Il existe des livres qui décrivent un pays. Et d’autres qui obligent à changer la question que l’on pose à son sujet. L’énigme et le paradoxe [1], l’ouvrage de Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, appartient à cette seconde catégorie. Il ne se contente pas de constater la pauvreté persistante de Madagascar. Il invite à comprendre pourquoi cette pauvreté se maintient alors même que le pays dispose de ressources naturelles, d’un capital humain réel, d’une position géographique stratégique et d’une relative continuité historique.
Le constat est connu, mais il reste dérangeant. Depuis l’indépendance, Madagascar ne suit pas la trajectoire attendue d’un pays pauvre appelé à converger progressivement vers un niveau de vie supérieur. Son PIB par habitant a reculé ou stagné sur le temps long (divisé par deux depuis 1972). Plus troublant encore, les rares séquences de reprise économique ont presque toujours été suivies de crises politiques majeures. 1972, 1991, 2002, 2009 : la répétition finit par dessiner une mécanique.
C’est cette mécanique que les auteurs nomment l’énigme et le paradoxe. L’énigme : pourquoi un pays aussi riche en potentialités reste-t-il enfermé dans une pauvreté durable ?
Le paradoxe : pourquoi les moments où Madagascar semble repartir sont-ils précisément ceux où le système politique se fracture ?
Le livre apporte une réponse décisive : les explications classiques ne suffisent pas. Ce n’est pas seulement la géographie. Ce n’est pas seulement l’ethnicité. Ce n’est pas seulement le manque d’éducation, la corruption ordinaire ou la mauvaise politique économique. Il faut regarder l’économie politique du pays : la structure du pouvoir, les élites, les rentes, les institutions, les rapports entre villes et campagnes, la faiblesse des corps intermédiaires et la difficulté à construire un compromis stable autour de la production et du partage de la richesse.
Cette lecture reste essentielle. Mais elle appelle aujourd’hui un prolongement. Car l’énigme malgache ne tient pas uniquement à la faiblesse de l’État ou à l’instabilité des élites. Elle tient aussi à une organisation économique qui rend une partie de la richesse invisible, externe ou faiblement transformée. Madagascar produit de la valeur, mais ne la convertit pas assez en puissance publique, en emplois qualifiés, en infrastructures, en services de base et en souveraineté réelle.
La question n’est donc plus seulement : pourquoi Madagascar est-il pauvre ? Elle devient plus précise, plus politique, et peut-être plus dérangeante : pourquoi la richesse malgache ne devient-elle pas développement malgache ?
Le piège de la richesse invisible
Madagascar est souvent décrit comme un pays pauvre. La formule est exacte dans les indicateurs sociaux. Elle devient pourtant trompeuse si elle empêche de voir ce que le pays produit, ce qu’il fournit et ce qu’il rend possible pour d’autres.
Car Madagascar n’est pas un territoire vide. Le pays est inséré dans plusieurs circuits de valeur : vanille, girofle, nickel, cobalt, ilménite, graphite, terres agricoles, pêche, biodiversité, textile, services externalisés, tourisme, ports, routes maritimes et position stratégique dans l’océan Indien. Le paradoxe est là : cette richesse existe, mais elle ne se transforme pas suffisamment en puissance publique, en industrie locale, en emplois qualifiés, en infrastructures ou en services de base.
La vanille illustre ce déséquilibre : Madagascar domine une ressource stratégique, mais l’essentiel de la valeur finale se joue souvent dans la transformation, la marque, la distribution et la fixation des prix.
Une partie de la valeur quitte le territoire trop tôt. La ressource part brute ou semi-transformée. Le travail est faiblement rémunéré. La marge se construit ailleurs. La norme, la marque, le financement, l’assurance, la certification, la distribution et parfois même le récit sont contrôlés hors du pays. Madagascar produit alors une richesse dont il ne conserve qu’une fraction.
