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Tribune libre

Itinéraire d’un collabo

jeudi 24 novembre 2011

(Texte initialement rédigé en 2002)

Issu d’une famille dévouée au colonialisme français, Didier Ratsiraka, complexé certainement par cette réalité, n’a cessé de camoufler cette image désastreuse et honteuse de son origine politique. Lors de son discours de vœux au mois de janvier 2001, Ratsiraka, a voulu réécrire l’histoire à sa façon. Il avait déployé beaucoup d’effort pour passer pour un patriote. Aujourd’hui il est totalement démasqué. Il est nécessaire que la vérité soit restaurée.

Plusieurs articles parus dans Madagascar Tribune de cette époque, et en particulier à la Une du samedi 13 janvier 2001, donnaient des informations inédites sur les véritables raisons qui ont poussé Didier Ratsiraka à "renier sa francophobie" du début de sa carrière politique pour montrer au grand jour sa "francophilie dégoulinante" (cf. Madagascar Tribune même date). Des "informations importantes" avaient été révélées par Ratsiraka lui-même lors de ce discours de présentation de vœux. Elles apportaient un éclairage nouveau sur les débuts politiques de cet homme. Si pendant des années beaucoup ont été trompés, désormais nous voilà tous informés.

L’homme affirmait qu’il "n’avait adhéré au mouvement patriotique de 1972 qu’à contrecœur". Il n’a donc jamais été ni anti-néocolonialiste ni anti-impérialiste. Chasser l’armée française, c’était contre son gré. Sortir le pays de la zone franc, c’était contre son gré. La politique dite "tiers-mondiste", c’était contre son gré. Les nationalisations, c’étaient contre son gré. Mais pourquoi avait-il alors suivi cette ligne dans les années 70 et 80 ? Les raisons, c’est encore Ratsiraka lui-même qui les avait données.

Un sentiment anti-français très puissant régnait à Madagascar depuis toujours et jusque sous la 1ère République. Le régime néo-colonial de Tsiranana avait été renversé par le peuple malgache en 1972. La France devait trouver très vite des hommes nouveaux, du même sérail, pour détourner cette idéologie ambiante "anti-française". Ratsiraka avait affirmé que "la France était derrière ce qui se tramait entre 1972 et 75". Il était très bien placé pour le dire. Il était de ceux que la France avait appelés pour la relève. Ceux qui étaient restés fidèles à la France, les PADESM de la 2ème génération devaient entrer en lice. Nous connaissons la suite, c’était le début de la deuxième République.

À plusieurs reprises, Ratsiraka s’enorgueillit de n’avoir jamais participé à aucune manifestation populaire pour cause de légalisme. C’est normal, il n’a pas la culture patriotique des Ho Chi Minh, des Ben Bella, des Lumumba, des Ravoahangy, Raseta, Monja Jaona, des patriotes Mena Lamba, VVS, MDRM, des paysans antandroy en 71, des étudiants de 72, des simples manifestants de 91. Ceux-ci ont osé renverser des gouvernements anti-populaires. Lui, il était de l’autre côté de la barrière, il était du coté de la répression, du côté de ceux qui ont tué et fait tuer les patriotes malgaches depuis toujours.

Aujourd’hui, au service de ses amis français, ceux qui veulent garder Madagascar encore sous leur domination, il divise le pays et applique la même politique que Gallieni. Il tue des patriotes malgaches comme l’armée française en 1947, comme Baron, Ravahatra ou Ratsiraka Albert, son père. Il vole et spolie sans vergogne les richesses du pays, comme la France coloniale et post coloniale, etc.

Pour tout cela, pour tous les méfaits qu’il a accomplis dans ce pays, pour les morts actuels et passés, pour haute trahison envers le peuple et la nation malgache… Ratsiraka mérite d’être destitué de tout titre et grade. Ses cinq étoiles d‘amiral sans flotte, il les a obtenues pour cause de collaboration et non par mérite. Il doit être mis en accusation, il ne mérite pas, lui et toute sa clique, d’être jugé par une HAUTE COUR DE JUSTICE –qu’il n’a d’ailleurs jamais mise en place– réservée aux hommes d’Etat d’un pays, mais par une simple cour criminelle. D’aucuns prétendent que c’est un chef de guerre, c’est faux, c’est trop d’honneur pour lui. Ce n’est qu’un simple chef de bande, un "dahalo" enragé et armé donc dangereux.

