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Médias

Presse de Madagascar

A la recherche de protection et de sa cohésion

samedi 16 mai 2009 | Bill

Des journalistes s’essayent pour la solidarité. Ce vendredi 15 mai, ils se sont donnés rendez-vous pour rencontrer le ministre de la Haute Autorité de Transition (HAT) en charge de la Communication et lui remettre leurs doléances consignées dans une résolution. Le ministre Gilbert Raharizatovo n’étant pas dans la capitale, ce fut le secrétaire général de ce ministère qui a accueilli la délégation des journalistes et reçu de ses propres mains la résolution. Parmi les doléances des journalistes, la libération d’Evariste Ramanantsoavina, la liberté de la presse et l’exercice en toute sécurité et dans la sérénité du métier de journaliste. Plus clairement, la recherche de protection en toutes circonstances et en tout lieu dans l’exercice du métier.

Ensuite ces gens de la presse de toutes les expressions et de toutes les rubriques ont observé un sit-in devant le tribunal à Anosy pour contester l’incarcération d’un des leurs et en signe de solidarité avec le journaliste Evariste Ramanantsoavina dont le verdict sera rendu ce mercredi 20 mai.

Promesses et suggestions

En réponse à leurs doléances, les journalistes ont reçu des promesses et des propositions. Un débat d’idées télévisé avec les entités impliquées dans le métier, dont les patrons de presse, est sollicité dans les plus brefs délais – avant le mercredi 20 mai, précise le secrétaire général du ministère. Il a aussi promis de faire part au ministre des doléances des journalistes tout en indiquant que le ministère n’a pas porté plainte contre le journaliste qui n’ait pas trait aux fonctions du journaliste contrairement aux autres entités. En quelque sorte le ministère ne peut rien faire si les chefs d’inculpation ne relèvent pas de la presse.

Ce n’est pas la première fois que des essais de solidarité sont entrepris et ce n’est pas la première fois qu’une telle tentative fait face à des voix discordantes. Serait-ce la nature des journalistes de Madagascar ? C’est la démocratie et le pluralisme d’opinion. En tout cas, il y a trois courants qui se sont dégagés ces derniers temps depuis la célébration de la journée mondiale de la presse du 3 mai 2009. L’idée de consolider la solidarité entre ce qu’on appelle plus généralement les journalistes, a pris naissance lors des préparatifs de cette journée mondiale au Motel à Anosy. Cependant l’idée de « réconciliation » envisagée n’a pu être concrétisé faute de journalistes « à réconcilier », c’est-à-dire en l’absence des principaux concernés. Lors de cette journée du 3 mai 2009 au Motel, la revue du Code de Communication a été relancée.

L’affaire du journaliste Evariste Ramanantsoavina a mobilisé de nombreux journalistes et confirmé les trois courants qui étaient encore assez diffus au Motel Anosy. Ces trois courants d’idées cependant sont unanimes à revendiquer l’adoption du Code de Communication mais divergent sur les autres sujets conjoncturels. Ces trois courants sont les suivants : - il faut d’abord réconcilier les journalistes, c’est la priorité, - pourquoi cette mobilisation pour la cause Evariste sous couvert d’une recherche de cohésion, - laisser la justice faire son boulot. En somme des idées disparates mais qui traduisent l’instabilité dans la corporation. Et c’est ce qui justifie d’ailleurs cette recherche de protection auprès de l’Etat considéré comme « raiamandreny ».

Incompréhensible coup de gueule

La presse de Madagascar a plus de cent ans, c’est la doyenne parmi les institutions républicaines de Madagascar. Les journalistes en sont-ils conscients ? La presse de Madagascar ne devrait pas quémander protection auprès de quiconque. D’ailleurs pourquoi tous les politiques successifs de n’importe quel bord, toutes les institutions se précipitent-elles de constituer chacune leur pool de journalistes sinon leur cabinet de communication ? pour ne pas dire que tous veulent avoir leurs journalistes ou les journalistes dans leur camp.

