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Editorial

L’Afrique, la Chine et l’Inde

mercredi 27 mai 2009 |  3139 visites  | Patrick A.

Souriant avec Ndimby hier des difficultés à utiliser le second degré dans les éditoriaux (oui, il aime bien la provoc...), je prends le parti et le risque aujourd’hui de vous saoûler de chiffres. Avec des données, on court un peu moins le risque d’être taxé de ceci ou de cela, même si personne n’oublie qu’il est parfois possible de faire dire ce que l’on veut à des statistiques.

La publication la semaine dernière des enquêtes Afrobaromètre a l’avantage de comparer l’opinion publique de Madagascar avec celle de 19 autres pays d’Afrique(1), et de comparer cette évolution entre 2005 et 2008. Même s’il est facile de jouer les prophètes a posteriori, il est difficile de ne pas lire dans ces enquêtes des signes révélateurs du malaise qui allait déboucher sur la crise de 2009.

Un silence assourdissant

On y relève notamment le sentiment d’une moindre liberté d’expression : 29% seulement disaient en 2008 devoir avoir rarement ou jamais besoin de faire attention à ce qu’ils disaient en matière de politique, contre 39% trois ans plus tôt.

Cette impression de devoir marcher sur des œufs est confortée par le fait qu’à pratiquement toutes les questions, et plus particulièrement les questions sensibles, Madagascar se distingue parmi les pays enquêtés par la plus grande proportion de réponse « ne savent pas ». Ainsi, 46% déclaraient ne pas savoir si le Président respectait les lois du pays, et 47% ne savaient pas si lui et son cabinet étaient corrompus alors que, selon le même sondage, le Président recueillait la confiance de 64% de la population.

48 % des adultes ne répondaient pas à la question : Madagascar est-elle une démocratie, soit parce qu’ils disaient ne pas comprendre la question (26 %), soit parce qu’ils disaient ne pas savoir (22 %). Cela explique que seulement 39% de ceux qui répondaient déclaraient que leur pays est une démocratie, le plus mauvais score mis à part le Zimbabwe en 2005. De même 16% seulement se déclaraient satisfaits de la démocratie à Madagascar.

En tenant compte de la demande exprimée de démocratie et la satisfaction par rapport à la mise en place à celle-ci, Afrobaromètre classe d’ailleurs Madagascar et le Lesotho dans le groupe des autocraties, les autres pays africains étant des régimes hybrides. Sur ces critères, c’est le Botswana qui est le plus proche d’une démocratie.

Déception démocratique

En fait, les enquêtes révèlent une attitude désabusée des Malgaches par rapport à la démocratie. Au sein de l’échantillon de pays testés, la population de Madagascar montre le plus faible support à la démocratie. Seulement 39% déclaraient que la démocratie est préférable à toute autre forme de gouvernement. On est très loin des 85% du Botswana, et de 70% de la moyenne des pays testés.

61% soulignaient que la priorité était d’améliorer les conditions économiques des plus pauvres, cette demande venant bien avant toutes celles portant sur l’amélioration de la gouvernance. En voyant ces chiffres, certains seront sans doute prompts à déclarer que la démocratie est un luxe pour les Malgaches. Ils mettent en avant l’exemple de la Chine pour dire que la croissance économique s’obtient plus facilement en régime autoritaire. Et ils auront beau jeu de souligner que ce n’est que depuis la fin de la guerre froide que les pays occidentaux prônent que la démocratie est à la base du développement et y conditionnent l’aide, car ils s’accommodaient auparavant fort bien de s’allier à des dictatures supposées plus stables.

La démocratie, condition ou conséquence ?

Effectivement, selon le PNUD, la stabilité est fonction de revenus : les revenus élevés s’accompagnent d’une plus grande stabilité, y compris la stabilité démocratique. Toutefois, d’autres variables ont également une importance majeure. Le PNUD s’est attaché depuis 1990 à définir un indicateur de développement humain (IDH), qui intègre trois dimensions : longévité et santé, instruction et accès au savoir, et enfin possibilité de disposer d’un niveau de vie décent. Selon le PNUD, les liens entre démocratie et développement humain sont solides, même s’ils ne sont pas automatiques.

