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lundi 3 octobre 2022
Antananarivo | 16h41
 

Editorial

Avocat du diable

mardi 13 décembre 2011 | Patrick A.

Ce n’est très probablement qu’une coïncidence, mais les événements de Toliara se sont produits à quelques jours de la période de vacances judiciaires, qui commencent jeudi et dureront jusqu’au 15 janvier. Par conséquent, chaque jour de grève des magistrats pèse particulièrement lourd, notamment en matière pénale : faute de jugement, des prévenus vont rester au moins un mois de plus en détention préventive et auront le déplaisir de goûter aux joies des fêtes à l’ombre des murailles, alors qu’ils sont présumés innocents jusqu’au prononcé d’un jugement. Inversement, faute de prorogation du délai de garde à vue, de dangereux suspects pourraient se retrouver libres comme l’air.

Il faut avoir été confronté avec la Justice, personnellement ou à travers un proche, pour prendre pleinement conscience du pouvoir remis entre les mains des juges. Dans les ordonnances édictées par ceux-ci, on lit non pas « au nom de la Loi », mais « au nom du Peuple malgache ». Un tel pouvoir n’est supportable que s’il est strictement soumis à des règles précises. Dura lex, sed lex : la loi est dure, mais c’est la loi, nous dit la maxime. La locution s’applique au commun des mortels, mais elle devrait s’appliquer encore plus strictement à ceux qui sont chargés d’appliquer le droit.

Hélas, sous prétexte de juger en conscience, la sentimentalité la plus subjective a envahi nos tribunaux et commissariats. Cette sentimentalité est hélas encouragée par une opinion publique pas toujours consciente de la fragilité de l’équilibre des textes. Bon nombre de malgaches sont aujourd’hui ulcérés par l’attitude des policiers de Toliara ; l’on peut se demander si les mêmes n’auraient pas applaudi la rébellion si la personne qui était emprisonnée avait eu la réputation d’être un Robin des Bois et non pas un shérif de Nottingham. Quant à l’automobiliste qui est impliqué dans un accident mortel, les foules d’aujourd’hui ne tolèrent même plus qu’il ne soit pas immédiatement jeté à Antanimora, quelles que soient les circonstances.

Cette dangereuse sentimentalité est la porte ouverte à une mauvaise administration de la Justice et un évident encouragement à la corruption. Faut-il alors encore en rajouter, traiter le mal par le mal ?

Même si les circonstances sont exceptionnelles, l’on doit finalement trouver inacceptable que des magistrats se mettent en grève sans respecter les procédures applicables, ne serait-ce qu’en matière de préavis. Hélas, depuis 2009, la subjectivité est plus que jamais de règle, chacun voit l’(in)Justice à sa porte et il est bien difficile d’aller à contre courant avec une ministre qui se vante d’être une reny mpivavaka [1] et une avocate vedette qui confond méthodes de communication et code de procédure pénale.

Coïncidence ou pas ?

Si la survenance des événements de Toliara a surpris, leur lieu d’apparition ne constitue pas vraiment une surprise. Depuis longtemps, le fonctionnement de la Justice dans cette ville avait mauvaise réputation ; ce n’est nullement excuser les abjects gestes policiers que de remarquer qu’ils s’inscrivent clairement dans un cercle vicieux. Mais on retrouve des ingrédients de ce cercle dans de nombreuses juridictions de province ; des juridictions trop petites où, au lieu de contre-balancer mutuellement leur travail comme cela devrait être la règle, juges du Parquet et officiers de police judiciaire, juges du Siège et avocats se connaissent depuis trop longtemps et n’arrivent plus à maintenir une distance entre eux.

Il est alors particulièrement curieux que l’on ait laissé le policier Guillaume Jean Raphael Randriamamonjy être jugé à Toliara même. Une bonne administration de la Justice n’aurait-elle pas exigé que le jugement soit délocalisé dans une autre ville, afin de favoriser la sérénité des débats ? Si cela avait été fait, le substitut Michel Rahavana serait-il encore en vie ?

