Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
mercredi 23 août 2017
Antananarivo | 05h11
 

Editorial

Un monde qui change

vendredi 21 avril | Sahondra Rabenarivo

À la veille du premier tour des élections présidentielles françaises, un éditorial dans le New York Times m’a particulièrement interpellé. L’auteur explique comment « pour la première fois dans l’histoire des trois dernières républiques, les deux candidats favoris à l’élection présidentielle française récusent leur appartenance à la droite et à la gauche, ou même au centre, de l’échiquier politique ». Plutôt, « les deux candidats présentent des visions antagonistes de la globalisation, de l’Europe et de la laïcité ». Et conclut qu’ « une nouvelle opposition idéologique semble donc être en train de redéfinir le discours politique en France, et ailleurs en Occident : le protectionnisme économique et identitaire des populistes, face à l’ouverture à l’Europe et la globalisation des libéraux. La gauche et la droite ne seront bientôt que les vestiges d’un XXème siècle bien révolu » [1].

La longue marche du libéralisme, dont l’ascendance émerge après la chute du mur de Berlin (présumée victoire de l’Occident) semble donc se heurter à un nouveau phénomène, en partie parce que certains segments de la population de ces pays d’Occident, en zones rurales surtout, sont perdants dans la mondialisation. Mondialisation rime quelque part avec urbanisation et le phénomène Londres/grandes villes et les zones rurales du Brexit, ainsi que la défaite de Trump dans presque toutes les grandes villes américaines et sa victoire dans le fin fond des USA le démontrent.

Et nous alors ? Le libéralisme nous a ouvert depuis les années 1990 aux importations de tout ce qui devrait essentiellement être produit localement : riz, friperies, ciment, savon, tout. En face, nos produits peinent à équilibrer les choses en offrant au monde mondialisé nos marchandises : textiles, nickel, vanille… Le Plan National de Développement, inspiré tant bien que mal du Madagascar Action Plan, lui-même un outil d’ajustement au libéralisme, est-il adapté à ce nouveau monde ? Il semblerait que non.

En face de ce qui se passe en Occident (Brexit, Trump et les élections européennes), il y a le phénomène de la Turquie, de la Russie, du Venezuela ; phénomène libellé « autocratisation par la voie démocratique », c’est-à-dire l’affaiblissement de la démocratie par des dirigeants élus démocratiquement. Ce n’est pas un nouveau phénomène, on le connaît déjà bien à Madagascar. Et il y a le bordel en Afrique du Sud, pourtant première économie sub-saharienne et lueur d’espoir pour la démocratie africaine en 1994. Les autres géants du club des BRICS (Chine, Inde, Brésil) sont en ce moment moins visibles et en tout cas moins friqués.

JPEG - 283.5 ko
Extrait du livre « Pulp Libéralisme » de Daniel Tourre

Nous vivons un tournant décisif au niveau mondial et nul ne sait comment tout va se tasser. Mais à la veille de nos propres élections, ne serait-il pas judicieux (même si c’est beaucoup demander) de savoir comment nos leaders pensent y faire face ? En matière d’éducation, de politique industrielle et commerciale, de diplomatie, de politique économique tout court, de démocratie et politique électorale. On semble ressasser toujours les mêmes plans et projets d’hier… Le monde de demain n’est plus celui d’hier, et refaire ce qu’on a déjà fait avant n’est plus de rigueur.

Notes

[1Raphaël Liogier, « En France, une élection ni-ni », 12 avril 2017, New York Times. Voir https://www.nytimes.com/2017/04/12/opinion/en-france-une-election-ni-ni.html

12 commentaires

Vos commentaires

  • 21 avril à 08:59 | harmelle (#5862)

    « Mais à la veille de nos propres élections, ne serait-il pas judicieux (même si c’est beaucoup demander) de savoir comment nos leaders pensent y faire face ? »
    Quels leaders :(

    • 21 avril à 09:02 | harmelle (#5862) répond à harmelle

      Ai omis de mettre ma phrase en mode interrogatif :-)))
      Quels leaders ??? :(

    • 21 avril à 15:40 | Houpert Claude (#9408) répond à harmelle

      Pour ceux qui suivent les élections françaises :

      ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2017 - A J-2 de la date de l’élection présidentielle, une nouvelle configuration semble émerger des résultats des tous derniers sondages, avec un Fillon s’invitant désormais dans un trio de tête.