Pour Amartya Sen, Prix Nobel d’Économie, « la pérennité d’un gouvernement dans une nation démocratique est menacée par l’arrivée d’une famine. Il aurait des difficultés à résister aux critiques de l’opposition et à gagner les élections. C’est la raison pour laquelle la faim, sous cette forme aiguë, n’existe pas dans les pays démocratiques, même très pauvres, mais apparaît seulement là où il n’y a pas de démocratie, ce qui est malheureusement le cas dans un très grand nombre d’Etats dans le monde ». Autrement dit, la pure croissance économique peut fort bien s’accommoder d’une dictature, mais la démocratie est plus favorable au développement humain.

Selon l’expert en économie politique Joseph Siegle, « la durée de vie des citoyens des pays démocratiques est également plus longue que celle des habitants des autocraties ».

Les enquêtes Afrobaromètre révèlent ainsi a posteriori un décalage menaçant pour le gouvernement Ravalomanana. Aux yeux de la population malgache, le gouvernement de 2008 gérait plutôt bien l’économie, mais très mal les conditions de vie des plus pauvres et la création d’emplois. Par rapport à 2005, moins de ménages s’estimaient en 2008 satisfaits de leurs conditions de vie, et davantage se plaignaient de difficultés d’accès aux médicaments essentiels et à l’eau potable(2).

Oui, une démocratie installée trop tôt risque plutôt de déboucher sur l’anarchie ou une diminution des libertés publiques. Le développement nécessite un État de droit (par opposition à État arbitraire) qui permet l’anticipation du comportement des autres agents ; et l’État de droit ne se confond pas nécessairement avec l’État démocratique, car l’État de droit peut être « conservateur », qu’il soit dictatorial (Salazar au Portugal) ou démocratique, ou « progressiste » sous les formes du « despotisme éclairé » (Colbert ou Bismarck ou Mutsu Hito) ou de la « démocratie éclairée » (les pays anglo-saxons depuis le XVIIIe siècle).

La démocratisation est susceptible de saper la croissance dans les pays où l’État de droit est faible, mais indubitablement elle la stimule lorsqu’il est fort. Car la démocratie apporte en sus l’ouverture, des contrôles et équilibres politiques, la faculté de répondre aux priorités des citoyens, et les mécanismes d’autocorrection qui contribuent à une croissance soutenue et à des conditions de vie meilleures. À l’exemple chinois, permettez nous donc de préférer l’exemple indien, celui de la plus grande démocratie au monde.


Notes : En raison sans doute de méthodologies différentes qui ont dû être harmonisées, certains chiffres diffèrent légèrement entre les rapports par pays et les rapports consolidés. La marge d’erreur est de plus ou moins 3%.
(1)Afrique du Sud, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cap-Vert, Ghana, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Tanzanie, Zambie. Les données du Zimbabwe pour 2005 ont également été considérées. Pour Madagascar, les données ont été recueillies auprès de 1350 personnes entre le 11 juin et le 11 juillet 2008.
(2) Certes, si les Malgaches étaient confrontés à de nombreuses difficultés, ils gardaient une étonnante confiance dans l’avenir, et seulement 4% se disaient adeptes des manifestations de rue...

15 commentaires

Vos commentaires

  • 27 mai 2009 à 08:57 | racynt (#1557)

    Bonjour Patrick,

    effectivement si 16% seulement était satisfait de la démocratie, cela prouve bien qu’il y avait un malaise qui s’installait et que le régime de Ra8 devait prendre en compte. Cependant quand 48% , c’est à dire presque la moitié , ne répondent pas soit parce qu’il ne savent pas ou ne comprennent pas la question, cela prouve aussi que l’opposition a profité de l’ignorance des gens pour discréditer le pouvoir en place étant donné qu’ils ont utilisé la démocratie comme prétexte.

