une d&#233;mocratie robuste ne garantit pas automatiquement une bonne gouvernance. En revanche, une d&#233;mocratie affaiblie r&#233;duit souvent les possibilit&#233;s de corriger les d&#233;rives, de rendre des comptes et de prot&#233;ger durablement l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. C'est pourquoi la qualit&#233; des institutions constitue aussi une question de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce stade que les analyses d&#233;velopp&#233;es par Diapason au cours des derni&#232;res ann&#233;es prennent une coh&#233;rence particuli&#232;re. Qu'il s'agisse de &lt;i&gt;L'&#201;tat en trompe-l'&#339;il&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;La fabrique du consentement&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;La d&#233;centralisation&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;La concertation nationale&lt;/i&gt; ou encore de &lt;i&gt;L'architecture de la d&#233;pendance&lt;/i&gt;, chacune abordait une dimension diff&#233;rente de la vie publique malgache. Pourtant, toutes convergeaient vers une interrogation commune : les institutions continuent-elles &#224; exercer pleinement leur fonction de r&#233;gulation du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question est au c&#339;ur de toute d&#233;mocratie constitutionnelle. Une institution ne se d&#233;finit pas seulement par son existence juridique, mais par sa capacit&#233; effective &#224; produire de la limite. Un Parlement ne remplit pleinement son r&#244;le que s'il contr&#244;le r&#233;ellement l'action du gouvernement. Une justice ne devient un contre-pouvoir que lorsqu'elle peut statuer en toute ind&#233;pendance, y compris dans les affaires politiquement sensibles. Une commission &#233;lectorale ne renforce la confiance que si son impartialit&#233; est reconnue par les principaux acteurs. De la m&#234;me mani&#232;re, une concertation nationale ne produit de l&#233;gitimit&#233; que si les contributions sont r&#233;ellement prises en compte, dans un processus transparent et tra&#231;able.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une trajectoire n'est jamais irr&#233;versible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les trajectoires d&#233;mocratiques ne suivent jamais une ligne unique. En Afrique, plusieurs pays illustrent cette diversit&#233;. La Zambie a montr&#233; qu'une alternance pouvait contribuer &#224; restaurer une partie de la confiance dans les institutions. Le S&#233;n&#233;gal, apr&#232;s une p&#233;riode de fortes tensions politiques, a connu une alternance qui a rouvert le d&#233;bat sur la consolidation d&#233;mocratique. &#192; l'inverse, d'autres &#201;tats ont vu la concentration du pouvoir s'installer progressivement jusqu'&#224; devenir un mode durable de gouvernement. Le Togo ou encore le Mozambique rappellent que les institutions peuvent subsister tout en perdant progressivement leur capacit&#233; &#224; produire un v&#233;ritable &#233;quilibre des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les trajectoires africaines&lt;/h2&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idcc8e_c0'&gt; Pays &lt;/th&gt;&lt;th id='idcc8e_c1'&gt; Trajectoire r&#233;cente &lt;/th&gt;&lt;th id='idcc8e_c2'&gt; Enseignement &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c0'&gt;Zambie&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c1'&gt;Alternance&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c2'&gt;Possibilit&#233; de r&#233;tablissement&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c0'&gt;S&#233;n&#233;gal&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c1'&gt;Alternance apr&#232;s tensions&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c2'&gt;R&#233;silience institutionnelle&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c0'&gt;Maurice&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c1'&gt;Inversion d'une trajectoire pr&#233;occupante&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c2'&gt;Capacit&#233; de correction&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c0'&gt;Mozambique&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c1'&gt;Contestations persistantes&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c2'&gt;Fragilit&#233; &#233;lectorale&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c0'&gt;Togo&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c1'&gt;Concentration durable du pouvoir&lt;/td&gt;
&lt;td headers='idcc8e_c2'&gt;&#201;rosion progressive&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Madagascar ne se trouve donc pas devant un destin d&#233;j&#224; &#233;crit. Le rapport du V-Dem n'annonce pas une issue in&#233;vitable. Il d&#233;crit une trajectoire. Or une trajectoire peut &#234;tre infl&#233;chie si les m&#233;canismes d&#233;mocratiques retrouvent leur effectivit&#233; : une justice ind&#233;pendante, un Parlement qui contr&#244;le r&#233;ellement l'ex&#233;cutif, une administration impartiale, une soci&#233;t&#233; civile libre d'agir et des &#233;lections dont les r&#233;sultats sont reconnus comme cr&#233;dibles par les principaux acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question pos&#233;e &#224; Madagascar d&#233;passe ainsi le seul d&#233;bat sur la qualit&#233; des &#233;lections. Elle concerne la nature m&#234;me du contrat d&#233;mocratique. Une d&#233;mocratie ne se d&#233;finit pas uniquement par les institutions qu'elle conserve, mais par les limites qu'elle impose &#224; l'exercice du pouvoir. C'est sans doute sur ce terrain que se jouera, dans les prochaines ann&#233;es, l'&#233;volution de la trajectoire malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
V-Dem Institute (&lt;i&gt;Democracy Report 2026&lt;/i&gt;), Freedom House, Amnesty International, CIVICUS, RSF, CPJ, Reuters, &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt; et travaux Diapason.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript13353575996a5e1b43a930c8.84522794&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.v-dem.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.v-dem.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.civicus.org/index.php/fr/qui-nous-sommes-v1/a-propos-de-civicus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.civicus.org/index.php/fr/qui-nous-sommes-v1/a-propos-de-civicus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.org/fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Chagos &#8211; Quand la puissance d&#233;fie le droit</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/Les-Chagos-Quand-la-puissance-defie-le-droit.html</link>
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		<dc:date>2026-06-27T06:13:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 8 juin 2026, The Telegraph r&#233;v&#232;le que Donald Trump envisagerait d'acheter l'archipel des Chagos afin de garantir le contr&#244;le am&#233;ricain sur Diego Garcia. Apr&#232;s le Groenland et le canal de Panama, l'oc&#233;an Indien rejoint ainsi la liste des territoires que le pr&#233;sident am&#233;ricain aborde sous l'angle de la transaction. Maurice rejette imm&#233;diatement cette hypoth&#232;se. Londres se retrouve fragilis&#233;. Un dossier que l'accord sign&#233; en 2025 semblait avoir referm&#233; revient soudain au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-52-4e489.jpg?1783757577' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/illustration_1024-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH750/illustration_1024-3-99865.jpg?1782540790' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20753 '&gt;&lt;strong&gt;L'autre archipel de la d&#233;colonisation
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juin 2026, &lt;i&gt;The Telegraph&lt;/i&gt; r&#233;v&#232;le que Donald Trump envisagerait d'acheter l'archipel des Chagos afin de garantir le contr&#244;le am&#233;ricain sur Diego Garcia. Apr&#232;s le Groenland et le canal de Panama, l'oc&#233;an Indien rejoint ainsi la liste des territoires que le pr&#233;sident am&#233;ricain aborde sous l'angle de la transaction. Maurice rejette imm&#233;diatement cette hypoth&#232;se. Londres se retrouve fragilis&#233;. Un dossier que l'accord sign&#233; en 2025 semblait avoir referm&#233; revient soudain au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition n'a pourtant rien d'anodin. Elle ne constitue ni une d&#233;cision officielle, ni un projet juridiquement abouti. Mais son apparition dans le d&#233;bat public r&#233;v&#232;le une &#233;volution plus profonde : lorsque des int&#233;r&#234;ts militaires majeurs sont en jeu, le droit international entre en tension avec la logique de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier des Chagos d&#233;passe ainsi la seule question d'un &#233;ventuel rachat. Il interroge la capacit&#233; du droit de la d&#233;colonisation &#224; s'imposer face aux imp&#233;ratifs strat&#233;giques des grandes puissances. &#192; ce titre, il concerne directement Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un accord qui avait sembl&#233; clore le dossier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'origine du diff&#233;rend remonte &#224; 1965. Trois ans avant l'ind&#233;pendance de Maurice, le Royaume-Uni d&#233;tache administrativement l'archipel des Chagos afin de cr&#233;er le &lt;i&gt;British Indian Ocean Territory&lt;/i&gt; (BIOT). Entre 1967 et 1973, pr&#232;s de deux mille Chagossiens sont expuls&#233;s de force pour permettre l'installation d'une base militaire am&#233;ricano-britannique &#224; Diego Garcia, devenue op&#233;rationnelle en 1971.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus d'un demi-si&#232;cle, Maurice conteste ce d&#233;tachement en s'appuyant sur le principe d'int&#233;grit&#233; territoriale consacr&#233; par le droit international. En 2019, la Cour internationale de Justice estime que le Royaume-Uni doit mettre fin &#224; son administration de l'archipel. Quelques mois plus tard, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies confirme que les Chagos font partie int&#233;grante du territoire mauricien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cette pression diplomatique et juridique, Londres accepte finalement d'ouvrir des n&#233;gociations. Un accord est sign&#233; en mai 2025 puis ratifi&#233; en janvier 2026. Maurice r&#233;cup&#232;re la souverainet&#233; sur l'archipel tout en accordant au Royaume-Uni un bail de 99 ans sur Diego Garcia, moyennant un loyer annuel moyen d'environ 101 millions de livres sterling. Washington accueille alors favorablement ce compromis, qui garantit la continuit&#233; des op&#233;rations militaires am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;quilibre ne survivra que quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que r&#233;v&#232;le r&#233;ellement l'id&#233;e d'un rachat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;volutions vont rapidement bouleverser la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est politique. Le retour de Donald Trump &#224; la Maison-Blanche s'accompagne d'une vision beaucoup plus transactionnelle des int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques am&#233;ricains. Les infrastructures militaires jug&#233;es essentielles ne doivent d&#233;pendre d'aucune incertitude politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est g&#233;opolitique. L'escalade des tensions avec l'Iran transforme progressivement Diego Garcia en cible potentielle. En mars 2026, des missiles iraniens sont tir&#233;s en direction de l'atoll. M&#234;me s'ils n'atteignent pas leur objectif, ils d&#233;montrent que cette base jusque-l&#224; consid&#233;r&#233;e comme relativement prot&#233;g&#233;e peut d&#233;sormais &#234;tre directement menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouveau contexte, Donald Trump critique publiquement l'accord conclu entre Londres et Port-Louis, estimant que le Royaume-Uni ne doit pas &#171; c&#233;der Diego Garcia &#187;. Le 11 avril 2026, Londres suspend l'application de l'accord, invoquant notamment l'absence de soutien officiel de Washington. C'est dans cette p&#233;riode d'incertitude que surgit, dans la presse britannique, l'hypoth&#232;se d'un rachat des Chagos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de cette proposition ne r&#233;side pas tant dans sa faisabilit&#233; que dans ce qu'elle r&#233;v&#232;le. Les &#201;tats-Unis ne cherchent pas &#224; acqu&#233;rir un archipel pour sa valeur fonci&#232;re. Ils cherchent &#224; supprimer toute ambigu&#239;t&#233; juridique autour d'un verrou militaire devenu indispensable &#224; leur strat&#233;gie dans l'oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bail, m&#234;me conclu pour 99 ans, reste un contrat entre deux &#201;tats souverains. Il suppose une relation politique susceptible d'&#233;voluer. Une acquisition, au contraire, viserait &#224; &#233;liminer cette d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat ne porte donc pas principalement sur la possibilit&#233; d'une vente. Il r&#233;v&#232;le une dynamique plus profonde : lorsque la s&#233;curit&#233; nationale est per&#231;ue comme prioritaire, les grandes puissances tendent &#224; consid&#233;rer les contraintes juridiques comme n&#233;gociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent des Chagos montre ainsi que le droit international peut &#233;tablir une l&#233;gitimit&#233;, sans pour autant garantir sa mise en &#339;uvre lorsque les int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques deviennent d&#233;terminants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il marque peut-&#234;tre une &#233;volution plus large des relations internationales. Apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies durant lesquelles la mondialisation semblait r&#233;duire l'importance des fronti&#232;res, la g&#233;ographie redevient un facteur central de puissance. Les territoires situ&#233;s au c&#339;ur des grandes routes maritimes retrouvent une valeur strat&#233;gique qui d&#233;passe largement leur superficie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois d&#233;cennies, la mondialisation a laiss&#233; croire que la puissance des &#201;tats d&#233;pendait de moins en moins de leurs territoires. Le dossier des Chagos sugg&#232;re au contraire que, lorsque les rivalit&#233;s strat&#233;giques s'intensifient, la g&#233;ographie reprend le dessus sur le droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Chagos ne constituent donc pas une exception. Ils illustrent le retour d'une comp&#233;tition o&#249; le contr&#244;le de quelques points d'appui g&#233;ographiques peut peser davantage que les principes juridiques eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Diego Garcia : le verrou de l'oc&#233;an Indien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre pourquoi Washington refuse toute incertitude sur Diego Garcia, il suffit de regarder une carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; au centre de l'oc&#233;an Indien, l'atoll se trouve &#224; la jonction de l'Afrique orientale, du Moyen-Orient, du sous-continent indien et de l'Indo-Pacifique. Cette position exceptionnelle permet aux &#201;tats-Unis de projeter rapidement leurs capacit&#233;s militaires sur plusieurs th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations tout en restant &#224; distance des zones de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base accueille des bombardiers strat&#233;giques, un port en eaux profondes, des capacit&#233;s de renseignement ainsi que des moyens navals et a&#233;riens couvrant un vaste arc g&#233;ographique allant du Golfe persique &#224; l'Asie du Sud-Est. Depuis cinquante ans, elle constitue un point d'appui majeur des op&#233;rations am&#233;ricaines, des guerres du Golfe jusqu'aux frappes plus r&#233;centes au Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diego Garcia n'est donc pas une simple base militaire. C'est un pivot de la strat&#233;gie am&#233;ricaine dans l'oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode des missiles iraniens de mars 2026 a toutefois chang&#233; la perception de cette infrastructure. M&#234;me sans provoquer de d&#233;g&#226;ts, il a d&#233;montr&#233; que cette base pouvait d&#233;sormais &#234;tre directement menac&#233;e. D&#232;s lors, chaque incertitude juridique ou politique entourant son contr&#244;le devient, aux yeux de Washington, un risque strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat d&#233;passe donc largement la souverainet&#233; sur un archipel. Il porte sur le contr&#244;le d'un verrou militaire consid&#233;r&#233; comme indispensable dans un contexte de comp&#233;tition croissante entre grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatre acteurs, quatre logiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dossier des Chagos illustre la confrontation de quatre logiques qui ne convergent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;&#201;tats-Unis&lt;/strong&gt; cherchent avant tout &#224; garantir un contr&#244;le militaire stable et durable sur Diego Garcia. Leur priorit&#233; est la libert&#233; d'action op&#233;rationnelle, ind&#233;pendamment des &#233;volutions politiques des &#201;tats partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Royaume-Uni&lt;/strong&gt; tente de concilier deux imp&#233;ratifs contradictoires : respecter les exigences du droit international tout en pr&#233;servant son partenariat strat&#233;gique avec Washington. Cette position d'&#233;quilibre s'est r&#233;v&#233;l&#233;e de plus en plus difficile &#224; tenir, au point de conduire &#224; la suspension de l'accord sign&#233; avec Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maurice&lt;/strong&gt;, de son c&#244;t&#233;, poursuit l'ach&#232;vement d'un processus de d&#233;colonisation reconnu par la justice internationale. Au-del&#224; de la souverainet&#233;, l'accord repr&#233;sente &#233;galement un enjeu &#233;conomique majeur gr&#226;ce aux revenus g&#233;n&#233;r&#233;s par le bail de Diego Garcia. Refuser toute id&#233;e de vente revient &#224; affirmer qu'un droit souverain ne peut &#234;tre r&#233;duit &#224; une transaction financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &lt;strong&gt;Chagossiens&lt;/strong&gt; demeurent les grands oubli&#233;s du dossier. D&#233;plac&#233;s de force il y a plus d'un demi-si&#232;cle, ils continuent de revendiquer leur droit au retour. Leur situation rappelle que derri&#232;re les rapports de force g&#233;opolitiques subsistent des questions humaines qui restent, elles aussi, sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le droit est l&#224;. Il ne suffit pas.