Comme annoncé la veille, le président de la transition, Andry Rajoelina, a tenu ce lundi 23 juillet à Ivato, à rencontrer la presse avant qu’il ne s’envole pour les Seychelles où se déroulera la rencontre initiée par la SADC entre l’ancien président de la République, Marc Ravalomanana et le président de la transition, Andry Rajoelina ; une rencontre qualifiée de la dernière chance pour les deux principaux protagonistes de la crise malgache. En tout cas, les deux personnalités se sont pliées aux injonctions de la SADC selon lesquelles, il faut que cette rencontre ait lieu sinon l’une et/ou l’autre selon le cas, sera ou seront sanctionnée(s). Dès lors, si l’une ou l’autre tenait encore à entretenir des relations, disons de confiance avec la SADC et la communauté internationale, ou du moins espérer jouer un rôle dans le processus et ne pas risquer l’exclusion dans la suite, il faut bien se soumettre, bon gré mal gré, aux conditions imposées par la SADC.
De la part d’Andry Rajoelina, il est clair, comme il l’a dit ce lundi 23 juillet : il est prêt pour un face à face, étant chef d’État, dirigeant et responsable. Il n’a à aucun moment laissé entendre qu’il allait à cette rencontre au nom d’une mouvance mais en tant que chef d’État.
Mais ce même lundi 23 juillet, un front de plus en plus médiatique de la classe politique conduite par Voninahitsy Jean Eugène du RPSD qui préside le groupement Les AS – front composé donc de Les AS, de l’AREMA, du MDM et d’autres formations, mû par le souci de faire valoir ses points de vue, est monté au créneau. Ce front a déploré au Colbert, que le président de la transition ait méconnu leur appel avant de se rendre à cette rencontre avec Marc Ravalomanana, comme pour dire que le président de la transition est parti sans les consulter et donc qu’il est responsable de ce qu’il aura conclu avec Marc Ravalomanana et que cela n’engagera que sa propre personne. Ce front constitué autour de Voninahitsy avait surtout déclaré qu’il ne considèrera les résolutions qui seront prises aux Seychelles que comme des propositions qui devront encore être soumises aux signataires de la feuille de route.
Quoi qu’il en soit, Andry Rajoelina admet implicitement qu’il aura en face de lui, un ancien chef d’État, un ancien dirigeant qui a toujours été présent dans la vie politique et sécuritaire bien qu’il soit en exil. Mais aussi un interlocuteur ou un vis-à-vis dont il connaîtrait le fonctionnement et les profondes aspirations qui l’animent et donc qui ont amené le président de la transition à se poser un certain nombre de questions auxquelles les réponses vont de soi, suite au style de rhétorique adopté. En somme, Andry Rajoelina laisse croire qu’il aura en face de lui, un ancien dirigeant malfaisant. C’est à croire que cette rencontre des Seychelles sera réduite à une rencontre entre l’ange et le diable et que si échec il y aura, c’est à cause du diable, surtout après « les actes de déstabilisation perpétrés délibérément par des gens malintentionnés ». Le président de la transition veut persuader l’opinion par presse interposée ce lundi 23 juillet qu’il ne peut y avoir d’apaisement, de solution pérenne dans l’éventualité d’un retour de Marc Ravalomanana.