A son âge, la presse de Madagascar ne peut être que le « raiamandreny » de tous dans ce pays qui a adopté la République et qui a renoncé à la Royauté. La presse de Madagascar n’a pas de « raiamandreny » autre que le « fokonolona », institué par Andrianampoinimerina, réorganisé et utilisé par les colonisateurs, repris par la République jusqu’à aujourd’hui sous une autre forme, après avoir été mis en valeur par le colonel Ratsimandrava.

C’est à croire que la presse de Madagascar date d’hier lorsqu’elle demande protection à tout ministère, comme les régions encore dépourvues de chefs et qui réclament leur « raiamandreny », ou comme ces « légalistes » qui réclament leur « Dada », ou ces nouveaux gouvernants qui aiment entendre qu’on les qualifient de « raiamandreny ». La presse et le journaliste ont leur éthique et leur déontologie. Ils ont aussi leur charte et l’observation de ces outils de travail suffisent largement à protéger le journaliste.

Quoi qu’il en soit, il est vrai que la protection physique doit être arrachée auprès de l’Etat s’il ne l’offre pas car c’est son devoir face à la fonction d’utilité publique qu’exerce la presse dans un pays qui se dit et se veut démocratique.

7 commentaires

Vos commentaires

  • 16 mai 2009 à 09:08 | Basile RAMAHEFARISOA (#417)

    Quelques journalistes malgaches font de sit-in pour un journaliste d’une radio.J’ai lu certaines accusations contre ce journaliste.Il doit bénéficier d’une présomption d’innocence mais ne faut-il pas donner quelques signes d’avertissements à des pseudos-journalistes que la ligne rouge existe ???Le média est le quatrième pouvoir mais il y a une déontologie à observer.Basile RAMAHEFARISOA(2)22ramahefarisoa

    • 16 mai 2009 à 11:49 | RAVELO (#802) répond à Basile RAMAHEFARISOA

      Tiens tiens,cette ligne rouge me rappelle quelque chose Basile !!vous avez parfaitement raison,il ne faut jamais la franchire.
      Vous l’avez dit ici, et si vous etiez un tant soit peu, honnete,dites-le aussi à ceux qui ont incité des innocents à le faire.

    • 18 mai 2009 à 08:31 | nyaina (#950) répond à Basile RAMAHEFARISOA

      Basile an !
      le média est le quatrième pouvoir mais il y a une déontologie à observer ! Pour au moins une chose, on est d’accord ! [Pour vous montrer que je suis en désaccord avec vos idées et non avec votre personne !]
      Mais Basile, ...
      les quelques journaliste qui font du sit pour un journaliste d’un radio est ... UN GRAND SON DE CLOCHE !
      ce qui vous importe, Basile, c’est toujours le nombre des voix !!! en bien passons par les urnes alors ! et vous verrez les nombres de voix que vous avez tellement peur d’affronter ! ET N’essayez même pas de fuir vers l’avant en annonçant que l’élection sera truquée !!

      Ces quelques journalistes !!! que vous avez surement compté sur votre écran LCD en France, ne sont peut être nombreux à vos yeux ! Mais sachez qu’à aucun moment les journalistes n’ont manifesté comme tel depuis XXX temps !!!
       ? Cela devrait vous alarmer !! Et il y a également une chose que vous ignorer la-bas derrière votre écran et votre clavier ... vous ignorer qu’à Madagascar... des centaines de gens sont EN CAVALE depuis le régime TGV.. y compris des journalistes !!! Vous devez le savoir par MOI !!! et bien je vous apprends des choses réelles et inadmissibles que le journalisme ne serait pas en mesure de vous donner !

      Des journalistes de MBS et de RADIO MADA se trouvent en cavale dans les périphéries de Tana et hors Tana. ce sont des reporters, éditeurs en chef, présentateurs de programme de tout genre (programme culturel, social,etc), techniciens , etc ... Mais bien sur, il se peut que vous acceptiez de telles situations de repressions et d’intimidations car ces situations vous arrangent !!!

      Vous devez aussi savoir que c’est la VIVA , la chaine de la HAT qui a volé les matériels de l’Etat , l’émetteur de dernier cri commandé par le régime Ravalo après l’incendie de TVM et RNM !!

