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Sport

Crise du football

Vers une sanction généralisée pour le sport malgache

mercredi 26 mars 2008 | Alphonse M.

Après la décision, prise dernièrement par la FIFA, qui a suspendu Madagascar pour une période indéterminée de toutes compétitions internationales en football, voilà qu’une sanction généralisée pour le sport malgache se profile à l’horizon avec l’interpellation du CIO (comité international olympique) du COM (comité olympique malgache) de lui rendre compte des tenants et aboutissants de la décision de dissolution de la FMF (Fédération malgache du football).

Une entrée en lice de l’instance olympique internationale dans les cafouillages footballistiques du pays, le CIO soupçonnant visiblement une ingérence flagrante de l’Etat malgache dans la gestion du football dans le pays. Et la goutte, ayant fait déborder le vase, a été cette autre décision ministérielle qui a suspendu la FMN (Fédération malgache de natation) de toutes activités. En clair, le CIO voit d’un mauvais œil un gouvernement, par le truchement de son ministre des Sports, rayer de la carte sportive des fédérations qui sont pourtant régies par des textes internationaux quant à leurs attributions et fonctionnements.

De toutes les façons, le président du COM, Mamy Rakotoarivelo, n’a aucune alternative que de soutenir ces deux décisions prises par Patrick Ramiaramanana, au nom de la cohésion, de la solidarité et de la souveraineté nationale. Par contre, si l’ingèrence de l’Etat est prouvée aux yeux du C.I.O. alors que son représentant n’a pris aucune mesure pour protéger ses ouailles, l’addition risque de se corser pour l’équipe de Mamy Rakotoarivelo. « Ce n’est pas par pur hasard si le comité international a rappelé dans sa lettre la charte olympique qui mentionne l’autonomie du comité national », précise un dirigeant fédéral qui craint une dégénération de l’affaire football. Selon les indiscrétions, le Comité International Olympique serait soupçonné de n’attendre que cette confirmation officielle pour agir. Une action qui pourrait ainsi déboucher vers la suspension de Madagascar de toutes compétitions sportives internationales dont, notamment, les prochains Jeux Olympiques.

Une éventualité qui ne pourrait que nuire à l’image du pays, déjà qualifié d’être à haut risque en matière d’investissements internationaux et d’avoir une démocratie clopinante. Quoi qu’il en soit, la phrase assassine, prononcée par le ministre des Sports devant la presse nationale, selon laquelle « Madagascar, un Etat indépendant et souverain, n’a pas d’ordre à recevoir de la FIFA », semble avoir été le déclic qui aurait amené cette dernière et le CIO à rugir de la sorte.

  • Tout régenter

En parallèle, les commentaires et les discussions sur cette affaire ne cessent de s’enflammer dans le pays. Ici et là, l’on indique que les hautes autorités malgaches viendraient ainsi de se buter la tête contre un mur avec leur manie maladive de tout régenter. Les ténors du régime actuel qui, durant six années de mandat à la tête du pays, ont régulièrement manifesté un malin plaisir à limoger à tout va tant des hauts commis de l’Etat, voire des élus (maires de Sainte-Marie, Nosy-Be et Taolagnaro, par exemple). Pis, ils n’ont éprouvé le moindre gêne pour écarter des personnalités qu’ils ont eux-mêmes nommées quelques jours auparavant (Pds de Nosy-Be et Sainte-Marie). Tout ceci, sans oublier la grogne de certains magistrats qui voient leur indépendance bafouée par des ordres venant « d’en haut lieu » sur des jugements et arrêts qu’ils sont amenés à prendre.

En somme, l’image de Madagascar est donc actuellement mise en péril par cette ingérence flagrante de l’Etat dans la gestion du football et de la natation. Et une éventuelle sanction, prise par le CIO, pourrait ainsi constituer le coup de grâce devant pousser le pays sur le banc des accusés de l’arène internationale. En d’autres termes, ce tir de penalty en force de Patrick Ramiaramanana risque actuellement de réduire en miettes tous les efforts, déployés par le pouvoir actuel, en vue d’avoir une reconnaissance internationale en matière de bonne gouvernance. Sans enfoncer le clou, un carton rouge pourrait être exhibé pour bouter Madagascar hors du terrain international.

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