Promis juré, nous assure sa présidente Béatrice Atallah, la CENI-T dévoilera ce jour le calendrier électoral. Pour l’heure, rien de bien fiable ne fuite de ses conclaves : ni le mois, ni même l’année, et même pas l’ordre des différentes élections (présidentielles, législatives, communales) ne peuvent être appréhendés. Mais promis juré, ce soir du 29 mai, nous saurons (presque) tout.
Promis juré, nous assure Sandile Schalke, le chef de son bureau de liaison à Antananarivo, un sommet de la SADC aura lieu le 1er juin à Luanda, en Angola, consacré aux derniers développements politiques à Madagascar. L’on nous assure que la communauté de développement des États d’Afrique australe entendra un rapport sur la mise en oeuvre de la Feuille de route et prendra des décisions. À lire les derniers communiqués, des sanctions pourraient même être préconisées contre ceux qui font délibérément entrave à la Feuille de route.
Alors, promis juré, la semaine apportera des développements décisifs à la sortie de crise ?
De toute évidence, hélas, personne ne s’aventurerait à affirmer cela, tellement chacun a une perception personnelle de ce que contiennent les mots mythiques : « sortie de crise ». Entre ceux qui souhaiteraient une transition qui repartirait sur de toutes nouvelles bases, ceux qui croient sans nuance que le salut viendra d’élections, ceux qui confient leur destin à la SADC et ceux qui ne veulent surtout plus en entendre parler, les opinions exprimées sont plus diverses que jamais. Il ne pourra y avoir de miracles : la crise ne s’éteindra pas, elle évoluera, très vraisemblablement pour mieux se perpétuer.
Le plus vraisemblable est que, faute d’alternatives crédibles, la semaine aille dans le sens d’élections relativement rapprochées, sans que d’importants problèmes de fond soient véritablement élucidés. Tout en ayant plaidé pour de telles élections « aux forceps », je suis d’ailleurs parfaitement conscient qu’elles présentent un risque : un scrutin même irréprochable (pourrait-il l’être ?) ne fera qu’arbitrer entre des personnes.
Par lui même, un scrutin ne peut guère résoudre le phénomène de crises cycliques si particulier à Madagascar. Car celui-ci relève de la mentalité d’une classe politique, trop encline à dire « j’ai gagné, tu as perdu, je fais ce que je veux ». Quel que soit le « gagnant » de la crise 2009-201X, retiendra-t-il au minimum qu’il faut non seulement un peu de retenue, mais aussi se méfier de l’eau qui dort ? Oui, l’on peut avoir quelque idée de ce que pense quelqu’un qui lance des pierres. Il est beaucoup plus facile de se méprendre sur les pensées de tous ceux qui ne disent rien. Et il est particulièrement risqué de taper sur quelqu’un qui ne dit mot : l’on n’a aucune idée si cela ne risquerait pas soudainement d’avoir l’effet contraire à celui recherché par le matraqueur.
Oui, il va falloir continuer à nous accoutumer à « la crise ». De mon point de vue, il serait en fait préférable qu’elle perdure après les élections : par son rappel de la diversité des opinions, elle constitue son propre antidote. L’on pourrait alors attendre de la présente semaine que « la crise » perdure, mais quand même aussi qu’elle se pacifie quelque peu.