À cette question, la ministre Razanamahasoa, comme par hasard elle-même issue de la juridiction de Toliara, n’aura sans doute pas à répondre publiquement. Car à elle, personne ne songe apparemment à demander des comptes.

Notes

[1littéralement, mère croyante.

27 commentaires

Vos commentaires

  • 13 décembre 2011 à 08:47 | da fily (#2745)

    Nous voyons ici la propension de l’auteur dans sa posture d’avocat du diable, peut-être une déformation professionnelle ? Mais de toutes façons, il en faut, à la seule condition que la justice reprenne sa Majuscule et ne fasse plus office d’association de ventre affamés et d’intérêts propres.

    Pour le reste, et concernant cette triste affaire qui n’en est pas hélas, à sa première, je laisserai le soin aux forumistes qui connaissent bien les tenants et aboutissants en matière de justice et de FDO de cette localité. Je me souviens, qu’un forumiste a pris le défense de feu mr Rehavana, et que d’autres ont cité le nom d’un "corrompu local" qui sévirait encore au tribunal de Toliara.

    • 13 décembre 2011 à 10:22 | ZOZORO (#5338) répond à da fily

      Peut-on encore parler de justice dans notre pays ?

      Nous baignons dans de la pourriture. Christine FIS et DST riment avec impunité. Voilà ce que les policiers de Toliara ont retenu comme leçon. Mais pour moi, c’est loin d’être le pire des problèmes !

      S’ils osent tabasser à mort un magistrat, imaginez un peu ce qu’ils feront d’un supposé poseur de bombe à masay et d’un pasteur de la FJKM chargé de transmettre un message aux généraux. Mais il y en a encore qui n’y croiront pas.

      Depuis ce coup d’état du 17 mars 2009, c’est avec des AK 47 qu’on s’exprime. La nouvelle démocratie orange avec sa liberté d’expression.

      Certains y verront encore de la récupération politique mais bof ! Même si un babakoto pète dans la forêt, ça va être la faute à lapinou qui a défriché leur habitat pour les BdR.

    • 13 décembre 2011 à 11:01 | ZOZORO (#5338) répond à da fily

      Et si la justice n’arrive même pas à se protéger elle même, comment va t-elle faire pour nous protéger ?

      Depuis ce putsch, les malgaches sont livrés à eux même.

    • 13 décembre 2011 à 12:20 | Ikelimalaza (#5896) répond à ZOZORO

      dat’s right big bro. What’s a pity !
      Time passes by, braveheart people become fozaorana.
      Only the strong will survive.

    • 13 décembre 2011 à 12:36 | ZOZORO (#5338) répond à Ikelimalaza

      Basy Mora = Gâchette facile

    • 13 décembre 2011 à 13:05 | Ikelimalaza (#5896) répond à ZOZORO

      in 1990/1991, TGV was Troop GUN’s VAL
      in 2008, Tanora Gasy Vonona
      Be back home before 6 pm, the city and the downtown are not safe anymore.

    • 13 décembre 2011 à 13:32 | sevane (#2781) répond à da fily

      Au fond, et ce quelles que soient nos opinions et notre position par rapport au contexte actuel (pour ou contre la HAT, zanak’i Dada ou non, francophobe ou francophile, pour ou contre la reconnaissance internationale …) nous sommes tous « contre » l’injustice, la souffrance, la pauvreté, ... . Nous faisons tous partie de cette « foule sentimentale » qui a « soif d’idéal ». C’est cette sensibilité ce qui nous rend humain. Il est vrai aussi que la souffrance fédère. Elle amène la compassion. C’est aussi ce sentimentalisme qui nous pousse à rechercher le bouc-émissaire.

