Les difficultés d’approvisionnement en électricité, le financement des entreprises et la création d’emplois figurent parmi les défis économiques auxquels Madagascar doit répondre. Ces préoccupations rejoignent les grandes orientations présentées par Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, lors de son discours prononcé vendredi 16 octobre 2026, à Bangkok, en Thaïlande, dans le cadre des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Sans évoquer directement Madagascar, le dirigeant a consacré une partie importante de son intervention aux difficultés rencontrées par les pays en développement. L’endettement, les contraintes budgétaires et le coût élevé de l’énergie continuent de peser sur leurs économies. Pour la Grande Île, où les délestages affectent régulièrement les ménages et les activités professionnelles, ces questions revêtent une importance particulière.
L’accès à l’électricité constitue l’une des priorités défendues par la Banque mondiale. À travers Mission 300, programme mené conjointement avec la Banque africaine de développement, les deux institutions ambitionnent de raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Selon Ajay Banga, 59 millions de personnes en ont déjà bénéficié.
Sur l’île Rouge, cette ambition trouve un prolongement dans le programme ASCENT Madagascar, pour lequel la Banque mondiale a approuvé un financement de 250 millions de dollars en mai 2026. L’objectif est notamment d’élargir l’accès à l’électricité et aux solutions modernes de cuisson pour plus de 2,5 millions de personnes d’ici 2030. Le programme prévoit également un accompagnement destiné à améliorer les performances de la JIRAMA, dont les difficultés continuent de fragiliser l’approvisionnement énergétique national.
Au-delà de l’électricité, Ajay Banga a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de capitaux privés. Les montants réunis par le Groupe de la Banque mondiale sont passés de 35 milliards de dollars durant l’exercice 2022 à 112 milliards de dollars l’an dernier. Toutefois, les pays à faible revenu restent confrontés à des difficultés persistantes pour attirer les investisseurs, avec une mobilisation limitée à environ trois milliards de dollars.
Cette situation interpelle particulièrement l’économie malgache, dont les besoins en infrastructures, en financement et en développement industriel demeurent importants. Le président de la Banque mondiale a notamment souligné le rôle des petites et moyennes entreprises dans la création d’activités économiques, particulièrement dans les pays où les grands investissements restent insuffisants.
L’emploi des jeunes représente un autre enjeu majeur. Selon les projections présentées à Bangkok, 1,2 milliard de jeunes arriveront sur le marché mondial du travail au cours des dix à quinze prochaines années, alors que seulement 400 millions d’emplois devraient être disponibles. Ce déséquilibre souligne, pour Madagascar, la nécessité de renforcer la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et les secteurs capables d’offrir des débouchés à une population jeune.
Le développement agricole et la valorisation des minerais critiques figurent également dans les orientations annoncées. La Banque mondiale prévoit notamment de multiplier par cinq ses activités dans le secteur des minerais critiques en cinq ans, avec l’ambition de favoriser davantage de transformation locale et de retombées économiques dans les pays producteurs.
Pour la Grande Île, ces orientations soulèvent une question essentielle : comment transformer les possibilités de financement en améliorations concrètes pour la population ? Entre les besoins énergétiques, les difficultés des entreprises et les attentes en matière d’emploi, les priorités exposées par Ajay Banga rejoignent plusieurs préoccupations de l’économie nationale. Leur traduction en résultats dépendra notamment des investissements réalisés, des réformes engagées et de la capacité du pays à développer ses activités productives.
-----





Vos commentaires
Il fut un temps pas si lointain ou une multitude d’intervenants écrivaient que les problèmes de la Jirama étaient dû au fait que à sa tête on avait nommé un étranger. Force est de constater que malgré son éviction rien n’a changé mais plus personne n’en parle. Pourtant il paraît qu’il y a de "grosses pointures" à Mada qui pouvaient prendre sa place. Moi je ne vois rien venir.
Pour Air Mad c’est un peu pareil même si il semblerait qu’il y ait un léger frémissement. Ils vont bientôt commander une "montgolfière" pour les vols internationaux .
Répondre
Quel "ESPOIR " pour un pays, dont aucun dirigeant , à ce jour, n’a su donner un véritable nouveau souffle en vue d’une politique claire de développement pour sortir Madagascar de sa pauvreté endémique ?
Comme toujours, des montants financiers colossaux d’Aide publique au développement , à donner le tournis, déversés á Madagascar continuent de n’avoir qu’un EFFET MARGINAL.
Un certitude => • Une partie de la valeur de l’aide s’évapore dans des circuits d’influence au lieu d’atteindre directement les populations cibles.
Le problème principal de Madagascar n’est pas le manque de promesses de financement, mais sa faiblesse à exécuter les projets, le taux de décaissement tourne régulièrement autour de 30% c’est à dire que des milliards de usd restent bloqués ds les circuits administratifs !
D’autre part , l’injection de capitaux extérieurs cible le plus souvent des réformes du secteur formel ( télécoms, finances, fiscalité...) plus rarement les 2 grands pôles caractéristiques de l’économie malgache :
=> Une population majoritairement rurale : Plus de 90 % de la population active vit d’une agriculture de subsistance à très faible productivité
=> Une économie informelle dominante : Le secteur informel représente Plus de 95 % des emplois du pays.
Pour finir, UN CONSTAT qui s’impose => L’aide publique au développement à Madagascar a historiquement agi comme une "perfusion" qui maintient l’État à flot plutôt que comme un moteur de transformation.
Et Malheureusement, le discours auquel nous abreuve régulièrement la junte militaire du colonel Michael= son incapacité à combattre la corruption systémique et á redresser le fléau du JIRAMA, ne laisse entrevoir aucune amélioration ni transformation radicale !
À bon entendeur....
Répondre