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan juridique, le dossier para&#238;t pourtant largement tranch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice en 2019, les r&#233;solutions de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies et l'accord conclu entre Londres et Port-Louis convergent vers une m&#234;me conclusion : le d&#233;tachement des Chagos avant l'ind&#233;pendance de Maurice contrevient au droit de la d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, cette reconnaissance juridique n'a pas suffi &#224; garantir l'application effective de la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier r&#233;v&#232;le ainsi une r&#233;alit&#233; souvent observ&#233;e dans les relations internationales : le droit cr&#233;e une l&#233;gitimit&#233;, mais il ne dispose pas de son propre m&#233;canisme d'ex&#233;cution. Sa mise en &#339;uvre d&#233;pend d'un rapport de force politique que les grandes puissances peuvent influencer, ralentir ou bloquer lorsque leurs int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques sont directement concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent des Chagos illustre ainsi une &#233;volution plus profonde. Nous assistons moins &#224; une remise en cause du droit international qu'&#224; sa &lt;strong&gt;subordination croissante aux imp&#233;ratifs g&#233;ostrat&#233;giques&lt;/strong&gt;. Lorsque la s&#233;curit&#233; nationale est jug&#233;e prioritaire, les m&#233;canismes de d&#233;colonisation deviennent eux-m&#234;mes objets de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution constitue un signal important pour de nombreux territoires encore concern&#233;s par des contentieux h&#233;rit&#233;s de la p&#233;riode coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une victoire juridique demeure indispensable. Mais sans coalition diplomatique capable de transformer cette l&#233;gitimit&#233; en rapport de force, elle reste fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des Chagos rappelle ainsi qu'au XXIe si&#232;cle, le droit ne remplace pas la puissance. Il en demeure souvent le compl&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le miroir malgache : les &#206;les &#201;parses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Madagascar, le dossier des Chagos n'est pas un sujet lointain. Il constitue un pr&#233;c&#233;dent dont les enseignements d&#233;passent largement Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de l'ind&#233;pendance de Madagascar, la France d&#233;tache administrativement les &#206;les &#201;parses &#8211; Europa, Juan de Nova, Bassas da India et les Glorieuses &#8211; du territoire malgache pour les placer sous son contr&#244;le. Le parall&#232;le avec les Chagos est frappant : dans les deux cas, un territoire est s&#233;par&#233; avant l'ind&#233;pendance afin d'en conserver la ma&#238;trise strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1979, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies a adopt&#233; plusieurs r&#233;solutions invitant la France et Madagascar &#224; engager des n&#233;gociations sur ces &#238;les. Pourtant, pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle plus tard, aucune avanc&#233;e d&#233;cisive n'a &#233;t&#233; obtenue. La commission mixte franco-malgache relanc&#233;e en 2019 puis r&#233;unie &#224; nouveau en 2025 a permis de maintenir le dialogue, sans modifier les positions de fond. Paris accepte de discuter de coop&#233;ration ou de cogestion, mais pas de souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux situations ne sont toutefois pas identiques. Contrairement aux Chagos, les &#206;les &#201;parses n'ont pas connu le d&#233;placement forc&#233; d'une population permanente. Madagascar ne b&#233;n&#233;ficie donc pas de la dimension humaine qui a fortement renforc&#233; la mobilisation internationale en faveur de Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'enjeu strat&#233;gique est comparable. Malgr&#233; une superficie terrestre tr&#232;s limit&#233;e, les &#206;les &#201;parses ouvrent l'acc&#232;s &#224; une vaste zone &#233;conomique exclusive riche en ressources halieutiques, en potentiel &#233;nerg&#233;tique et en capacit&#233;s de surveillance maritime. Elles participent &#233;galement au contr&#244;le du canal du Mozambique, l'une des principales routes maritimes reliant l'Europe, l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent mauricien pose ainsi une question essentielle : si un &#201;tat disposant d'un avis favorable de la Cour internationale de Justice et d'un accord sign&#233; peut encore voir son processus de d&#233;colonisation suspendu par les rapports de force g&#233;opolitiques, quelles sont les marges de man&#339;uvre d'un &#201;tat qui ne dispose aujourd'hui que de r&#233;solutions de l'ONU et d'un dialogue diplomatique sans avanc&#233;e concr&#232;te ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'oc&#233;an Indien : une nouvelle g&#233;ographie de la puissance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dossier des Chagos r&#233;v&#232;le une &#233;volution plus large de l'environnement strat&#233;gique r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps consid&#233;r&#233; comme un espace de circulation commerciale, l'oc&#233;an Indien devient progressivement l'un des principaux th&#233;&#226;tres de la comp&#233;tition entre grandes puissances. Les &#201;tats-Unis, la Chine, l'Inde, la France et, dans une moindre mesure, la Russie, y renforcent simultan&#233;ment leurs positions militaires, diplomatiques et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette comp&#233;tition, les &#238;les jouent un r&#244;le qui d&#233;passe largement leur taille. Elles permettent de contr&#244;ler des routes maritimes, d'&#233;tendre des zones &#233;conomiques exclusives, d'accueillir des infrastructures militaires ou de surveiller des espaces strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Chagos pour Maurice, les &#206;les &#201;parses pour Madagascar, mais aussi d'autres territoires de l'oc&#233;an Indien traduisent une m&#234;me r&#233;alit&#233; : &lt;strong&gt;la valeur d'une &#238;le ne r&#233;side plus dans sa superficie, mais dans la puissance qu'elle permet de projeter.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;ographie redevient ainsi un facteur d&#233;terminant des rapports internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Madagascar, cette &#233;volution implique un changement de perspective. Les &#206;les &#201;parses ne doivent plus &#234;tre abord&#233;es comme un simple contentieux historique. Elles constituent un actif strat&#233;gique dont d&#233;pendront demain une partie de la souverainet&#233; maritime, de la s&#233;curit&#233; r&#233;gionale, de l'&#233;conomie bleue et de la capacit&#233; de Madagascar &#224; peser dans les &#233;quilibres de l'oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une proposition Diapason&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent des Chagos invite Madagascar &#224; adapter sa strat&#233;gie sur les &#206;les &#201;parses autour de cinq priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;rement&lt;/strong&gt;, consolider le travail diplomatique au-del&#224; du seul cadre juridique. Les r&#233;solutions des Nations Unies constituent une base essentielle, mais elles doivent &#234;tre accompagn&#233;es d'une coalition active associant l'Union africaine, les &#201;tats africains et les pays du Sud confront&#233;s &#224; des h&#233;ritages coloniaux comparables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;mement&lt;/strong&gt;, replacer la souverainet&#233; au c&#339;ur des discussions. Les m&#233;canismes de coop&#233;ration ou de cogestion peuvent constituer des outils utiles, mais ils ne doivent pas se substituer au d&#233;bat sur le statut juridique des &#238;les. La clarification du diff&#233;rend demeure une condition pr&#233;alable &#224; toute solution durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;mement&lt;/strong&gt;, documenter pr&#233;cis&#233;ment les enjeux &#233;conomiques li&#233;s aux &#206;les &#201;parses. Une &#233;valuation publique des ressources halieutiques, des perspectives &#233;nerg&#233;tiques, de la surveillance maritime et des cons&#233;quences &#233;conomiques de l'absence de contr&#244;le renforcerait la cr&#233;dibilit&#233; de la position malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;mement&lt;/strong&gt;, utiliser le pr&#233;c&#233;dent des Chagos pour relancer le d&#233;bat dans les enceintes internationales. M&#234;me suspendu, le processus engag&#233; par Maurice rappelle que les d&#233;tachements territoriaux intervenus avant les ind&#233;pendances restent des questions ouvertes en droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin&lt;/strong&gt;, maintenir une position &#224; la fois ferme sur les principes et pragmatique dans les modalit&#233;s de n&#233;gociation. La France demeure un partenaire majeur de Madagascar. D&#233;fendre une revendication de souverainet&#233; n'implique ni la rupture ni l'escalade diplomatique, mais suppose une strat&#233;gie coh&#233;rente, constante et clairement assum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;preuve du r&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dossier des Chagos reste aujourd'hui inachev&#233;. L'accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice demeure suspendu. Les Chagossiens attendent toujours de pouvoir revenir sur leurs terres. Les &#233;quilibres politiques britanniques et am&#233;ricains continuent d'alimenter les incertitudes autour de Diego Garcia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une le&#231;on appara&#238;t toutefois d&#233;j&#224; clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit international peut reconna&#238;tre une souverainet&#233;. Il ne garantit pas, &#224; lui seul, sa concr&#233;tisation. Dans un contexte marqu&#233; par le retour des rivalit&#233;s entre grandes puissances, la capacit&#233; &#224; construire des alliances diplomatiques et &#224; inscrire une revendication dans un rapport de force devient tout aussi d&#233;terminante que la solidit&#233; des arguments juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Madagascar, le dossier des Chagos constitue moins un mod&#232;le qu'un avertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#206;les &#201;parses ne repr&#233;sentent pas seulement un h&#233;ritage de la p&#233;riode coloniale. Elles concentrent des enjeux de souverainet&#233;, de s&#233;curit&#233;, de ressources et d'influence qui p&#232;seront durablement sur la place de Madagascar dans l'oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le v&#233;ritable enseignement des Chagos d&#233;passe largement Maurice. Il rappelle que, dans le monde qui se dessine, les territoires strat&#233;giques ne disparaissent pas avec la mondialisation : ils redeviennent les pivots de la puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette r&#233;gion plus que jamais au c&#339;ur des rivalit&#233;s internationales, les &#238;les ne sont plus des p&#233;riph&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont devenues des centres de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et tra&#231;abilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sources historiques et juridiques :&lt;/strong&gt; avis consultatif de la Cour internationale de Justice (2019) sur les Chagos ; r&#233;solution 73/295 de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies ; r&#233;solutions 34/91 (1979) et 35/123 (1980) relatives aux &#206;les &#201;parses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accord Royaume-Uni &#8211; Maurice :&lt;/strong&gt; texte de l'accord sign&#233; en mai 2025 et ratifi&#233; en janvier 2026 ; &lt;i&gt;Le Mauricien ; L'Express de Maurice ; France 24 (11 avril 2026) ; Institute for Security Studies Africa.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proposition de rachat &#233;voqu&#233;e par Donald Trump :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;The Telegraph&lt;/i&gt; (8 juin 2026), informations reprises notamment par &lt;i&gt;Le Mauricien, Outre-mer La 1&#232;re, LINFO.re et CNews.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diego Garcia et contexte militaire :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Franceinfo ; France 24 ; Mer et Marine ; Le Diplomate M&#233;dia&lt;/i&gt; (mars 2026).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#206;les &#201;parses :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Le Club des Juristes&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Opinion Internationale&lt;/i&gt; ; travaux universitaires disponibles sur &lt;a href=&#034;http://hypoth&#232;ses.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hypoth&#232;ses.org&lt;/a&gt; et publications sp&#233;cialis&#233;es relatives au canal du Mozambique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript2572564326a5dad68560304.60149983&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;nigme et le paradoxe : Strat&#233;gie de sortie</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/L-enigme-et-le-paradoxe-Strategie-de-sortie.html</link>
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		<dc:date>2026-06-20T06:33:04Z</dc:date>
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		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il existe des livres qui d&#233;crivent un pays. Et d'autres qui obligent &#224; changer la question que l'on pose &#224; son sujet. L'&#233;nigme et le paradoxe, l'ouvrage de Mireille Razafindrakoto, Fran&#231;ois Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, appartient &#224; cette seconde cat&#233;gorie. Il ne se contente pas de constater la pauvret&#233; persistante de Madagascar. Il invite &#224; comprendre pourquoi cette pauvret&#233; se maintient alors m&#234;me que le pays dispose de ressources naturelles, d'un capital humain r&#233;el, d'une position (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-50-a65c6.jpg?1783757577' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/illustration-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH708/illustration-9-49ed9.jpg?1781937185' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il existe des livres qui d&#233;crivent un pays. Et d'autres qui obligent &#224; changer la question que l'on pose &#224; son sujet. &lt;i&gt;L'&#233;nigme et le paradoxe&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'ouvrage de Mireille Razafindrakoto, Fran&#231;ois Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, appartient &#224; cette seconde cat&#233;gorie. Il ne se contente pas de constater la pauvret&#233; persistante de Madagascar. Il invite &#224; comprendre pourquoi cette pauvret&#233; se maintient alors m&#234;me que le pays dispose de ressources naturelles, d'un capital humain r&#233;el, d'une position g&#233;ographique strat&#233;gique et d'une relative continuit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat est connu, mais il reste d&#233;rangeant. Depuis l'ind&#233;pendance, Madagascar ne suit pas la trajectoire attendue d'un pays pauvre appel&#233; &#224; converger progressivement vers un niveau de vie sup&#233;rieur. Son PIB par habitant a recul&#233; ou stagn&#233; sur le temps long (divis&#233; par deux depuis 1972). Plus troublant encore, les rares s&#233;quences de reprise &#233;conomique ont presque toujours &#233;t&#233; suivies de crises politiques majeures. 