      En matière de Politique et de Justice (et dans d’autres domaines aussi) toutefois, je pense que se conduire de façon trop sentimentale est une erreur. Dans ces 2 domaines (et dans bien d’autres encore), la raison doit être regardée comme supérieure au sentiment. Ce qui est important ici c’est la volonté, la capacité d’action, la réactivité, la niak. Ce que nous devons exiger de ceux qui nous gouvernent n’est pas de se laisser dominer par le sentiment (car le sentimental n’est pas le meilleur actif) mais plutôt d’être lucide, visionnaire, stratège, passionné (le passionné, contrairement au sentimental, est actif) et (si possible) désintéressé. Je défends donc une conception de la Politique et de la Justice qui accorde la place centrale à la raison et à l’intelligence. Car c’est de cette manière que le chef d’Etat pourra sauver sa meute quel que soit le danger et quelle que soit sa complexité. La Politique, tout comme la Justice est un sacerdoce, elle est élitiste et exigeante, et bien peu sont prêts à répondre, par leur intégrité, par leur engagement, par leur travail, à un tel appel.
      Toujours est-il que ce qui est arrivé à Tuléar montre bien que nous sommes dirigés par des voyous.

    • 13 décembre 2011 à 13:47 | kakilay (#2022) répond à sevane

      ... Car ce sentiment de Justice est-elle ancrée dans l’Homme ou dans tout-ce-qui-n’est-pas-Homme ? Cette objectivité est-elle à chercher dans l’homme ou dans les objets ? Parlez-nous de cette Justice épurée de toute trace humaine. Combien on a besoin de vous en ce jour pour nous parler de cette Justice dont l’homme devrait être étranger...

      Alors, si avoir soif de Justice relève du sentimentalisme,
      soyons "sentimentalistes" :
      tout simplement,
      pour ne pas mourir de leur "objectivité"...

    • 13 décembre 2011 à 14:03 | da fily (#2745) répond à sevane

      Tout à fait, et si nous reprenions les contributions d’Anthony Ramarolahihaingonirainy (ouf) ici concernant les profondes réformes que devrait subir cette justice-là, on ne peut que défendre les propositions qui donneraient un coup de fouet à l’erzatz que nous avons.

      C’est justement que la justice ne doit souffrir d’aucun sentimentalisme qu’il lui faille des textes en béton, et des hommes forts qui les feront respecter. A condition évidemment que cette loi soit appliquée à TOUS, condition majeure d’un état qui tient debout. Mais les voyous en ont décidé autrement, le justiciable est devenu lambda à partir du moment où il ne peut rien payer pour "forcer le destin", les tribunaux sont devenus des bureaux de change et marchandages où la farce suprême est jouée comme au cirque. C’est un peu comme la santé et les soins, cf l’article de Bels ! Oui, humains, terrestres et fatalement provisoires, mais il est aussi vrai de dire que beaucoup sont, en tout cas oeuvrent, pour l’injustice, et par collatéral, souffrance, pauvreté, misère et toute la chienlit qui va avec !

    • 13 décembre 2011 à 14:15 | el che (#344) répond à da fily

      Ce coup de force perpétré par la police face à la magistrature, et à l’établissement pénitentiaire est particulièrement grave dans un état dit « de droit »
      Nul ne peut se faire justice soit même", et cette règle a été bafouée par les représentants de la loi eux-mêmes. En l’espèce, il n’y a d’autre solution pour l’état régalien que de révoquer les policiers responsables pour désobéissance insurrection, usage illicite d’armes de fonction, et non-respect de la déontologie policière. De plus, ils sont directement responsables d’homicide volontaire à l’encontre du magistrat.
      Si faute il y a de la part des magistrats, il existe des démarches spécifiques pour mettre ces derniers en accusation de déni de justice.
      A travers cette affaire, il apparait clairement que l’état de droit n’existe pas dans le pays, et que les gens en arme s’érigent en justiciers, outrepassant leurs fonctions.
      Comment l’état peut-il moraliser ces actes de barbouzes, alors que lui-même s’est autoproclamé par la force ?
      Nous allons vers une dérive qui peut fortement mener à la guerre civile, comme le prévoyait Che taranaka.
      La mafia érigée en institution, se désagrège en clans au sein de l’état !!