      Vous devez savoir aussi que c’est la HAT qui a pris la main sur les quatre conteneurs de matériels audiovisuels commandés par Ravalo à Iavoloha pour sa future station !! Vous avez également le droit de savoir que la HAT a proféré de "sublimes mensonges" comme quoi c’est elle qui est le demi-dieu importateur et qui a permis d’offrir à la RNM et TVM !!! ses biens !

      Ce que "ces journalistes -manifestants" se disent tout bas, vous ne les entendrez pas dans votre télé, Basile, .. Vous ne devez pas ignorer que l’emprisonnement de Evariste a fait déborder la vase des jorunalises !! la coupe était pleine en un rien de temps avec la HAT et ses capsats !

      Alors à votre place, comme vous êtes assez informé après la lecture de mon post, changez un peu la direction de votre antenne cérebrale , et soyez un tout petit peu, compréhensifs avec ces journalistes.. bien que cela soit très pénible pour vous !!!!

  • 16 mai 2009 à 11:00 | Balita (#216)

    OU ETAIT CE CLUB DE JOURNALISTE QUAND LE JOURNALISTE EMPRISONNE EMETTAIT SUR DES ONDES NON OFFICIELLES ?

    ON NE PEUT PAS SE CACHER DERRIERE SON STATUT DE JOURNALISTE POUR AIRE N IMPORTE QUOI. LE JOURNALISME EST CERTES LA PLUS VIEILLE DES INSTITUTIONS MALGACHES MAIS LE PROFESSIONALISME EST ENCORE TRES JEUNE.

  • 16 mai 2009 à 15:54 | xena (#774)

    Ka ianareo journalistes anie mihevitra ny hoe tsy maty manota e !
    Ny 90%’ny korontana misy eran-tany dia vokatry ny resaka sy ny lahatsoratra feno fandrangitana ataonareo !
    Ka rariny iny nisamborana natao ny namanareo iny !

  • 17 mai 2009 à 16:15 | Bena (#494)

    Bravo les journalistes, vou vous resaisissez, c’est un tres bon debut. Un bon exemple.

    Mais il faut faire attention a cette histoire de Carte Jaune, c’est encore une diversion des partisans de la 3e voie. On n’est pas dupe.

    Essayez toujours de menager chevre et chou et vous verrez la suite.

  • 18 mai 2009 à 17:32 | Info ou intox ? INFO : (#2357)

    INFO

    Juste pour remettre tout le monde d’aplomb, et surtout pour vous, les journalistes "en titre" (!), voici, ci-dessous, ce qu’on entend par déontologie et éthique du journaliste.

    Dites-moi qui, parmi les éditeurs de presse et journalistes malgaches que nous lisons et écoutons, respecte les principes déontologiques les plus élémentaires (vérifier ses sources, exercer son esprit critique, éclairer par l’information et le commentaire le jugement du citoyen, faire preuve d’équité, respecter les personnes, s’interdire la calomnie et les accusations sans fondement etc.).
    Et ne venez pas me dire que Madagascar, c’est ...spécial. NON NON et NON ! L’éthique professionnelle doit être respectée partout et par tous ! Sinon, on voit ce que ça donne...

    Tant que les journalistes malgaches n’auront pas compris qu’ils doivent avant tout faire preuve de professionnalisme et que c’est leur DEVOIR de défendre les valeurs de la démocratie en général, et la liberté de la presse en particulier, alors la formidable CNME (Cellule Nationale Mixte d’Enquête) de notre formidable commandement transitoire continuera à nous présumer coupables de tout et rien pour nous coffrer sans autre forme de procès...

    Ceci étant dit, je félicite les courageux journalistes qui protestent et se montrent solidaires de leur collègue. J’invite les autres à se rallier aux revendications et demandes de justification adressées aux "hautes" autorités provisoires.
    J’exprime mon soutien à la personne et au journaliste de Radio-Mada, Evariste Ramanantsoavina, emprisonné depuis 13 jours pour...pour quoi exactement ?

