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Opinions

Razafisambatra Louis De Mon Désir met en garde le futur président de la république

jeudi 16 janvier 2014

Razafisambatra Louis De Mon Désir met en garde le futur président de la république honnêtement élu ou les dirigeants d’une éventuelle « Transition bis » sur les points cruciaux analysés ci-après :

On ne nous donne presque pas le droit de débattre les questions qui justifient les plus graves mystifications et confusions dans la conjoncture de la mondialisation. On n’est pas bon élève des bailleurs de fond internationaux quand on se demande sur le bien fondé des bombardements contre certains pays, pourtant menés au nom « des principes du droit » mais violent d’une façon flagrante les principes fondamentaux du droit international public. En d’autres termes, le droit au développement se heurte à quelques défenseurs inconditionnels de la société libérale mondialisée ; ces derniers essaient de convaincre le monde par des allégories pseudo-juridiques usitées par la grammaire communicationnelle. De même, l’instrumentalisation du droit par les grands intérêts économiques s’est fait remarquer par l’emblématique projet d’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement) ; et on oblige à faire apparaître en filigrane une forme de démission et de soumission du Politique.

L’on n’a pas droit à interpeller les contradictions frappant une conception désincarnée des « Droits de l’homme » véhiculés comme alpha et oméga des décisions politiques. Cette interdiction ne peut que décupler l’inhumain, le droit international des affaires occupant une place prépondérante. Quand il s’agit de pays pauvres, certaines grandes puissances amputent même le droit au développement de sa dimension économique, sociale et culturelle quand bien même il fait partie intégrante des Droits de l’homme ; ceux-ci tendant être réduits aux seuls droits civils et politiques, et les droits économiques, sociaux et culturels présentés comme des droits secondaires.

De plus, les investissements internationaux privés s’imposent avec leurs règles draconiennes et déshumanisantes, cherchant seulement la sécurité et les profits. L’on ne peut pas abandonner dans les oubliettes les « conditionnalités » de l’éligibilité à certains projets de développement et les conditions de financement. Par là même, les Etats souverains sont contraints à oublier leur seule responsabilité devant les organes des traités des Nations Unies ou des Unions régionales. Malheureusement, l’on n’a pas de prérogative de remettre en question les paradoxes de la politique des Etats et des sociétés multinationales en matière d’investissement international.

En outre, la « diplomatie des droits de l’homme » dicte et impose aux pays du sud les droits de l’homme et la bonne gouvernance comme conditions essentielles de l’aide ou des investissements privés garantis par les « codes de développement ».

L’on ne cesse de véhiculer « droits de l’homme, démocratie libérale, Etat de droit, bonne gouvernance ». Toutefois, l’on pointe de la main gauche la corruption et on caresse de la main droite, au nom de la démocratie et de la stabilité politique, l’impunité des dirigeants. Aucune solution à la corruption n’est mûrement et sérieusement envisagée, sans parler de la pénurie de juges professionnels en la matière.

Par ailleurs, l’on gaspille à tous les coups des milliards pour des élections dites libres, transparentes et honnêtes, chez des populations sans carte d’identité nationale, et enclines, à cause de leur situation de précarité, à dilapider les dons et libéralités des politiciens ( manifestations de l’achat de conscience).

Non seulement, la « sincérité » de ces élections, « garantie » par des « observateurs internationaux », « grands spécialistes » des élections, laisse à désirer, mais encore on investit peu, pour ne pas dire presque pas, dans l’éducation aux droits de l’homme, et donc dans la promotion de la démocratie ; il en est de même pour la formation des gens conscients de leurs droits et devoirs, de véritables citoyens capables de prendre en main leur destinée pour transformer la société, donner un vrai sens aux droits de la personne humaine et partant, au droit au développement qui peut se définir pour tout être humain comme « le droit au développement et au plein épanouissement de sa personne dans ses dimensions matérielle, économique, sociale, intellectuelle, culturelle ».

De plus, le droit de l’investissement international ne prend pas en compte prioritairement les intérêts de la grande majorité de la population dont pourtant les « droits » sont reconnus. Il ne répond surtout qu’aux préoccupations des investisseurs dont les intérêts ne coïncident qu’accidentellement avec le développement humain et le bien commun. Les indications par les investisseurs ne concernent que très faiblement le développement proprement dit. En effet, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) relève dans plusieurs de ses rapports annuels, que les modèles de croissance économique se rapportent à l’augmentation du PNB et non à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus démunies. Il faut reconnaître par conséquent que le droit de l’investissement international et le droit au développement, dans le cadre de la mondialisation néolibérale, n’obéissent pas forcément à la même logique.

Bref, les futurs dirigeants (président bien élu ou les détenteurs d’une probable « autorité de Transition-bis », sont conviés à mettre en œuvre une diplomatie décomplexée, en l’occurrence avoir la volonté politique de revendiquer l’émergence d’un nouveau droit mondial communautaire et solidaire en dénonçant certains mécanismes fallacieux pour inciter les acteurs internationaux à revenir aux fondamentaux du droit international général et du droit international économique, droit de l’investissement, souveraineté et droit des peuples. D’ailleurs, le progrès social doit servir de fondement à la coopération internationale en faisant de la personne humaine la fin première des sociétés nationales comme de la société internationale et partant, de la coopération internationale. En tout cas, les pays du nord et du sud auront intérêt à retourner aux origines de l’humanisme où l’homme cessera d’être un loup pour l’homme.

Paris le 16 Janvier 2014
RAZAFISAMBATRA Louis De Mon Désir

1 commentaire

Vos commentaires

  • 16 janvier 2014 à 16:10 | Jipo (#4988)

    Merci pour ce pieux souhait, mais j’ ai bien peur que vous ne prêchiez dans le désert, vous demandez aux loups de se comporter comme vous le souhaiteriez à savoir des végétariens , pour le bien de tous ...
    Est-ce bien réaliste ?
    Cette course à la mondialisation , au nouvel ordre mondial est dirigé par les plus gros lobbyings financiers, qui existe sur cette triste terre , ou l’ argent est roi , quelle place voulez vous y trouver , quand toutes les valeurs, éthique,et morale : sont bafouées au quotidien dans un mutisme organisé & mondial .

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