C’est pourquoi la rente ne doit pas être comprise seulement comme une rente politique. Elle est aussi logistique, commerciale, énergétique, financière, juridique et narrative. Elle se cache dans les ports, les contrats, les autorisations, les concessions, les importations stratégiques, les marchés publics, les filières agricoles, les mines, l’énergie, les normes et l’aide extérieure. Elle ne se voit pas toujours dans les discours. Elle se lit dans les flux.
L’économie politique malgache ne peut donc pas s’arrêter à la question des élites qui captent. Elle doit poser une question plus concrète : où la valeur se perd-elle ? Qui produit ? Qui transporte ? Qui finance ? Qui transforme ? Qui fixe le prix ? Qui certifie ? Qui exporte ? Qui capte la marge finale ?
Tant que ces questions ne sont pas posées filière par filière, Madagascar continuera à être raconté comme un pays pauvre, alors qu’il est aussi un pays dont la richesse est trop souvent extraite, sous-convertie ou rendue invisible.
La sortie de l’énigme commence donc par une opération de vérité : rendre la richesse visible. Non pour nourrir un discours de ressentiment, mais pour bâtir une politique de transformation. Un pays ne peut pas reprendre la maîtrise de son avenir s’il ne sait pas précisément où naît sa valeur, où elle circule, où elle se bloque et où elle disparaît.
Pourquoi la croissance peut produire la crise
Le paradoxe malgache s’éclaire si l’on cesse d’opposer mécaniquement croissance et crise. À Madagascar, les crises ne surgissent pas toujours parce que la croissance échoue. Elles surgissent aussi parce qu’une croissance visible, mais mal distribuée, rend l’injustice plus lisible.
Quand l’économie redémarre, les signes extérieurs de richesse apparaissent rapidement : bâtiments, véhicules, grands projets, marchés publics, concessions, communication officielle, proximité entre pouvoir et argent. Mais dans le même temps, l’eau manque, l’électricité se coupe, les routes isolent, l’école se dégrade, l’hôpital reste inaccessible et les jeunes diplômés peinent à trouver leur place dans l’économie productive.
Une croissance totalement absente produit de la résignation. Une croissance visible mais captée produit de la colère.
C’est peut-être le cœur du paradoxe. Madagascar n’entre pas en crise seulement parce qu’il est pauvre. Il entre en crise lorsque la population comprend que le pays n’est pas pauvre pour tout le monde.
La croissance augmente les flux. Les flux augmentent les rentes. Les rentes attisent les rivalités. Les coalitions se fragilisent. Les acteurs exclus cherchent une fenêtre. La crise devient alors un instrument brutal de redistribution du pouvoir, sans devenir nécessairement une transformation du système.
Dans un État productif, la croissance élargit la base sociale du compromis. Dans un État capturé, elle élargit la bataille pour la rente. Le problème n’est donc pas que Madagascar refuserait le développement. Le problème est que le système résiste au type de développement qui le rendrait moins indispensable.
Des institutions aux infrastructures civiques
Madagascar ne manque pas d’institutions sur le papier. Il a un Parlement, des élections, une administration, une justice, des collectivités, des organes de contrôle, des stratégies nationales. Mais une institution ne se juge pas à son existence formelle. Elle se juge à sa capacité à contraindre les puissants, à protéger les faibles, à rendre les décisions lisibles et à produire des résultats.
Un Parlement qui ne rend pas le budget compréhensible laisse le citoyen hors du contrôle. Une décentralisation sans ressources maintient les territoires dans la dépendance. Des organes anticorruption qui n’atteignent pas les centres réels de captation installent une morale sélective. Des politiques publiques pilotées par projets, consultants et cycles de bailleurs affaiblissent la continuité de l’État.
Le problème n’est donc pas seulement institutionnel. Il est fonctionnel. Une institution qui ne modifie pas le comportement des acteurs puissants devient décorative. Une institution qui protège les puissants devient un outil de reproduction.
C’est ici que l’atomisation de la société devient décisive. Les citoyens se mobilisent, parfois massivement, mais l’organisation durable manque. Les paysans produisent, mais pèsent peu. Les jeunes contestent, mais peuvent être dispersés ou récupérés. Les partis existent, mais structurent rarement la société. Les syndicats, les associations, les médias, les entrepreneurs productifs, la diaspora et les collectivités restent souvent fragmentés.
