Le procès de l’affaire BANI s’ouvre ce lundi 19 mars au tribunal d’Anosy. L’affaire était née le 17 novembre 2010, lorsqu’en plein référendum constitutionnel, des officiers supérieurs avaient annoncé la dissolution du pouvoir HAT et la mise en place d’un Comité de salut national. Participaient entre autres à la déclaration les généraux Noël Rakotonandrasana, ancien ministre de la Défense de la Transition, Jean Heriniaina Raoelina, ancien conseiller militaire de Marc Ravalomanana, et les colonels Charles Andrianasoavina et Assolant Coutiti. Des partisans des trois mouvances avaient reçu dans le même temps des SMS les invitant à se rassembler à la base aéronavale d’Ivato, où s’étaient retranchés ces officiers.
Sur le plan médiatique, ces événements allaient éclipser le référendum constitutionnel tenu ce jour là. Mais l’annonce de putsch militaire n’a guère eu de suite dans les faits et elle était rapidement matée : le jour même du 17 novembre 2010, les sympathisants civils venus manifester leur soutien étaient dispersés à coups de grenades lacrymogènes et de tirs en l’air. Deux jours après, un assaut entraînait la reddition des mutins.
Le professeur Raymond Ranjeva, ancien vice-président de la Cour internationale de Justice, et sa fille Riana, allaient ensuite être accusés par les autorités dans cette affaire. Le nom du professeur et celui de son mouvement Vonjy aina auraient été cités dans des documents retrouvés chez les mutins. Mais la défense du professeur Ranjeva nie toute implication volontaire de celui-ci dans cette annonce de putsch.
La tenue même de ce procès est contestée par beaucoup, à commencer par certains accusés militaires, qui se prévalent de l’article 16 de la feuille de route qui prévoit l’arrêt des poursuites judiciaires pouvant apparaître comme fondées sur des motifs politiques. Certains accusés pourraient refuser de se présenter au procès.
Le professeur Ranjeva et sa fille auraient promis de se présenter au Tribunal. De ce fait, une ordonnance judiciaire de prise de corps, qui avait décidé qu’ils devaient être escortés par les forces de l’ordre pour se rendre sur le banc des accusés, ne serait exécutée que de manière symbolique ce lundi. Leurs sympathisants ont en tout cas promis de venir nombreux pour les soutenir, et attirent l’attention de l’opinion internationale sur ce procès sensible.







