On ne sait ce qui se passe à la présidence de la Haute autorité de transition mais si une certaine presse parle de bordel – ce qui lui a valu la foudre des autorités de toutes sortes – , on doit reconnaître que le communiqué transmis à la presse et lisible en fichier attaché, est révélateur d’un manque de rigueur que nous n’osons pas qualifier, de peur d’attirer sur nous l’ire de ceux qui sont les plus pointilleux et les maîtres dans le métier du journalisme et de la communication. Au rythme des droits de réponse qui ont plu ces derniers temps et des demandes d’excuses ou de déni de ce qui a été publié, on risque en effet de se rendre coupable d’on ne sait quoi sachant le professionnalisme déclaré de ceux qui détiennent non seulement le pouvoir mais surtout les armes qui tonnent et de ceux qui sont en mesure de vous arrêter pour délit de presse voire pour délit d’opinion ou de mauvaise foi.
En tout cas, on ne sait plus si le discours a été prononcé le 31 janvier 2011 ou 2012 car samedi dernier c’était encore le 31 décembre 2011 ; mais le fait est que le 31 janvier est mentionné deux fois dans le communiqué en date de 2011.
Au nom de la préservation du Fihavanana et au nom de la sagesse malgache, le président de la HAT n’a pas du tout évoqué les sujets qui fâchent ou qui à ses yeux, peuvent donc diviser ou engendrer des débats dans l’opinion. Il a laissé aux Malgaches le temps de profiter des fêtes de fin d’année, loin des soucis et des quotidiens ou des problèmes politiques, économiques et sociaux. Or des forces politiques et des revendications avaient annoncé qu’elles attendaient des réponses dans le discours du président de la HAT du 31 décembre 2011. Il en est ainsi de la libération des prisonniers politiques ou encore des revendications des soldats. Ils sont nombreux à revendiquer ces dernières semaines : le F3M (groupement de syndicats), les grands corps de l’État, le SMM (syndicat des magistrats), les sous-officiers.
L’attitude du président de la HAT donne l’impression que le pays va bien et que la résolution des problèmes évoqués et mis en épingle par certaine presse, n’est pas très importante. Les concernés peuvent attendre car il n’y a pas le feu. Il faut patienter dans le vague car la date même des cérémonies de présentation n’a pas été publiée. Et à beaucoup d’égards, ce genre de comportement à l’égard de la population malgache ressemble à une volonté manifeste d’infantilisation des électeurs et des contribuables.
Recueilli par Valis








