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lundi 27 septembre 2021
Antananarivo | 19h10
 

Tribune libre

Lettre ouverte

A Monsieur l’Amiral Didier Ratsiraka

lundi 13 août 2007

Excellence,

« Les ondes de choc des violents affrontements de 2002 n’ont pas encore fini de produire leurs effets funestes et néfastes, cisaillant le destin du pays. Seules des secousses salvatrices pourraient renouer les fils de la raison.

En votre bureau du Palais d’Ambohitsorohitra en 1978, discutant des différends qui vous opposent à Feu Monja Jaona, je vous ai tenu des propos que par la suite vous avez faits vôtres : « En politique il n’y a ni amitié ni inimitié éternelles. Tout est question d’intérêts permanents ». Reste gravée dans ma mémoire votre réponse sous forme de question. C’est dire qu’en politique, la prise en compte des lois de la dialectique affiche des distinctions de taille autrement dans le règlement des contradictions principales que dans la résolution des contradictions internes et secondaires.

La population est « dans la fosse aux lions » tandis qu’un Caligula se délecte, à la tribune de l’arène, du spectacle offert par des opposants qui s’étripent à qui mieux mieux. Les centaines de milliers de militants AREMA auraient pleinement apprécié votre éventuelle dénonciation des prises de positions opportunistes et grassement intéressées (...). Ils vous auraient su gré vous entendre enjoindre au (...) et ses sbires de démissionner de leurs fonctions sénatoriales afin de ne pas cautionner « un régime illégal et illégitime » selon vos propos, d’ailleurs partagés par tous. Leurs attentes furent vaines et le demeurent. Cependant, dans l’ahurissement général, provenant de l’au-delà des mers, leur tombe sur la tête un oukase dont la perfidie constitue un cinglant désaveu des luttes qu’ils ont menées cinq années durant dans ce pays. Seuls, sans aides ni tutelle. L’actuel pouvoir est « de facto » et non « de jure ». Les militants de l’AREMA en dépit des apparences qui vous sont colportées à dessein, sont conscients des enjeux électoraux. Les mains vides mais animés de la loi du défi démocratique à relever, ils vont se lancer dans les prochaines législatives.

Amplement avertis et en dépit des entraves, embûches et intimidations que le despotisme ne manquera pas de dresser. Le régime a déjà annoncé les couleurs...

« Panem et circenses »
L’un est à des prix inabordables, les autres foisonnent pour distraire le vide de l estomac et endormir l’attention.

Dans son mode de gouvernance, tout « césarion » s’en inspire et en abuse. Mais qui reste encore dupe de la déliquescence d’un régime qui chaque jour s’appesantit sur le quotidien de ceux qui endurent menaces, famines et maladies ? Aucun peuple ne se consacre à son propre asservissement. La démocratie se construit et se mérite. La liberté s’arrache dans la douleur et non par la compromission. Et en l’occurrence, pour les militants AREMA, aguerris par les épreuves, « La sagesse du serpent » leur est un précepte. Mais l’histoire de Madagascar est fertile en trahisons, tout autant riche d’intrigues de palais qui hissent la médiocrité au pinacle.Il est regretable qu’entre « partenaires naturels » I’incompréhension s’installe. A détaut de dialogue, des diatribes s’échangent à distance et par canaux médiatiques, entre vous et vos féaux, entre vous et votre ancien directeur (...). Les journaux en font leur chou gras. Mais qui tire les marrons du feu ? Pour ma part, au fait des potentialités de l’AREMA, je ne voudrais aucunement me verser ni dans la polémique stérile, ni me couturer de l’auto flagellation, encore moins m’aplatir de certitudes. Mais je m’autorise à transmettre avec humilité et sans hargne un message de tempérance dans les méandres de la confiance. A distance, trop d’outrances dans les palabres écornent l’audience et la notoriété de l’émetteur et ne feraient qu’apporter l’eau au moulin d’un despote qui surnage dans ses turpitudes. Il est dommage que l’histoire se nourrit de souvenirs. C’est dans la projection vers le futur que je me permets de vous adresser, Excellence, mes cordiales et respectueuses salutations ».

Antananarivo, 10 août 2007

Samuel Ralaidovy
Coordonnateur national de l’AREMA

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