1972, 1991, 2002, 2009 : la r&#233;p&#233;tition finit par dessiner une m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette m&#233;canique que les auteurs nomment l'&#233;nigme et le paradoxe. L'&#233;nigme : pourquoi un pays aussi riche en potentialit&#233;s reste-t-il enferm&#233; dans une pauvret&#233; durable ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe : pourquoi les moments o&#249; Madagascar semble repartir sont-ils pr&#233;cis&#233;ment ceux o&#249; le syst&#232;me politique se fracture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre apporte une r&#233;ponse d&#233;cisive : les explications classiques ne suffisent pas. Ce n'est pas seulement la g&#233;ographie. Ce n'est pas seulement l'ethnicit&#233;. Ce n'est pas seulement le manque d'&#233;ducation, la corruption ordinaire ou la mauvaise politique &#233;conomique. Il faut regarder l'&#233;conomie politique du pays : la structure du pouvoir, les &#233;lites, les rentes, les institutions, les rapports entre villes et campagnes, la faiblesse des corps interm&#233;diaires et la difficult&#233; &#224; construire un compromis stable autour de la production et du partage de la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lecture reste essentielle. Mais elle appelle aujourd'hui un prolongement. Car l'&#233;nigme malgache ne tient pas uniquement &#224; la faiblesse de l'&#201;tat ou &#224; l'instabilit&#233; des &#233;lites. Elle tient aussi &#224; une organisation &#233;conomique qui rend une partie de la richesse invisible, externe ou faiblement transform&#233;e. Madagascar produit de la valeur, mais ne la convertit pas assez en puissance publique, en emplois qualifi&#233;s, en infrastructures, en services de base et en souverainet&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est donc plus seulement : pourquoi Madagascar est-il pauvre ? Elle devient plus pr&#233;cise, plus politique, et peut-&#234;tre plus d&#233;rangeante : pourquoi la richesse malgache ne devient-elle pas d&#233;veloppement malgache ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pi&#232;ge de la richesse invisible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar est souvent d&#233;crit comme un pays pauvre. La formule est exacte dans les indicateurs sociaux. Elle devient pourtant trompeuse si elle emp&#234;che de voir ce que le pays produit, ce qu'il fournit et ce qu'il rend possible pour d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Madagascar n'est pas un territoire vide. Le pays est ins&#233;r&#233; dans plusieurs circuits de valeur : vanille, girofle, nickel, cobalt, ilm&#233;nite, graphite, terres agricoles, p&#234;che, biodiversit&#233;, textile, services externalis&#233;s, tourisme, ports, routes maritimes et position strat&#233;gique dans l'oc&#233;an Indien. Le paradoxe est l&#224; : cette richesse existe, mais elle ne se transforme pas suffisamment en puissance publique, en industrie locale, en emplois qualifi&#233;s, en infrastructures ou en services de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vanille illustre ce d&#233;s&#233;quilibre : Madagascar domine une ressource strat&#233;gique, mais l'essentiel de la valeur finale se joue souvent dans la transformation, la marque, la distribution et la fixation des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la valeur quitte le territoire trop t&#244;t. La ressource part brute ou semi-transform&#233;e. Le travail est faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;. La marge se construit ailleurs. La norme, la marque, le financement, l'assurance, la certification, la distribution et parfois m&#234;me le r&#233;cit sont contr&#244;l&#233;s hors du pays. Madagascar produit alors une richesse dont il ne conserve qu'une fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la rente ne doit pas &#234;tre comprise seulement comme une rente politique. Elle est aussi logistique, commerciale, &#233;nerg&#233;tique, financi&#232;re, juridique et narrative. Elle se cache dans les ports, les contrats, les autorisations, les concessions, les importations strat&#233;giques, les march&#233;s publics, les fili&#232;res agricoles, les mines, l'&#233;nergie, les normes et l'aide ext&#233;rieure. Elle ne se voit pas toujours dans les discours. Elle se lit dans les flux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie politique malgache ne peut donc pas s'arr&#234;ter &#224; la question des &#233;lites qui captent. Elle doit poser une question plus concr&#232;te : o&#249; la valeur se perd-elle ? Qui produit ? Qui transporte ? Qui finance ? Qui transforme ? Qui fixe le prix ? Qui certifie ? Qui exporte ? Qui capte la marge finale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces questions ne sont pas pos&#233;es fili&#232;re par fili&#232;re, Madagascar continuera &#224; &#234;tre racont&#233; comme un pays pauvre, alors qu'il est aussi un pays dont la richesse est trop souvent extraite, sous-convertie ou rendue invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie de l'&#233;nigme commence donc par une op&#233;ration de v&#233;rit&#233; : rendre la richesse visible. Non pour nourrir un discours de ressentiment, mais pour b&#226;tir une politique de transformation. Un pays ne peut pas reprendre la ma&#238;trise de son avenir s'il ne sait pas pr&#233;cis&#233;ment o&#249; na&#238;t sa valeur, o&#249; elle circule, o&#249; elle se bloque et o&#249; elle dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi la croissance peut produire la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe malgache s'&#233;claire si l'on cesse d'opposer m&#233;caniquement croissance et crise. &#192; Madagascar, les crises ne surgissent pas toujours parce que la croissance &#233;choue. Elles surgissent aussi parce qu'une croissance visible, mais mal distribu&#233;e, rend l'injustice plus lisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'&#233;conomie red&#233;marre, les signes ext&#233;rieurs de richesse apparaissent rapidement : b&#226;timents, v&#233;hicules, grands projets, march&#233;s publics, concessions, communication officielle, proximit&#233; entre pouvoir et argent. Mais dans le m&#234;me temps, l'eau manque, l'&#233;lectricit&#233; se coupe, les routes isolent, l'&#233;cole se d&#233;grade, l'h&#244;pital reste inaccessible et les jeunes dipl&#244;m&#233;s peinent &#224; trouver leur place dans l'&#233;conomie productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une croissance totalement absente produit de la r&#233;signation. Une croissance visible mais capt&#233;e produit de la col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre le c&#339;ur du paradoxe. Madagascar n'entre pas en crise seulement parce qu'il est pauvre. Il entre en crise lorsque la population comprend que le pays n'est pas pauvre pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance augmente les flux. Les flux augmentent les rentes. Les rentes attisent les rivalit&#233;s. Les coalitions se fragilisent. Les acteurs exclus cherchent une fen&#234;tre. La crise devient alors un instrument brutal de redistribution du pouvoir, sans devenir n&#233;cessairement une transformation du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#201;tat productif, la croissance &#233;largit la base sociale du compromis. Dans un &#201;tat captur&#233;, elle &#233;largit la bataille pour la rente. Le probl&#232;me n'est donc pas que Madagascar refuserait le d&#233;veloppement. Le probl&#232;me est que le syst&#232;me r&#233;siste au type de d&#233;veloppement qui le rendrait moins indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des institutions aux infrastructures civiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar ne manque pas d'institutions sur le papier. Il a un Parlement, des &#233;lections, une administration, une justice, des collectivit&#233;s, des organes de contr&#244;le, des strat&#233;gies nationales. Mais une institution ne se juge pas &#224; son existence formelle. Elle se juge &#224; sa capacit&#233; &#224; contraindre les puissants, &#224; prot&#233;ger les faibles, &#224; rendre les d&#233;cisions lisibles et &#224; produire des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Parlement qui ne rend pas le budget compr&#233;hensible laisse le citoyen hors du contr&#244;le. Une d&#233;centralisation sans ressources maintient les territoires dans la d&#233;pendance. Des organes anticorruption qui n'atteignent pas les centres r&#233;els de captation installent une morale s&#233;lective. Des politiques publiques pilot&#233;es par projets, consultants et cycles de bailleurs affaiblissent la continuit&#233; de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est donc pas seulement institutionnel. Il est fonctionnel. Une institution qui ne modifie pas le comportement des acteurs puissants devient d&#233;corative. Une institution qui prot&#232;ge les puissants devient un outil de reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que l'atomisation de la soci&#233;t&#233; devient d&#233;cisive. Les citoyens se mobilisent, parfois massivement, mais l'organisation durable manque. Les paysans produisent, mais p&#232;sent peu. Les jeunes contestent, mais peuvent &#234;tre dispers&#233;s ou r&#233;cup&#233;r&#233;s. Les partis existent, mais structurent rarement la soci&#233;t&#233;. Les syndicats, les associations, les m&#233;dias, les entrepreneurs productifs, la diaspora et les collectivit&#233;s restent souvent fragment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'absence de conscience qui bloque le pays. C'est l'absence de continuit&#233; organisationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peuple atomis&#233; peut renverser. Il ne peut pas toujours reconstruire. Une col&#232;re sans architecture peut ouvrir une br&#232;che. Elle peut aussi &#234;tre referm&#233;e par ceux qui ma&#238;trisent mieux les institutions, les r&#233;seaux, l'argent, la s&#233;curit&#233; et le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation ne peut donc pas &#234;tre un mot. Elle doit devenir une m&#233;thode : plateformes de propositions, suivi budg&#233;taire, coalitions sectorielles, observatoires citoyens, relais r&#233;gionaux, protection des lanceurs d'alerte, porte-paroles mandat&#233;s et tableaux de bord publics. Il ne suffit pas d'appeler les citoyens &#224; participer. Il faut leur donner les instruments pour peser dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chantiers de sortie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sortie du paradoxe ne viendra pas d'un d&#233;cret. Elle exige une autre organisation de la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier chantier : rendre la richesse visible, par une cartographie publique des ressources, des contrats, des exportations, de la fiscalit&#233;, du contenu local et des b&#233;n&#233;ficiaires effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me chantier : transformer localement ce qui peut l'&#234;tre. &#201;nergie, agriculture, mines, textile, services num&#233;riques : la vraie question doit devenir simple. Quelle part de la valeur reste &#224; Madagascar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me chantier : faire du budget le test de v&#233;rit&#233;. Une refondation, une d&#233;centralisation ou une souverainet&#233; qui ne se voient pas dans le budget restent des r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me chantier : construire les corps interm&#233;diaires capables de tenir dans la dur&#233;e : plateformes citoyennes, PME productives, syndicats, diaspora, collectivit&#233;s, experts et m&#233;dias ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me chantier : rendre la refondation v&#233;rifiable. Contrats publi&#233;s, audits cibl&#233;s, tableaux de bord eau-&#233;lectricit&#233;, suivi des engagements et calendrier institutionnel lisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nigme malgache n'est donc pas inexplicable. Elle devient lisible d&#232;s que l'on cesse de demander seulement pourquoi le pays est pauvre, pour demander pourquoi sa richesse ne devient pas puissance collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe, lui aussi, s'&#233;claire : la croissance provoque la crise lorsqu'elle rend la captation plus visible que la redistribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas seulement confront&#233; &#224; la pauvret&#233;. Il est confront&#233; &#224; une organisation de la richesse qui emp&#234;che cette richesse de devenir d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources principales &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;L'&#233;nigme et le paradoxe. &#201;conomie politique de Madagascar&lt;/i&gt;, Mireille Razafindrakoto, Fran&#231;ois Roubaud, Jean-Michel Wachsberger, IRD &#201;ditions / AFD, 2017.&lt;br class='autobr' /&gt;
Travaux Diapason sur l'architecture de la d&#233;pendance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&#233;conomie fant&#244;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la d&#233;centralisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la refondation et la captation de la valeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript13353575996a5e1b43a930c8.84522794&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers18-03/010070526.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers18-03/010070526.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/65-ans-apres-larchitecture-de-la-dependance-dossier-complet/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/65-ans-apres-larchitecture-de-la-dependance-dossier-complet/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/madagascar-leconomie-fantome-dune-nation-spoliee/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/madagascar-leconomie-fantome-dune-nation-spoliee/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/la-decentralisation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/la-decentralisation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/madagascar-la-dependance-structuree-organisee-ou-lillusion-dune-rupture/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/madagascar-la-dependance-structuree-organisee-ou-lillusion-dune-rupture/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des flottes fant&#244;mes &#224; l'usurpation des pavillons africains</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/Des-flottes-fantomes-a-l-usurpation-des-pavillons-africains.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://madagascar-tribune.com/Des-flottes-fantomes-a-l-usurpation-des-pavillons-africains.html</guid>
		<dc:date>2026-06-17T07:57:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Le 31 mai 2026, un p&#233;trolier du nom de Tagor a &#233;t&#233; arraisonn&#233; par la marine fran&#231;aise en Atlantique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce bateau &#233;tait associ&#233; &#224; la &#171; flotte fant&#244;me &#187; russe (r&#233;seau de tankers utilis&#233;s pour contourner les sanctions li&#233;es &#224; la guerre en Ukraine). Il naviguait sous un pavillon suspect ou falsifi&#233;, ce qui a justifi&#233; l'intervention. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Topona, journaliste de la r&#233;daction Afrique de la Deutsche Welle (DW), &#224; Bonn (Allemagne), revient sur les &#171; flottes fant&#244;mes &#187; et l'usurpation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 31 mai 2026, un p&#233;trolier du nom de&lt;/i&gt; Tagor &lt;i&gt;a &#233;t&#233; arraisonn&#233; par la marine fran&#231;aise en Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bateau &#233;tait associ&#233; &#224; la &#171; flotte fant&#244;me &#187; russe (r&#233;seau de tankers utilis&#233;s pour contourner les sanctions li&#233;es &#224; la guerre en Ukraine). Il naviguait sous un pavillon suspect ou falsifi&#233;, ce qui a justifi&#233; l'intervention.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Topona, &lt;i&gt;journaliste de la r&#233;daction Afrique de la Deutsche Welle (DW), &#224; Bonn (Allemagne), revient sur les &#171; flottes fant&#244;mes &#187; et l'usurpation des pavillons africains.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'imposition des sanctions occidentales en raison de sa guerre d'agression en Ukraine, la Russie n'a de cesse de vanter la bonne sant&#233; de son &#233;conomie et sa capacit&#233; &#224; faire perdurer son &#233;conomie de guerre. Tout en remplissant ses missions r&#233;galiennes aupr&#232;s de ses populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce narratif que continuent de r&#233;pandre &#224; longueur de programmes les m&#233;dias d'&#201;tat russes, la galaxie d'influenceurs rattach&#233;s au Kremlin a fini par le consolider dans une bonne frange des opinions publiques internationales : le mythe d'une Russie invincible qui ploie certes sous les sanctions, mais ne rompt jamais. &#192; quel prix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On connaissait d&#233;j&#224; les &lt;i&gt;&#171; flotte fant&#244;me &#187;&lt;/i&gt;. Ces navires battant pavillon &#233;tranger, notamment africain, mais qui en r&#233;alit&#233; transportent du p&#233;trole d'exportation russe. Cette violation du droit international de la navigation maritime a &#233;t&#233; l'option de Moscou d&#232;s lors que les alli&#233;s occidentaux de l'Ukraine ont jug&#233; indispensable et vital de sanctionner la Russie au portefeuille, en particulier en la privant des moyens qui lui permettent de financer sa guerre en Ukraine. Afin de contourner ces sanctions et de poursuivre l'exportation de ses hydrocarbures en direction de ses principaux clients &#233;trangers, Moscou a tout simplement fait appel &#224; des pavillons d'emprunt, souvent africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche est apparue d'autant plus salutaire aux autorit&#233;s russes qu'il s'agit d'&#201;tats au sein desquels le respect du droit, qu'il soit national ou international, est contingent et respect&#233;, ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci reste fonction des int&#233;r&#234;ts que peuvent tirer de ce choix de l'ill&#233;galit&#233; certains fonctionnaires v&#233;reux, voire des autorit&#233;s tr&#232;s haut plac&#233;es dans ces pays africains. Ces flottes fant&#244;mes ont longtemps prosp&#233;r&#233;, jusqu'&#224; ce que les institutions internationales charg&#233;es de la r&#233;gulation de la navigation maritime les d&#233;noncent et que les puissances occidentales alli&#233;es de l'Ukraine prennent des mesures de r&#233;torsion &#224; l'endroit des &#201;tats africains. Ceux-ci persistaient &#224; se rendre complices de cette violation du droit international par Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Risques sur l'environnement....