Ce n’est pas l’absence de conscience qui bloque le pays. C’est l’absence de continuité organisationnelle.
Un peuple atomisé peut renverser. Il ne peut pas toujours reconstruire. Une colère sans architecture peut ouvrir une brèche. Elle peut aussi être refermée par ceux qui maîtrisent mieux les institutions, les réseaux, l’argent, la sécurité et le récit.
La refondation ne peut donc pas être un mot. Elle doit devenir une méthode : plateformes de propositions, suivi budgétaire, coalitions sectorielles, observatoires citoyens, relais régionaux, protection des lanceurs d’alerte, porte-paroles mandatés et tableaux de bord publics. Il ne suffit pas d’appeler les citoyens à participer. Il faut leur donner les instruments pour peser dans la durée.
Les chantiers de sortie
La sortie du paradoxe ne viendra pas d’un décret. Elle exige une autre organisation de la valeur.
Premier chantier : rendre la richesse visible, par une cartographie publique des ressources, des contrats, des exportations, de la fiscalité, du contenu local et des bénéficiaires effectifs.
Deuxième chantier : transformer localement ce qui peut l’être. Énergie, agriculture, mines, textile, services numériques : la vraie question doit devenir simple. Quelle part de la valeur reste à Madagascar ?
Troisième chantier : faire du budget le test de vérité. Une refondation, une décentralisation ou une souveraineté qui ne se voient pas dans le budget restent des récits.
Quatrième chantier : construire les corps intermédiaires capables de tenir dans la durée : plateformes citoyennes, PME productives, syndicats, diaspora, collectivités, experts et médias indépendants.
Cinquième chantier : rendre la refondation vérifiable. Contrats publiés, audits ciblés, tableaux de bord eau-électricité, suivi des engagements et calendrier institutionnel lisible.
L’énigme malgache n’est donc pas inexplicable. Elle devient lisible dès que l’on cesse de demander seulement pourquoi le pays est pauvre, pour demander pourquoi sa richesse ne devient pas puissance collective.
Le paradoxe, lui aussi, s’éclaire : la croissance provoque la crise lorsqu’elle rend la captation plus visible que la redistribution.
Madagascar n’est pas seulement confronté à la pauvreté. Il est confronté à une organisation de la richesse qui empêche cette richesse de devenir développement.
Sources principales
L’énigme et le paradoxe. Économie politique de Madagascar, Mireille Razafindrakoto, François Roubaud, Jean-Michel Wachsberger, IRD Éditions / AFD, 2017.
Travaux Diapason sur l’architecture de la dépendance [2], l’économie fantôme [3], la décentralisation [4], la refondation et la captation de la valeur [5].
Rédaction – Diapason
Retrouver le débat autour de l’article tous les mardis soir ici :
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Vos commentaires
Étant donné que la situation lamentable est parfaitement explicable, ce n’est plus un énigme !
Encore moins un mystère se transformant en mythe...
La réalité est trop visible :
Le système politique est fait pour assurer la capture d’État par le régime au pouvoir !
Et tous les régimes politiques successifs en ont profité amplement ! Tous sans exception !
Le facteur explicatif n’est plus à identifier et les pistes de sortie ne sont pas à théoriser !
Bonjour Vohitra
Avis parfaitement partagé
Bonjour Vohitra
Avis parfaitement partagé.
Toutefois
Je ne mets pas le premier landau de Ravalomanana dans ke même dans.
Dans son deuxième mandat : oui, l’intérêt particulier avait pris le dessus sur l’intérêt général.
Et je lui en veux particulièrement d’avoir initié
– 1- Le système FRAM qui tue notre éducation nationale
– 2- Le principe ANTIDÉMOCRATIQUE ET ANTICONSTITUTIONNEL DE
*** PDF !!!!
En ce moment R8 peut paraître comme étant ke seul recours.