    Evidemment que la Chine n’est pas une si belle exemple, car derrière le développement économique se cache une misère d’une grande partie de la population. Ce n’est pas un hasard si les grandes entreprises occidentales (français, américains...) se dé-localisent en Chine : la main d’oeuvre y est bon marché, les conditions de travail sont déplorables aux grands détriments des ouvriers chinois,... Ndimby nous a rappelé que les grandes puissances fermaient les yeux aux violations des droit de l’homme en Chine pour des raisons d’intérêt économique...

    • 27 mai 2009 à 19:36 | Barijaona (#108) répond à racynt

      Sur certaines questions, la moitié qui déclare « ne pas savoir » ou « ne pas comprendre la question » inclut certainement des grands timides qui ont parfaitement compris mais n’osent pas s’exprimer...

      Rien que cela est significatif...

  • 27 mai 2009 à 09:15 | Rabila (#1379)

    Et moi qui croyait qu’on était au niveau de la France.

    Il suffisait de faire un copier-coller. La 5eme republique avec ses institutions me semble correcte.

    C’est vrai, il ne suffit pas d’avoir la partition pour faire de la musique. il faut des musiciens qui sachent la lire et jouer. Et peut être écrire ...

  • 27 mai 2009 à 09:18 | RADAGIL (#127)

    Vos chiffres parlent d’elles-memes M/scar sous le règne de tous les régimes
    passés n’a connu que la pauvreté.Une ex-
    ception sous Tsiranana mais c’était encore la France qui dirigeait.Ra8 crie haut et fort que pendant les 7 ans qu’il était là M/scar a connu une croissance de 7% mais les Malgaches se sont appauvris de 200%.Certes il y a des gens qui roulent en 4/4 mais grosso modo la misère s’étendait partout.Il est vrai que le Groupe TIKO prospérait et que c’était pas une mauvaise chose de concurrencer les produits étrangers mais il fallait qu’il paye les taxes et les impots comme tout le monde,ne pas etre au-dessus des lois pour favoriser la libre concurrence

  • 27 mai 2009 à 10:50 | Alien (#1703)

    Ainsi, la question qui se pose est donc : doit-on d’abord evoluer la democratie ou bien l’economie du pays ?

    • 27 mai 2009 à 12:24 | dieg (#2041) répond à Alien

      Alien

      c’est une bonne question,on a des exemple.

      au moment où la chine à libéré son économie,la Russie a préféré libérer sa démocratie(La Perestrioka avec Gorbatchève).

      on a voit maitenant les résultats.

    • 27 mai 2009 à 13:04 | racynt (#1557) répond à Alien

      je crois que Patrick a déjà donné une réponse à cette question, je cite : « La démocratisation est susceptible de saper la croissance dans les pays où l’État de droit est faible, mais indubitablement elle la stimule lorsqu’il est fort. »

  • 27 mai 2009 à 11:57 | lalatiana (#1016)

    Bonjour Patrick,

    Merci de ce très bon papier et des références et ressources que vous nous fournissez (je ne connaissais pas le site afrobarmomter.org, qui est d’une remarquable richesse informationnelle)..

    Je suis surpris du peu d’audience que ce genre d’éditorial recueille. A croire que seule la polémique intéresse l’internaute de la « gasy blaogy » ... ou que le sujet rebute dès que l’émotionnel doit laisser place à la rationalité des chiffres et de l’analyse.

    Le thème est pourtant fondamental et prête largement à débattre quand on voit le battage fait autour du concept de démocratie qui a été l’argument de tous les (nos) discours depuis 4 mois ...

    Or le texte dont vous faites référence

    http://www.afrobarometer.org/papers/AfropaperNo108_21may09_newfinal.pdf

    s’avère d’une richesse fondamentale en termes de réflexion sur la perception des populations de la réalité de la démocratie et des enjeux politiques qui y sont de fait rattachés.

    J’encourage tout un chacun a en faire lecture.

    Bien à tous ..

    Et encore merci à Patrick A.