      Si Rajoelina n’intervient pas pour la démission des hauts responsables, et pour la révocation des insurgés, il se rend responsable de ses actes indignes d’une république

    • 13 décembre 2011 à 14:51 | Jipo (#4988) répond à el che

      Ce ne sera ni le premier ni le dernier .

    • 13 décembre 2011 à 15:18 | da fily (#2745) répond à el che

      Et fatalement, il devrait s’auto-exclure lui-même. Il vire les autres et il ferme la marche, le reste on s’en occupe.

      Ce n’est pas parce qu’il dure à sa place, que c’est le meilleur...si on s’en tient à ce que braient BB, betoc ou vuze ou hrrys papoteur, on croirait qu’on doive accepter de tout boire jusqu’à la lie.

      Voir par ailleurs les tribunaux populaires, corollaires d’une justice qui n’a plus aucune légitimité : voir l’affaire Jao-Jean, le chinois tabasseur, les kidnappeurs patentés Rivopiso et consorts en liberté provisoire, le vieux Nicaud tripoteur d’enfant sorti du tribunal, les pontes du BDR menaçant la HAT de soulèvement si l’on interdit le trafic, les chqs-carburants détournés dont la somme totale permettrait à toute la flotte hâtive d’avoir du carburant pour faire 2 fois le tour de la terre, les braquages d’anciennes huiles comme Rabetsitonta ou Elysée Ratsiraka, on se souviendra aussi d’une bataille rangée chez les jeunes d’Ampefiloha où on a vu débarquer un ex-hâtif venir en découdre sur place pour montrer les crocs...et j’en passe, et le temps passe et les "mauvais" prennent le pas sur les "bons", tant qu’il y aura du pognon pour s’asseoir sur la justice ! De toutes façons, on s’est déja torché avec la légalité depuis, alors...

    • 13 décembre 2011 à 15:39 | sevane (#2781) répond à kakilay

      De quelle "objectivité" parlez-vous Kakilay ? De celle de ceux que j’ai traité moi-même de "voyous" ? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

    • 13 décembre 2011 à 16:08 | sevane (#2781) répond à da fily

      Il est clair, Da Fily, que ces gugusses qui détiennent le pouvoir aujourd’hui n’ont aucune des qualités que j’ai citées ci-dessus (lucide, visionnaire, intègre, désintéressé, …) Et si certains sont stratèges, ce n’est surtout pas pour l’intérêt supérieur de la nation. S’ils sont réactifs c’est uniquement pour avorter toute tentative d’opposition … Il appartient donc à l’opposition de montrer qu’elle a ces qualités et qu’elle a aussi un vrai programme à nous proposer, qu’elle est réellement un vrai contre-pouvoir. Le sentimentalisme consiste, ici, par exemple à ne pas avoir appelé le peuple à participer activement au référendum et à voter "TSIA". S’opposer ne signifie pas « midongy » (même si je comprends très bien les raisons).

    • 13 décembre 2011 à 16:22 | kakilay (#2022) répond à sevane

      Non sevane, je vais dans votre sens, et je ne fais qu’apporter ma petite contribution : je posais aussi ou seulement la question de l’intérêt d’une justice dépourvue de la compassion pour les gens épris d’ "objectivité" ?

      Pour l’homme,
      bien sûr...

      Et qu’en son "âme et conscience" est peut-être le dernier accoudoir sur quoi se repose n’importe quel individu, juge, professeur, policier au bord de l’abîme, et même devant son enfant quand il faut le punir... Et que ce que nous "Soatoavinons" sage est peut-être celui qui est capable de prendre une décision, partout où il se trouve et quand il le faut, en ces "âme et conscience" et non comme un logiciel.

      Et c’est encore peut-être en leurs noms que nous appelons tous et de tous nos vœux que se lèvent des hommes pour sauver cette nation : et c’est peut-être cette "éducation" qui nous manque... pour vouloir aller chercher la solution ailleurs ... ou dans une "machine objective".