    Oups, ça frappe à ma porte...tiens, en parlant de la CNME...
    - "Subversion par libre-pensée" aboient-ils.
    - "Ah, bein moi, quand je pense, personne ne peut m’empêcher ni me donner des ordres, même le président de la République, Marc Ravalomanana", que j’ai répondu.
    Ça a du les froisser alors...embarqué !
    Veloma !(encellulé)

    A. DÉONTOLOGIE DU JOURNALISTE (Rapport Charon, 1998)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme

    1. Publier une information de qualité
    - collectée sans recours à des procédés déloyaux
    - fondée sur des faits vérifiés
    - présentée de bonne foi
    - impartiale, c’est-à-dire présentant les différents aspects d’une situation

    2. Défendre la liberté de l’information
    - en veillant à son indépendance à l’égard de tous les pouvoirs
    - en exerçant son esprit critique, qui impose de douter méthodiquement de tout
    - en distinguant clairement l’information des messages de communication ou de publicité

    3. Respecter les personnes
    - en respectant la dignité de la personne humaine
    - en faisant preuve de compassion pour les personnes frappées par le malheur
    - en respectant l’intimité de la vie privée
    - en publiant toute demande légitime de droit de réponse
    - en reconnaissant et en rectifiant ses erreurs

    4. Promouvoir la liberté d’expression
    - en prenant en considération les observations de ses lecteurs
    - en s’interdisant tout discours d’incitation à la haine ou à la discrimination

    5. Renforcer les valeurs qui fondent la démocratie
    - en poursuivant, dans la publication de l’information, un but légitime au regard du droit du lecteur d’être informé
    - en ne négligeant a priori aucune information de proximité dans tous les domaines de la vie sociale
    - en ayant le souci d’éclairer, par l’information et le commentaire, le jugement du citoyen sur tous les aspects de l’actualité politique et générale
    - en faisant preuve d’équité, pour considérer tous les citoyens égaux devant la presse comme ils le sont devant la loi

    B. RÈGLES PROFESSIONNELLES DU JOURNALISTE (rapport Charon, 1998) http://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme)

    L’éditeur de presse hebdomadaire régionale s’engage à veiller à ce que ses journalistes :
    ­ vérifient leurs sources ;
    ­ n’usent pas de méthodes déloyales ;
    ­ ne versent aucune rémunération aux personnes qui acceptent d’être des sources d’information ;
    ­ ne publient que des informations, avérées et précises, dont l’origine est connue, en les accompagnant si nécessaire de la réserve qui s’impose ;
    ­ s’interdisent de percevoir quelque avantage que ce soit en raison de la publication ou de la non-publication d’une information ;
    ­ informent les personnes peu familières avec la presse que leurs propos pourront être diffusés, et donc portés à la connaissance d’un large public ;
    ­ restent critiques à l’égard des perquisitions au déroulement desquelles les forces de l’ordre invitent les journalistes ;
    ­ n’acceptent aucune consigne d’un annonceur ;
    ­ n’acceptent des cadeaux que s’ils servent directement l’accomplissement du travail journalistique ;
    ­ refusent toutes pressions et n’acceptent d’autres directives rédactionnelles que celle de l’éditeur ou des responsables de la rédaction ;
    ­ ne soumettent pas un reportage aux sources avant sa publication ;
    ­ fassent preuve de respect à l’égard des personnes qui viennent de vivre un drame, en évitant de les harceler pour obtenir une information ;
    ­ s’interdisent la calomnie et les accusations sans fondement ;
    ­ refusent de nourrir et d’amplifier la rumeur, même si d’autres supports s’en sont déjà fait l’écho ;
    ­ veillent dans le choix de leurs photos à ne pas induire une présomption de culpabilité par l’image ;
    ­ traitent l’information, y compris les faits divers, sans rechercher le sensationnalisme ;
    ­ assurent le suivi des informations publiées ;
    ­ respectent fidèlement le sens des propos rapportés ;
    ­ situent les faits et opinions dans leurs contexte, sans en exagérer ou en diminuer la portée ;
    ­ départagent soigneusement ce qui relève :
    • de l’information factuelle ;
    • de l’analyse ;
    • et de l’opinion personnelle.
    ­ recueillent le point de vue de toutes les personnes mises en cause dans une affaire et, lorsque l’une d’elles se refuse à toute déclaration, en informent les lecteurs.

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