    • 27 mai 2009 à 21:10 | Vitagasy (#304) répond à lalatiana

      >>>A croire que seule la polémique intéresse l’internaute de la « gasy blaogy » ... ou que le sujet rebute dès que l’émotionnel doit laisser place à la rationalité des chiffres et de l’analyse.

      Vous touchez je crois un point culturel tres important. Le malgache ’carbure’ a l’emotion plutot qu’au rationnel et a plutot tendance a baser sa prise de decision sur une conviction profonde plutot qu’apres une analyse des faits.

      Par consequent, meme lors de simples calculs « economiques » du style (1) « Continuer avec Ra8 pour 2 ans et essayer de le forcer a une gestion plus orthodoxe des choses » ou (2) « Faire un coup d’etat en pleine crise economique mondiale, risquer l’isolement international lorsque 70% du budget depend de l’aide etrangere, faire face a une croissance de 0% et au moins $500 millions de pertes pour 2009 », certains malgaches choisissent (2). Ce qui est encore plus surprenant c’est que ce choix ne se reduit pas a la foule du 13 Mai mais egalement chez certains dans la diaspora et la classe moyenne des grandes villes que l’on suppose a priori plus sensibilisees au respect des regles democratiques et economiques que les 48% des sondes qui ne repondent pas a la question sur la democratie.

      Mais peut etre que ce n’est que la consequence de 40 annees de revolutions socialiste, orange, « minoha fotsiny », et de discours depuis le 13 Mai. Et peut etre qu’egalement notre insularite (et isolement) nous joue un mauvais tour.

      Education, culture generale, instruction civique, esprit critique pour les 18 millions de malgaches.

      Culture economique, information, rationalite pour la « classe moyenne ».

      Comportements matures, responsables, pragmatiques et non ideologiques pour la prochaine classe politique.

  • 27 mai 2009 à 12:15 | New Africa (#559)

    Merci Patrick pour ces éclairages quantitatifs très interessants. Je voudrais juste souligner qu’à mon humble avis, Madagascar et l’Afrique doivent se forger une vraie personnalité en matière de gouvernance et de respects des valeurs républicaines.

    L’heure n’est plus aux essais démocratiques ou aux demi-autiocratie ou demi-démocratie. Promouvoir la démocratie revient à promouvoir les libertés, les initiatives et la libre circulation des biens et des personnes qui demeurent vitale pour le developpement économique et des échanges sociaux.

    Beaucoup de Malagsy enquetés n’ont pas pu répondre aux questions sur la démocratie car justement la majorité est encore très peu informée, sensibilisée ou instruite sur le mécanisme démocratique et la préservation des libertés et droits civiques, sociaux et politiques, les devoirs des gouvernants etc. Si la population n’est pas consciente ou informée sur ces choses fondamentales, cela signifie que la véritable démocratie n’a jamais existé à Madagascar. Et tout est venu de là : néo-colonialisme de Tsiranana, dictature militaire de Ratsiraka, léthargie de Zafy, abus de Ra8, manipulation populaire et voyoucratie de Andry et les Capsats. J’espère que la mauvaise série s’arretera enfin !!!

    La seule solution c’est établir enfin une vraie démocratie, rendre libre et mettre en sécurité les populations afin de mettre à contribution toutes les forces vives sociales, politiques, culturelles et économique de la nation pour la Renaissance de Madagascar. En bref : Vive la vraie Démocratie, vive vraie la Liberté et vie la vraie sécurité pour tous pour que nous puissions enfin travailler, produire, étudier, etre informés et informer avec sérénité.
    New Africa

    • 27 mai 2009 à 12:30 | titi (#219) répond à New Africa

      quand on apprend aux citoyens de se faire appeler DADA et Ramose depuis et durant 7 ans c’est sur que la moitié de nos compatriotes ne savent ce que c’est la démocratie.