      Ou alors et pour finir : on aura toujours besoin des hommes d’exception... dans le monde.

    • 13 décembre 2011 à 17:10 | QUOUSQUE TANDEM (#543) répond à el che

      "république" ? vous avez dit "république" Ou donc habitez-vous ?

    • 13 décembre 2011 à 17:53 | Dadafara (#6135) répond à da fily

      Oui, je suis d’accord avec Dafily. Et si on essaie de voir de près les pistes explorées par Anthony Ramarolahihaingonirainy sur le sujet ? Je m’étonne d’ailleurs qu’aucune suite n’ait été donnée par le pouvoir en place à ces pertinentes analyses. Il faut profiter d’un expert de ce genre. Un gars comme cela ne court pas les rues.

      J’ai trouvé sur blip.tv une intervention qu’il a fait sur tv plus (invité du zoma) et j’ai constaté qu’il a pas mal de choses à dire et à proposer sur beaucoup de chose. Je vous passe le lien.

      http://blip.tv/ramarolahihaingonirainy-anthony/tvplus-5801878

    • 14 décembre 2011 à 00:26 | Jipo (#4988) répond à Jipo

      Responsable mais pas coupable ...

    • 14 décembre 2011 à 15:21 | sevane (#2781) répond à kakilay

      Kakilay,
      Je pense que je me suis mal exprimée dans mon post. Mon but n’est surtout pas de dénier la dimension affective. Le sentiment est même pour moi - l’empathie, la capacité de compassion -, ce qui fait la valeur d’une personne. C’est le signe de son élévation spirituelle. Je le revendique encore plus dans nos rapports avec les autres, dans les liens que nous entretenons avec nos enfants, nos familles, nos amis. Il ne s’agit donc aucunement de nous comporter comme un « logiciel ». Moi-même, je fais partie de ceux dont le cerveau droit est plus performant que le gauche. Mon post ici concerne avant tout le comportement des politiques, des magistrats … ou du simple citoyen dans l’exercice de leur travail, dans leur prise de décisions. C’est ici que je tenais à séparer la personne, avec son cœur et son histoire, de celui de l’acteur principal de la vie de toute une nation. C’est ici plus qu’ailleurs, que la raison doit primer sur le sentiment. Il ne s’agit bien entendu pas de le rejeter systématiquement, nous ne sommes pas encore des robots.
      Cependant, le sentiment prend ses sources dans notre propre histoire, dans des influences plus ou moins suspectes, dans nos idéologies, dans ce qu’il y a de plus obscur en nous, de plus secret. Et s’il prend le dessus, la décision qui en découle satisfera peut-être notre « âme et conscience », mais risque d’entraîner des conséquences lourdes pour les autres. J’ai cité comme exemple le refus de l’opposition d’appeler les citoyens à voter massivement « TSIA » lors du referendum. J’estime que cette décision a été une grave erreur, en tout cas une faute stratégique. Et pourtant les raisons étaient légitimes.
      Les exemples abondent. Comme récemment, l’histoire du Chinois de Behoririka qui a agressé violemment et volontairement un employé malgache : la réaction de certaines personnes a été de passer à tabac le premier Chinois venu, qui n’y était pour rien. Et pourtant, je peux aussi comprendre cette réaction. Mais elle n’a rien de « citoyenne » : épidermique, impulsive, irréfléchie. C’est dangereux ! De même pour cette mutinerie de Tuléar : le réflexe solidaire d’un corps de police pour une cause indéfendable (un collègue véreux), et qui a abouti à l’issue qu’on connaît. Les jurés eux-mêmes, lorsqu’ils sont amenés à apprécier la culpabilité d’un accusé par intime conviction, ne le font pas seulement en leur « âme et conscience ». Ils doivent passer au crible toutes les composantes du dossier, chaque élément de preuve, chaque moyen de défense. Il existe une vraie méthode de travail dont le but est d’essayer d’être « le plus » juste, à défaut d’être « Juste » tout court. Il ne peut s’agir uniquement d’impulsions quand bien même les faits seraient graves. Ils ne doivent pas se contenter d’impressions générales et rapides. Même cet acte que l’on peut considérer d’une grande subjectivité requiert une rigueur dans la réflexion, dans le raisonnement avant de poser un verdict.
      Longtemps je me suis demandé pourquoi certains chirurgiens refusent catégoriquement d’opérer des membres de leur famille. N’est-ce pas tout simplement par peur que le cœur prenne le dessus sur le geste technique ?