&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau train de sanctions a imm&#233;diatement &#233;t&#233; suivi d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#201;tats africains se sont r&#233;solus &#224; rompre d&#233;finitivement ce partenariat mafieux avec Moscou. Hormis le contournement des sanctions &#233;conomiques, ces flottes fant&#244;mes au service de Moscou faisaient peser de gros risques sur l'environnement et les milieux marins. Il s'agit en majorit&#233; de tankers us&#233;s, sans assurance, dont l'usage contrevient &#224; toutes les normes en mati&#232;re de navigation maritime et qui pourraient, du fait d'un &#233;ventuel incident de navigation, provoquer des d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques irr&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;...et r&#233;actions des gouvernements africains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si Moscou n'a plus la possibilit&#233; de recourir aux flottes fant&#244;mes, comme ce fut le cas aux premi&#232;res heures de l'imposition des sanctions occidentales, l'imagination sans limites de ses strat&#232;ges a d&#233;sormais opt&#233; pour l'usurpation de pavillons africains, sans r&#233;f&#233;rer aux autorit&#233;s de ces pays qui ne disposent pas de m&#233;canismes appropri&#233;s de contr&#244;le de ces attributs de souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le cas du Cameroun se r&#233;v&#232;le pr&#233;occupant. On d&#233;nombre &#224; ce jour, dans la flotte surveill&#233;e, 127 navires sous pavillon camerounais, pr&#233;sent&#233;s comme officiels. L'ampleur de cette fraude au Cameroun conduit &#224; s'interroger sur la gouvernance maritime dans ce pays. Surtout, qu'en est-il de la bonne tenue de son registre maritime, des interm&#233;diaires ou facilitateurs entre les parties russes et camerounaises et de l'incurie des administrations locales du fait des pratiques de corruption ? Devant ce fl&#233;au, les &#201;tats touch&#233;s finissent par prendre des mesures. Suite &#224; la r&#233;v&#233;lation que 13 % de la flotte &#233;trang&#232;re arborait son pavillon, les responsables portuaires de Douala (la capitale &#233;conomique du Cameroun) ont mis en place des mesures de contr&#244;le bien plus rigoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue sp&#233;cialis&#233;e &lt;i&gt;Hellenic Shipping News&lt;/i&gt; nous apprend que ces r&#233;formes ont d&#233;termin&#233; l'arr&#234;t des nouvelles immatriculations douteuses &#224; la fin de 2025 et l'&#233;limination de plus de 20 navires au d&#233;but de 2026. Sous l'influence de pressions internationales, les autorit&#233;s camerounaises ont lanc&#233; une op&#233;ration d'&#233;puration &#224; grande &#233;chelle de leur registre maritime, excluant des dizaines de navires pr&#233;sum&#233;s faire partie de la &#171; flotte fant&#244;me &#187; russe. Cette flotte sert &#224; faire &#233;couler du p&#233;trole ill&#233;galement et &#224; violer les sanctions &#233;conomiques mondiales. Le 8 juin 2026, dans un communiqu&#233;, le minist&#232;re des Transports du Cameroun a &#233;t&#233; ferme. Suite &#224; une v&#233;rification, les responsables ont d&#233;clar&#233; que le &lt;i&gt;Tagor&lt;/i&gt; &#171; ne figure sur aucune des listes officielles des bateaux autoris&#233;s &#224; porter pavillon camerounais &#187;. Yaound&#233; ne souhaite plus voir son drapeau li&#233; aux op&#233;rations de la flotte spectre russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que, durant de nombreuses ann&#233;es, les archives maritimes africaines ont &#233;t&#233; un point d'acc&#232;s de choix pour les navires de la Dark Fleet russe. Ces navires, utilis&#233;s pour esquiver les sanctions contre les exportations d'hydrocarbures russes, ont proc&#233;d&#233; &#224; de multiples modifications de drapeau, d'identit&#233; et de propri&#233;taires pour &#233;viter les contr&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gabon a mis en &#339;uvre des actions d&#233;cisives pour regagner la ma&#238;trise de son registre maritime en annulant l'enregistrement de 95 navires associ&#233;s &#224; la &#171; flotte fant&#244;me &#187; russe, utilis&#233;s pour d&#233;jouer les sanctions mondiales sur le p&#233;trole. Cette action a conclu l'accord d'enregistrement attribu&#233; &#224; la compagnie Intershipping Services LLC.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Surveillance de la Dark Fleet ou &#171; flotte fant&#244;me &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les autorit&#233;s europ&#233;ennes ont port&#233; une attention particuli&#232;re &#224; l'afflux de p&#233;troliers transportant du p&#233;trole russe sous sanctions au Gabon. Selon divers sondages sp&#233;cialis&#233;s, environ 98 % du volume nouvellement inscrit en 2024 &#233;tait consacr&#233; au transport des hydrocarbures russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, l'incident d&#233;sastreux du p&#233;trolier Mersin, &#224; la fin de 2025, a constitu&#233; un point de basculement. Cela a incit&#233; les autorit&#233;s &#224; intensifier leur surveillance de la Dark Fleet le long de leurs c&#244;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gambie aurait d&#251; exclure plus de 70 navires soup&#231;onn&#233;s d'utiliser de faux certificats ou des certificats non conformes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de l'ampleur de la situation, l'Organisation maritime internationale (OMI) a mis en place de nouvelles directives, en avril 2026, visant &#224; combattre les immatriculations frauduleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation a signal&#233; que 529 navires ont &#233;t&#233; identifi&#233;s comme utilisant frauduleusement le pavillon d'un autre &#201;tat durant l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Et plus de 40 &#201;tats membres ont subi une usurpation de pavillon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une usurpation b&#233;n&#233;fique pour la Russie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces graves entorses &#224; la l&#233;gislation internationale sur la navigation maritime, cette usurpation des pavillons africains permet &#224; la Russie de r&#233;duire les co&#251;ts de navigation maritime, de se soustraire aux contr&#244;les des agences internationales charg&#233;es de la r&#233;gulation de la navigation maritime. Elles permettent aussi &#224; Moscou de cr&#233;er des conditions d'opacit&#233; qui rendent ardue la saisie de ces navires. Tout en exposant les &#201;tats africains &#224; des risques majeurs tels que la mise au ban de leurs registres maritimes, en plus des graves risques s&#233;curitaires auxquels sont ainsi expos&#233;s les &#233;quipages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mont&#233;e en puissance de Moscou dans le contournement frauduleux des sanctions occidentales en dit long sur le peu d'estime qu'elle a pour ses partenaires africains aupr&#232;s desquels elle pr&#233;tend se porter garante de leur dignit&#233; et de leur souverainet&#233; sur la sc&#232;ne internationale. Alors que de nombreux pays africains s'&#233;meuvent encore de l'enr&#244;lement mafieux d'Africains pour servir de chair &#224; canon sur le front ukrainien, le scandale de l'usurpation des pavillons africains est une illustration concr&#232;te d'un partenariat factice avec une Afrique que, en r&#233;alit&#233;, Moscou tient dans le plus grand m&#233;pris. Sans oublier le r&#233;cent &#171; abandon en plein vol &#187; des soldats de l'Africa Corps &#224; Kidal, lors de la prise de cette ville du nord du Mali par les rebelles du Front de lib&#233;ration de l'Azawad (FLA), fin avril 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric Topona&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript13353575996a5e1b43a930c8.84522794&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Concertation nationale : la refondation peut-elle survivre &#224; ses propres reports ?</title>
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		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un rendez-vous fondateur devenu test politique &lt;br class='autobr' /&gt;
La concertation nationale devait &#234;tre le moment fondateur de la refondation. Elle risque d&#233;sormais d'en devenir le premier r&#233;v&#233;lateur. Pr&#233;sent&#233;e comme l'espace o&#249; les Malgaches diraient ce qu'ils attendent de leurs institutions, de leur syst&#232;me &#233;lectoral, de l'&#201;tat et de l'avenir d&#233;mocratique du pays, elle devait ouvrir une s&#233;quence d&#233;cisive. Or, &#224; mesure que son lancement est annonc&#233; puis repouss&#233;, une question s'impose : le processus qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-49-592b9.jpg?1783757577' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/illustration_1024-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH354/illustration_1024-2-dcc72.jpg?1781332394' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un rendez-vous fondateur devenu test politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La concertation nationale devait &#234;tre le moment fondateur de la refondation. Elle risque d&#233;sormais d'en devenir le premier r&#233;v&#233;lateur. Pr&#233;sent&#233;e comme l'espace o&#249; les Malgaches diraient ce qu'ils attendent de leurs institutions, de leur syst&#232;me &#233;lectoral, de l'&#201;tat et de l'avenir d&#233;mocratique du pays, elle devait ouvrir une s&#233;quence d&#233;cisive. Or, &#224; mesure que son lancement est annonc&#233; puis repouss&#233;, une question s'impose : le processus qui devait restaurer la confiance est-il d&#233;j&#224; en train de la fragiliser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait trop simple de voir dans ces reports de simples difficult&#233;s d'organisation. Une concertation nationale n'est pas un s&#233;minaire administratif. Elle est un acte politique majeur. Elle cr&#233;e, ou ne cr&#233;e pas, les conditions de l&#233;gitimit&#233; des d&#233;cisions qui suivront. L'enjeu d&#233;passe donc le calendrier : il concerne la sinc&#233;rit&#233; m&#234;me de la refondation annonc&#233;e depuis octobre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier report du 20 mai au 3 juin pouvait encore &#234;tre compris comme un ajustement. Mais le nouveau report du lancement pr&#233;vu le 3 juin, cette fois &#224; une date non pr&#233;cis&#233;e, change la nature du signal. Ce n'est plus seulement un d&#233;lai. C'est un doute.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui tient vraiment la m&#233;thode ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se dessine derri&#232;re les reports, c'est une rivalit&#233; plus profonde sur la ma&#238;trise du processus. Qui doit conduire la concertation ? Qui fixe les r&#232;gles ? Qui choisit les participants ? Qui organise la remont&#233;e des dol&#233;ances ? Qui r&#233;dige la synth&#232;se finale ? Ces questions sont techniques en apparence. Elles sont politiques en r&#233;alit&#233;. Celui qui contr&#244;le la m&#233;thode contr&#244;le souvent le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FFKM (Fiombonan'ny Fiangonana Kristiana eto Madagasikara, Conseil chr&#233;tien des &#201;glises de Madagascar) dispose d'une autorit&#233; historique dans les moments de crise nationale. Son ancrage religieux et territorial lui donne une capacit&#233; de pr&#233;sence que l'administration seule n'a pas toujours. Mais son r&#244;le pose une exigence : pour &#234;tre cr&#233;dible, il doit appara&#238;tre ind&#233;pendant, non instrumentalis&#233; et r&#233;ellement ma&#238;tre du cadre de dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat, de son c&#244;t&#233;, ne peut pas totalement s'effacer. Il porte la responsabilit&#233; institutionnelle, budg&#233;taire, logistique et juridique du processus. Mais s'il reste trop pr&#233;sent, la concertation risque d'&#234;tre per&#231;ue comme un m&#233;canisme de validation d'une trajectoire d&#233;j&#224; &#233;crite. S'il se retire trop, il donne l'image d'un pouvoir incapable d'organiser sa propre refondation. La difficult&#233; est l&#224; : trouver un &#233;quilibre entre garantie publique et ind&#233;pendance r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une promesse confront&#233;e au r&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, cet &#233;quilibre n'appara&#238;t pas clairement. Le discours officiel affirme que le FFKM conduira la concertation. Mais les h&#233;sitations, les ajustements et les signaux contradictoires donnent l'impression d'un processus encore disput&#233;. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce flou qui alimente la suspicion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis octobre 2025, la refondation repose sur une promesse forte : transformer le syst&#232;me. Mais une transition ne se juge pas &#224; son vocabulaire. Elle se juge &#224; sa trajectoire. Lorsque les mots restent ambitieux mais que les actes avancent lentement, le d&#233;crochage menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concertation nationale concentre ce risque. Elle est cens&#233;e r&#233;pondre &#224; la crise de confiance n&#233;e de la pauvret&#233;, des d&#233;lestages, de la corruption, de l'injustice per&#231;ue et du sentiment que les d&#233;cisions se prennent loin du peuple. Mais si elle reproduit les m&#234;mes ambigu&#239;t&#233;s, elle ne sera plus une r&#233;ponse. Elle deviendra un sympt&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le risque d'un consentement administr&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le danger n'est pas seulement que la concertation &#233;choue. Le danger est qu'elle r&#233;ussisse formellement tout en &#233;chouant politiquement. On peut organiser des r&#233;unions, collecter des avis, produire des rapports et annoncer un r&#233;f&#233;rendum. Mais si les citoyens ont le sentiment que l'essentiel &#233;tait d&#233;cid&#233; avant eux, la m&#233;canique participative ne produira pas de confiance. Elle produira du consentement administr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que se joue le point de bascule. Une vraie concertation accepte l'incertitude. Elle accepte que les citoyens d&#233;placent les priorit&#233;s, demandent des garanties, interrogent les budgets et refusent les formulations vagues. Une fausse concertation organise l'&#233;coute tout en verrouillant la conclusion. La diff&#233;rence entre les deux ne se verra pas dans les slogans. Elle se verra dans les r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jeunesse, territoires, diaspora : qui sera r&#233;ellement entendu ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La concertation ne pourra pas &#234;tre cr&#233;dible si elle reste limit&#233;e aux acteurs institutionnels, aux notables, aux autorit&#233;s religieuses et aux cercles d&#233;j&#224; organis&#233;s. Les jeunes, les collectivit&#233;s locales, les syndicats, les PME (petites et moyennes entreprises), les femmes, les paysans, les travailleurs informels, les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques et la diaspora doivent peser autrement que par une pr&#233;sence symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse, en particulier, ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; une cat&#233;gorie d&#233;corative. Elle a exprim&#233; des revendications vitales et rappel&#233; que l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;ducation, l'emploi et la justice ne sont pas des slogans mais des conditions de dignit&#233;. Si cette jeunesse est appel&#233;e &#224; &#233;couter sans pouvoir modifier la trajectoire, la concertation perdra une partie essentielle de sa l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Budget, contributions, synth&#232;se : les trois juges de v&#233;rit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un autre enjeu concerne la participation des Malgaches de l'ext&#233;rieur. &#192; ce titre, la plateforme &lt;a href=&#034;http://concertation-diaspora.