      Si Rajoelina refait la même erreur il sera renversé dans 7 mois au plus tard.

      comme dis New Africa vive la liberté d’entreprendre et de circuler de faire du yaourt, du jus, de la farine, de l’huile et plein de Tiko vita Malagasy qui importent des vaches hollandaises du blé américain des fruit sud africains qu’on sera fier d’appeler industrie agroalimentaire Malagasy pourvus que tous payent leurs taxes d’importations pour renflouer les caisses de l’état qui sera enfin démocratique.
      quel rêve !!!

    • 27 mai 2009 à 12:40 | dieg (#2041) répond à New Africa

      Patrick

      La partie fondamentale de la démocratie c’est le developement humain.

      dans un pays où tout le monde vit bien(donc démocratique),il ne peut pas y avoir ni guerre civile,ni famine.

  • 27 mai 2009 à 14:09 | Andriambavilanitra (#1698)

    Merci à Patrick pour le sujet soulevé.

    Il faudrait prendre le temps de lire les 54 pages et de décortiquer les chiffres, car si on prend les chiffres à l’état brut, l’analyse que nous pouvons en tirer sera très superficiel. Nous savons que 1350 personnes ont été interrogées, mais ne connaissons pas vraiment le panel, si uniquement dans le milieu rural, ou citadin et quelles tranches d’âge...bref ...

    Ce que j’ai remarqué, le pourcentage de « don’t know » est supérieur à la moyenne à Madagascar, ce qui signifie, que la question ou le sujet n’est pas maîtrisé.

    Comment veut on que les malgaches arrivent à discerner le vrai du faux de la « démocratie », la différence entre un « coup d’état » et « une révolution », un »militaire » d’un « capsat », d’u discours « démagogue ou populiste » un d’un discours de « programme économique »...
    Et on revient à la même conclusion : éducation, culture, instruction civique....tels sont les priorités pour notre pays.
    Sinon, une partie du peuple, éloignée du « hora » médiatique sera toujours à la traîne, et les « hommes politiques » les retourneront comme des crêpes inlassablement.

    Et deuxièmement constat : le coût de la vie quotidienne est le plus important pour les malgaches...choix légitime et compréhensible...mais pour y arriver les gouvernements doivent posséder une politique économique stable et équilibrée, car on peut proposer des produits PPN à bas prix pendant 1 mois, mais le peuple a besoin de se nourrir plusieurs mois, années de suite et non seulement durant une période de transition...

  • 27 mai 2009 à 15:21 | lanto (#2047)

    Matoa mbola vitsy ny mahalala ny resaka demokrasia, amiko tsy ny demokrasia izany no tena hampandroso ity firenentsika ity raha amin’izao fotoana izao.
    Ny demokrasia dia revirevin’ny mpanao politika sy ny olona vitsivitsy fa tsy ny ankamaroan’ny malalagasy akory. Satria ny ankamaroan’ny mpanao politika eto amintsika dia olona nahita fianarana ary mahara-baovao eran-tany kanefa tsy mizara izany fahaizany sy ny fahalalany izany akory amin’ny vahoaka, sady tsy manabe eny fa na dia amin’ny mpikambana ao anatin’ny antokony aza (indrindra ireto vao nitsangana taty aoriana ankoatra ny MFM, AKFM sy ireo izay nisintaka tao toy ny Fanavaozana sy ny Teza, Leader Fanilo,).
    Amiko raha te-hampandroso an’ity firenena dia ny fampiroboroboana ny fanabeazana amin’ny lafiny rehetra mihitsy sy ny fiovana eo amin’ny toe-tsaina. Beazina ho tia fivoarana sy fandrosoana ny olona, mba ho olom-pirenena (mitady izay ho tombon-tsoa sady ho an’ny tena sy ho an’ny be sy ny maro) fa tsy olona samy maka ho azy foana. Ary amin’ireo fombantsika malagasy ireo misy efa tokony hajanona mihitsy tahaka ny famadihana sy ity afindrafindrao ity fa lasa tena fomba fisainana ka tsy mampivoatra fa mampikoroso fahana.
    Ary indrindra beazina ny olona mba hanaraka « discipline » (miala tsiny @ le teny frantsay fa io angamba no tena mahadika azy tsara) satria isika malagasy @ ity fomba fisainana « moramora » ity dia lasa manaotao foana ka mahatonga an’ireny kolikoly ireny, sy ny hafa zay mety ho vokany.
    Fa ny tena lehibe indrindra ny fambolena ao am-pon’ny Malagasy ny fitiavan-tanindrazana. Ary ny lohany amin’izany dia ny fahaizana mifehy ity teny malagasy ity. Ny ahy izany dia tsy hoe nosy isika dia mila mahay teny vahiny ka ny fampianarana dia atao amin’ny teny vahiny. Afaka fehezina foana ny fahalalana sy ny fahaizana na atao amin’ny teny gasy aza. Japon anie nosy fa tsy natao t@ teny anglisy akory ny fampianarana tany aminy zay vao lasa firenena matanjaka izy ankehitriny e !
    Isika malagasy manana ny maha-izy antsika e ! Fa saingy simban’ny fanatontolona ary io no tena nahavoa an-dRa8 t@ fitondrany. Maika hihazakazaka ao anatin’io fanatontolona fa tsy ny teto no namboarina sy nomanina niatrika izany.
    Raha misy mahay mitrandraka ny foto-pisainana sy ny kolotsaina, izay tsara sy hita fa mampandroso, ka mampifandraika izany @ fomba fampandrosoana tian-katao eto dia ho tafita ity nosintsika ity.