Mais le vrai intérêt de Madagascar est
Soit un GOUVERNEMENT DE TECHNOCRATES
sous contrôle d’amnésie international par exemple
Soit une utopie ...en Afrique ( contrairement à la Belgique démocratique, pendant QUATRE ANS )
Comme est également utopique la mise sous tutelle de l’ONU ( pas de massacre+++ , pas d"intervention)
De toute façon impossible car le peuple dondrona ( tétanisé par l’économie de survie) reste apathique face aux excès...
LE SEUL RECOURS NE PEUT VENIR QUE DES JEUNES (quasiment 2/3 de la population)
Bonjour Bekily,
A mon humble, eu égard à l’histoire politique et des schémas d’aménagement des territoires ayant eu lieu dans le pays, la solution optimale pour empêcher le pays de retomber fréquemment dans des crises politiques infernales à cause de cette capture d’État opérée systématiquement par le régime politique au pouvoir, c’est de changer le système politique.
Depuis 2019, dans les colonnes de Madagascar Tribune, j’ai déjà avancé à titre de proposition la mise en place d’une « République Fédérale de Régions Autonomies » comme structure politique.
En toute honnêteté, je crois que c’est la solution optimale pour empêcher toutes les veilletés de capture d’État.
Une voie idoine permettant de responsabiliser le peuple à s’intéresser et prendre part à la vie publique de façon permanente mais pas uniquement au cours de l’apparition de crises de gouvernance...
Bonjour Vohitra
Il est sur que notre systeme ne colle pas.
1- il y a réel besoin de plus de démocratie locale
Et pays est vaste ,
les communications développées episodiquement .
La province est écrasée par le poids de l’état trop centralisateur...
...CE QUI FACILITE EN + LE DEVELOPPEMENT DE LA MAFIA ET DE SA CORRUPTION.
– 2- LE REGIONALISME POLITIQUE EXISTE.
Telle Allemagne ou Espagne .
Le REGIONALISME
* avec POUVOIRS INSTITUTIONNELS fixés par la CONSTITUTION est la forme la plus aboutie de decentralisation d’un État unitaire.
Possibilités de contrats internationaux...
* LA TUTELLE DU POUVOIR CENTRAL N’EXISTE PLUS..( Il ne s’agit plus de délégation de pouvoir, ni de déconcentration du pouvoir central).
* le POUVOIR CENTRAL ne garde que les POUVOIRS REGALIENS comme les affaires étrangères.
* UN PARLEMENT REGIONAL LÉGIFÉRE
dans le cadre de ses attributions constitutionnelles : ex universités, langue...
LA REGION ACTUELLE N’EST NQU’UNE DENONCENTRATION ADMINISTRATIVE
DE FACADE
DE L’ETAT UNITAIRE).
A mon humble avis parler de « REPUBLIQUE FEDERALE AVEC REGIONS AUTONOMES »
en ces termes, peut prêter à confusion .
Pour mieux decentraliser un Etat unitaire
il faudrait :
Soit le fédéralisme
Soit le régionalisme
Les deux concepts n’ont pas la même origine.
AINSI :
Le terme FEDERER
s’applique à un ETAT A CRÉER à partir de plusieurs entités ethniques ou linguistiques ( cas du Nigéria ou Afrique du Sud)
ou à UNIR plusieurs États (cas de la Suisse ou des USA qui avait été une CONFEDERATION.D’ETATS , ou cantons ,.AUTONOMES).
Un vrai constitutionnaliste (professeur d’université) l’expliquerait mieux que moi.....
— FEDERER...
un ÉTAT MALGACHE UNITAIRE EXISTANT,
impliquerait d’abord :
* la DESAGRÉGATION
* OU LE DÉMEMBREMENT DE L’ÉTAT UNITAIRE EXISTANT....
Le problème est à la fois technique et financier
— Alors que le REGIONALISME
est une décision.politique a moyens constants pour :
@ FAIRE ÉVOLUER L’ÉTAT UNITAIRE
@@ VERS UN MODE DE FONCTIONNEMENT POLITIQUE DE TYPE FEDERAL
(forme ultime de la decentralisation)
La question du PRM élu au suffrage universel direct est un autre poème. .....
