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Le problème Ravalomanana est ailleurs
jeudi, 16 juin 2011

Disons-le tout net. Personne n’a peur de Ravalomanana. Son retour au pays est son problème, ce n’est pas un problème des autorités de la Transition. Il n’appartient pas à l’État malgache de désavouer sa Justice sous peine de se discréditer, mais à Ravalomanana d’user de tous les instruments et artifices judiciaires pour parvenir à ses fins sans risques. Le risque est grand en effet. L’ancien Président a été condamné et il ne débarquera à l’aéroport d’Ivato que pour aller dormir à la maison de force ou dans le cas le plus favorable, en prison ou en résidence surveillée. Dans le pire des cas, des éléments dits incontrôlés ou à l’esprit surchauffé pourraient même toucher à son intégrité physique.

Tout cela entachera l’honneur de l’État et c’est ce que ne veulent pas les autorités. Il s’agit de préserver cet honneur en protégeant Ravalomanana contre un coup de tête. C’est simple à prouver. Autorisez Ravalomanana à rentrer, il ne rentrera pas tout de suite. Il mettra des mois avec un tas d’exigences. Si les forces de sécurité clament haut et fort qu’ils ne veulent pas (pour l’instant) de Ravalomanana au pays, c’est qu’elles ont d’autres chats à fouetter et n’ont pas besoin qu’on les surcharge de travail.

C’est dans cette problématique que devrait être interpellés les TIM ralliés. Leur silence actuel laisse perplexe. Ils devraient parler, ils restent muets. Pour eux, c’est pourtant le moment où jamais de prouver qu’ils sont aux côtés de la Transition. S’ils ont intégré les rangs de la Transition, c’est qu’ils reconnaissent l’impossibilité pour le moment d’un retour de Ravalomanana au pays, tant pour sa propre sécurité que pour la stabilité de la Grande île. Ce report, et non cette interdiction, est une stipulation constante dans tous les textes officiels portant sur la sortie de crise depuis Maputo. La déclaration de Gaborone n’y fait pas exception et demande aux autorités de la Transition de créer une situation favorable à ce retour de Ravalomanana au pays. C’est depuis Sandton que le scandale d’un retour « sans conditions » arrive.

C’est là que sont attendus les TIM représentant la mouvance Ravalomanana au sein des structures de la Transition. Car, Raharinaivo Randrianantoandro et consorts sont des TIM. Avec ou sans l’aval ou la bénédiction de Ravalomanana, ils sont perçus comme des TIM. S’ils ne l’étaient pas, que viennent-ils faire dans cette galère ? Même si, par hasard, ils ont été exclus de leur parti, cette exclusion ne peut être que le fait d’un organe créé pour les besoins de la cause au vu des circonstances. Ravalomanana est le père fondateur du TIM, mais il est soumis aux règles de toute association, qui veulent que l’association décide à travers ses structures et non par fait du prince de son fondateur.

Veulent-il le retour de « Dada » ou non ? C’est le moment ou jamais de les entendre dire à haute et intelligible voix leurs options. Il s’agit là d’un devoir de confiance vis-à-vis des partenaires. Ils doivent même faire un tour au Magros et oser expliquer et chercher à convaincre. Sinon à quoi servent-ils sauf à écorner le budget de la Transition déjà réduit à la portion congrue. Au pire des cas, ils risquent d’être accusés de s’être fait acheter. Les Fetison et les Rakotoarivelo profitent eux aussi, de leur statut d’opposant. Ce ne sont pas en tout cas des martyrs. Impliqués dans des attentats et des affaires de bombes, ils continuent d’aller et venir, à Madagascar et à l’étranger sans inquiétude aucune. Ce sont de petites fleurs dont ils devraient remercier la Transition au lieu de semer, de dramatiser et diffuser des fausses nouvelles.

Ravalomanana tout à ses embrouilles sur la scène internationale oublie que la Transition lui fait aussi des fleurs. Les ministères de la Justice et des Finances traînent bizarrement les pieds. À tel point que l’on se demande s’il y a toujours des dossiers Ravalomanana au tribunal. Des dossiers sont-ils finis d’être traités ? Des verdicts sont-ils rendus ? Des mandats d’arrêt ou des demandes d’entraide judiciaire sont-ils lancés ? Des enquêtes continuent-elles ? Etc. Ravalomanana a été accusé de malversations, de détournements de fonds et ou de fraude fiscale. Les États-unis ont mis la main sur Al Capone, le plus grand gangster de leur histoire, pour fraude fiscale.

Ce ne devrait pas être difficile pour un ministre des Finances réputé pointu d’agir contre un petit Al Capone politico-magouilleur d’un pays sous-développé. Un contrôle fiscal n’est tout de même pas au-dessous de nos moyens. De tels silence et inaction font beaucoup problème et jettent le doute sur notre volonté de mettre définitivement fin au problème Ravalomanana. Il est normal que la communauté internationale hésite. On a l’impression qu’il n’y a pas de dossier solide contre l’ancien Président. C’est gravissime. Madagascar est devenu la risée du monde. Le gouvernement devrait s’interroger sur ses compétences.

Andry Rajoelina a été d’un calme extraordinaire en commentant la déclaration de Sandton. Comme si le temps de la colère est passé. Il est temps de passer (enfin) aux actes. La Sadc a entériné la feuille de route ? Allons-y maintenant vers les élections sans plus perdre de temps. Certains veulent encore discuter ? Qu’ils discutent sur les dates et leur participation à l’effort commun. Le bla-bla a pris fin à Gaborone.

(Collectif pour le changement)

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