    Fa ao anaty Baiboly koa anie misy fomba mahomby atoron’Andriamanitra azo ampiharina amina firenena iray raha te-handroso e ! Ary ny ao aza no tena tonga lafatra fa mila mamaky baiboly ary mandalina aloha eo ambany fitarihan’ny Fanahy Masina vao afaka mahatakatra ary mampihatra azy. Ary ireny teolojiana ireny azo alaina ho mpanolotsaina tsara mihitsy.

    Mba eritreritro ireo ka asa raha misy manana soso-kevitra mety tsaratsara kokoa noho ireo.

  • 27 mai 2009 à 16:34 | LE VEILLEUR alias L’EVEILLEUR (#1331)

    Merci Patrick pour ces données pertinentes.

    - Savoir « mesurer » est une clé capitale pour mener à bien un projet.

    Les missions « Apollo » n’auraient jamais atteint la lune un jour si les ingénieurs de la Nasa ne savaient pas « mesurer ». Dire par exemple qu’il y a une « majorité silencieuse » ou une « majorité de neutre » quelque part est une affirmation gratuite sans fondement statistique connu. Savoir recueillir, exploiter des statistiques pertinentes est très important pour appuyer de façon objective et convainquante nos dires, nos actions, nos réflexions et ainsi atteindre plus surement des buts mesurables.

    - Les politiciens Malagasy savent-ils « mesurer » pour prétendre conduire notre nation à la prospérité ?

    Savoir utiliser les statistiques pour prendre le pouls de la société Malagasy, pour agir de façon pértinente, pour expliquer à temps et à contre temps , pour anticiper de façon convainquant, pour persuader les Malagasy d’avancer ensemble est vital pour la nation.

    - Les nouvelles générations de politiciens Malagasy sauraient-ils s’entraîner dès maintenant ?

    C’est malheureux à dire mais rares sont les politiciens Malagasy qui savent « mesurer ». Ils ne savent pas utiliser les statistiques pour piloter le pays et pourtant comment garantir la qualité de leurs actions, la validité de leurs communications qui se veulent persuasives, l’adéquation de leurs conclusions par rapport à la réalité Malagasy telle qu’elle est et non telle qu’ils veulent qu’elle soit ? Le feu Herizo Razafimahaleo fait exception jusqu’ici.

    Ps : A propos, est-ce que « le radar » de Erick Rabemananoro a-t-il pu servir à quelque chose pour prévoir les évenements de 2009 à Madagascar ? https://www.madagascar-tribune.com/Erick-Rabe-met-en-place-un,7459.html.

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