Mais
le fait que le FORONGONY
( RÉPUTÉ TRANSITOIRE)
mette la charrue avant les bœufs...
Et surtout le fait qu’il se permette de prendre des dispositions à EFFETS PERENNES...
.....peuvent laisser perplexe sur sa volonté de changer le système.
NOTANT par ailleurs
que les GANGS POLITIQUES MAFIEUX se développent aisement dans les pays fédéraux à démocratie légère ( ex : Nigéria et Afrique du Sud.)
MADAGASCAR SOUFFRE DE.
* BUREAUCRATIE D’ETAT UNITAIRE TRES CENTRALISATEUR.
**,AVEC DÉCENTRALISATION DE FACADE ...
QUE LA PROVINCE REJETTE EN MASSE !
LE PROBLEME EST TROP TECHNIQUE
IL MERITERAIT QUE MT
INVITE..UN VRAI CONSTITUTIONNALISTE
A EMETTRE UNE RUBRIQUE
SUR LE FÉDÉRALISME .
ET
SUR LE REGIONALISME
MODALITES ?
AVANTAGES ?
INCONVENIENTS ?
CONSEQUENCES JURIDIQUES , INTERNATIONALES ET FINANCIÈRES ?
SI :
— « TRANSFORMATION » INEDITE D’ETAT UNITAIRE.EN FEDERATION ?
— OU « EVOLUTION » EN REGIONALISME ?
NB
Sur les reseaux sociaux, les explications d’un administrateur civil ( merina de surcroit) .ne fît qu’attiser les interprétations les pays farfelues.
Car considérées comme une prise à parti .....
Cordialement
Ce livre est sorti il y a plusieurs années.
Il mettait surtout en évidence la connivence quasi familiale entre les hauts fonctionnaires les cadres du commerce et de l’industrie et les rentiers des filières.
Disons en étant large 50000 personnes qui tirent bien leur épingle du marasme infernal du pays.
Diapason lui fait poser une analyse économique que ce livre tout orienté sociologie ne faisait pas.
L’analyse est assez juste.
Les solutions préconisées par Diapason sont aussi pertinentes.
Elles peuvent se résumer en une phrase : rapatrier de la valeur ajoutée au pays.
Entièrement d’accord mais Diapason ne donne pas le « comment ».
Moi je l’ai proposé dans un texte que j’ai envoyé aux auteurs du livre texte que j’avais intitulé : « Pour une République solidaire et sévère ».
Et je disais ceci :
Toutes les ressources naturelles susceptibles d’être exportées doivent être organisées par filière et la responsabilité de A à Z de la filière exportation confiée à une seule entreprise étrangère de taille internationale, éthique et l’État malgache apportant l’exclusivité de la ressource et de l’exportation aurait 50% des résultats de l’entreprise laquelle aurait pour mission de valoriser au maximum la valeur ajoutée dans le pays de la cueillette par exemple à la vente au consommateur final américain.
Que devenaient les exportateurs actuels ?
Cadres supérieurs de cette entreprise conjointe.
C’était l’idée et naturellement. Chaque filière était traitée en mode « projet ».
Tout devient alors transparent et les impôts rentreraient à flots.
Fini les rentes opaques fini les bénéfices faits à l’étranger ou par les étrangers. Nous serions l’État malgache au conseil d’administration et les auditeurs feraient leur boulot comme dans les pays développés.
J’ai même écrit le modèle de contrat entre l’entreprise éthique et l’État...
Ce livre est sorti il y a plusieurs années.
Il mettait surtout en évidence la connivence quasi familiale entre les hauts fonctionnaires les cadres du commerce et de l’industrie et les rentiers des filières.
Disons en étant large 50000 personnes qui tirent bien leur épingle du marasme infernal du pays.
Diapason lui fait poser une analyse économique que ce livre tout orienté sociologie ne faisait pas.
L’analyse est assez juste.
Les solutions préconisées par Diapason sont aussi pertinentes.
Elles peuvent se résumer en une phrase : rapatrier de la valeur ajoutée au pays.
Entièrement d’accord mais Diapason ne donne pas le « comment ».
