« Andry Rajoelina no filohanay », « Andry Rajoelina namako ». C’est ce qu’on pouvait lire sur les T shirt distribués lors de l’inauguration de la RN 35 à Morondava.
Pour quelqu’un qui avait annoncé à plusieurs reprises qu’il ne se présentera pas aux prochaines présidentielles, Andry Rajoelina fait bien sa campagne et continue sa conquête des Régions. Reboisements à Andranovelona, Mananjary, Manakara, et inauguration à Morondava...
Il essaie surtout d’effacer les traces de Marc Ravalomanana dans la mémoire des gens, en copiant ou en parodiant celui dont il n’ose pas prononcer le nom. Il veut devenir le namana à la place du dada. Il veut laisser un héritage vert (LOL) au lieu d’une révolution verte. Et à Morondava, il a coloré Jerry Marcos en orange, (qui a répondu - Jerry Marcos et pas l’orange - avec une déclaration de fitiavana très claire : Avec toi) retirant du coup aux Zanak’i Dada la possibilité de continuer à défier les autres en chantant Samy mafoaka, iô iô !
Une fois de plus, Rajoelina a montré lors de cette inauguration qu’il fait partie des gens du spectacle. Et il a fait son spectacle, clamant à la manière d’un artiste un Je vous aime Morondava !
Une fois de plus, il s’est encore donné en spectacle. Pensant conquérir de cette manière le public de Morondava, Rajoelina frétille et annonce sur scène : « Sao dia heverinareo fa tsy mahay mandihy kilalaky président ! Mahay mandihy kilalaky président ! ». Celui qui s’appelle lui-même président pense donc que le souci du peuple, la première question qu’on se pose au réveil, est de savoir s’il sait danser le kilalaky ou pas…
Mais pendant que Rajoelina s’amuse et se donne en spectacle, on remarquera un fait : beaucoup de gens dans l’assistance continuaient à bouger et à discuter pendant la diffusion de l’Hymne national. On pourrait attribuer cela à une aggravation de l’incivisme, mais sûrement aussi parce que ceux qui présidaient la cérémonie n’inspiraient pas le respect.
Bref, ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour cette propagande inauguration : les nombreux drapeaux distribués (qui ont dû coûter un certain montant, vue leur qualité), les nombreux T-shirt de la course pour la solidarité mais avec l’effigie de celui qui sait danser le kilalaky, le grand spectacle du soir, les réceptions, les déplacements de toute la suite présidentielle… tout cela a dû être payé par l’argent public, par mes impôts… Oui, on dirait bien que j’ai financé la campagne de Rajoelina… Honte à moi...