      Sondage présidentielle 2017 - Les résultats des sondages montrent à nouveau un trio de tête resserré Macron-Le Pen-Fillon, à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle. Selon le sondage « PrésiTrack » Opinionway-Orpi pour Radio Classique et Les Echos, il y a peu d’écart entre Emmanuel Macron (23%, =), Marine Le Pen (22%, =) et François Fillon (21%, +1). Jean-Luc Mélenchon perd un point et tombe à 18% des intentions de vote. Derrière, il y a Benoît Hamon (8%), Nicolas Dupont-Aignan (4%), Philippe Poutou (2%), Jean Lassalle (1%), François Asselineau (1%), Nathalie Arthaud (0%) et Jacques Cheminade (0%). Au second tour, Emmanuel Macron (64%) perd un point face à Marine Le Pen (36%) et François Fillon (59%) gagne deux points face à la candidate du Front national (41%). Selon le sondage Elabe publié ce vendredi 21 avril (effectué avant l’attentat à Paris), le candidat d’En Marche ! est crédité de 24% des intentions de vote (=), devant Marine Le Pen (21,5%, -1,5), qui se qualifierait donc aussi pour le second tour. Derrière, les autres candidats sont crédités de la manière suivante : François Fillon (20%, +0,5), Jean-Luc Mélenchon (19,5%, +1,5), Benoît Hamon (7%, -1), Nicolas Dupont-Aignan (4% =), Philippe Poutou (1,5%, -0,5), Jean Lassalle (1%), François Asselineau (1%), Nathalie Arthaud (0,5%) et Jacques Cheminade (0,5%). Au second tour, Emmanuel Macron s’imposerait face à Marine Le Pen (65% contre 35%).

  • 21 avril à 09:04 | plus qu’hier et moins que demain (#6149)

    Assalaamo alaikoum

    Le pire est de vouloir copier et coller ce qui se passe ailleurs même si les contextes ne s’y prêtent pas : Attention danger car le développement n’est pas un phénomène de mode superficielle mais des pratiques ancrées au plus profond des mentalités à court/moyen et long terme de la population.

  • 21 avril à 11:23 | Babah (#9347)

    Il est vrai que tout auto-proclamé « leader » devrait présenter sa vision de gouvernance ou son projet de développement. Bon, mais pour Mada, il n’y a pas photo : c’est simple et peut être résumé en quelques mots.

    Ne compliquons pas ce qui est déjà évident : développer l’économie par la priorisation de l’agriculture, rationaliser l’élevage et aider les pme de transformation, développer les sources d’énergies renouvelables, rationaliser l’exploitation du sous-sol ... tout cela n’a besoin d’être étiqueté de gauche ou de droite, de libéral ou de nationaliste ou que sais-je encore. Aucun besoin d’idéologie pour cela. A moins de choisir de « faire comme un vazaha » : pourquoi faire simple si on peut compliquer.

    Et surtout lutter contre la corruption afin de constater l’impact de cet essor économique dans le social : le développement économique sera la source d’un mieux-être dans la santé, l’éducation, les infrastructures, etc. Tout ceci, c’est le bon sens commun de la voie du développement, le sens minimum et basique pour sortir de cette mentalité sous-cultivée et éternellement assistée où se trouvent tous les pays ex-colonisés. Ne re-inventons pas la roue, le fmi et la bm ( pour exemple ) ont des tas et des tas de canevas que l’on peut contextualiser pour chaque cas. Et c’est ce que nous voyons appelé Map, ou Pnd, ou schmilblick peu importe.

    Concernant le 1er point de l’édito, je suis un peu étonné : ce n’est pas parce que Macron dit qu’il n’est ni de droite ni de gauche, qu’il est ni de droite ni de gauche... c’est la trouvaille de la hollandie pour continuer ce qui n’a jamais été entamé, c’est tout. Il ne faut pas confondre la stratégie du discours avec le sens du discours, mme l’édito. Au lieu de suivre votr raisonnement, moi je dirais plutôt : c’est la 1ère fois, en France, que 2 candidats extrêmistes sont parmis les 4 en tête, au code à coude. On feint d’oublier que Melenchon est de l’extrême-gauche tout comme Marine est d’extrême-droite. D’ailleurs leur programme économique s’identifie car les extrêmes se rejoignent, en formant le boucle !

    Mais tant pis pour les Français, revenons à Mada : ce que vous appelez l’autocratisation par la voie démocratique, il n’y avait que cela depuis notre indépendance, non ? Pour schématiser, Dadabe Tsiranana et ses FRS, Ratsimandrava et ses audiences foraines, Ratsiraka et son DGIDIE, Zafy et ses forces vives, Ravalo et son Bianco, Rajoelina et son FIS, Rajao et ses conseillers omnipotents.

    Vous voyez « un monde qui change », moi je vois l’éternel retour. Mais cela ne signifie pas que je n’ai pas aimé l’édito d’aujourd’hui, au contraire je suis d’accord sur tous les autres points non commentés !

    Bon week-end à tous les retraités et oisifs du forum .

  • 21 avril à 11:58 | vatomena (#8391)

    Soyons assurés que tous les profiteurs du régime passeront un merveilleux week end .Champagne pour eux .Eau croupie pour le peuple !