Moi je l’ai proposé dans un texte que j’ai envoyé aux auteurs du livre texte que j’avais intitulé : « Pour une République solidaire et sévère ».
Et je disais ceci :
Toutes les ressources naturelles susceptibles d’être exportées doivent être organisées par filière et la responsabilité de A à Z de la filière exportation confiée à une seule entreprise étrangère de taille internationale, éthique et l’État malgache apportant l’exclusivité de la ressource et de l’exportation aurait 50% des résultats de l’entreprise laquelle aurait pour mission de valoriser au maximum la valeur ajoutée dans le pays de la cueillette par exemple à la vente au consommateur final américain.
Que devenaient les exportateurs actuels ?
Cadres supérieurs de cette entreprise conjointe.
C’était l’idée et naturellement. Chaque filière était traitée en mode « projet ».
Tout devient alors transparent et les impôts rentreraient à flots.
Fini les rentes opaques fini les bénéfices faits à l’étranger ou par les étrangers. Nous serions l’État malgache au conseil d’administration et les auditeurs feraient leur boulot comme dans les pays développés.
J’ai même écrit le modèle de contrat entre l’entreprise éthique et l’État...
Tout est utopique dans la mesure où le Pouvoir
est kidnappé par une MAFIA (téléguidée par SITENY) qui dicte sa loi,
dont CORRUPTION
Ainsi :
un chef d’état QUI PARTAGE DE L’ARGENT n’est pas poursuivi pour corruption , par une justice aux ordres....
AJOUTER A LA CIRRUPTION :
* NEPOTISME
* TRIBALISME
* MILITARISATION DES INSTITUTIONS
* MENACES , ABUS DE POUVOIR ET ARRESTATIONS ARBITRAIRES.
Avec 80% de pauvreté et 60% de jeunes en déshérence (42% de chômage et plus en état précarité permanente ).....
Madagascar reste une BOMBE SOCIALE dont le seul mode d’expression. possible est le ROTAKA .
Puisque toutes les libertés publiques lui sont refusées.
La moindre opposition frontale est considérée comme une tentative de coup d’Etat
( cas de L’EMPRISONNEMENT ARBITRAIRE DU GENANT COLONEL PATRICK )
Je suis étonné que Pitchboule accorde tant d’importance à ce livre, qui mérite de figurer dans toutes les bibliothèque, mais pour caler le meuble...On y apprend que le PIB du pays s’est écroulé après chaque période de crise, ce qui pourrait passer pour un scoop si ce n’était le cas dans tous les pays du monde ( le PIB en France s’est écroulé après la crise des subprimes en 2008, après la crise des gilets jaunes, après le Covid etc... ). Seule est intéressante la dernière partie, bourrée de statistiques...
Bien meilleur leur dernier ouvrage « Madagascar d’une crise à l’autre » ou des intellectuels de tous bords se penchent sur tous les aspects du pays.
Si Pitchboule est anglophone et qu’il veut vraiment maîtriser le sujet, il devra lire « le » livre de référence du meilleur expert mondial sur la question ( Daron Acemoglou prix Nobel d’économie 2024 ) : « why nations fail ».
Le mécanisme de la réussite ou de l’échec y est décortiqué : Acemoglou réfute totalement l’hypothèse culturelle retenue précédemment par Pitchboule ( chapitre 2 : « what doesn’t work » ) développée par Max Weber au sujet des protestants. Ce ne sont pas les pesanteurs culturelles ( fihavanana, pulsion égalitaire, aliénation religieuse, propension à l’alcoolisme ) qui expliquent l’échec du pays et de tous les états africains, mais un certain nombre de caractéristiques institutionnelles : état faible, sans pouvoir régalien, pas de cloisonnement entre l’économie et la politique ( Madagascar est presque un prototype du capitalisme de connivence qu’il fustige ), qui empêchent le développement de la destruction créatrice, qui est l’unique source de croissance économique.
Très simple :
CORRUPTION
DE SURCROIT INSTITUTIONNALISEE...
par une mafia qui capte le Pouvoir.