  • 13 décembre 2011 à 11:30 | da fily (#2745)

    Et la gouvernance du lapin broutte, se compromet systématiquement, si les flics en sont arrivés à faire justice eux-mêmes, on devrait s’attendre à un énième "amapamoaka" pour étayer ceci-celà...De toutes façons, si Chri-chri saute, c’est le dernier verrou qui lâche...alors faut pas trop rêver ! Elle n’est point là pour faire respecter la justice, elle est là pour la rendre au nom de la HAT et de son fils le Phat.

    Ici on dit : "au nom de la HAT", la loi peut attendre, ensuite priez. N’est-il pas ’kelmalaza ?

    • 13 décembre 2011 à 13:15 | Ikelimalaza (#5896) répond à da fily

      Ma mère, une de mes tantes (pour de vrai) et une dizaine de FZ , tous les jours sans faute, essaient de demander au Tout Puissant que ny Ray aman-dreny (il y tient) se porte bien et que le deadendingbridge ait une longue vie.

  • 13 décembre 2011 à 11:41 | niry (#210)

    Le constat est sans appel : ce genre d’évènement était impensable du temps de Ravalomanana.. Ce n’est que pendant la période rajoelina qu’on assiste à cette déliquescence généralisée. L’Histoire retient.

    • 13 décembre 2011 à 12:16 | kajaha (#4730) répond à niry

      La méfiance de la population envers la justice et le système judiciaire en général ne date pas d’hier. C’est pourquoi l’UE et bailleurs ont apporté leurs appuis au reforme judiciaire depuis 2005.
      Ainsi, ce problème ne peut se résumer aux problèmes de R8 et de ANR, sinon ça va encore s’empirer. Ce n’est pas un problème de la personne du dirigeant.

    • 13 décembre 2011 à 17:13 | QUOUSQUE TANDEM (#543) répond à kajaha

      Oui, je vois ... responsable mais pas coupable votre gourou

  • 13 décembre 2011 à 12:27 | krizzy2 (#5166)

    Une grosse erreur du DJ : Avoir gardé le silence, et n’intervenir que par voie détournée.

    Le commun des mortels aurait bien aimé entendre son avis direct, à chaud.
    Maintenant, ce qu’il dira résultera d’un calcul profond (mais pertinent ? à voir).

    S’aliéner les policiers, c’est risquer le contre coup d’état.

    Snober la magistrature, c’est risquer de ne plus l’avoir à sa botte pour emprisonner l’opposition. Mais comme il y a la FDR qui prône l’apaisement, ce seront les magistrats qui seront les dindons de la farce.

  • 13 décembre 2011 à 13:30 | Mihaino (#1437)

    J’aimerais bien savoir le "Bilan" et/ou le rapport d’activités de ce ministère de la justice depuis la révolution orange ?!!..
    Wait and see

  • 13 décembre 2011 à 14:00 | maminah (#2788)

    Si interpeller, afficher son indignation face à des faits pas tout-à-fait anodins, pour tout dire qui engagent lourdement l’avenir, équivaut à du sentimentalisme... Alors s’insurger contre une "simple" grève des magistrats en est un aussi. Pourquoi s’emporter pour "si peu" ? Les prévenus ont tout leur temps, pas vrai ? Vous êtes bien placé pour le savoir, car vous avez, ou un de vos proches, connu une mésaventure judiciaire d’après ce que j’ai compris.

    Cool... Zen... Il faut apprendre maintenant à observer les choses avec flegme. Et le monde continuera de tourner.

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