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;concertation-diaspora.com&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme un outil permettant &#224; la diaspora de formuler des propositions et de contribuer au d&#233;bat national. Son efficacit&#233; d&#233;pendra toutefois des m&#234;mes exigences que le reste du processus : transparence, tra&#231;abilit&#233; des contributions et prise en compte r&#233;elle des avis exprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/tableau_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH313/tableau_2-c2af0.jpg?1781332394' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc regarder les &#233;l&#233;ments concrets. Le calendrier sera-t-il public ? Les crit&#232;res de participation seront-ils connus ? Les contributions seront-elles accessibles ? Les synth&#232;ses locales seront-elles publi&#233;es avant d'&#234;tre agr&#233;g&#233;es ? Les d&#233;saccords seront-ils conserv&#233;s ou effac&#233;s au nom du consensus ? Le budget sera-t-il transparent ? Qui financera quoi ? Qui validera la version finale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions sont d&#233;cisives car la concertation est appel&#233;e &#224; d&#233;boucher sur des sujets lourds : r&#233;forme &#233;lectorale, refonte de la CENI (Commission &#233;lectorale nationale ind&#233;pendante), nouvelle Constitution, r&#233;f&#233;rendum, organisation du retour &#224; l'ordre constitutionnel. On ne peut pas pr&#233;parer une nouvelle architecture institutionnelle avec une m&#233;thode opaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget dira beaucoup. Une concertation nationale s&#233;rieuse co&#251;te de l'argent : d&#233;placements, &#233;quipes locales, traduction, outils num&#233;riques, s&#233;curisation des contributions, publication des donn&#233;es, contr&#244;le ind&#233;pendant. Au regard des exp&#233;riences africaines r&#233;centes, un ordre de grandeur cr&#233;dible pour Madagascar serait d'environ 3 millions d'euros. Ce chiffre n'a de sens que s'il est public, justifi&#233; et tra&#231;able. S'il reste flou, il deviendra lui-m&#234;me un objet de suspicion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La synth&#232;se finale sera l'autre point d&#233;cisif. Tout se joue aussi dans la mani&#232;re dont les paroles sont class&#233;es, hi&#233;rarchis&#233;es, r&#233;sum&#233;es, puis transform&#233;es en recommandations. Une id&#233;e populaire peut &#234;tre affaiblie par une formulation prudente. Une exigence claire peut &#234;tre dilu&#233;e dans un consensus vague. La question centrale devient donc : qui &#233;crira la synth&#232;se finale, et sous quel contr&#244;le ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les garanties minimales d'un dialogue cr&#233;dible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter que la concertation ne devienne un exercice de communication, cinq garanties minimales devraient &#234;tre pos&#233;es : un calendrier public, un budget publi&#233;, des crit&#232;res de participation transparents, la publication des contributions et des synth&#232;ses locales avant leur consolidation nationale, puis un m&#233;canisme ind&#233;pendant de validation de la synth&#232;se finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces garanties ne r&#233;gleraient pas tout. Mais elles permettraient de distinguer une concertation r&#233;elle d'une consultation contr&#244;l&#233;e. Elles donneraient aux citoyens la possibilit&#233; de v&#233;rifier que leur parole n'est pas seulement recueillie, mais conserv&#233;e, visible, comparable et opposable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une m&#233;canique connue des transitions africaines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cas malgache n'est pas isol&#233;. Dans plusieurs transitions africaines, le moment critique surgit apr&#232;s la promesse de rupture, lorsque le pouvoir doit passer de la parole aux arbitrages. La mobilisation cr&#233;e une attente. La transition promet une r&#233;ponse. Puis vient la phase la plus fragile : celle o&#249; les r&#233;sultats tardent, o&#249; les anciens r&#233;flexes r&#233;sistent, o&#249; les rapports de force reprennent leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette zone grise que les transitions peuvent se d&#233;former. Elles gardent le langage du changement, mais r&#233;installent peu &#224; peu les pratiques de contr&#244;le. Elles invoquent le peuple, mais verrouillent les proc&#233;dures. Madagascar se trouve pr&#233;cis&#233;ment devant cette bifurcation : faire de la concertation un moment de v&#233;rit&#233;, ou en faire une proc&#233;dure de normalisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reporter pour clarifier ou reporter pour gagner du temps ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il serait toutefois injuste d'ignorer une r&#233;alit&#233; : mieux vaut reporter un processus mal pr&#233;par&#233; que lancer pr&#233;cipitamment une concertation contest&#233;e d&#232;s le premier jour. Le temps peut &#234;tre utile s'il sert &#224; clarifier. Il devient dangereux s'il sert &#224; gagner du temps. Le report est acceptable s'il produit une m&#233;thode plus lisible. Il devient probl&#233;matique s'il prolonge seulement une comp&#233;tition d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar conna&#238;t trop bien les grandes promesses de rupture suivies de recompositions discr&#232;tes. La refondation ne peut pas devenir une nouvelle langue politique sans transformation mesurable. Si elle veut convaincre, elle doit accepter d'&#234;tre &#233;valu&#233;e sur des actes simples : calendrier, transparence, budget, publication des contributions, ind&#233;pendance de la synth&#232;se, garanties &#233;lectorales, place r&#233;elle donn&#233;e aux citoyens et aux territoires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La cr&#233;dibilit&#233; se joue avant l'ouverture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vraie question n'est donc plus seulement : quand la concertation nationale commencera-t-elle ? La vraie question est : que restera-t-il de sa cr&#233;dibilit&#233; lorsqu'elle commencera enfin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays n'a pas besoin d'une annonce suppl&#233;mentaire. Il a besoin d'un cadre. Il n'a pas besoin d'un r&#233;cit de plus. Il a besoin d'une m&#233;thode. Il n'a pas besoin d'une refondation proclam&#233;e. Il a besoin d'une refondation v&#233;rifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai lancement de la concertation ne sera donc pas le jour de la c&#233;r&#233;monie d'ouverture. Il aura lieu le jour o&#249; les citoyens pourront v&#233;rifier que leurs paroles ne sont pas seulement collect&#233;es, mais conserv&#233;es, publi&#233;es, d&#233;battues et traduites en d&#233;cisions. Sans cette cha&#238;ne de confiance, la refondation restera une promesse suspendue. Avec elle, elle peut encore devenir un processus politique cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation ne se mesure pas &#224; la beaut&#233; des c&#233;r&#233;monies. Elle se mesure &#224; la capacit&#233; du pouvoir &#224; accepter que le peuple ne valide pas seulement un chemin trac&#233; d'avance. Le budget, la m&#233;thode et la synth&#232;se finale diront la v&#233;rit&#233; du processus. Le reste appartient encore au domaine des promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et tra&#231;abilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sources crois&#233;es : presse malgache, RFI (Radio France Internationale), L'Express de Madagascar, 2424.mg, Assembl&#233;e nationale, d&#233;cisions HCC (Haute Cour constitutionnelle), analyses Diapason.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript13353575996a5e1b43a930c8.84522794&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;centralisation</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/La-decentralisation.html</link>
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		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation est de retour dans le vocabulaire politique malgache. Elle a tout pour plaire. Elle parle aux r&#233;gions oubli&#233;es, r&#233;pond &#224; la lassitude contre l'hypercentralisation d'Antananarivo, donne le sentiment que l'&#201;tat va enfin se rapprocher des citoyens. Dans un pays o&#249; l'on attend souvent tout de la capitale sans toujours recevoir grand-chose, le mot peut s&#233;duire. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'il faut le manier avec prudence. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Pr&#233;sidence de la Refondation de la R&#233;publique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-48-3ccc6.jpg?1783753218' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/illustration_1024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/illustration_1024-dee41.jpg?1780722658' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20689 '&gt;&lt;strong&gt;Le mot facile, le budget difficile
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation est de retour dans le vocabulaire politique malgache. Elle a tout pour plaire. Elle parle aux r&#233;gions oubli&#233;es, r&#233;pond &#224; la lassitude contre l'hypercentralisation d'Antananarivo, donne le sentiment que l'&#201;tat va enfin se rapprocher des citoyens. Dans un pays o&#249; l'on attend souvent tout de la capitale sans toujours recevoir grand-chose, le mot peut s&#233;duire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'il faut le manier avec prudence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pr&#233;sidence de la Refondation de la R&#233;publique de Madagascar (PRRM), en fait d&#233;sormais un axe politique. Le colonel Micha&#235;l Randrianirina a annonc&#233;, &#224; Toamasina, une hausse du budget allou&#233; aux r&#233;gions &#224; 24 %, contre environ 4,5 % actuellement. Le projet de loi de finances rectificative 2026 &#233;voque, lui, une mont&#233;e des ressources destin&#233;es aux STD et aux CTD de 3 % &#224; 12 % du budget g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat. Sur le papier, l'annonce est forte. Dans les faits, elle appelle une question simple : de quoi parle-t-on exactement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le risque populiste appara&#238;t : transformer une aspiration l&#233;gitime des territoires en promesse budg&#233;taire spectaculaire, sans clarifier la cha&#238;ne de d&#233;cision, d'ex&#233;cution et de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car une vraie d&#233;centralisation ne se mesure pas aux pourcentages proclam&#233;s. Elle se mesure &#224; cinq choses : les comp&#233;tences transf&#233;r&#233;es, l'argent r&#233;ellement disponible, les personnels qualifi&#233;s, la capacit&#233; d'ex&#233;cution et le contr&#244;le citoyen des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pi&#232;ge des sigles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici expliquer deux notions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CTD sont les Collectivit&#233;s territoriales d&#233;centralis&#233;es. &#192; Madagascar, elles d&#233;signent les communes, les r&#233;gions et les provinces (Art. 143 &#8211; Constitution 11 d&#233;cembre 2010). Elles disposent, en principe, d'une autonomie administrative et financi&#232;re. Elles doivent g&#233;rer leurs propres affaires, &#224; travers des organes locaux et des comp&#233;tences transf&#233;r&#233;es par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les STD sont les Services techniques d&#233;concentr&#233;s. Ils repr&#233;sentent l'administration centrale dans les territoires. Ils ex&#233;cutent localement les politiques d&#233;cid&#233;es par l'&#201;tat. Ils peuvent &#234;tre utiles, n&#233;cessaires m&#234;me, mais ils ne sont pas des collectivit&#233;s &#233;lues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence est donc majeure. Donner de l'argent aux CTD, c'est transf&#233;rer des moyens &#224; des collectivit&#233;s cens&#233;es repr&#233;senter les citoyens localement. Donner de l'argent aux STD, c'est renforcer la pr&#233;sence locale de l'&#201;tat central. Dans le premier cas, on d&#233;centralise. Dans le second, on d&#233;concentre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la formule publique qui parle de ressources destin&#233;es aux &#171; STD et CTD &#187; entretient une ambigu&#239;t&#233; d&#233;cisive. Si les cr&#233;dits suppl&#233;mentaires passent surtout par les services d&#233;concentr&#233;s, la r&#233;forme pourra &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme une d&#233;centralisation, tout en maintenant le pouvoir de d&#233;cision &#224; Antananarivo. C'est le c&#339;ur du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question n'est donc pas : combien les r&#233;gions vont-elles recevoir ? La vraie question est : qui d&#233;cidera, qui ex&#233;cutera, qui contr&#244;lera et qui rendra compte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la d&#233;centralisation n'est pas une nouveaut&#233; politique cr&#233;&#233;e par le PRRM. Elle existe d&#233;j&#224; dans l'architecture juridique malgache. Le probl&#232;me n'est pas son absence dans les textes. Le probl&#232;me est sa faible incarnation dans les budgets, les comp&#233;tences et les r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le budget comme test de sinc&#233;rit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le budget 2026 adopt&#233; par l'&#201;tat s'&#233;l&#232;ve &#224; 26 799,7 milliards d'ariary. &#192; cette &#233;chelle, 12 % repr&#233;senteraient plus de 3 200 milliards d'ariary. 24 % repr&#233;senteraient plus de 6 400 milliards d'ariary. Ce ne serait pas un ajustement administratif. Ce serait une rupture budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une rupture budg&#233;taire ne suffit pas &#224; faire une rupture institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cr&#233;dit peut &#234;tre vot&#233; sans &#234;tre d&#233;caiss&#233;. Une d&#233;pense peut &#234;tre localis&#233;e en r&#233;gion tout en restant d&#233;cid&#233;e par un minist&#232;re central. Une route peut &#234;tre inaugur&#233;e sans budget d'entretien. Une r&#233;gion peut recevoir de nouvelles responsabilit&#233;s sans ing&#233;nieurs, sans comptables, sans agents de passation de march&#233;s, sans syst&#232;me de suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation devient alors un transfert d'attentes, pas un transfert de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que l'ex&#233;cution budg&#233;taire devient un signal d'alerte. Au premier trimestre 2026, les d&#233;penses publiques ont &#233;t&#233; qualifi&#233;es de timides, avec un niveau d'engagement global faible. Le minist&#232;re charg&#233; de l'Int&#233;rieur et de la D&#233;centralisation figure lui aussi parmi les entit&#233;s dont les engagements restent faibles. Autrement dit, avant m&#234;me de transf&#233;rer massivement des moyens vers les territoires, l'&#201;tat montre d&#233;j&#224; des limites dans sa capacit&#233; &#224; engager et transformer ses cr&#233;dits en actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque n'est donc pas th&#233;orique. L'argent sans capacit&#233; peut produire autant d'&#233;chec que les comp&#233;tences sans argent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Antananarivo contre r&#233;gions : le faux d&#233;bat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le discours populiste est simple : la capitale prend tout, les r&#233;gions n'ont rien. Il contient une part de v&#233;rit&#233;, mais il devient dangereux s'il simplifie trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antananarivo concentre l'administration, les si&#232;ges minist&#233;riels, les grandes entreprises, les universit&#233;s, les h&#244;pitaux, les march&#233;s et les centres de d&#233;cision. Mais la question n'est pas seulement de savoir combien re&#231;oit la Commune urbaine d'Antananarivo. Son budget propre reste tr&#232;s faible compar&#233; au budget national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai sujet est ailleurs : combien de d&#233;cisions concernant tout le pays restent prises depuis Antananarivo ? Combien de cr&#233;dits sont d&#233;cid&#233;s dans les minist&#232;res, m&#234;me lorsqu'ils concernent les r&#233;gions ? Combien de march&#233;s publics, de nominations, de priorit&#233;s d'investissement et de services restent pilot&#233;s par le centre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette centralisation ne profite pas seulement &#224; une capitale abstraite. Elle profite &#224; tous ceux qui contr&#244;lent les circuits de d&#233;cision : arbitrages budg&#233;taires, nominations, march&#233;s publics, autorisations administratives, priorit&#233;s d'investissement. Tant que ces leviers restent concentr&#233;s au centre, ils permettent de distribuer des faveurs, de construire des fid&#233;lit&#233;s et de maintenir des d&#233;pendances politiques. La d&#233;centralisation devient alors un obstacle pour ceux qui vivent de cette verticalit&#233;. Elle ne menace pas seulement une organisation administrative. Elle menace un syst&#232;me de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation ne doit pas &#234;tre une punition contre la capitale. Elle doit corriger une architecture politique dans laquelle la capitale d&#233;cide, les r&#233;gions attendent et les citoyens subissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas seule face &#224; ce dilemme. Partout en Afrique, la d&#233;centralisation a souvent &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une r&#233;ponse &#224; l'&#233;loignement de l'&#201;tat. Mais les exp&#233;riences du continent montrent qu'elle r&#233;ussit rarement lorsqu'elle avance plus vite que les capacit&#233;s administratives, budg&#233;taires et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les le&#231;ons africaines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique offre plusieurs avertissements utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kenya a engag&#233; une d&#233;volution ambitieuse avec ses comt&#233;s. L'exp&#233;rience montre qu'il faut des r&#232;gles de partage des recettes, une formule de p&#233;r&#233;quation et des institutions capables d'arbitrer entre territoires. L'Afrique du Sud dispose d'une architecture territoriale avanc&#233;e, avec ressources propres, transferts nationaux et subventions conditionnelles. Mais elle montre aussi que l'argent ne garantit pas automatiquement la qualit&#233; des services. Dans beaucoup de pays africains, la d&#233;centralisation &#233;choue lorsqu'elle avance plus vite que les capacit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on pour Madagascar est claire : il ne faut pas copier une forme institutionnelle. Il faut construire une capacit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pi&#232;ges &#224; &#233;viter&lt;/h2&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La d&#233;concentration maquill&#233;e. On ouvre des bureaux r&#233;gionaux, on renforce les services de l'&#201;tat, on parle de proximit&#233;, mais la d&#233;cision reste centrale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les comp&#233;tences sans ressources. L'&#201;tat transf&#232;re des responsabilit&#233;s aux collectivit&#233;s, mais garde les moyens. Les r&#233;gions deviennent responsables de l'&#233;chec sans avoir les moyens d'agir.