Les autorités actuelles qui ont été portées au pouvoir par la force populaire doivent dresser IMMEDIATEMENT l’acte d’accusation et arrêter cette bande armée pour ramener rapidement la paix dans le pays. Il faut mettre Ratsiraka ainsi que ses partisans et ses mercenaires hors d’état de nuire car c’est tout le peuple malgache, ceux qui ont voulu le changement et même ceux qui ont encore cru en lui qui sont les victimes de sa folie sanguinaire, héritée d’un passé avide de profit et aveuglée par un sentiment de toute-puissance et d’impunité.


29 mars 2002
J & F Andrianjaka

4 commentaires

Vos commentaires

  • 24 novembre 2011 à 09:27 | jobang (#3812)

    c’est vraiment n’importe quoi, je trouve c’est juste la haine de l’auteur qu’il essaye de faire passer et la date choisie n’est pas fortuite. Si on veut vraiment faire la liste de tous les collabos comme vous dites, alors soyons objectifs et mettez y tout le monde, je crois que la liste est longue trop longue même. A mon humble avis, Ratsiraka mérite du respect, bien sur il a fait des erreurs comme tout le monde, mais soyons honnêtes sur les résultats de ceux qui lui ont succédé au pouvoir, M. Ravalomanana, M. Rajoelina, c’est pire que lui en si peu de temps. C’est un ancien président de la République et il mérite du respect. S’il se vante de ne jamais participer à une manifestation de rue c’est pour la simple raison que c’est un homme d’état, un vrai, qui a le sens de l’honneur, pas comme beaucoup d’ailleurs.

    • 24 novembre 2011 à 11:52 | Patriote (#1382) répond à jobang

      On peut reprocher beaucoup de chose à tous les présidents élus qui se sont succedés à la tête du pays. Mais le pire de tous est Ratsiraka qui n’a agi que par opportunisme pour avoir le pouvoir (il a dit à une média français à retour au pouvoir en 1997 qu’il n’ a jamais été socialiste mais comme c’était ce que voulait le peuple, il a accepté malgré lui), alors que les autres ont agi plutôt par conviction à des degrés divers. Partant, il ne fallait s’étonner si rien n’aller plus dans le pays. Tout ce qu’il a fait n’a entraîner que pauvreté et paupérisation. Les jeunes : demandez à vos parents comment on vivait dans le pays entre fin des années 70 et toutes les années 80 et vous comprendrez de quoi je parle.
      Concernant "l’antifrançais-isme", l’histoire contemporaine est là : quel sort ont eu ceux qui ont essayé sincèrement dans leur politique de réduire l’hégémonie française sur l’économie du pays ?.

  • 24 novembre 2011 à 17:39 | HAMEFY (#3919)

    Ah ce fameux Andrianjaka, n’est ce pas lui qui a demandé aux autorités de Mayotte en 2003 de livrer le Sénateur PORTOS pour subir le jugement du peuple c. a. d ’ etre lynché" ?

    D’ailleurs, il a ,en partie, reussi son coup car les compagnons de PORTOS ont été livrés par le Préfet de Mayotte de l’époque JJ BROT à Ravalomanana.

    Ils ont été mennotés, embarqués de force dans l’avion d’Air Austral et cueillis à Ivato pour etre incacerés, dans des conditions inhumaines et abominables à TSYAFAHY, le goulag de Madagascar où pour survivre les gens mangent des rats.
    LEURS CRIMES ? etre des ratsirakistes.
    Bravo Mr ANDRIANJAKA mais n’oublie pas qu’en malgache on dit " ny tody tsy misy fa ..." vous connaissez la suite.

  • 24 novembre 2011 à 22:28 | da fily (#2745)

    Il y a au moins une vérité dans ce que dit l’auteur : Ratsiraka n’a jamais promu l’idée de rassembler les malagasys, et sa politique a toujours découlé de cet état de fait.

    Un homme se disant d’état, n’étant pas rassembleur dans ses actes, mérite-t-il d’être président, voir pire, sauveur de la nation aujourd’hui ?

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