  • 21 avril à 12:18 | olivier2 (#9829)

    Madame Rabenarivo a ce côté sympathique très malagasy..

    « On » n’a pas envie de trop la malemener, car elle est assez consensuelle..tres posée..

    Sauf qu’au final, son jugement trop « mou » sur ses compatriotes et son pays finissent par faire d’elle la complice - parmis tous les autres dans la mare aux canards - d’une succession d’échecs evidents qui ont mené son cher pays à la ruine..

    Le libéralisme est il RESPONSABLE de la descente aux enfers gasy gasy chere madame ?

    Qui a demandé à Ratsiraka de créer plusieurs générations d’analphabetes et autres cépamafotistes en chef ?

    Qui a « forcé » Ra8 - Andry et Hery à se comporter de maniere HONTEUSEMENT malhonnête…ici se payant un 737..là encourageant le traffic de BDR..et là bas « évacuant » Claudine la divine ?

    Laissez donc le monde là ou il est, et attaquez vous aux vraies raçines du mal Malagasy..la malhonnêteté, le mensonge, l’hypocrisie..

    Ou est donc le « tournant décisif » GASY ?

    A lire les commentaires de vos brillants compatriotes…j’ai peine à croire que le changement soit « EN MARCHE »

     :)

    • 21 avril à 12:28 | dirk_cab (#6503) répond à olivier2

      Bonjour,

      Tout va bien ?

      Pas de « place » dans le bac à sable ? Les gamins vous ont chatouillé un peu ?

      Amusez vous bien ....

  • 21 avril à 12:41 | punchline (#9673)

    si zafy et ratsiraka (nos 2 plus grands leaders que madagascar n’a jamais eu) savaient travailler ensemble aux années 80 et 90, nous n’en serions pas là.

    mais tous les deux , ont privilégié leurs rancœurs et surtout leurs egos surgonflés en helium, et voilà où nous sommes actuellement

    car la chine actuelle c’est un peu les deux (industrialisation à outrance + protectionnisme culturel c’est du ratsirakisme , ouverture et capitalisme commercial, doublé de la rigueur c’est du zafisme)

    mais j’avoue, que la faute politique incombe plus à ratsiraka qu’à zafy,

    quant à RAVALO, c’est un grand capitaine d’industrie, comme bernard ayrnault, liliane bettencourt, rockfeller, mais surtout pas un homme politique

    andry rajoelina a beaucoup d’avenir, mais qu’il murisse un peu

    rajao , c’est un grand fonctionnaire de l’administration, pas un homme d’etat

  • 21 avril à 19:22 | Gérard (#7761)

    mais non, rien ne change !

    « l autocratisation par la voie démocratique », c’est-à-dire l’affaiblissement de la démocratie par des dirigeants élus » dont nous parle la distinguée juriste auteur de cet èditorial , c’est très exactement ce qu’avait fait Hitler himself !

    l’histoire n’est qu’un perpétuel recommencement selon quelque vieux sage grec

    amusez vous aussi avec le jeu de chaises musicales ministerielles ( de seza ?) que l"on nous propose pour que l’on parle moins de la Claudine, un écran de fumée ou l’on ne touche à aucun de ceux qui, si on les fâchait, pourraient cafter...... un certain premier ministre ou ministre de la justice par exemple

    tout ce beau monde est expert au jeu de la barbichette.... et ils se tiennent tous par les kouilles

  • 21 avril à 23:51 | Turping (#1235)

    Face au libéralisme quelle démocratie en Afrique ?comme si la démocratie doit -elle être universelle sans soulever le problème de l’occidentalisation de l’ordre international.
    - Bien sûr, Sahondra n’a pas complètement tort d’avoir évoqué ce sujet car depuis la mondialisation ces trente dernières années, il y a de terribles préjudices qui ont été infligées par le neoliberalisme non concurrentiel adoubé par la corruption généralisée.
    - Grosso modo, le problème de l’Afrique y compris Madagascar ne se focalise uniquement sur la pauvreté de ses populations mais surtout ses richesses minières, de l’ingérence interne comme externe.
    - Donc logiquement, l’Afrique n’a pas besoin du système économique néolibéral mais c’est plutôt
    le système qui a cruellement besoin d’Afrique et de ses immenses ressources naturelles.
    - Concernant la montée de l’extrême en France en politique c’est la montée exponentiellement du chiffre de chômage, les menaces terroristes, etc...Un cercle par rapport a ce qui a été dit avec les conflits d’intérêts en Sahel, au Moyen-Orient, etc...Il ne faut pas oublier que les chinois sont là aussi depuis un moment.

    • 21 avril à 23:55 | Turping (#1235) répond à Turping

      Lire :un cercle vicieux,...

Publicité

Vols, Hôtels, Séjours

Les meilleurs prix


Publicité

Newsletter

Les actus du jour directement dans votre boîte email

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
 

Visiteurs connectés : 120