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'argent sans capacit&#233;. Des milliards peuvent arriver dans des administrations locales mal pr&#233;par&#233;es, avec un risque de surfacturation, de march&#233;s publics mal suivis, de chantiers abandonn&#233;s et de corruption d&#233;localis&#233;e.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La f&#233;odalisation locale. D&#233;centraliser sans contre-pouvoirs peut renforcer les notables, les familles dominantes, les r&#233;seaux d'affaires et les interm&#233;diaires politiques.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le f&#233;d&#233;ralisme mal pr&#233;par&#233;. Dans certains pays, le f&#233;d&#233;ralisme peut &#234;tre une r&#233;ponse institutionnelle coh&#233;rente. Mais &#224; Madagascar, il peut devenir dangereux s'il est utilis&#233; sans garde-fous : ethnicisation de la politique, fragmentation de l'&#201;tat, concurrence entre r&#233;gions riches et r&#233;gions pauvres, captation locale des ressources, affaiblissement du sentiment national. Une r&#233;gion riche en ressources mini&#232;res ou portuaires pourrait avancer plus vite, tandis que d'autres resteraient d&#233;pendantes. Le risque n'est pas seulement administratif. Il est politique : transformer la demande l&#233;gitime de proximit&#233; en logique de s&#233;paration.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'absence de p&#233;r&#233;quation. Sans solidarit&#233; nationale, les r&#233;gions portuaires, mini&#232;res ou plus dynamiques avanceront plus vite, tandis que les territoires pauvres resteront dans la d&#233;pendance.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Ces risques ne condamnent pas la d&#233;centralisation. Ils rappellent simplement qu'elle ne peut pas &#234;tre r&#233;duite &#224; une annonce budg&#233;taire. Elle doit devenir une m&#233;thode de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une proposition Diapason&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La ligne devrait &#234;tre simple : d&#233;centraliser ne signifie pas disperser l'&#201;tat. Cela signifie reconstruire l'&#201;tat &#224; partir des territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'a pas besoin d'un &#201;tat faible au centre et de baronnies locales en p&#233;riph&#233;rie. Le pays a besoin d'un &#201;tat strat&#232;ge, capable de garantir l'unit&#233; nationale, la justice, la s&#233;curit&#233;, la monnaie, les ressources strat&#233;giques et la p&#233;r&#233;quation, tout en donnant aux territoires les moyens concrets d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Pacte territorial de souverainet&#233; pourrait reposer sur sept engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publier un budget v&#233;rit&#233; territorial, r&#233;gion par r&#233;gion, minist&#232;re par minist&#232;re, en distinguant les cr&#233;dits vot&#233;s, engag&#233;s, d&#233;caiss&#233;s et ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;parer clairement les cr&#233;dits destin&#233;s aux CTD de ceux destin&#233;s aux STD, afin que personne ne puisse appeler d&#233;centralisation ce qui rel&#232;ve seulement de la d&#233;concentration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programmer la mont&#233;e budg&#233;taire sur trois &#224; cinq ans, avec des seuils li&#233;s &#224; la capacit&#233; de gestion, aux audits et aux r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er une formule nationale de p&#233;r&#233;quation fond&#233;e sur la population, la pauvret&#233;, l'enclavement, le d&#233;ficit d'infrastructures et l'exposition climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prioriser les r&#233;seaux vitaux : routes rurales, eau, &#233;lectricit&#233;, &#233;coles, centres de sant&#233;, march&#233;s, assainissement, connectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publier tous les transferts et tous les march&#233;s publics locaux : montants, b&#233;n&#233;ficiaires, d&#233;lais, avenants, niveau d'ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Former une vraie fonction publique territoriale : comptables, ing&#233;nieurs, juristes, urbanistes, contr&#244;leurs de travaux, sp&#233;cialistes des finances locales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le test du r&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation peut &#234;tre une chance pour Madagascar. Elle peut rapprocher l'&#201;tat des citoyens, reconnecter les politiques publiques aux r&#233;alit&#233;s locales, r&#233;duire la d&#233;pendance &#224; Antananarivo et rendre visibles les r&#233;sultats. Mais elle peut aussi devenir une nouvelle sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre politique : beaucoup de discours, beaucoup de chiffres, peu de pouvoir r&#233;ellement transf&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai test du PRRM ne sera donc pas d'annoncer 12 % ou 24 %. Le vrai test sera de dire quelle part ira r&#233;ellement aux collectivit&#233;s &#233;lues, quelle part restera aux services d&#233;concentr&#233;s de l'&#201;tat, et quels r&#233;sultats mesurables les citoyens pourront v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;centraliser, ce n'est pas parler aux r&#233;gions. C'est accepter de d&#233;placer le pouvoir, l'argent, la responsabilit&#233; et le contr&#244;le vers les territoires o&#249; la vie r&#233;elle se joue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela que la d&#233;centralisation est si souvent promise et si rarement accomplie. Parce qu'au fond, elle oblige le centre &#224; faire ce qu'il redoute le plus : perdre une part de son monopole sur la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et tra&#231;abilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sources juridiques : Constitution malgache, lois organiques relatives aux Collectivit&#233;s territoriales d&#233;centralis&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment la loi organique 2014 018&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sources budg&#233;taires : documents du MEF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de la DGBF relatifs au budget 2026&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et aux documents budg&#233;taires publics&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sources de contexte : presse malgache pour les annonces relatives aux ressources destin&#233;es aux STD et CTD, ainsi qu'aux engagements de 12 % et 24 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sources comparatives : FMI pour les enseignements sur la d&#233;centralisation budg&#233;taire en Afrique subsaharienne, travaux comparatifs sur les finances locales africaines, exemples du Kenya et de l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript13353575996a5e1b43a930c8.84522794&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hcc.gov.mg/?p=2026&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hcc.gov.mg/?p=2026&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dgfag.mg/wp-content/uploads/2021/04/Loi_organique_2014-018_regissant_les_competences_des_CTD.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.dgfag.mg/wp-content/uploads/2021/04/Loi_organique_2014-018_regissant_les_competences_des_CTD.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mef.gov.mg/dgcf/textes/decentralisation.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mef.gov.mg/dgcf/textes/decentralisation.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dgbf.mg/transparence/actualites/budget-des-citoyens-loi-de-finances-initiale-2026-2bt5izi05pet9a6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.dgbf.mg/transparence/actualites/budget-des-citoyens-loi-de-finances-initiale-2026-2bt5izi05pet9a6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://dgbf.mg/transparence&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dgbf.mg/transparence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://2424.mg/decentralisation-les-ressources-allouees-aux-std-et-ctd-prevues-passer-de-3-a-12-du-budget-general-de-letat-des-cette-annee/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://2424.mg/decentralisation-les-ressources-allouees-aux-std-et-ctd-prevues-passer-de-3-a-12-du-budget-general-de-letat-des-cette-annee/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fabrique du consentement</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/La-fabrique-du-consentement.html</link>
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		<dc:date>2026-05-30T06:14:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas seulement dans une crise politique. Le pays entre dans une s&#233;quence plus difficile &#224; saisir : celle o&#249; la col&#232;re se fatigue, o&#249; la rupture devient proc&#233;dure, o&#249; la refondation ne produit pas encore de r&#233;sultats visibles, mais occupe d&#233;j&#224; le langage public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le syndrome de Stockholm malgache, la quadrature du cercle et la boucle est boucl&#233;e, une autre m&#233;canique appara&#238;t : la fabrication du consentement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir n'a pas n&#233;cessairement besoin d'un enthousiasme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-47-718e8.jpg?1783755702' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/fabrique_1024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/fabrique_1024-ff0ee.jpg?1780121716' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20659 '&gt;&lt;strong&gt;Quand la refondation devient une pr&#233;-campagne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas seulement dans une crise politique. Le pays entre dans une s&#233;quence plus difficile &#224; saisir : celle o&#249; la col&#232;re se fatigue, o&#249; la rupture devient proc&#233;dure, o&#249; la refondation ne produit pas encore de r&#233;sultats visibles, mais occupe d&#233;j&#224; le langage public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le syndrome de Stockholm malgache&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la quadrature du cercle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la boucle est boucl&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une autre m&#233;canique appara&#238;t : la fabrication du consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir n'a pas n&#233;cessairement besoin d'un enthousiasme massif. Il lui suffit d'une soci&#233;t&#233; &#233;puis&#233;e, d'une jeunesse surveill&#233;e, d'une opposition dispers&#233;e et d'un processus institutionnel pr&#233;sent&#233; comme in&#233;vitable. Dans ce sch&#233;ma, la refondation cesse d'&#234;tre seulement une promesse. Elle devient une m&#233;thode. Elle encadre la parole, absorbe la contestation, organise le calendrier, puis pr&#233;pare l'horizon &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de bascule est l&#224; : lorsque le changement cesse d'&#234;tre une exigence populaire pour devenir un r&#233;cit administr&#233; par ceux qui d&#233;tiennent d&#233;j&#224; le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un peuple moins convaincu qu'&#233;puis&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a des moments o&#249; les peuples ne croient plus vraiment, mais continuent d'avancer dans le sc&#233;nario qu'on leur propose. Non par adh&#233;sion, mais par lassitude. La crise malgache semble traverser cette zone grise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation de la G&#233;n&#233;ration Z avait ouvert une br&#232;che. Elle portait une col&#232;re simple, presque vitale : l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, la dignit&#233;, la corruption, la pauvret&#233;, l'avenir confisqu&#233;. Ce n'&#233;tait pas d'abord un programme id&#233;ologique. C'&#233;tait une demande de vie normale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis la s&#233;quence s'est institutionnalis&#233;e. Le langage de la refondation a remplac&#233; celui de la r&#233;volte. Les slogans de jeunesse ont &#233;t&#233; repris par l'&#201;tat. Les promesses de transformation ont &#233;t&#233; absorb&#233;es par une transition. Le temps politique a commenc&#233; &#224; jouer contre l'urgence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays o&#249; la survie quotidienne consomme une grande partie de l'&#233;nergie collective, l'&#233;puisement devient une ressource politique. Un peuple d&#233;sabus&#233; ne devient pas automatiquement r&#233;volutionnaire. Il peut devenir silencieux, prudent, sceptique, puis disponible pour le discours de celui qui promet au moins l'ordre et la stabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consentement ne na&#238;t donc pas toujours de la confiance. Il na&#238;t parfois du manque d'alternative visible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La refondation comme mot &#233;cran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mot refondation poss&#232;de une force &#233;vidente. Il semble tout contenir : r&#233;forme des institutions, moralisation de la vie publique, nouvelle Constitution, participation citoyenne, place de la jeunesse, restauration de l'&#201;tat, souverainet&#233; retrouv&#233;e. Mais cette force est aussi son ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus un mot est vaste, plus il peut masquer le flou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une refondation d&#233;mocratique suppose des garanties : une m&#233;thode transparente, un calendrier cr&#233;dible, des contre-pouvoirs, une justice ind&#233;pendante, des r&#232;gles &#233;lectorales connues, une restitution publique des contributions citoyennes. Sans ces garanties, le mot peut devenir un brouillard politique. Il permet de reporter les questions concr&#232;tes au nom d'un futur toujours annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui d&#233;cide ? Qui arbitre ? Qui r&#233;dige ? Qui contr&#244;le ? Qui transforme les contributions populaires en orientations officielles ? Ces questions d&#233;terminent la fronti&#232;re entre une refondation d&#233;mocratique et une refondation sous contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision n&#176;10 de la Haute Cour Constitutionnelle du 14 octobre 2025 a donn&#233; une forme juridique &#224; une situation de crise. Elle a aussi ouvert une interrogation durable : comment une transition n&#233;e d'une rupture peut &#233;viter de devenir un pouvoir de substitution ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La concertation comme rituel de validation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La concertation nationale devrait &#234;tre l'un des instruments les plus utiles d'une sortie de crise. Un pays qui veut se reconstruire doit &#233;couter, confronter, hi&#233;rarchiser, puis d&#233;cider. Mais l'&#233;coute peut devenir un rituel si la d&#233;cision est d&#233;j&#224; orient&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Concertation nationale des jeunes pour la Refondation a &#233;t&#233; lanc&#233;e officiellement en avril 2026. Le discours institutionnel insiste sur la place centrale de la jeunesse et sur la collecte des aspirations dans les territoires. Sur le principe, l'initiative est d&#233;fendable. Dans la pratique, l'enjeu se situe ailleurs : que devient la parole apr&#232;s avoir &#233;t&#233; collect&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une concertation peut &#234;tre ouverte &#224; l'entr&#233;e et ferm&#233;e &#224; la sortie. On peut laisser parler les citoyens, puis confier la synth&#232;se &#224; une architecture politique qui retient surtout ce qui conforte la trajectoire choisie. Le pouvoir ne censure pas frontalement. Il trie, reformule, priorise, puis transforme la parole populaire en mat&#233;riau de l&#233;gitimation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale n'est donc pas seulement : les jeunes seront-ils consult&#233;s ? La vraie question est : &lt;strong&gt;qui &#233;crira la synth&#232;se finale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui &#233;crit la synth&#232;se d&#233;tient souvent plus de pouvoir que celui qui prend la parole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Gen Z, de force fondatrice &#224; probl&#232;me politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La G&#233;n&#233;ration Z malgache a jou&#233; un r&#244;le de d&#233;clencheur. Elle a rendu visible ce que beaucoup ressentaient d&#233;j&#224; : l'&#233;puisement face aux coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, l'exasp&#233;ration devant la pauvret&#233;, le rejet d'une classe politique verrouill&#233;e, l'indignation devant la corruption et l'impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une fois la rupture enclench&#233;e, la jeunesse devient parfois encombrante. Tant qu'elle conteste l'ancien ordre, elle sert de force de l&#233;gitimation. Lorsqu'elle demande des comptes au nouveau, elle devient un facteur de risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alertes d'organisations de d&#233;fense des droits, les interpellations de militants et le recours &#224; des qualifications li&#233;es &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat doivent &#234;tre lus avec prudence, mais aussi avec gravit&#233;. Ils signalent une tension classique des transitions : le pouvoir doit choisir entre transformer les causes de la col&#232;re ou contenir ceux qui les rappellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce basculement est d&#233;cisif. Les acteurs de la rupture peuvent devenir les suspects d'un ordre n&#233; de leur propre mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le populisme comme anesth&#233;siant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les transitions fragiles, le populisme prosp&#232;re parce qu'il simplifie l'insupportable. Il d&#233;signe des adversaires, parle au nom du peuple, c&#233;l&#232;bre la rupture, accuse les anciennes &#233;lites, puis recompose souvent une nouvelle verticalit&#233; autour d'un homme, d'un appareil ou d'un cercle restreint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar conna&#238;t cette grammaire : &lt;strong&gt;parler au nom du peuple tout en d&#233;cidant sans lui&lt;/strong&gt;, c&#233;l&#233;brer la jeunesse tout en la canalisant, d&#233;noncer l'ancien syst&#232;me tout en recyclant ses pratiques, promettre la souverainet&#233; tout en n&#233;gociant dans des espaces peu lisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le populisme ne supprime pas le d&#233;sabusement. Il l'exploite. Il ne demande pas aux citoyens d'y croire totalement. Il leur demande seulement de penser que le reste serait pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation peut alors changer de nature. Elle n'est plus un chantier collectif. Elle devient une sc&#232;ne o&#249; le peuple valide une trajectoire dont le d&#233;nouement semble d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La campagne avant la campagne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, Madagascar est dans une transition. Politiquement, tout peut d&#233;j&#224; ressembler &#224; une campagne avant la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les annonces autour du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel, des r&#232;gles &#233;lectorales et de la pr&#233;sidentielle de 2027 montrent que la transition demeure mouvante. Plus les r&#232;gles restent &#233;volutives, plus le pouvoir en place conserve un avantage strat&#233;gique : il occupe le terrain, installe ses mots, fa&#231;onne les attentes, pr&#233;side les c&#233;r&#233;monies, incarne la stabilit&#233;, puis laisse l'id&#233;e de candidature s'installer sans avoir toujours besoin de la d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;-campagne la plus efficace est souvent celle qui ne dit pas son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se pr&#233;sente comme action publique. Elle parle de nation, de jeunesse, de r&#233;forme, de souverainet&#233; et de discipline. Mais elle produit d&#233;j&#224; une personnalisation du pouvoir. Elle habitue l'opinion &#224; associer la refondation &#224; un visage. Elle transforme un mandat de transition en capital politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger n'est donc pas seulement qu'un homme pr&#233;pare une &#233;lection. Le danger est que le processus de refondation devienne l'infrastructure de cette pr&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La grande inversion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La promesse initiale &#233;tait claire : la refondation devait sortir Madagascar du cycle ancien. Le risque est d&#233;sormais inverse : que le cycle ancien se serve de la refondation pour se renouveler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture devient continuit&#233;. La jeunesse devient d&#233;cor. La concertation devient validation. La transition devient installation. Le calendrier devient strat&#233;gie. L'&#233;lection &#224; venir devient moins l'aboutissement d'un processus d&#233;mocratique que la cons&#233;cration d'un r&#233;cit travaill&#233; en amont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette inversion qu'il faut nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas condamn&#233; &#224; cette trajectoire. Mais pour l'&#233;viter, il faut sortir de l'ivresse des mots. Une refondation ne se juge pas &#224; son vocabulaire, mais &#224; ses garanties. Elle ne se mesure pas au nombre de consultations, mais &#224; la transparence de leur traitement. Elle ne se prouve pas par des c&#233;r&#233;monies, mais par des m&#233;canismes v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est plus de savoir si Madagascar aura une refondation. La question est de savoir qui en contr&#244;lera le sens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le point de bascule&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le point de bascule est atteint lorsque la population commence &#224; accepter comme normal ce qui aurait d&#251; rester provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'exception devient m&#233;thode. Lorsque la transition devient horizon. Lorsque la consultation devient rituel. Lorsque la fatigue devient silence. Lorsque le peuple ne croit plus vraiment, mais laisse faire parce qu'il ne voit plus par o&#249; reprendre la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fabrique du consentement ne force pas forc&#233;ment les esprits. Elle les &#233;puise. Elle ne ferme pas toujours la parole. Elle l'encadre. Elle ne supprime pas les citoyens. Elle les transforme en participants d'un processus dont ils ne ma&#238;trisent ni la m&#233;thode, ni la restitution, ni la conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est peut-&#234;tre pas en train de sortir de la crise. Il est peut-&#234;tre en train d'apprendre &#224; vivre dans une crise renomm&#233;e refondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit donc plus de demander &#224; parler. Il faut exiger de voir comment la parole est trait&#233;e. Il ne suffit plus d'&#234;tre consult&#233;. Il faut contr&#244;ler toute la cha&#238;ne : collecte, synth&#232;se, arbitrage, publication, responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le peuple ne perd pas seulement son pouvoir lorsqu'on l'emp&#234;che de parler. Il le perd aussi lorsqu'on parle en son nom apr&#232;s l'avoir &#233;cout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fabrique du consentement ne ressemble pas toujours &#224; une domination brutale. Elle peut prendre les formes plus acceptables de la consultation, de la p&#233;dagogie nationale, de l'appel &#224; la patience, de la promesse de stabilit&#233;, du calendrier institutionnel et du langage de la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re ces formes, une question demeure : la refondation sert-elle &#224; rendre le pouvoir au peuple ou &#224; pr&#233;parer l'acceptation d'un nouveau pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger n'est plus seulement que la refondation &#233;choue. Le danger est qu'elle r&#233;ussisse &#224; faire accepter l'&#233;chec comme une &#233;tape n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, l'enjeu n'est plus seulement de d&#233;noncer l'ancien syst&#232;me. Il est de reconna&#238;tre ses nouvelles formes. Le syst&#232;me ne revient pas toujours avec les m&#234;mes visages. Il revient parfois avec les mots de la rupture, le d&#233;cor de la jeunesse, la mise en sc&#232;ne de la consultation et la promesse d'une R&#233;publique nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation peut encore devenir une chance. Mais elle peut aussi devenir la forme la plus sophistiqu&#233;e de la r&#233;p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un pays accepte qu'on transforme sa col&#232;re en proc&#233;dure, sa jeunesse en d&#233;cor et sa fatigue en consentement, alors la boucle n'est pas seulement boucl&#233;e. Elle recommence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et tra&#231;abilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Cet article s'appuie sur une lecture crois&#233;e de sources primaires et secondaires. La d&#233;cision n&#176;10 de la HCC du 14 octobre 2025 permet de situer le cadre juridique initial de la transition et le r&#244;le confi&#233; &#224; l'autorit&#233; militaire incarn&#233;e par le colonel Micha&#235;l Randrianirina&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le minist&#232;re de la Jeunesse et des Sports documente le lancement officiel de la Concertation nationale des jeunes pour la Refondation le 14 avril 2026 et les consultations r&#233;gionales annonc&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les &#233;l&#233;ments de calendrier &#233;lectoral proviennent notamment de l'Agence Ecofin et d'Africanews, qui rapportent les &#233;ch&#233;ances pr&#233;vues pour 2027&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les alertes relatives &#224; la Gen Z, aux arrestations et au risque de r&#233;pression sont recoup&#233;es avec Amnesty International, The Guardian et Le Monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript2572564326a5dad68560304.60149983&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/le-syndrome-de-stockholm-malgache/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/le-syndrome-de-stockholm-malgache/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/la-quadrature-du-cercle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/la-quadrature-du-cercle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/la-boucle-est-bouclee-article/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/la-boucle-est-bouclee-article/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hcc.gov.mg/?p=9647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hcc.gov.mg/?p=9647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mjs.gov.mg/lancement-officiel-de-la-concertation-nationale-des-jeunes-pour-la-refondation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mjs.gov.mg/lancement-officiel-de-la-concertation-nationale-des-jeunes-pour-la-refondation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ecofinagency.com/news/0203-53389-madagascar-sets-september-2027-for-presidential-election&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ecofinagency.com/news/0203-53389-madagascar-sets-september-2027-for-presidential-election&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/03/from-gen-z-revolt-to-junta-control-madagascars-promise-of-change-is-slipping-away/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/03/from-gen-z-revolt-to-junta-control-madagascars-promise-of-change-is-slipping-away/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La boucle est boucl&#233;e</title>
		<link>https://madagascar-tribune.com/La-boucle-est-bouclee.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://madagascar-tribune.com/La-boucle-est-bouclee.html</guid>
		<dc:date>2026-05-23T05:40:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diapason</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas pauvre parce qu'il ne poss&#232;de rien. Il reste pauvre parce que sa richesse circule dans une architecture qui le d&#233;passe, l'absorbe et le renvoie &#224; sa d&#233;pendance. Le monde voit une &#238;le riche en vanille, girofle, nickel, graphite, biodiversit&#233;, terres et jeunesse. Le Malgache, lui, voit les coupures d'&#233;lectricit&#233;, les routes d&#233;grad&#233;es, les emplois pr&#233;caires, les prix qui montent et l'&#201;tat qui promet. Entre ces deux r&#233;alit&#233;s se tient l'iceberg invers&#233; [1] : la richesse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://madagascar-tribune.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-45-881f1.jpg?1783757577' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/s21-26_1_1000.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH625/s21-26_1_1000-12730.jpg?1779514813' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas pauvre parce qu'il ne poss&#232;de rien. Il reste pauvre parce que sa richesse circule dans une architecture qui le d&#233;passe, l'absorbe et le renvoie &#224; sa d&#233;pendance. Le monde voit une &#238;le riche en vanille, girofle, nickel, graphite, biodiversit&#233;, terres et jeunesse. Le Malgache, lui, voit les coupures d'&#233;lectricit&#233;, les routes d&#233;grad&#233;es, les emplois pr&#233;caires, les prix qui montent et l'&#201;tat qui promet. Entre ces deux r&#233;alit&#233;s se tient l'iceberg invers&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la richesse visible de l'ext&#233;rieur et l'appauvrissement v&#233;cu de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20633 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/png/s21-26.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH319/s21-26-479b1.png?1779514813' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'article pose une id&#233;e simple : Madagascar produit, extrait, exporte, puis rach&#232;te sous forme de d&#233;pendance ce qu'il n'a pas pu transformer. Les ressources sortent brutes. Les produits finis reviennent chers. Les marges industrielles se forment ailleurs. La pauvret&#233;, elle, reste sur place. Ce n'est pas seulement un dysfonctionnement administratif. C'est une cha&#238;ne. Une cha&#238;ne de valeur pour les uns, une cha&#238;ne de d&#233;pendance pour les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La place assign&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'est pas une anomalie. La CNUCED (Conf&#233;rence des Nations Unies sur le Commerce et le D&#233;veloppement) rappelle que 95 &#233;conomies en d&#233;veloppement sur 143 &#233;taient encore d&#233;pendantes des mati&#232;res premi&#232;res entre 2021 et 2023. Cette d&#233;pendance touche particuli&#232;rement les pays les moins avanc&#233;s. Elle n'est donc pas une exception malgache, mais une condition largement partag&#233;e par les pays plac&#233;s en p&#233;riph&#233;rie du syst&#232;me productif mondial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riph&#233;rie a une fonction. Elle fournit ce dont les centres industriels ont besoin : mati&#232;res premi&#232;res, march&#233;s ouverts, ressources critiques, main-d'&#339;uvre disponible, stabilit&#233; minimale des flux. Les pays b&#233;n&#233;ficiaires n'ont pas n&#233;cessairement int&#233;r&#234;t &#224; voir leurs fournisseurs devenir des concurrents. Un Madagascar qui vend de la vanille brute reste utile. Un Madagascar qui transforme la vanille en extraits, en ar&#244;mes, en poudre, en marques et en contrats longs devient un acteur industriel. Il capte une part de la marge. Il n&#233;gocie. Il d&#233;range.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; devient alors plus qu'un &#233;chec. Elle devient une position dans la cha&#238;ne mondiale. Un pays pauvre vend moins cher, accepte davantage de contraintes, d&#233;pend plus facilement de l'aide, conteste moins longtemps et n&#233;gocie rarement depuis une position de force. Ce n'est pas dire que l'Occident organiserait seul la pauvret&#233; malgache. C'est dire qu'un syst&#232;me mondial b&#233;n&#233;ficie objectivement d'un Madagascar qui transforme peu et reste disponible pour exporter brut.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le process de la captation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme suit une logique presque industrielle. D'abord vient l'int&#233;r&#234;t ext&#233;rieur : s&#233;curiser les ressources, maintenir l'acc&#232;s aux march&#233;s, conserver une influence g&#233;opolitique. Puis vient le cadre : accords commerciaux, normes, bailleurs, conditionnalit&#233;s, diplomatie &#233;conomique. Tout cela porte souvent le nom de coop&#233;ration, de partenariat ou de r&#233;forme. Mais ce cadre peut rendre plus facile l'exportation brute que la transformation locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les soci&#233;t&#233;s d'exploitation, les exportateurs, les logisticiens, les banques et les acheteurs internationaux s&#233;curisent les flux. La mati&#232;re sort. La valeur part avec elle. La transformation se fait dans les pays o&#249; l'&#233;lectricit&#233; fonctionne, o&#249; le cr&#233;dit est accessible, o&#249; les normes sont ma&#238;tris&#233;es, o&#249; les marques contr&#244;lent le march&#233; final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier verrou est financier. L'entrepreneur malgache peut parfois commercer, importer, collecter ou distribuer. Mais financer une industrie longue, acheter des &#233;quipements, construire une usine, obtenir une certification, tenir plusieurs ann&#233;es avant rentabilit&#233; : c'est une autre affaire. La Banque mondiale souligne que les contraintes de financement p&#232;sent sur la productivit&#233; et la capacit&#233; d'investissement des entreprises malgaches&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second verrou est &#233;nerg&#233;tique. C'est le n&#339;ud critique. Sans &#233;lectricit&#233; stable, pas d'usine fiable. Sans usine fiable, pas de transformation comp&#233;titive. Sans transformation, pas de valeur ajout&#233;e. Le FMI et la Banque mondiale documentent la fragilit&#233; de la JIRAMA, ses arri&#233;r&#233;s et son poids sur les finances publiques. &#192; Madagascar, l'&#233;nergie n'est pas seulement un service d&#233;faillant. Elle est la fronti&#232;re entre une &#233;conomie de cueillette et une &#233;conomie de transformation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cons&#233;quence ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; d&#233;coule le reste : peu d'usines, peu de transformation, exportation brute, importation de produits finis, d&#233;ficit commercial, monnaie fragile, dette, d&#233;pendance aux bailleurs. Puis le social encaisse : pauvret&#233;, exode, emplois pr&#233;caires, transferts de la diaspora, survie quotidienne. Enfin, la politique administre la boucle. Une partie des &#233;lites ne transforme pas le syst&#232;me. Elle occupe les points de passage : importations, licences, contrats &#233;nerg&#233;tiques, march&#233;s publics, autorisations, interm&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://madagascar-tribune.com/IMG/jpg/s21-26_3_1000.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH707/s21-26_3_1000-9f91e.jpg?1779514813' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'aide comme d&#233;cor moral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me a aussi son langage de compensation. Aides, pr&#234;ts, fondations, programmes RSE, appuis techniques, certifications, projets pilotes. Il ne faut pas les caricaturer. Certains projets sauvent des vies, financent de l'eau, soutiennent des &#233;coles, renforcent des producteurs, modernisent des administrations. La Banque mondiale documente par exemple des programmes d'acc&#232;s &#224; l'eau, de soutien au secteur priv&#233;, au tourisme, &#224; l'agribusiness et aux statistiques publiques &#224; Madagascar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question demeure : l'aide compense-t-elle la valeur perdue ? Ou rend-elle acceptable le syst&#232;me qui produit cette perte ? On prend la valeur, puis on rend l'appui. On capte la transformation, puis on finance la formation. On garde les usines ailleurs, puis on soutient les coop&#233;ratives ici. On maintient l'export brut, puis on c&#233;l&#232;bre le partenariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre la forme moderne de la d&#233;pendance : elle n'a pas toujours besoin d'&#234;tre impos&#233;e par la force. Elle devient acceptable par la compensation. Elle se pr&#233;sente sous les traits du d&#233;veloppement, alors m&#234;me qu'elle laisse intacte la structure qui emp&#234;che le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Changer de place, pas quitter le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays ont connu ce pi&#232;ge. Le Ghana et la C&#244;te d'Ivoire produisent le cacao, mais l'industrie mondiale du chocolat capte une grande partie de la valeur. La Zambie et la R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo (RDC) connaissent les tensions classiques du cuivre et du cobalt : richesse mini&#232;re, pr&#233;sence &#233;trang&#232;re, volatilit&#233; des cours, captation politique. Le Botswana a choisi une autre voie avec le diamant : n&#233;gocier, faire entrer l'&#201;tat dans la gouvernance de la ressource, capter davantage de revenus et construire un partenariat plus &#233;quilibr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Indon&#233;sie a pris une option plus dure sur le nickel : restreindre l'exportation brute pour obliger l'investissement dans la transformation locale. Cette politique n'est pas sans risques. Elle suppose &#233;nergie, infrastructures, capitaux, r&#233;gulation environnementale et n&#233;gociation ferme. Mais elle montre une chose : un pays ne change pas sa place en demandant poliment une meilleure marge. Il la change en modifiant les r&#232;gles d'acc&#232;s &#224; sa ressource.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Malaisie a transform&#233; progressivement ses ressources agricoles et mini&#232;res en base industrielle. La Cor&#233;e du Sud, pauvre en ressources, a compens&#233; par l'&#233;ducation, le cr&#233;dit orient&#233;, les infrastructures, l'&#201;tat strat&#232;ge et la discipline productive. Les pays qui s'en sortent ne quittent pas le syst&#232;me mondial. Ils changent leur position dans ce syst&#232;me. Ils passent de fournisseurs de mati&#232;re &#224; transformateurs, logisticiens, certificateurs, producteurs, n&#233;gociateurs.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id184e_c0'&gt; Pays &lt;/th&gt;&lt;th id='id184e_c1'&gt; Ressource dominante &lt;/th&gt;&lt;th id='id184e_c2'&gt; Boucle comparable &lt;/th&gt;&lt;th id='id184e_c3'&gt; Sortie ou blocage &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th headers='id184e_c0' id='id184e_l0'&gt;Ghana / C&#244;te d'Ivoire&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id184e_c1 id184e_l0'&gt;Cacao&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c2 id184e_l0'&gt;Production massive, faible transformation locale, marges capt&#233;es par l'industrie chocolati&#232;re mondiale&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c3 id184e_l0'&gt;Sortie partielle, mais d&#233;pendance persistante&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th headers='id184e_c0' id='id184e_l1'&gt;Zambie / RDC&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id184e_c1 id184e_l1'&gt;Cuivre, cobalt&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c2 id184e_l1'&gt;Extraction strat&#233;gique, forte pr&#233;sence &#233;trang&#232;re, d&#233;pendance aux cours mondiaux&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c3 id184e_l1'&gt;Sortie limit&#233;e, rente capt&#233;e par &#233;lites et multinationales&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th headers='id184e_c0' id='id184e_l2'&gt;Botswana&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id184e_c1 id184e_l2'&gt;Diamant&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c2 id184e_l2'&gt;Pays enclav&#233;, ressource tr&#232;s concentr&#233;e, risque de captation ext&#233;rieure&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c3 id184e_l2'&gt;Sortie relative par n&#233;gociation strat&#233;gique avec De Beers&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th headers='id184e_c0' id='id184e_l3'&gt;Indon&#233;sie&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id184e_c1 id184e_l3'&gt;Nickel, charbon, palmier &#224; huile&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c2 id184e_l3'&gt;Export brut, d&#233;pendance aux acheteurs industriels &#233;trangers&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c3 id184e_l3'&gt;Rupture partielle par interdiction d'export brut et industrialisation aval&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;th headers='id184e_c0' id='id184e_l4'&gt;Malaisie&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id184e_c1 id184e_l4'&gt;Caoutchouc, &#233;tain, palmier &#224; huile&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c2 id184e_l4'&gt;Ancienne &#233;conomie de mati&#232;res premi&#232;res&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c3 id184e_l4'&gt;Sortie par diversification industrielle et mont&#233;e en gamme&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;th headers='id184e_c0' id='id184e_l5'&gt;Cor&#233;e du Sud&lt;/th&gt;
&lt;td headers='id184e_c1 id184e_l5'&gt;Peu de ressources naturelles&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c2 id184e_l5'&gt;Pauvret&#233; initiale, d&#233;pendance ext&#233;rieure, faiblesse industrielle&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id184e_c3 id184e_l5'&gt;Sortie par &#201;tat d&#233;veloppeur, export industriel, &#233;ducation, discipline productive&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La disruption malgache&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Madagascar, la rupture ne doit pas &#234;tre spectaculaire. Elle doit &#234;tre pr&#233;cise. Il ne s'agit pas de tout nationaliser ni de tout interdire. Il s'agit de contr&#244;ler les points de passage par lesquels la valeur s'&#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point est l'&#233;nergie. Madagascar doit cr&#233;er trois &#224; cinq enclaves productives &#233;lectriquement fiables. Le Nord-Est pour la vanille, le girofle et les huiles essentielles. Les Hautes terres pour l'agroalimentaire, le conditionnement et le textile. Le Sud et les zones mini&#232;res pour la logistique, la pr&#233;-transformation et les minerais. Ces zones doivent disposer d'une &#233;nergie garantie, d'un tarif stable, de contrats transparents et d'une gouvernance suivie publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point est la transformation progressive. Interdire brutalement l'export brut serait dangereux. Il faut une trajectoire : tra&#231;abilit&#233; et publication des flux , taxe l&#233;g&#232;re sur l'export brut et exon&#233;ration pour la transformation, quota minimal de transformation, interdiction partielle uniquement lorsque les capacit&#233;s locales existent. La souverainet&#233; ne se proclame pas contre le r&#233;el. Elle se construit dans le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me point est le cr&#233;dit. Madagascar a besoin d'un Fonds national de transformation productive, pas d'un discours g&#233;n&#233;ral sur l'entrepreneuriat. Ce fonds financerait des &#233;quipements : s&#233;choirs, extracteurs, chambres froides, presses, emballage, certification, stockage, &#233;nergie d&#233;di&#233;e. Il pourrait &#234;tre aliment&#233; par une petite taxe sur certaines exportations brutes, des garanties publiques limit&#233;es, des lignes bailleurs r&#233;orient&#233;es vers la production et des obligations diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me point est la donn&#233;e. Qui ach&#232;te ? &#192; quel prix ? Par quel port ? Avec quelle licence ? Avec quelle fiscalit&#233; ? Sous quelle marque finale ? Un registre public des flux strat&#233;giques rendrait visibles les volumes, les prix moyens, les destinations, les exportateurs et les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs. Un syst&#232;me de captation prosp&#232;re dans l'opacit&#233;. Lorsqu'il devient lisible, il devient politiquement co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinqui&#232;me point est la diaspora. Elle ne doit pas seulement amortir la pauvret&#233; par les transferts familiaux. Elle doit devenir un capital patient de transformation. Cent mille membres de la diaspora qui contribueraient dix euros par mois repr&#233;senteraient douze millions d'euros par an. Ce n'est pas assez pour transformer le pays. Mais c'est assez pour financer des unit&#233;s pilotes, garantir du cr&#233;dit et prouver qu'un autre circuit est possible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Refondation dans la boucle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que la Refondation rencontre son test le plus s&#233;rieux. Au-del&#224; de l'article 53, au-del&#224; des d&#233;lais institutionnels, une question demeure : change-t-on la structure ou seulement le d&#233;cor ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Haute Cour constitutionnelle a rappel&#233;, dans sa d&#233;cision n&#176;10-HCC/D3 du 14 octobre 2025, le cadre li&#233; &#224; la vacance pr&#233;sidentielle et au d&#233;lai pr&#233;vu par l'article 53. La d&#233;cision n&#176;13-HCC/D3 du 6 novembre 2025 a ensuite ouvert une lecture plus large du calendrier de transition. Mais aucun calendrier, &#224; lui seul, ne transforme une &#233;conomie. Une transition peut changer les mots, les visages et les symboles sans toucher &#224; l'&#233;nergie, au cr&#233;dit, aux contrats, aux fili&#232;res, aux importations et aux flux de valeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Refondation se contente de prolonger le temps politique, elle devient un &#233;l&#233;ment de la boucle. Si elle parle de souverainet&#233; sans industrialisation, elle devient un r&#233;cit. Si elle invoque le peuple sans cr&#233;er de capacit&#233; productive, elle devient un habillage. La vraie question n'est donc pas seulement de savoir si la Refondation respecte l'article 53. La vraie question est de savoir si elle change la place de Madagascar dans la cha&#238;ne mondiale de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois fili&#232;res, trois zones, trois outils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La solution r&#233;aliste tient en peu de mots : trois fili&#232;res, trois zones, trois outils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois fili&#232;res d'abord : vanille, girofle et huiles essentielles, agroalimentaire local. Ce sont les secteurs o&#249; l'impact peut &#234;tre rapide et visible. Les minerais critiques viendront ensuite, car ils exigent plus de capital, plus d'&#233;nergie, plus de technologie et des n&#233;gociations g&#233;opolitiques plus lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois zones ensuite : Nord-Est, Hautes terres, Sud et zones mini&#232;res. Pas des vitrines. Des zones productives, &#233;lectrifi&#233;es, avec certification, guichet douanier, cr&#233;dit &#233;quipement et publication des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois outils enfin : registre public des flux strat&#233;giques, fonds diaspora de transformation, contrat de transformation progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar ne sortira pas de la pauvret&#233; en demandant une meilleure place dans le m&#234;me engrenage. Il en sortira lorsqu'il contr&#244;lera l'&#233;nergie qui fait tourner les usines, le cr&#233;dit qui finance la transformation, la donn&#233;e qui r&#233;v&#232;le les flux et la part minimale de valeur qui doit rester sur son sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boucle est boucl&#233;e. Mais une boucle n'est pas une fatalit&#233;. C'est un m&#233;canisme. Et un m&#233;canisme, d&#232;s lors qu'il est nomm&#233;, document&#233; et compris, peut &#234;tre d&#233;mont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/la-boucle-est-bouclee-dossier/&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L400xH500/s21-26_2_400-f44be.jpg?1779480622' width='400' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources et tra&#231;abilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources externes : UNCTAD, &lt;i&gt;The State of Commodity Dependence 2025&lt;/i&gt; ; Banque mondiale, &lt;i&gt;Madagascar Economic Update : Bridging the Productivity Divide&lt;/i&gt; ; FMI, rapports 2025 sur Madagascar et JIRAMA ; Banque mondiale Madagascar, pages projets pays ; Haute Cour constitutionnelle de Madagascar, d&#233;cisions n&#176;10-HCC/D3 et n&#176;13-HCC/D3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;daction &#8211; Diapason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouver le d&#233;bat autour de l'article &lt;strong&gt;tous les mardis soir&lt;/strong&gt; ici :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/diapason-le-debat&#034; class=&#034;spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L480xH270/debat_hebdo_480-d01b5.jpg?1772234829' width='480' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript13353575996a5e1b43a930c8.84522794&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.diapason.mg/liceberg-inverse-ce-que-le-monde-voit-ce-que-le-malgache-ignore/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.diapason.mg/liceberg-inverse-ce-que-le-monde-voit-ce-que-le-malgache-ignore/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://unctad.org/publication/state-commodity-dependence-2025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://unctad.org/publication/state-commodity-dependence-2025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldbank.org/en/country/madagascar/publication/madagascar-economic-update-bridging-the-productivity-divide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldbank.org/en/country/madagascar/publication/madagascar-economic-update-bridging-the-productivity-divide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2025/english/1mdgea2025003-source-pdf.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.imf.org/-/media/files/publications/cr/2025/english/1mdgea2025003-source-pdf.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldbank.org/ext/en/country/madagascar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldbank.org/ext/en/country/madagascar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hcc.gov.mg/?p=9647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hcc.gov.mg/?p=9647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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